‹ Des localisations dans les maladies cérébralesChapitre 10 sur 81 · CONVULSIONS ET PARALYSIES D'ORIGINE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

CONVULSIONS ET PARALYSIES D'ORIGINE CÉRÉBRALE

On a admis jusque dans ces derniers temps que la substance grise corticale du cerveau n'est nullement excitable, qu'il n'y a pas de signe qui permette d'établir cliniquement les lésions de l'écorce du cerveau, et que les localisations sont absolument impossibles dans cette région du système nerveux central. C'est ce qu'enseignait Vulpian, par exemple, dans les passages suivants de son livre classique' :

((Je tiens à vous rappeler que les excitations expérimentales portant sur le cerveau proprement dit ne déterminent aucun effet appréciable, soit comme douleur, soit comme convulsions. C'est là un fait bien établi par Lorry et surtout par M. Flourens, et que tous les expérimentateurs ont constaté après eux. Ici, par conséquent, non-seulement la substance grise, mais encore la substance blanche, paraissent inexcitables, ou du moins, comme je viens de le dire, il ne se manifeste aucune réaction reconnaissable de sensibilité ou de mouvement, sous l'influence des excitations expérimentales »

«Chez l'homme, il faut bien le savoir, les lésions qui siègent exclusivement dans le cerveau proprement dit,

^ Vulpian; Leç. sur laphysiol. gén. et comp. du si/st. nerveux.

lorsqu'elles ne sont pas très-considérables et qu'elles ne sont pas très-rapprochées des faisceaux de fibres qui sortent des corps striés ou des couches optiques, ne produisent pas d'hémiplégie complète, et môme quelquefois elles ne donnent heu à aucun affaiblissement durable, de façon que leur existence n'est pas soupçonnée pendant la vie... Les fonctions du cerveau relativement au mouvement consistent, nous l'avons vu, dans les volitions, et, à la rigueur, on conçoit qu'une lésion produisant une diminution de l'énergie fonctionnelle du cerveau ne détermine pas un affaiblissement aussi grand de la motilité qu'une lésion qui amoindrirait la puissance des parties directement excitatrices du mouvement*.»

Enfin, parlant de la doctrine des localisations cérébrales, le même physiologiste ajoute^ : « Ainsi, d'une part, il n'y a pas encore de faits pouvant plaider sérieusement en faveur de la doctrine, et, d'autre part, les résultats expérimentaux et un bon nombre d'observations pathologiques parlent contre cette dislocation des facultés, avec répartition dans des départements isolés de la substance grise.»

Les travaux que nous allons analyser tendent tous à renverser cette manière de voir. En variant les excitants, en employant les courants électriques faibles, les physiologistes ont déterminé dans l'écorce grise la place de certains centres que la clinique cherche à retrouver et à contrôler aujourd'hui. Les faits commencent à être assez nombreux, mais la question est cependant encore à l'étude.

Il est donc important que tous les cas qui se présentent à l'observation du médecin soient sérieusement analysés, de manière à constituer un argument dans un sens ou dans un autre. Pour cela, pour qu'un fait soit utile, il faut que l'observation clinique soit d'abord bien prise, et ensuite il faut surtout que la lésion trouvée à l'autopsie soit très-

1 Vulpian; Leç. .^iir la plajsiol, gén. et comp. du sj/st. nerv.. pag. 687.

2 Ihicl, pag. 719.

exactement décrite comme siège, comme situation topographique.

Il serait à désirer que tout médecin faisant une autopsie de cette nature eût devant lui un schéma des circonvolutions cérébrales^ , de manière à pouvoir figurer exactement le siège de la lésion trouvée. De plus, pour bien décrire ce siège, il faut être fixé sur la nomenclature même des circonvolutions, bien connaître sa géographie cérébrale.

Désireux de fournir précisément dans cette Revue les bases indispensables au praticien pour continuer ces études, nous devons commencer par décrire avec quelque soin les circonvolutions cérébrales. La clarté de ce qui suivra est à ce prix.

1 Nous nous servons toujours , pour inscrire les lésions trouvées aux autopsies, de schémas reproduisant les circonvolutions ( face externe et face interne ) et les coupes de Pitres suivant les figures que nous donnons ici même.

GÏÏAPITUE PREMIER.

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