‹ Des localisations dans les maladies cérébralesChapitre 27 sur 81 · Grasset*. Hémiplégie gauche : foyer ocreux sous-cor · texte numérisé non relu

Grasset*. Hémiplégie gauche : foyer ocreux sous-cor

1 Ballet ; Soc. Diol. — Gaz. méd., 1878, pag. 18.

2 Landouzy; Soc. Anat., 18 octobre 1878.

=* Stackler; Soc. Anat., 13 dôc. 1878. ~ Cette Observation nous paraît avoir 6t6 classée à tort par Decaisne parmi les exemples de monoplégie brachiale.

''* Voyez rObs. xiv dans la 3" partie,

tical, au niveau de la frontale ascendante, dans le faisceau frontal moyen.

On peut joindre ici deux faits qui semblent indiquer que l'arrêt de développement des membres entraîne l'atrophie de la région corticale qui préside aux mouvements de ces membres. Ce sont des observations à rapprochsr des faits d'atrophie corticale après amputation que nous rapporterons plus loin.

1. Sarider'. A 2 ans, paralysie spinale infantile qui frappe tous les membres, surtout les gauches ; mort à 1 5 ans : atrophie, plus prononcée à droite, des deux circonvolutions marginales et du lobule paracentral.

2. De Boyer^. Atrophie des membres datant de l'enfance et atrophie des marginales avec dégénérescence de la moelle.

De l'ensemble des faits de cette catégorie, on peut conclure que les mouvements des membres sont plus particulièrement en rapport avec la partie supérieure de la zone motrice : partie supérieure des circonvolutions ascendantes et lobule paracentral.

Maragliano^ arrive aux mêmes conclusions. Dans 33 cas qu'il a réunis, dans lesquels les membres seuls étaient atteints, il a trouvé qu'en général la lésion portait sur les deux tiers supérieurs des circonvolutions centrales.

Nous devons cependant citer (en le discutant) le fait suivant, qui est exceptionnel.

1. Mossé''. Après un traumatisme violent à la région frontale gauche ( fracture avec enfoncement et hernie du cerveau), on n'observe d'abord aucun trouble moteur.

1 Sander ; Rev. des Se. méd.

2 De Boyer; Soc. Anat., décembre 1877. — Obs. cxxxiii de sa Thèse. ^ D. Maragliano; Li LoccaUzz. raotr. délia corteccia cerebr., stud. spe-

cialmeniedel lato clin. Rev. speriment. di Freniatr. edi Med. kg., anno IV, fasc. 1. — Aaal. in Centralbl. f. Nervenheilk., etc., 1878, uo 7, pag. 156. ■'* Mossé; Soc. Anat., 7 déc. 1877. — Progrès méd., 1878, no 9, pag. 161.

Mais le lendemain la sensibilité et le mouvement diminuent à droite; déviation conjuguée des yeux à gauche el rotation de la tête à droite. Dans la journée, contractures dans l'avant-bras droit, fugaces, alternant avec la parésie. — Lésion de la première frontale gauche (perte de substance du volume d'une noisette), àpeuprès aumilieu de la longueur de celte circonvolution et atteignant son bord supérieur ; déchirure de la circonvolution du lobule orbitaire située en dehors du sillon olfactif.

Le siège de cette lésion n'est pas parfaitement régulie:*; mais après un traumatisme pareil, on comprend facilement l'irradiation et les phénomènes de voisinage.

G. Observations de paralysie du membre supérieur se'i^l. — 1 Huguenin^ . Paralysie du bras gauche : coup de fleu^t qui avait pénétré par la cavité orbitaire et avait perfœé la substance corticale dans le voisinage du sommet de la circonvolution unciforme, au point de jonction despremiè-e et troisième circonvolutions frontales.

2. Pierret\ Parésie du bras gauche : foyer de ramdlissement à droite, à l'union de la deuxième frontale et de la frontale ascendante.

3. Jackson^ Parésie du bras droit : tumeur couvrait à gauche la partie postérieure de la première frontale, ai point d'union avec la frontale ascendante.

4. Raymond\ Paralysie limitée au bras droit ; granulations tuberculeuses volumineuses sur le lobe cérébrâ gauche ; au niveau des deux circonvolutions frontale et pariétale ascendantes existe de la méningite suppurée, avec tubercules ; ceux-ci deviennent surtout abondants en approchant du lobe paracentral.

1 Huguenia; Palh. gén. des mal. du système nerveux, pag. 252, cité par Lcpiae, pag. 14.3.

^ Pierret; Soc. Anal., 1874. pag. 196.

^ Jackson; Obs. déjrà citée, 1875.

