‹ Des Lésions Viscerales De L'ImpaludismeChapitre 12 sur 28 · LÉSIONS DES VISCÈRES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES VISCÈRES ABDOMINAUX

A. CHE À Eoie.

Le foie est un organe bien souvent atteint par l’impaludisme, on pourrait presque dire toujours. M. E. Collin, qui a dressé à ce sujet des statistiques intéressantes, dit que, dans les fièvres pernicieuses, il a trouvé le foie hypertrophié 46 fois sur 52 cas. Sous le rapport de la consistance, il était ramolli dans 10 cas, induré dans 2, normal dans 40 ; sa couleur était normale chez 33 sujets et morbide chez 19 ; l'intégrité parfaite ne se rencontra, dit-il, que 3 fois.

Dans la cachexie paludéenne, cet observateur a trouvé sur 61 autopsies, 43 fois l'hypertrophie de l'organe hépatique. Il y avait bonne consistance dans 41 cas, ramollissement dans 2, induration dans 18. La couleur fut trouvée normale 18 fois, et morbide 43 fois.

L'organe hépatique est done certainement, après la rate, le viscère le plus atteint, et cela dans tous les cas, à foutes les phases de l'intoxication paludéenne. Souvent, en effet, il nous est arrivé, en Algérie, de voir des malades se plaignant d’un point de côté dans l’hypochondre droit, ou bien chez qui la

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pression sur la région hépatique provoquait une vive douleur ; nous avons pu en observer d'autres dont le foie débordail les fausses côtes sans aucune manifestation douloureuse ni spontanée ni provoquée, et tous ces malades affirmaient n'avoir jamais eu d'accès de fièvre. C'est là une des formes /arvées de l’impaludisme, et cette manifestation correspond à une congestion permanente de l'organe qui, à la longue, amène l’hypertrophie sémple, générale de la glande. Il est un fait bien constaté dans notre pays, c’est que le foie est généralement plus volumineux qu’en France, même chez les individus n'ayant jamais présenté de manifestations fébriles de l’intoxication paludéenne. On a voulu attribuer cette augmentation de volume, de même que la congestion pulmomaire, à l'influence d’une haute température ; celle-ci ne doit certainement avoir qu’une minime influence, et Haspel rapporte qu'à Oran, en 1846, la température s’éleva à un chiffre inaccoutumé. Sous cette influence, les marais furent desséchés, taris, et on vit diminuer, dans une proportion notable, les affections du foie. Un foie débordant les fausses côtes, chez un individu sain, n'ayant jamais eu de fièvres intermittentes, est un fait qui s’observe journellement en Algérie. Nous l'avons constaté pour notre part chez un grand nombre de sujets. Le D' Fournier-Bergeron, de Bône, appelé en sa qualité de médecin d’une compagnie d'assurances sur la vie, à faire des examens minutieux, nous disait à ce propos qu’il avait constaté cette hypertrophie sur bon

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nombre de personnes jouissant d’une bonne santé, et sans antécédents paludéens : « M. X..., agent de la Compagnie, nous disait le D' Fournier, fut très étonné le jour où j'ai constaté le volume énorme de son foie : et son étonnement était bien naturel, étant donnée l’exellente santé dont il n’a cessé de jouir depuis sa naissance. Il est né en Algérie. »

Mais l’hyperhémie du foie existe à un degré bien plus intense dans les formes ordinaires et pernicieuses de la fièvre paludéenne. Ici, comme pour le poumon, le premier effet de l’accès de fièvre est d'amener un afflux, puis une stase du sang dans la glande hépatique. Chez un individu, mort pendant ou peu après un accès de fièvre, on trouve le foie plein d’un sang noir qui s’écoule à la coupe; la vésicule biliaire et les conduits excréteurs sont ordinairement gorgés de bile ; la coupe du foie présente des grains saillants formés par la dilatation, sous l'influence de la stase sanguine, des artères centrales du lobule hépatique et des branches capillaires des veines hépatiques.

Quand l'hyperhémie se répète, que la fièvre intermittente devient un état chronique, l'augmentation de volume du foie devient permanente. Cette hyperhémie chronique, qui se traduit sur le vivant par une douleur localisée à l’hypochondre droit, offre à l’autopsie les particularités suivantes : foie énorme, pesant 2,000, 3,000 et 3,500 grammes ; consistance plus ferme qu’à l'état normal, mais sans induration, à moins d’épaississement des gaines de Glisson ; colo-

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