Dreyfus". Épilepsie hémiplégique gauche : lésion tu
1 Rendu etGombault; Revue citée. — Rev. Se. méd., tom. VII, pag. 351.
2 Bourneville; Soc. de Diol., 1876 (janvier). — Obs. xix du premier Mémoire de Charcot et Pitres.
3 Bourneville et Charcot; Soc. de BioL, 5 fév. 1876. — Progrès méd., n" 7, pag. 111.
'< Dreyfus; Soc. de BioL, 11 mars 1876.— P/'or/»"- inéd.,x]9 il, pag. 21 4,
ûerculeuse au sommet et au fond delà scissure de Rolande, refoulant la circonvolution pariétale ascendante et s'étant creusé une loge dans la circonvolution frontale ascendante.
3. LandouzyV Fracture du pariétal droit ; céphalite de l'hémisphère droit ; convulsions du côté gauche (ce dernier cas manque de détails suffisants sur le siège de la lésion).
Ces diJS'érents faits tendent à établir que quand les convulsions se limitent aux membres ou débutent par les membres, la lésion siège habituellement dans les deux tiers supérieurs des circonvolutions ascendantes (avec le lobule paracentral) et la partie avoisinante des circonvolutions frontales et pariétales, c'est-à-dire autour des deux tiers supérieurs du sillon de Rolande.
D. Voici maintenant les faits dans lesquels les convulsions ont commencé par les muscles de la face.
1. Hitzig^. Après un traumatisme, accès subit de convulsions cloniques, principalement dans le domaine du facial gauche ; les mouvements spasmodiques sont surtout marqués dans les muscles de la commissure labiale, de l'aile du nez et de la paupière, ainsi que dans les muscles de la langue, du côté gauche : abcès de la couche corticale à droite, siégeant dans le tiers inférieur de la circonvolution frontale ascendante, au niveau de la troisième circonvolution frontale.
2. Wernher^ Convulsions occupant tous les muscles de la face droite, les muscles du cou à droite, à l'avant-bras, les extenseurs et les fléchisseurs des doigts ; lésion à la partie tout à fait inférieure de la circonvolution frontale ascendante, au voisinage de la scissure de Sylvius.
1 Landouzy; Thèse citée, pag. 200.
2 Hitzig; Arch. f'ùr Psychiatrie, Bd. III, pag. 231. — Obs. v de Lépine, Thèse citée, pag. 45.
3 Weraher; Arch. fur palh. Anat. u. Plujs., LVI, 289. Aual. in Rav. des Se. mécL, J, 651.
3. Verneuil'. «M. Verneuil a vu un enfoncement des os du crâne donner lieu à des spasmes de la langue et de la mâchoire ; la contusion occupait la scissure de Sylvius, depuis le lobe sphénoïdal jusqu'à la troisième circonvolution. »
4. Gowers^. Une fille âgée de 8 ans, albuminurique, est atteinte de convulsions unilatérales de la face : foyer de ramollissement au niveau de la circonvolution du corps calleux. Mais comme il y avait eu en même temps une lésion de la partie externe du corps strié, le fait est discutable et peu concluant.
5. Gharcot et BalP. Charcot et Bail auraient observé un cas analogue à celui de Hitzig.
6. Byron Bramweir*. Cinq ans après une fracture du crâne, crises convulsives de trois degrés : 1. Convulsions des muscles de la face et de la nuque : les deux yeux étaieiit fermés, l'angle droit de la bouche tiré en bas ; secousses des deux paupières, tête et yeux légèrement tournés à droite. A la fm, les yeux tournaient à gauche et le patient s'endormait. — 2. Convulsions étendues au bras droit et à la jambe droite, surtout aux fléchisseurs du bras et aux extenseurs de la jambe. — 3. Convulsions générales commençant parla face et la nuque, puis passant au deuxième degré, s' étendant ensuite au bras gauche et à la jambe gauche ; enfin écume à la bouche. Côté droit toujours plus fortement atteint.
Lésion limitée dans la pariétale ascendante, un peu audessus de la scissure de Sylvius, correspondant à une ligne qui irait du sillon de Rolande au sillon pariétal.