^ Raymond; Soc. de Biol., 8 avril 1876.

5. M. Raynaud V Paralysie limitée au membre supérieur gauche, chez un phthisique : petit foyer de ramollissement rouge, développé autour d'un tubercule méningé, [l'atteignant pas les dimensions d'une pièce de 20 cent., situé sur la pariétale ascendante et dans la substance grise formant le fond du sillon de Rolande, à 3 centim, du bord supéro -interne de l'hémisphère.

6. Mahot ^. Monoplégie du membre supérieur droit : gliome du volume d'un œuf de pigeon, siégeant au niveau du tiers moyen de la frontale ascendante, à gauche.

7. De Boyer ^. Monoplégie brachiale gauche succédant aune hémiplégie des membres, avec contracture secondaire permanente : plaque jaune ancienne correspondant à h distribution vasculaire des deux branches ascendantes d3 la sylvienne droite ; atrophie consécutive des deux narginales, etc.

8. Bourdon \ Paralysie de l'avant-bras et de la main du côté droit : point noir de la grosseur d'un grain de ciènevis à la partie supérieure de la circonvolution frontde ascendante gauche; foyer hémorrhagique récent, continu en entier dans la substance grise, composé de sang roirâtre et n'occupant pas, tant en largeur qu'en profonceur, une étendue supérieure à 3 millim.

9. Bourdon^. Paralysie traumatique des deux bras: leux petits foyers de ramollissement rouge , très-superfi- 3iels, de 15 millim. de diamètre environ, situés, l'un vers la partie supérieure de la circonvolution frontale ascendante, du côté gauche, l'autre à l'union de la circonvolution pariétale ascendante et de la deuxième circonvolu ■ tion pariétale, du côté droit.

1 M. Raynaud; Soc. Anat., 25 juilet 1876, et Acad.de Méd., 1876.

2 Mahot; Soc. Anat., 15 décembre 1876. — Progrès méd., 1877, n» 14.

3 De Boyer; Soc. Anat., mai 1877. — Progrès méd., 1877, 36. ■'' BourdoQ; Bull. Acad. de Méd., 23 octobre 1877, pag. 1077.

5 [bid., pag. 1080.

10. RingToseAtkins' . Monoplégie brachiale droite : ramollissement cortical au niveau du tiers moyen de la frontale ascendante gauche et surtout au niveau de la pariétale ascendante.

11. Bide^ Après traumatisme, monoplégie brachiale droite (série de poussées) ; parésie faciale gauche légère et passagère : abcès du volume d'une amande dans l'hémisphère gauche. Le centre de la lésion de la convexité est situé entre le fer à cheval du pli courbe et la partie moyenne de la pariétale ascendante ; occupe le lobe pariétal supérieur dans sa partie la plus déclive. Elle empiète sur le pli courbe, sur son lobule, mais n'intéresse pas la pariétale ascendante. Sur des coupes verticales, la substance blanche est ramollie dans une très-grande étendue, et la pariétale ascendante, qui déprime abord paraît intacte,, est réellement atteinte.

12. Leloir^ Monoplégie brachiale chez un syphilitique : plaque de méningite gommeuse au niveau du tiers supérieur de la frontale ascendante.

13. Decaisne^ Monoplégie brachiale chez un tuberculeux : plaque de ramollissement sur la frontale ascendante, vers l'union du tiers supérieur et des deux tiers inférieurs ; s'étend superficiellement à la partie attenante de la deuxième frontale ; autre plaque en arrière siégeant en partie sur le lobe pariétal, en partie sur le lobule du pli courbe.

A côté de ces lésions corticales , plaçons les lésions du centre ovale entraînant le même symptôme.

Frey ^. Parésie du membre supérieur gauche : petit

1 Ringrose Atkins; Brit. med. Journ., mai 1878. — Obs. lxxxv de Cl. de Boyer.

2 Bide; Soc. ydnai., janvier 1878. — Progrès mécl, 16, pag. 301.

3 Leloir; Soc. BioL, 28 dôc. 1878.

•5 Decaisae ; Des paralysies corticales du membre supérieur (monopléfjif.s brachiales). Tli. Paris, 1879. Obs. ii, pag. 21.

5 Frey; irc/i. f. Psych., VI, 327. — Cit. Pitres, Th. citée, pag. 7G.

foyer de ramollissement de 12 millim. de long sur 8 de large , dans le centre ovale, au-dessous du pied de la deuxième frontale et de la partie moyenne de la frontale ascendante .

Quoique suivi de guérison, le fait suivant a encore un certain intérêt.

