OBSERVATION II
(Résumé de l’obs. CXXX de Lancereaux).
Intoxication palustre ancienne. — Pneumonie chronique scléreuse (forme chronique ulcéreuse). — Excavation gangréneuse, — Infarctus multiples des viscères.
H..., célibataire, 37 ans, maçon, ancien soidat d'Afrique. A eu les fièvres intermittentes. À son entrée à l'hôpital il présente les signes d'une pneumonie chronique.
Hémoptysie pendant trois jours.
Mort.
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Autopsie, — Cerveau sain.
Poumon gauche intact. Poumon droit adhérent intimement à la paroi costale au moyen de fausses membranes épaisses et vascularisées. Dans toute sa partie moyenne, induration avec des points fluctuants. Ces points correspondent à des cavernes occupant surtout le voisinage de la racine des bronches et le lobe moyen du poumon droit. Ces cavités varient dé la grosseur d'une noisette à celle d'un œuf; leurs bords sont taillés à pic; le tissu ambiant est grisâtre, granité, résistant. Elles contiennent des détritus grisâtres fétides et des amas de matière blanchâtre caséiformes. Sur la paroi de quelques-unes de ces cavités on apercoit les orifices béants de vaisseaux et des divisions bronchiques. Traînées fibreuses blanchâtres dans le lobe moyen et dans une partie des lobes supérieur et infé- ‘rieur.
Le foie présente à sa surface de tous petits foyers purulents; la rate, volumineuse, en présente aussi trois, lé rein gauche en contient un. ;
OBservarTioN III.
(Lancereaux. Atlas d'anatomie pathologique, obs, LXXV.)
Cachexie paludéenne.—Pneumonie chronique. — Pigmentation des viscères.
T..., âgé de 40 ans, jardinier, est un ancien habitant de la Sologne. Le 6 février 1864, ce malade entre à l'Hôtel-Dieu dans un état de grande faiblesse et de profonde cachexie. Il a de la dyspnée et l’examen de la poitrine révèle l'existence d'un souffle bronchique au sommet du poumon droit; néanmoins flèvre presque nulle. Ce malade fait remarquer que depuis quelque temps il s’est aperçu d'une coloration noire, avec forme pointillée ou par petites taches de la peau de la verge et du serotum, de la muqueuse du gland. Dépuis environ la même époque, la peau des mains et des pieds a pris une
teinte grisâtre, Le 8 février, il succombe dans un état de profond épuisement, des suites de l’altération générale de son organisme bien plutôt que de la lésion locale des poumons.
Atwutopste, — Te cerveau ne présente pas d’altération appréciable.
Le poumon gauche est induré, grisûtre ; sa surface de section est lisse, ferme, résistante au doigt, qui ne peut la pénétrer ; elle a une teinte rosée et se trouve parsemée de points pigmentaires et de trames blanches dues à l’épaississement des cloisons interlobulaires. Le parenchyme, qui a la dureté du cuir, n’est plus insufflable ; il présente à l'examen microscopique un épaississement de la trame conjonctive interalvéolaire qui est infiltrée de cellules et de noyaux ronds; les alvéoles sont aplatis et contiennent quelques éléments épithéliaux. Le reste du poumon gauche et le poumon opposé sont largement œdématiés.
Le cœur offre une teinte bronzée, les orifices sont intacts.
Le foie, volumineux, mesure transversalement 0,34 centim., en hauteur 0,27 centim., et en épaisseur 0,09 centim. Il est granulé à sa surface et!dans sa profondeur, de consistance ferme, d’une teinte jaune brunâtre ou jaune sale, coloration qu'il doit à l'infiltration des cellules hépatiques par un pigment jaunâtre qui, sous forme de granulations, les remplit plus ou moins complètement. Ce pigment se retrouve dans
. les parois de quelques vaisseaux, mais il n'existe pas dans la
trame conjonctive.
La rate est très volumineuse ; sa capsule est épaissie et
. partout opaque, adhérente aux parties voisines; elle est friable
et pigmentée. Les cellules propres de cet organe, les globules blancs et les vaisseaux sont le siège de cette pigmentation. Le pigment est en faible quantité dans le sang et il est difficile de l’y rencontrer.
Le pancréas offre une teinte générale souillée par suite de l'infiltration pigmentaire des épithéliums glandulaires des
culs-de-sac et les glandes lymphatiques du voisinage sont également modifiées.
Les glandes duodénales sont colorées par des granulations pigmentaires noires. Les plaques de Peyer sont brunâtres, ardoisées et saillantes.
Les testicules sont petits et atrophiés, et les canalicules spermatiques colorés par des granules de pigment déposés dans les cellules épithéliales qui les tapissent.
Les reins sont peu altérés ; l’un d'eux est piqueté de noir au niveau des points déclives.
La peau du scrotum et du pénis est colorée par un pigment
-noir abondant qui occupe la couche profonde du réseau de Malpighi.