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V. — L'Hémiplégie et les lésions de la Capsule interne

Nous avons tout d'abord parlé de l'hémianesthésie dans la symptomatologie de la capsule interne, parce que c'est

< Oulmont; Etude clinique sur l'athétose. Th. Paris, 1878. — Voy. aussi le travail du même auteur : Revue mensuelle, 1878, 2.

2 Landouzy; Progrès médical, 1878.

=* GolcisteiQ; Gentralblat f. Nervenheilk., 1878, pag. 162.

^ Dreschfeld; Bévue mensuelle, 1878, pag. 766.

5 Mobius; Arch. der Heilkunde, 1878, pag. 187. Anai. m Centralblat f- Nervenheilk., 1876, pag. 606.

s Nous reproduisons dans notre troisième partie ce travail de M. Brousse (Obs. III, IV, V et vi).

le phénomène caractéristique; mais nous avons déjà noté en passant que, dans les cas où la sensibilité était abolie, il y avait en même temps hémiplégie. Les cas d'hémichorée, sur lesquels nous avons insisté ensuite, ont montré également que la capsule interne contient des faisceaux moteurs comme des faisceaux sensitifs.

Un fait ressort donc des paragraphes précédents : c'est qao la lésion de la partie postérieure de la capsule interne entraîne l'hémiplégie du mouvement en même temps que delà sensibilité.

Quand, au contraire, la lésion porte sur les parties antérieures de la capsule interne, il y a encore hémiplégie, mais hémiplégie seule, sans hémianesthésie.

Les expériences de Garville et de Duret * sont à ce sujet parfaitement concluantes. Si avec l'instrument de Yeyssière on sectionne la capsule interne dans ses deux tiers antérieurs, chez le chien par exemple , on produit une hémiplégie complète du côté opposé. Il faut pour cela que la section soit faite dans les deux tiers antérieurs et audessous delà surface ventriculaire du noyau caudé. (Voy. flg. 4 et 5.) Les observations cliniques ont également démontré que les hémorrhagies produites dans la partie antérieure de la capsule interne, c'est-à-dire dans le domaine des artères lenticulo-striées, produisent l'hémiplégie sans hémianesthésie. Ce sont là des cas qui se présentent fréquemment : ces artères lenticulaires sont si souvent le siège d'hémorrhagie, que Gharcot a proposé de les appeler les artères de l'héuiorrhagie cérébrale.

L'hémiplégie produite par les lésions antérieures de la capsule interne a des caractères spéciaux. L'expérimentation a démontré qu'elle est complète. On sait que chez les chiens il est difficile d'obtenir une hémiplégie absolue ; la section de cette région donne seule ce résultat. L'observation clinique a démontré à Gharcot que ce sont les

1 Garville et Duret, loc. cit., pag. 467.

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lésions de cette région qui produisent aussi l'iiémiplégic la plus complète.

Cliniqueuaent, les liémiplëgies sont non-seulemeuL trèsintenses, mais encore définitives et incurables. Uneliémi-

Fig. 4, ■<-' Coupe transversale d'un cerveau de chien, cinq millimètres en avant du chiasma des nerfs optiques. — S, S , les deux noyaux caudés du corps strié. — L, noyaux lenticulaires. — P,P , expansion pédonculaire (capsule interno). — Ch, chiasma des nerfs optiques. — X, section de la capsule interne (région antérieure ou ienticulo-striée), produisant l'hémiplégie du côté opposé du corps sans anesthésie. — R, stylet à ressort de Veyssière, opérant la section de la capsule interne.

Fig. 5. — Coupe transversale du cerveau du chien au niveau des tubercules mamillaires — 0,0, couches optiques. — S, S, noyaux caudés. — L,L, noyaux lenticulaires. — P, P , capsule interne, région pcctérieure ou lenticulo-optique. — A, A, cornes d'Ammon, -—x, section de la partie postérieure ou l'enticulo-optique de la capsule, déterminant rhémianesthésie, (Ces deux fig. d'après Garville et Duret.)

plégie amenée par une lésion de l'écorce est incomplète et guérit, une hémiplégie produite même par une lésion de la capsule externe peut aussi guérir; mais une hémiplégie par lésion de la partie antérieure de la capsule interne ne guérit pas. Ce sont les lésions de cette région qui s'accompagnent le plus souvent, pour ne pas dire exclusivement, de ces lésions descendantes de la moelle épinière qui produisent les contractures tardives des hémiplégies qui sont un signe d'incurabilité absolue.

On voit donc qu'il y a dans la capsule interne une accumulation de toutes les fibres motrices du côté opposé du corps, comme il y a aussi une accumulation de toutes les fibres sensitives, et que cette région est aussi remarquable au point de vue du mouvement qu'au point de vue de la sensibilité.

Nous pouvons, en terminant ce chapitre, résumer les données acquises sur les localisations cérébrales dans la capsule interne.

La capsule interne est une bande de substance blanche qui fait suite au pédoncule cérébral, et qui va, en s'épanoaissant dans l'hémisphère, y former la couronne rayonnante de Reil.

Cette région remarquable est un carrefour où passent toutes les fibres sensitives et toutes les fibres motrices qui viennent du côté opposé du corps ou qui s'y rendent.

Il faut distinguer soigneusement la partie antérieure de la capsule interne, située entre le noyau caudéetle noyau lenticulaire du corps strié, qui est vascularisée par l'artère lenticule -striée, et la partie postérieure de la capsule interne, située entre la couche optique et le noyau lenticulaire, qui est vascularisée par l'artère lenticulo-optique.

La partie antérieure ne contient que des fibres motrices; les lésions de cette partie entraînent une hémiplégie du mouvement complète et incurable, avec dégénérescence secondaire de la moelle.

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La partie postérieure contient toutes les fibres scnHitives et un certain nomljre de fibres motrices, et toutes les fibres qui viennent des organes des sens ; les lésions de cette partie entraînent une hémiplégie avec liémianesthésie complète portant sur la sensibilité générale et sensorielle, souvent accompagnée d'hémichorée.

La capsule interne n'est pas un centre, c'est un lieu de passage très-remarquable qui fait suite au pédoncule et conduit aux centres gris. Ses lésions ne pourraient être confondues qu'avec celles des pédoncules ; on les distinguera en ce que les lésions de la capsule interne entraînent des troubles dans la vision et l'olfaction, que les lésions pédonculaires n'entraînent pas.

A côté de la symptomatologie des lésions de la capsule interne, que nous avons étudiée dans le précédent article, nous devrions placer la symptomatologie des lésions des masses grises centrales (couche optique et corps strié^) ; mais comme on n'est pas encore arrivé sur ces localisations à des conclusions bien précises, surtout au point de vue clinique'^, nous aimons mieux ne pas faire actuellement cette étude que de nous aventurer sur un terrain encore trop mouvant, et nous allons passer tout de suite à l'étude des centres gris corticaux.

^ Voy. nos Leçons sur les Maladies du Système nerveux , pag. 272 et suiv.

2 On trouvera dans la troisième partie quelques observations personnelles ayant trait à des lésions de la région opto-striée, qui avaient toutes entraîné des hémiplégies, les unes transitoires, les autres incurables. (Obs. xvi à xxi).

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