1 Verneuil; Cours inédit de Gharcot. Cité par Rendu et Gombault ; Revue citée, 350.
2 R. Gowers ; British med. Journ., 22 sept. 1874. Même Revue, 350. •* Gharcot et Bail; naême Revue, 350.
■* Byron Bramwell; Cases of inlracraii. Tumours. Edinb. med. Journ., août 1878, premier fait.
7. Seeligrnuller' . Convulsions épileptiformes de la moitié de la face ; bientôt paralysie faciale ; plus lard secousses convulsives dans le bras droit, et finalement paralysie de ce membre. — Sarcome de la pariétale ascendante ayant débuté à la partie inférieure de la circonvolution pour progresser vers le tiers supérieur.
Tous ces faits semblent établir que pour produire des convulsions, particulièrement dans la face, la lésion doit occuper la partie inférieure de la région corticale motrice, qui commande les convulsions des membres à sa partie supérieure .
E. On peut joindre à ce groupe les faits suivants, où le bras et la face étaient particulièrement atteints.
1. Seguin". Épilepsie : convulsions limitées au bras gauche, au cou, à la face; grosse tumeur sarcomateuse à cheval sur le sillon de Rolande, à la partie tout à fait supérieure, pénétrant les centres blancs jusqu'au voisinage du ventricule latéral, et pénétrée elle-même par le sinus longitudinal supérieur complètement oblitéré.
2. Glynn^. Accès convulsifs dans lesquels le bras, la main et la face étaient pris à gauche. Large tumeur myxomateuse dans la substance blanche du cerveau à droite : elle occupait la profondeur du sillon de Rolande à sa partie supérieure .
3. Dreschfeld. Épilepsie partielle du bras gauche et de la face à gauche : gomme des méninges occupant le milieu du sillon de Rolande avec ramollissement superficiel.
4. Wunderlich*. Épilepsie partielle de la face et du bras droit se terminant par une parésie du membre supé-
^ SeeligmWer ; Ein Fall von Hirntumor in der hinteren Centralwindung.— Arch. f. Psych. u. Nervenhrank., VI, 823, 1876.— Cit. Rendu, Revue citée.
- Seguin; Amer.neurol. Assoc, 1877. ~ Obs. lxxviii de Gl. de Boyer.
^ Glynn; Brit. med. Journ., 28 sept. 1878, Obs. m.
* Wunderlich, cité par de Boyer; Arch. d. Heilk., 1878, 2 H. — Obs. cxxvH de Gl. de Boyer.
rieur droit ; lésion du milieu des deux ascendantes par une tumeur de la dure-mère.
5. Frederik Trêves ' . Après traumatisme, convulsions dans la face gauche et dans le bras gauche , qui est ensuite paralysé. — Lésion ayant détruit la partie antérieure du lobe frontal des deux côtés, mais atteignant à droite la partie inférieure de la frontale ascendante.
Voici maintenant un fait de la même catégorie qui paraît exceptionnel.
Seguin^. Spasmes épileptoïdes localisés dans la main , le bras et la face à gauche : lésion sur le lobule pariétal inférieur près de la pariétale ascendante.
L'exception n'est du reste ici qu'apparente, car il y avait en même temps un abcès dans les deux hémisphères et surtout une méningite cérébrale suppurée. Ce n'est donc qu'un cas impossible à utiliser.
F. Il y a enfin des cas dans lesquels les convulsions se produisent à la fois dans la face et dans les membres, où il y a épilepsie hémiplégique complète : la lésion occupe alors une étendue plus ou moins grande de la zone motrice. C'est ce qui est arrivé dans les cas suivants.
1. Byron Bramwell^. Convulsions localisées d'abord au membre supérieur, puis gagnant la face et les membres : lésion limitée à la circonvolution pariétale ascendante, qui était détruite dans la partie moyenne.
2. Bernhardt\ Attaques épileptiformes commençant par les muscles orbiculaires, les fléchisseurs de la main droite et le sterno-mastoïdien du même côté ; néoplasmes tuberculeux dans l'épaisseur du lobe pariétal, en particulier dans la partie supérieure et latérale, et dans la partie médiane delà circonvolution pariétale ascendante.
