‹ Des Lipomes SymétriquesChapitre 6 sur 20 · PER · texte numérisé non relu

PER

« pseudo-lipome et l'œdème rhumatismal. Cette inter- « prétation me paraît pouvoir être appliquée à la majo- « rité des cas ». À cette opinion, se rallient MM. Desnos, Catrin, etc.

Voyons maintenant les auteurs allemands. Tout d’abord nous devons mettre de côté la théorie d’inclusion des germes de Cohnheïm ; théorie applicable tout au plus à l'explication des lipomes congénitaux. Tous les autres auteurs identifient plus ou moins la lipomatose avec l'obésité. Pour eux le lipome est une obésité localisée, circonscrite ou diffuse. Dès lors les conditions pathogéniques de l'obésité s'appliquent à la production des lipomes.

Ainsi Virchow (Krankhafle Geschoülste ; t. I, p. 392) dit : «La prédisposition aulipome peut être acquise « par l'influence de la nutrition et non seulement par une

« alimentation très grasse, mais encore par l’abus de la « bière et de l'alcool. »

« Billroth et Winivarter (Pathologie et thérapeutique « générales, trad. française, p. 781):

« Plus rarement (qu'à l'état circonscrit), le lipome « apparaît comme une sorte d'obésitè locale limitée à une « partie du corps sous forme d’un gonflement sans démar- « cation bien distincte (lipome diffus) ».

« L’obésité et la lipomatose sont deux expressions d’une « même maladie, obèsité générale » (Grosch).

« L'alcoolisme et l'alimentation trop substantielle — « telles sont les causes prédisposantes » (Kottnitz).

En résumé, les auteurs français ne voient comme cause du lipome en général que le traumatisme (agissant par l'intermédiaire d'une hyperhèmie pour M. Quënu); pour

AU

les lipomes symétriques les uns admettent l'influence du système nerveux, tandis que les autres les regardent comme une manifestation de l'arthritisme ou même du rhumatisme.

Les auteurs allemands considèrent que toute l’étiologie de l'obésité peut s’appliquer au lipome.

En 1887, paraît le travail de Grosch qui, pour jeter un peu d'ordre dans cette confusion, essaie d’introduire d’autres facteurs, anatomiques et physiologiques.

Tout d’abord, dit-il, si le lipome était le résultat des lèsions mécaniques, des traumatismes, les endroits les plus exposès aux traumatismes seraient alors le siège habituel des lipomes. En premier lieu viendraient les extrémités, surtout l’avant-bras et la main, la jambe et le pied qui de plus sont dèjà exposès à une foule d’affections plus ou moins prédisposantes. C’est juste le contraire que nous observons. Sur 716 cas de lipomes solitaires ou multiples étudiés par lui il trouve :

217070 ad dns eee 7,12 0/0 au cou.

43 0/0 à la partie supér. du bras 4 0/0 aux fesses,

8 0/0 àla mer SES ie 0,25 0/0 au cuir chevelu. 6,86 0/0 à la cuisse...... Lire + 0,5 0/0 aux doigts.

Mais, ajoute-t-il, il faut tenir également compte de la surface relative des régions citèes et nous déduirons alors: la règion la plus affectée est le cou et la nuque, ensuite le dos, la tête et enfin les extrèmitès allant de haut en bas. Cette loi de Grosch a déjà frappé beaucoup d’observateurs avant lui. Ainsi Broca dans son Trailé des

luineurs, t. II, p. 383, nous dit : « Les lipômes sont frè- « quents surtout à la nuque, au dos, au cou, à la fesse « et sur la paroi thoracique, excessivement rares à Ja « paume de la main ». M. Quénu dans l’article déjà cité dit également : « On observe les lipomes surtout à la face « dorsale du cou, du tronc, aux épaules, aux fesses. Aux « membres, ils deviennent d’autant plus rares qu’on « envisage des segments plus éloignés du. tronc ».

