M, DS
nisme modifié par quelque diathèse ou par quelque mauvais état général.
L’endocardite ne se manifeste jamais au début de l’impaludisme ; elle s'établit lentement, insidieusement, après un certain nombre d'accès de fièvre,
M. Lancereaux décrit cette affection rare dans son traité d’Anatomie pathologique avec neuf cas à l’appui. Pour cet éminent observateur, l’endocardite de l'impaludisme est végétante et ulcéreuse, et siège presque exclusivement sur les valvules sigmoïdes de l'aorte |
La mort, dans les observations qu’il cite, survenue deux ans au plus tôt après les premiers accès de fièvre, a été tantôt le résultat d’une infection septicémique, tantôt l'effet d’une embolie artérielle, exceptionnellement la conséquence d’une gêne mécanique de la circulation. Voici un cas emprunté au tableau qui contient les neuf observations de M. Lan-
Cereaux : Homme de 56 ans, soldat d'Afrique pendant sept
ans ; fièvres intermittentes et dysenterie. — Accès
fébriles, anémie profonde, mort subite. — Ané-
vrysmes avec végétations des valvules sigmoïdes de l'aorte, plaques scléreuses de la première portion de ce vaisseau. Foje et rate volumineux, congestionnés. Pigmentation des glandes mésentériques.
D.— Vaisseaux.
LüSions de l'aorte. — L'aortite, liée à l'impalu-
disme, a été fort controversée, elle est encore aujour-
d’hui rejetée par la plupart des auteurs. N'ayant jamais contrôlé l'existence du fait {les autopsies que nous avons pratiquées sur des impaludiques sont encore trop peu nombreuses), nous l’aurions passé sous silence, si M. Lancereaux n’en avait observé dix cas. Il a trouvé dans l'aorte d’anciens impaludiques, dans les deux premières portions de ce vaisseau, des plaques calcaires d’artérite chronique, avec épaississement de la paroi artérielle, irrégularité et fissures nombreuses de la paroi interne, extravasation sanguine entre les tuniques interne et moyenne. (Lancereaux. Traité d'anatomie pathologique, tome Il.)
E. — Péricarde.
La péricardite d’origine palustre n’a pas été signalée. Nous avons bien constaté chez des sujets morts dans la cachexie palustre, des plaques blanches, laiteuses, sur la surface du cœur, comme dans notre observation IX, par exemple. Mais les deux ou trois cas que nous avons vus ne nous autorisent pas à voir un rapport entre ces traces de péricardite ancienne et l’impaludisme.
Avant de quitter l'organe central de la circulation et ses annexes, nous croyons devoir signaler en passant, bien que ces lésions ne soient pas à propre ment parler des lésions de viscères, les altérations dues aux troubles vasculaires et vaso-moteurs. Nous
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elterons l’asphyxie locale des extrémités et la gangrène que l’on a observées dans la fièvre paludéenne, et auxquelles s’attachent les noms de Lancisi, Pérusel, Monfalcon, Græfe François, Marjolin, Pitron et Regnault, Maillot, Richter, Ebrard, Haspel, Huguier, Larrey, Laure, Montet, Hélye, Larché, Colin, Schtschastny ; et plus particuliêrement ceux de Lagleize, Griesinger, Calmette, Motty, Grasset, Rendu, Rondot, Moursou, Sorel, Verneuil et Petit, Ramakers.