‹ des lettres de changeChapitre 250 sur 256 · London and · texte numérisé non relu

London and

Westminster. |. s. 5,000,000 1,000,000 45,639,095 2. London joint-

SLOCKAMNOME 3,000,000 609,000 14,656,731 3. Union-banc. 3,000,000 720,000 16,472,279 4. City-bank. . . 800,000 400,000 3,525,975 5. Bankof Lon-

dôliaait ant 600,000 300,000 4,179,294 6. Alliance-

Danket.trtee 3 3,000,000 595,745 2,188,093

LH s. 15,400,000 3,615,745 56,561,437

Soit, pour les dépôts, un total de 1 milliard 416,286,675 francs.

L'émission des chèques donne des résultats non moins merveilleux. On évalue à 75 milliards environ la spéculation annuelle du Royaume- Uni. A cette circulation concourent, suivant M. J.-A. Rey (4) :

Les billets de banque pour 11 milliards environ ;

Les espèces métalliques pour 4 4/2 milliards ;

Les chèques pour 60 1/2 milliards.

On serait tenté de croire à l’exagération d’une pareille statistique. PEL RSR EE inde TRE de ox

(4) L. Wolowski, La question des banques, p. 320. Paris, 4864. (2) V. Bonnet, Le crédit et les finances, p. T4. Paris, 1865.

(3) Ouvrage précité, p. 370.

(4) Les crises et le crédit, A862, p. 96.

Cependant elle se trouve confirmée par des faits authentiques. M. Courcelle-Seneuil à publié dans le Journal des Economistes, numéro d’août 1864, un tableau qui peut être considéré comme inspirant toute confiance, puisqu'il est emprunté à l'enquête de 1858. Ce tableau présente les diverses formes de paiement dans une maison anglaise de premier ordre et donne les chiffres du mouvement effectif de valeurs qui avait eu lieu dans cette maison. Il en résulte que, sur 4 million de livres sterling, il y a eu:

En lettres de change... . . . . 429,948.

BDS CHÉQUES ce ee Peer 510,694.

En banknotes. 0. .. . 45,649:

RHIN ESDECES. 1, - ro 0100

Dans ce mouvement, qui comprend les paiements et les recettes, on voit que les effets de commerce.et les chèques ont une importance de 92 p. 100, tandis que les billets de banque ne comptent que pour 4 112 et les espèces pour 2 p. 100 seulement,

Ces faits ont une grande signification ; ils prouvent que les chèques ont en quelque sorte chassé le numéraire et les billets de banque. Estce en prenant leur place et en devenant à leur tour monnaie courante, instrument de circulation ? Non, certes; la jurisprudence et les usages plus ‘puissants qu'elle s'opposent à ce que les chèques remplissent ce rôle. Comment se fait-il donc que les chèques aient réduit la monnaie métallique et ses suppléants à n’occuper qu’un rang infime dans le mouvement des valeurs ? C’est ici que se place, dans son ordre logique, une des conséquences les plus fécondes de l'habitude des dépôts en banque, dont le chèque est le plus actif auxiliaire.

Vers 1780, les banquiers de Lombard street reconnurent qu'il y aurait pour eux économie de temps et de travail, et en même temps bénéfice d'intérêts, si, au lieu d'envoyer leurs garçons de caisse les uns chez les autres, ils se bornaient à échanger journellement les chèques et les acceptations de leurs clients. À cet effet, ils établirent une chambre de liquidation (Clearing house) qui leur permettait de compenser entre eux non-seulement les chèques, mais tous les effets de commerce provenant de leurs clients. Tout se réglait par des virements de compte. Les soldes vérifiés, contrôlés par des inspecteurs appointés, se paient en un mandat sur la Banque d'Angleterre. On liquidait ainsi chaque jour pour des millions d’affaires sans manier un seul billet de banque, sans compter une pièce de monnaie.

Le Clearing house est devenu depuis le complément naturel des banques de dépôts. C’est grâce au Clearing house qu’on à pu restreindre de plus en plus l'usage du numéraire, généraliser l'emploi du chèque et permettre aux banques de dépôts de faire fructifier les capitaux qui leur étaient confiés. On à dit : Sans chèques, il n’y a pas de dépôts ; et réciproquement, il n’y a pas de dépôts sans chèques; il n’y a pas de chèques sans Clearing house, el encore moins de Clearing house sans chèques. Il y a peut-être un peu d’exagération dans celte énonciation ;

166 DES CHÉQUES.

mais il est certain que tout le système est lié d’une manière indissoluble. +

Les banquiers de Lombard street, qui avaient pris le nom de Clearing Bankers, se montrèrent d’abord fort exclusifs. Ainsi ils firent attendre pendant vingt ans à la London Westminster Bank son admission aux avantages du Clearing house, et ils repoussaient absolument les joint stock bunks, malgré l'importance qu’elles avaient prise; mais, le 8 juin 1854, cette résistence a été vaincue, et les joint stock banks ont été recues au Clearing house. C’est à dater de cette mesure, complétée par l'usage de liquider les soldes par l'intermédiaire de la Banque d’Angleterre, que cet établissement a atteint rapidement tout son développement et a pu rendre les plus grands services. On calcule que le montant total des sommes compensées au Clearing house par les commis de trente et une maisons de banque qui y sont admises s'élève chaque année à 48 milliards de francs, et que, pour cet énorme mouvement d’affaires, les transferts journaliers des banquiers débiteurs aux ban— quiers créditeurs n’ont pas dépassé en moyenne 12,625,000 francs. Depuis le 19 avril 1864, la Banque d’Angleterre est entrée dans le système de la chambre de liquidation de Londres. Cela ne peut manquer de simplifier encore plus le travail de cet important établissement, et de donner un nouvel élan au mouvement des banques de dépôts.

Nous ne décrirons pas ici le mécanisme merveilleux du Clearing house de Londres. Outre que nous ne pourrions que nous livrer à des redites, un tel travail dépasserait de beaucoup les limites du cadre qui nous est imposé. Nous préférons renvoyer aux auteurs qui ont traité de cette matière, et notamment à une brochure récente de M. P.-J, Coullet, Les Chèques et le Clearing house, où les faits sont expliqués de la facon la plus complète et la plus saisissante (1). Disons seulement que c’est à l'aide de ce système que l'Angleterre, avec un capital métallique de 4 milliard 500 millions, réalise sans peine, annuellement, une somme d’affaires montant à 80 milliards, tandis que nous, en France, nous n’arrivons qu’au chiffre de 50 milliards, tout en possédant 5 à6 milliards de numéraire.

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