‹ Des Lésions Viscerales De L'ImpaludismeChapitre 13 sur 28 · NY · texte numérisé non relu

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ration rouge, à teintes plus ou moins foncées, ordinairement assez sombre; il s'écoule une grande quantité de sang à la coupe, et la section présente une surface lisse. Au microscope, on constate : une hyperplasie des cellules hépatiques et des noyaux ; un élargissement et une hyperhémie des vaisseaux capillaires, avec prolifération de l’endothélium vasculaire ; c’est-à-dire tous les caractères d'une hyperhémie ordinaire.

L'hyperhémie du foie est le point de départ de toutes les autres modifications pathologiques de cet organe, et c'est pourquoi la fièvre paludéenne offre des lésions si variées dans la glande hépatique.

L’hémorrhagie hépatique est une de ces conséquences directes de l’hyperhémie ; elle est très rare. même dans les cas les plus intenses de congestion due à la fièvre. On trouve le sang épanché, soit sous forme de foyers disséminés à la surface de l'organe, soit sous forme de foyer unique, de kyste sous la capsule de Glisson, soit enfin sous forme d’infiltration diffuse de tout l'organe. Ces hémorrhagies peuvent transformer le parenchyme hépatique en une bouillie sanguinolente, noirâtre, analogue au ramollissement pulpeux de la rate. Ce ramollissement du foie est le ramollissement ro:ge de certains auteurs ; il s’observe dans les formes pernicieuses très graves. On ne doit pas le confondre avec la simple infiltration séreuse du foie, qui donne à l'organe l'aspect d’un tissu macéré, et qui est la conséquence d’une

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A congestion intense de la glande, hépatique, et de, la modification du sang qui l’imbibe.

Hépatite. — Dans les formes éhroniques de lim. paludisme, le parvenchyme, hépatique, peut, être. le, siège d’un véritable, processus aflammatoire et. passerdelhyperhénie à une mochfigation plus profonde, ’hépatite.

L'hépatite de la fièvre. palustre est, une her partielle et parenchymateuse, mêlée toujours à un, certain dégré d’hépatite interstitielle. Elle est chrorique d'emblée. »

MM. Kelsch et Kiemer l'ont Se ave, SOIN. En, Algérie. et ont décrit minutieusement les lésions, his. tologiques qu’elle présente. Nous ne saurions mieux faire que de leur emprunter les détails qui vont suivre.

Pour. ces deux observateurs il y à deux processus différents dans l'hépatite parenchymateuse : 1° une hépatite parenchymateuse miliaire ; 2 une hépatite parenchymateuse chronique ou nodulaire. Dans la première le foie est volumineux, pèse 3.000, 3.500 et 4.000 grammes, sa consistance est molle, sa résistance faible ; à la coupe il présente des granulations milares jaunâtres, saillantes. Au microscope, ces granulalions sont composées d'amas de cellules hépatiques hypertrophiées avec des noyaux eu voie de multiplication et des cellules jeunes ; les plus grosses renterment des gouttelettes de graisse. La division lobulaire n'existe plus. Les capillaires sont déformés et Aéviés. Dans les parties restées brunes,

ll. * deco la division lobulaire persiste, les cellules sont comprimées, resserrées. |

Dans l’hépatite parenchymateuse chronique ou nodulaire (atrophie jaune, rouge), le processus aboutit ou bien à la formation de foyers de ramolkissement puriforme, ou bien à une hyperplasie épithéliale. tendant à linduration. Le foie, d’après MM. Kelsch et Kigner, est atrophié, rouge vif ou brun, assez ferme ; sa. capsule est lisse et tendue, contrairement à ce qu’elle est dans l’atrophie jaune aiguë du foie (ridée et opaque d’après Frerichs). Le parenchyme hépatique renferme des nodosités saillantes sur la coupe, nodosités jaunes ou colorées de nuances bilieuses. Les acini de la glande sont dans ces parties jaunes tuméfiés et contiennent des cellules hépatiques gonflées, infilirées de granulations protéiques, de gouttelettes graisseuses, de pigment biliaire. Dans les parties rouges, les acini ne sont plus représentés.que par un tissu fibroide chargé de détritus graisseux et pigmentaires des cellules hépatiques.

Le processus revêt deux modes différents :

1° Hyperplasie épithéliale tendant aw ramolhissement. — Les cellules renfermées dans les nodosités offrent une prolifération des noyaux. Les trabéeules, sur une coupe, paraissent élargis, disposés en séries concentriques autour d’un centre d'évolution ou nodule autour duquel les trabécules sont plus épais. Cette hyperplasie épithéliale aboutit à la dégenéres-

cence adipeuse par fonte graisseuse ou colloïde, par ramollissement caséeux ou granulo-graisseux, par l'abcédation et par la transformation en tissu embryonnaire.

2e Hyperplasie épithéliale tendant à l’induration. — Elle se résume dans les modifications histologiques suivantes: tissu atrophié, induré, lisse ou finement granuleux dans les parties intermédiaires au nodules. Ce tissu est parsemé de taches rouge sombre (point d’'hyperhémie) ou de points jaunâtres (groupes ou portions d’acini présentant l’évolution nodulaire ou l’arrangement normal), ou grisâtres (tissu conjonctif embryonnaire). Quand la lésion est très avancée, on n'y distingue plus les acini. Les gaines de Glisson infiltrées de leucocytes présentent nn aspect fibreux. Dans quelques points les acinis sont encore visibles; là Îles cellules embryonnaires forment des traînées réunies en résèau. Même néoformation, mais en proportion moindre, dans les tumeurs nodulaires.

Ainsi donc, dans l'hépatite miliaire toute la glande est divisée en une multitude de granulations à trois zones ; dans l'hépatite nodulaire, plus chronique, il existe des traînées de tissu embryonnaire qui séparent entre elles les granulations et les embrasse.

Cirrhose. — La cirrhose où hépatite interstitielle du foie (Lancereaux) a été soupeonnée par les premiers auteurs qui ont écrit sur les fièvres intermittentes. Haspel (Maladies de lPAlgérie) disait en 1850 : « A la suite des fièvres intermittentes, le foie

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