Les deux figures schèmatiques que Grosch joint à son travail sont très démonstratives à cet égard et nombre des auteurs qui ont écrit sur la question confirment absolument la manière de voir de Grosch, tel Brohl, Hennigsen (109 cas de la clinique de Kiel), Wedel (81 cas de la clinique de Greifswald). Cette loi de distribution est absolument applicable aux lipomes multiples, aux lipomes diffus symétriques et à la distribution de la graisse chez les obèses.

Mais qu'y a-t-il de spécial dans ces régions, les plus riches en tissu graisseux, en même temps que siège de prédilection des lipomes ?

Et Grosch répond : Les régions les plus exposées à la production des lipomes sont les régions les plus pauvres en glandes sécrètantes de la peau, et, en général, la frèquence du lipome dans une région déterminée est en raison inverse avec la richesse de cette région en glandes sébacées et sudoripares. Les règions les plus dotèes de glandes, sont : la plante du pied, la paume de la main, le côté fléchisseur des membres, le creux de Paisselle, le cuir chevelu, les environs des organes génitaux ; et ce

sont précisément les régions les plus rarement affectées

AR

de lipomes. Le dos, la nuque, les fesses, le côté extenseur des extrémités, bien moins riches en glandes, sont les régions le plus souvent atteintes de lipomes.

Voici, du reste, un tableau tiré par Grosch de Krause (Wagners Handiwôrlerbuch der Physiologie).

Un pouce carré renferme des glandes sudoripares :

À la nuque, au dos, à la fesse... MT glandes.

Auithorax et abdomen..2:.. 084436

ALUOOU EAN ee ECC + 14303 A la cHsSe re ME DES set Ro 0 A V'avant-bras.., 2.2, ERA . 1100 AAA plait AR pDée RES ERe 2685 A la paume de la main........,. 2736

Il est vrai qu’il n’existe pas de renseignements aussi précis sur la distribution des glandes sébacées, mais ces glandes étant presque toujours annexées aux poils, c’est par la quantité de ces derniers qu’on peut les compter. Or, voici un autre tableau empruntè ègalement à Krause:

Sur un centimètre carré on compte des poils :

A la cuisse..... : STE 8 Au dos..... RE ES 11 AU DTAS state ele SSH 13 Au pubis...... TRE OC é 20 NTOCRAIPULE RTE ENERRSE IS UMUASS Au vertex...... PH RE RE El

La voûte plantaire et la paume de la main sont dépourvues des glandes sébacées, mais la rareté extrême du

- lipome dans ces régions s’explique très bien par l’ènorme développement des glandes sudoripares.

Cette coïncidence des riches productions graisseuses (adipose, lipome) avec la rareté des glandes, amène logiquement cette explication : lactivité secrétoire des glandes cutanées est un facteur d'importance primordiale dans accumulation de la graisse dans le tissu cellulaire sous-cutané, et tout trouble secrètoire se traduira par une adipose partielle au niveau de la lésion. Or, deux ordres de causes peuvent influencer cette sécrétion : des causes locales, agissant seulement sur un territoire déterminé de la surface cutanée, et des causes générales agissant sur le centre nerveux même de cette sécrétion (pour la sécrétion sudorale, moelle allongée et portion dorsale de la moelle). Les causes de premier ordre — traumatismes, troubles trophiques variés — seront les causes de lipomes solitaires ; les causes de second ordre auront pour conséquence des lipomes multiples et très souvent symétriques à cause de la symétrie de la lésion centrale. Cette symétrie est même regardée par l’auteur comme une preuve de grande valeur en faveur de sa théorie, car, dit-il, comment l'expliquer autrement ?

Voilà la théorie de Grosch, voyons maintenant comment cette théorie s’accorde avec les faits cliniques et avec nos connaissances actuelles en physiologie normale ou pathologique du tissu graisseux.

À la page 386 du Trailé des Tumeurs, de Broca, nous lisons : « Tous les cas de lipomes multiples qui sont « venus à ma connaissance sont relatifs à des lipomes

« sous-cutanés. Les lipomes profonds où sous-aponévro-

Page 1