‹ Des libertés de la Bourgogne d'après les jetons de ses étatsChapitre 7 sur 38 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Division générale de* Jetons des Etats sous le point

de vue historique.

Les deux chapitres qui précèdent étaient indispensables. Avant de tracer avec les jetons de Bourgogne l'histoire de ses Etats , il fallait faire connaître la nature des uns et des autres , et le rapport qu'ils avaient entre eux.

On ne connaît pas de jetons d'Etats avant 1575 -, mais depuis cette époque jusqu'en 1789, la série est à peu près complète. Nous la diviserons en trois parties : la première renfermera les années comprises entre 1575 et 1630 -, la deuxième se terminera en 1737, et l'autre à la Révolution.

L'une est caractérisée par ces mots gravés ' autour des armes de Bourgogne : sah:s popiili sltrema les esio.

L'autre a pour signe distinctif la légende ; cohitia BL'RGiTNOi,* , ou ses variétés.

La dernière porte la même légende ; mais la tête du roi rend en quelque sorte les revers uniformes :

1 Le jeton dt la Ligue et celui de 1837 «ont les seules exception».

Cette division n'est pas arbitraire; elle correspond à trois phases bien distinctes de nos libertés provinciales. Vives encore sous la Ligue et la Fronde, elles diminuent à mesure que Louis XIV approche et grandit ; ce fut un soleil qui finit par briller seul, et par se substituer à tous les autres. Lors de la mort du grand roi , les libertés bourguignonnes n'étaient guère plus qu'une forme sans fond; c'est ainsi que la Révolution les trouva.

La marche des temps est empreinte sur nos jetons, jusqu'en 1630. Quand Richelieu dominait, le jeton provincial proclame à chaque triennalité que le salut du peuple est la loi suprême : sàlus populi suprema lex.

Ces allures démocratiques disparaissent dans la série suivante , pour faire place à une simple étiquette :

COMITIA BOCBGITN [H*.

Enfin , comme ces comices n'étaient plus qu'un corps sans vie , ou ne parlant guère que la parole du monarque, à la place de la devise que Louis XIV venait d'étouffer, on mit l'effigie du roi. L'histoire de cette transformation est esquissée à grands traits dans la triple galerie que nous allons parcourir.

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