Achintre^ Monoplégie brachiale gauche temporaire produite par un coup de sabre sur le côté droit de la tète ayant pénétré jusqu'au cerveau , en avant du sillon de Rolando, mais parallèlement à ce sillon.

Nous pouvons encore rapprocher ici les faits d'atrophie circonscrite de Fécorce cérébrale après l'amputation du membre supérieur.

1. Ghuquet et Duguet^ Atrophie du tiers supérieur de la pariétale ascendante et du lobule paracentral du côté opposé au bras amputé.

2. De Boyer ^ Atrophie des circonvolutions marginales à leur origine, près de la scissure inter-hémisphérique; la circonvolution frontale ascendante surtout est très-grêle.

Nous pourrions ajouter aujourd'hui d'autres faits relatifs à l'atrophie de la région motrice après amputation ou arrêt de développement du membre supérieur, comme les observations de R. Gowers*, Dreyfus^, Oudin'', etc. Mais les preuves des localisations cérébrales tirées de cet ordre de faitsme paraissent d'une importance tout a fait secondaire ; leur valeur a été très-vivement contestée dans ces derniers temps.

i Achintre; Gaz. des Hop., in Centralhlat f. Nervenheilk., 1879. - Gimquet; ^oc. Anat., 10 novembre 1876.

^ De Boyer; Soc. Anat., 27 avril 1877. — Progrès méd., 1877, no 33. ■* R. Gowers; Royal med. and chirurg. Society. — The Lancet , ma.\ 1878, pag. 75.

* Dreyfus; Soc. Anat., 29 mars 1878 — Progrès méd., 25, pag. 483. 6 Oudin ; Revue mensuelle, 1878, 3.

DANS LES MALADIES CÉRÉnRALES. 19V

Gharcot' a montré chez une femme amputée à droite depuis trenLe-liiiit ans qu'il y avait eu peu d'atrophie à doirtc et point à gauche. Dujardin-Beaumetz- a signalé chez un vieillard non amputé une dépression complète d'une des circonvolutions ascendantes : ces effondrements séniles d'une partie du cerveau sont loin d'être rares, en dehors de tout traumatisme chirurgical antérieur.

Féré^ a repris et discuté toute cette question dans un travail que nous devons résumer.

Il examine d'abord les hypothèses admises : 1 . Dégénérescence ascendante remontant après une amputation jusqu'aux centres moteurs (Luys). Dans ses expériences, Pitres n'a jamais rien trouvé de semblable après l'ablation "*; 2. Développement du cerveau en rapport avec l'activité fonctionnelle, d'où l'arrêt de développement cérébral correspondant à l'inertie du membre (Féré^).

Passant aux faits, il critique la méthode de Luys : comparaison des circonvolutions des deux côtés. Car, ajoutet-il, pas un seul cerveau n'est symétrique. De plus , il existe des anomalies très-nombreuses, quelquefois unilatérales et sans troubles pendant la vie [Bull, de la Soc. Anat. , 1876, passim).

Il expose ensuite sa propre méthode . Etant admis que les deux sillons de Rolande sont à peu près symétriques

1 Gharcot ; Soc. Biol., 19 janvier 1878.— Gaz. hebd., 5, pag. 77.

2 Dujardin-Beaumetz; Soc. méd. des Hop., 22 mars 1878. — Gaz. hebd., 13, pag. 202.

3 Féré ; Note sur les cerveaux d'oAnpuiés. (Soc. de Biol., 5 janvier 1878. — Progrès méd,, 1878, 3, pag. 40.)

^ Voy. Sur les lésions des nerfs ( névrite s'arrêtant à une grande distance des racines) et de la moelle ( atrophie simple des cellules des cornes antérieures) après les amputations, les Obs. anciennes deVulpian, Dickinson, Hayem, et surtout les recherches récentes de Mayor et Déjérine. {Soc. de Biol., 3 août 1878. — Gaz. hebdom., 32, pag. 511.) — Voy. aussi la Revue générale actuellemeot en cours de publication dans la Revue mensuelle sur les lésions des centres nerveux consécutives aux altérations périphériques.

5 Fûré; Arck. de Physiol, 187G, pag. 2G2, et Soc. Anat., pag. 186.

dans leur position et leur direction générales (déduit de 100 mensurations), son avancement ou son recul serait la preuve de l'atrophie ou de l'arrêt de développement de la région de l'écorce située en avant ou en arrière ; de là, l'utilité de la détermination soignée de la position de ces sillons avec des points de repère sur le crâne ' ; mais il y a des modifications apportées par les déformations du crâne ^, il y a même des variations physiologiques avec le crâne normal, des anomalies possibles, etc. — Tous ces faits démontrent l'absence possible de lésion concluante par atrophie .