^ Frederick Trêves ; The Lancet, 1878, pag. 346 et 378. ^ Seguin; Americ. neurol. Assoc, 1877. — Obs. lxxv de. Cl. deBoyer. •^ Byroa Bramwell ; Brit.med. Journ., 1875, 275, Même Revue, 351. •> Bernhardt; Kli?i. Beitrage Arch. filr Psychiatrie, IV, 598. — Obs. i de Lépine, pag. 114.
3. David'. Convulsions clonique^ de la face, du bras et de la jambe gauches ; convulsions limitées à la main gauche ; convulsions généralisées gauches : abcès du volume d'un petit œuf de poule au niveau des circonvolutions pariétales droites.
4. Maygrier^ Hémiparésie de tout le côté droit du corps, y compris la face. Attaques épileptiques avec mouvements générahsés prédominant dans le côté paralysé. Lésion de l'étendue d'une pièce de cinq francs à la partie inférieure des deux circonvolutions frontale et pariétale ascendantes et à la partie moyenne de la scissure de Sylvius, dont les deux lèvres sont accolées. Dans les deux tiers inférieurs, la lésion est limitée à la substance grise, mais vers la partie supérieure elle se prolonge dans le faisceau fronto-pariétal moyen .
5. Byron Bramwell^. Convulsions hémilatérales gauches, hémiplégie. Arachnoïde et pie-mère adhérentes dans le sillon de Rolande droit et sur les frontale et pariétale ascendantes ; nombreux nodules tuberculeux aux mêmes points ; à la partie inférieure des circonvolutions, la substance grise était aussi ramollie dans toute l'épaisseur de la substance grise, avec intégrité de la substance blanche. La lésion atteint les centres 7, 8, 9, 10 et il de Ferrier.
6. Wernher\ Aphasie et phénomènes convulsifs, d'abord seulement à gauche, puis prédominants à droite, dans certains muscles de la face et des membres. Dure-mère sous une mince couche de pus, recouverte des deux côtés par un exsudât, hémorrhagie au-dessous, cerveau hyperémié, avec ramollissement superficiel . Sur les bords des
1 David ; Gaz. méd. de Paris, 1874, pag. 609. — Landouzy, pag. 205.
2 Maygrier; .Soc. Anal., 30 novembre 1877. — Progrès méd., 1, 123. ^ Byron Bramwell -, loc. cit., deuxième fait.
•* Wernlier; Verletz. des Lobus fronialis der rechten Gehirnhàlfte. Ein Ikilr. zur Pathol. d. Gehirn verlelz und z. Localisât, der Gehirn funct. D. Zeilschr. f. dur., tom. 5 et 6, pag. 453. — Centralbl. f. Nervenheilk., n, pag. 29,
circonvolutions, notamment des moyennes touchant à la scissure de Sylvius, quelques sugillations apoplectiques.
7. Carlo MorelliV Épilepsie partielle, plus tard hémiplégie droite : tumeur étalée sur les circonvolutions de la région fronto-pariétale à gauche.
8. Dentan^, Accès épileptiformes prédominant à droite; paralysie ultérieure. Sur le lobe frontal gauche, tumeur allant jusqu'au niveau de la frontale ascendante.
9. Mossé\ Après une fracture de la voûte du crâne, contractures intermittentes de forme hémiplégique, à droite. Foyer de méningo-encéphalite sur le pied de la première frontale et sur le haut de la frontale ascendante.
10. Byron Bramwell'*. Attaques convulsives à gauche: gomme syphilitique dans la partie postérieure des première et deuxième frontales.
11. Bourneville^ Épilepsie hémiplégique droite : atrophie générale de l'hémisphère cérébral gauche. Induration des circonvolutions : pariétale ascendante (sur toute la hauteur), frontale ascendante (tout à fait en haut), partie postérieure du lobule pariétal inférieur et pli courbe, deuxième et troisième sphéno-temporales , lobe paracentral et lobe carré.
12. Grasset*'. Épilepsie hémiplégique gauche suivie d'hémiplégie transitoire : foyer de ramolUssement rouge occupant sur l'hémisphère droit : de haut en bas, le tiers
' Carlo Morelli ; loc. cit. — Obs. xxix de Gharcot et Pitres (deuxième Mémoire).
