‹ Des libertés de la Bourgogne d'après les jetons de ses étatsChapitre 2 sur 38 · IETONS. DES. ESTAS. DE. BRETAGNE · texte numérisé non relu

IETONS. DES. ESTAS. DE. BRETAGNE

Lille, — LES ETAIS DE LILLE

CONNUBIO ICNGAM STABILI.

Sur le socle de la statite, — PBUD. HEGIA.

ESTAT». DBS. VILLE. ET. CHATELLENIE DK LILLE.

Cet provinces, ces Etats, ces villes et bien d'autres encore, avaient des droits et des usages analogues, mais leurs jetons offrent-ils le même intérêt que les nôtres ; et serait-il possible d'en former des séries assez longues pour en tirer des conséquences sérieuses, ou asseoir un système ? On peut en douter, si l'on en juge par les rares débris qui m'ont été signalés. D'ailleurs, attaché que je suis à la glèbe, je n'aurait pu glaner au loin et recueillir les documents indispentaàlet à une histoire métallique générale. J'ai été forcé de restreindre les limites de mon champ pour en toucher les deux bouts et le mieux cultiver :je ne quitterai point le duché de Bourgogne. Je dois cependant rappeler qu'Auxonne était le centre d'une petite souveraineté.

Les ducs de Bourgogne Font toujours possédée en souveraineté jusqu'en 1477. Elle passa alors à la couronne comme le duché. Ce comté était administré par des Etats jmrticuliers indépendants de ceux du duché, auxquels i/.s

UV COMTÉ

d'avxonme

ont été réunis, en 1 552, par Henri II. L'édit ne fut pas exécuté; ce ne fut qu'en 1639 que cette réunion eut tien. Auxonne fut dès-lors le 10* de la grande roue.

Au reste, notre province n'est-elle pas un peu négligée:' H n'y a pas cinquante ans que son ancienne organisation s'est brisée, et déjà le souvenir s'en efface; nous passons sans y penser sur ses fragments épars, à travers des pensées et des actions qui furent la vie de nos pères; nous parcourons les routes qu'ils ont tracées, nos enfants fréquentent les écoles qu'ils ont ouvertes; nous habitons les Miels qu'ils ont construits, nous touchons aux deux mers par les canaux qu'ils ont creusés; nos institutions modernes sont à l'aise dans le palais des Etats de Bourgogne; cette liberté dont nous sommes si fiers, nous en avons trouvé le germe dans nos berceaux, et c'est àpeinesi nous avons pour nos pères un souvenir.

A d'autres, mon cher confrère, le soin d'écrire cette

grande histoire; sa poussière me suffit : je n'ai compté que des jetons.

Cependant leurs textes sont trop laconiques pour se passer de commentaires; leur relief dit souvent trop ou trop peu; force me sera donc d* avoir recours à des explications. Mais y rassurez-vous 9 je ne veux être qu'un vulgaire cicérone, répétant le plus exactement possible ce que j 9 ai lu dans plus de deux cents registres in-folio, que nos Elus rédigeaient en même temps qu'ils frappaient les jetons qui nous occupent.

Jetons et registres sont également inédits , contemporains et parallèles ; ils se suivent 9 se supposent et s'expliquent mutuellement ; on dirait même que ce quia produit les uns a donné naissance aux autres ; car notre premier jeton est presque de la même époque que le premier registre.

Une vieille tradition rapporte que l'incendie , dont nous voyons encore aujourd'hui les traces dans les restes de r ancien palais des Ducs, avait été allumé par les émissaires de Louis XI et de Louis XI 7, qui voulaient effacer le souvenir de notre indépendance.

A mon avis y cette tradition ne prouve qu'une chose, c'est qu'il n'y a pas d'hypothèse ou d'apparence absurde

qui ne soit à V usage des partis. Mais, si les Etats remontent à une époque bien antérieure au XVI e siècle, et si leurs plus anciens registres ne datent que de la fin du règne de François I er , ne pourrait -on pas raisonnablement supposer que Louis XI fit supprimer les registres anciens, quelque temps après la réunion du duché à la couronne? Il n'y a donc rien dans cette hypothèse qui ne soit conforme au caractère d'un roi, dont les démarches furent toujours sourdement dirigées vers l'indépendance absolue. Il devait en vouloir plus à la liberté de nos délibérations qu'aux pierres du palais ducal , après la mort de Charles le Téméraire.

S'il en est ainsi, le découragement suivit cet acte arbi traire; mais à la fin du règne de François / e % la réaction se fit sentir : on rédigea et l'on transcrivit avec soin les délibérations des Etats. C'est alors que les jetons commencèrent à se montrer; les documents métalliques vinrent immédiatement soutenir les documents littéraires; les uns surgirent avec les autres et à côte d'eux; ils sont de la même famille ; voilà pourquoi je ne les ai pas séparés.

Les archives de V ancienne Bourgogne m'ont donné les registres , les types des jetons m'ont été fournis par

MM. de Vesverotte, de Juiyné et Bandât, qui ont bien voulu mettre leurs richesses à ma disposition. Mais vmis ne vous êtes pas contenté. Monsieur, de me prodiguer les vôtres; votre plume et votre crayon me sont venus en aide. Si mon petit édifice se tient debout, je n'oublierai pas que vous y avez mis la main.

Je désire, Monsieur, que ce travail soit agréé par la Société Éduenne, qui a bien voulu me recevoir dans son sein, et qu'il puisse susciter à notre Bourgogne, trop méconnue et un peu calomniée , un historien qui la venge : Ex ossibus ultor.

Veuillez agréer,

Monsieur et honoré confrère,

V assurance de ma haute considération.

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