Il discute ensuite la valeur des faits d'atrophie déjà cités comme confirmatifs, et notamment ceux qui ont été réunis par Bourdon, De même pour l'avancement du sillon, il y a quelques faits utiles de Féré^ et de Landouzy^; mais aussi, dans une autre circonstance, Féré a vu un avancement bilatéral après une amputation unilatérale^.

Citons enfin sur cette même question l'opinion récemment exprimée par Ferrier. Parlant des atrophies cérébrales consécutives à des impotences de membres : « On peut se demander, dit-il®, si l'on aie droit de s'attendre à trouver une correspondance de cette nature. Pour ma part, et me fondant sur des idées théoriques, je crois qu'elle est des plus improbables, excepté dans les cas d'atrophie congénitale. Je ne crois pas que la simple absence d'un membre qui a pendant longtemps possédé une activité fonctionnelle entière puisse provoquer une atrophie perceptible des centres moteurs corticaux. Le simple mouvement objectif ou actuel n'est pas la seule fonction de ces centres. Gomme ils sont en même temps les registres organiques de

1 Bull. Soc. Anat., décembre 1875.

2 Soc. de Biol., janvier 1876. — Soc. Anat., décembre 1877. ^ Soc. de Biol., janvier 1876.

^ Soc. Anat., 1877.

5 Soc. Anat.. 1877, 189.

^ Ferrier; De la localisât, des mal. cérébr., pag. 106.

la mémoire, des mouvements qui leur correspondent et la base de l'idéation motrice, je pense qu'il est possible que leur nutrition puisse se maintenir malgré la cessation de leur activité dans l'innervation de mouvements actuels ou objectifs' .))

Nous laisserons donc de côté les faits de cet ordre , mais les observations que nous avons citées plus haut de monoplégie brachiale nous paraissent avoir une grande valeur pour fixer le siège présumé du centre des mouvements du bras. On peut les rapprocher des faits de convulsions C3mmençant par le bras (I. A.), et on arrive alors à cette conclusion, qu'il y a un territoire plus spécialement en rapport avec les mouvements du membre supérieur, et que trèsprobablement ce centre siège dans le tiers moyen de la circonvolution frontale ascendante du côté opposé ^.

D. Observations de paralysie du m.emhre inférieur seul. — 1. Lœffler ^. Paralysie des deux jambes : fracture au haut des deux pariétaux et dépression de l'os à l'intérieur.

2 Lœffler *. Paralysie de l'extrémité inférieure gauche : fracture traumatique du haut du pariétal droit.

Ces faits ont peu de précision, comme tous les faits traumatiques sans autopsie. Les faits de convulsion commençant par ie membre inférieur (L B.) n'étaient pas plus concluants o Ce n'est donc que sous réserves que l'on peut placer le centre des membres inférieurs dans la partie tout à fait supérieure de la zone motrice.

1 Voy. encore sur ce point la récente commuunicati on de M, de Varigny au Congrès de Montpellier 1879. — Voy. aussi Rendu, deuxième Revue citée, pag. 321.

2 II est bon de dire , une fois pour toutes, que les centres chez l'homme ne sont nullement des points mathématiques, ni même des surfaces restreintes très-précises ; les régions que nous indiquons sont simplement les points de l'écorce dans lesquels ou autour desquels les lésions s'observent le plus souvent quand il y a le symptôme indiqué.

•^ Lœffler; loc. cit., n» 23.

•'' Ihid., no 20.

Gl. de Boyer ajoute à ces faits : un de Landouzy (paralysie de la jambe gauche par une lésion du haut de l'hémisphère droit) et un de Rendu (paralysie de la jambe gauche par une lésion du lobule pariétal supérieur droit). Le fait suivant a peut-être plus d'intérêt.

Dérignac. Monoplégie associée du bras et de la jambe ayant persisté à la jambe et disparu rapidement au bras: foyer ayant détruit le haut de la pariétale ascendante et ayait comprimé et ramolli, sans les détruire complètement, le tiers supérieur de la frontale ascendante et du lobule paracentral.

Ce fait paraît démonstratif à Gl. de Boyer pour placer le centre du membre inférieur en haut de la zone motrice, en arrière du centre du membre supérieur.

L'observation déjà citée de Wunderlich peut être indiquée également ici. Épilepsie partielle delà face et du bras droit se terminant par une parésie du membre inférieur droit : lésion du milieu des deux ascendantes par une tumeur de la dure-mère.

Ferrier' cite encore le fait suivant.