2 Deataa; Schweiz. Corr. BlalL, VI, 2, 1876. — Cit. Rendu, loc. cit. Rev. Se. méd., tom. XIII.
3 Mossé ; Soc. Anat., décembre 1877. — Obs. lxxvii de Cl. de Boyer. •* Byroa Bramwell ; Cases of intracran. Tumour. Edinh. med. Journ.,
1879. — Anal. Centralbl. /. Nermnhailk., 1879, pag. 378, Obs. vu. — I/Obs. VIII du même travail a trait à un sarcome qui ne produisit aucun trouble moteur (quoiqu'il ait atteint la zone motrice) ; ce silence sympto matique est justement attribué par l'auteur à la lenteur du développement de la tumeur.
^ Bourneville; De l' épilepsie partielle. (Progrès méd., 1879, pag. 299.) ^ Voir l'Observation wi exlenso dans la 3^ partie. (Obs. xv).
DAiVS LES MALADIES CÉRÉBRALES. 163
inférieur de la première frontale et la moitié supérieure de la deuxième; d'arrière en avant, les deux tiers postérieurs de ces deux circonvolutions ; petits points apoplectiques autour de la lésion. En épaisseur : la lésion apparaît sur la coupe faite au niveau du tiers moyen des frontales; elle occupe la partie superficielle des faisceaux supérieur et moyen ; surtout marquée dans la substance grise, elle est représentée dans la substance blanche par un fort piqueté violacé, plus serré dans le faisceau frontal supérieur, plus disséminé en même temps que plus réduit dans le faisceau frontal moyen. La lésion continue sur les coupes suivantes, que l'on fait très-rapprochées, diminue à la quatrième et disparaît à la cinquième, immédiatement avant la frontale ascendante. Absolument rien sur la coupe frontale.
On peut encore placer dans la même catégorie les faits suivants, dans lesquels une lésion bilatérale a produit des convulsions généralisées.
1 1 . Aies ^ . Accès épileptiformes bilatéraux avec aura variable : ramollissement superficiel intéressant : à droite, le pied des deux premières frontales , la pariétale ascendante et le lobule paracentral ; à gauche , la troisième frontale, la partie antérieure de la deuxième et la partie inférieure de la frontale ascendante.
12. Ales^. Tétanos après insolation : épanchement séropurulent entre l'arachnoïde et la pie-mère ; remplit le sillon de Rolande, recouvre les deux ascendantes et le pied des deux premières frontales , sans dépasser en arrière la pariétale ascendante déplus de 1 centim. — Les désordres sont les mêmes à droite et à gauche.
En somme, on voit que les lésions de l'écorce grise du cerveau peuvent produire des convulsions quand elles siègent dans la zone excitable, c'est-à-dire d'une manière
1 Aies; Considérât, clin, sur les localisât, cévébr. Thèse Montpellier, 1879, Obs. vu.
^ Aies ; Ibid., Obs. viii.
générale dans la région fronto-pariétale. Ces convulsions ont pour caractère particulier d'être limitées, partielles, circonscrites à un certain nombre de muscles. Elles débutent par un groupe musculaire donné, toujours le même chez le même malade, et de là se généralisent plus ou moins, le plus souvent à toute une moitié du corps, et constituent ainsi ce que l'on connaît depuis longtemps en clinique sous le nom d'ëpilepsie hémiplégique.
L'histoire de ces convulsions comprend trois grandes phases. Dans la première, on décrit cliniquement les divers types de cette épilepsie hémiplégique : elle est représentée principalement par Bravais. Dans la deuxième phase, on établit que ces convulsions sont en rapport avec des lésions de l'écorce grise : cette période comprend un très-grand nombre de faits isolés et se termine aux grands travaux d'ensemble d'Hughlings Jackson. Enfin la troisième phase commence avec les expériences d'Hitzig et de Ferrier : on cherche à contrôler les résultats de la physiologie expérimentale.
C'est là la période actuelle ; cette démonstration est encore à l'étude. Nous résumerons les résultats obtenus de ce côté quand nous aurons étudié les paralysies produites par les lésions corticales.