Haddon\ Hémiplégie débutant par le membre inférieur gauche et restant longtemps limitée à ce membre. Tumeur de trois pouces de diamètre, implantée sur la dure-mère, comprimant perpendiculairement la région comprise dans l'extrémité supérieure des frontale et pariétale ascendantes et des circonvolutions postéro-pariétales.

Ferrier y ajoute des observations de Gouguenheim, Bourneville, etc., que nous avons classées ailleurs parce que nous les considérons plutôt comme des faits d'hémiplégie.

On peut encore y joindre les faits observés par Luys après amputation des membres inférieurs. Dans trois cas, Luys a toujours trouvé l'atrophie portant sur le même point,

Ferrier; De la, localisât, des mal. cérébr., pag. 102. Haddon (de Manchester) ; Brain, part. II, 1878.

à l'union do la deuxième circonvolution Frontale avec la frontale ascendante * .

Landouzy ' a récemment constaté l'atrophie de la pariétale ascendante, dans un cas de malformation ancienne et considérable du memlDre inférieur.

Aces faits d'atrophie, nous pourrions ajouter aujourd'lmi les suivants .

Ales^ Amputation au tiers supérieur de la cuisse gauche, dix-sept ans avant la mort. — La pariétale ascendante droite, dans son tiers supérieur, est le siège d'une atrophie évidente, portant surtout sur lapartie éloignée de 3 centim. de la scissure inter-hémisphérique. Du côté opposé, légère hypertrophie de la circonvolution homologue. Le lobule paracentral est aussi plus petit à droite, où d'avant en arrière il est long de 2 centim. et demi, tandis qu'à gauche il atteint 3 centim.

Luys*. Plusieurs cas de dégénérescence du lobe paracentral après amputation de la jambe. (11 note en même temps la prédominance physiologique de ce lobe chez rhomme, chez lequel il fait saillie, tandis qu'il est à niveau chez la femme . )

Mossé^. Amputé de la jambe trente ans auparavant. Atrophie de la moelle du même côté et du cerveau du côté opposé, appréciable mais peu considérable, impossible à localiser dans un centre spécial.

Nous n'insistons pas sur ces faits-là et renvoyons simplement aux remarques que nous avons présentées plus haut (pag. 197) sur cet ordre de preuves.

1 Luys; Soc. méd. des Hôp., 13 juillet 1877. — Voy. aussi Bourdon-, loc. cit., pag. 1098.

'•i Landouzy ; 5oc. Anat., 21 avril 1877. — Progrès méd., 1877, no 33.

^ Aies; Gonsidér.clin. sur les localisai, cérébr. Th. Montpellier, 1879. Obs II.

^ Luys; Soc. méd., des Hôp., 22 février et 8 mars 1878. — Gaz. hebd., 9, 138, et 11, 172.

* Mossé; Soc. Anat., 1 février 1878. — ProrjH'A méd.., 18, 344.

E . Observations de paralysie cU la face seule. — 1 . Pitres ^ . Paralysie de la face, à gauche, très-marquée; légère parésie avec contractures transitoires des membres : lésion étendue; ramollissement occupant toute la troisième frontale, le tiers inférieur de la frontale ascendante, tout le lobule du pli courbe, la moitié postérieure du lobule du pli pariétal,toute la première spliénoïdale et le lobule de l'insula.

Ce fait est très-remarquable en ce qu'une lésion aussi étendue n'avait produit de paralysie marquée qu'à la face, et cela parce que la lésion laissait intacte la partie supérieure de la zone motrice.

Quand la lésion est dans les mêmes régions à gauche, elle entraîne l'aphasie en même temps que la paralysie faciale ; c'est ce qui est arrivé dans les deux faits suivants.

2. Wernher^. Aphasie, paralysie delà face à droite : lésion de la partie tout à fait inférieure de la frontale ascendante, au voisinage de la scissure de Sylvius.

3. Hervey ^ Aphasie et hémiplégie faciale droite: rondelles de ramollissement sur la substance grise de la troisième frontale gauche.

4. Th. Barlow "*. Après hémiplégie totale double, troubles permanents ne persistant que sur les masticateurs et la langue : ramollissement symétrique bilatéral de l'extrémité inférieure de la frontale ascendante et de l'extrémité postérieure des deuxième et troisième fi:ontales.

5. Gowers ^ Après hémiplégie gauche graduellement améliorée, persistance d'une monoplégie faciale gauche : foyer hémorrhagique situé dans le sillon frontal perpendiculaire et qui avait comprimé les frontales externes et la frontale ascendante droite.

1 Pitres; Soc.daBiol., 19 février 1876.

2 Weraher; Obs. déjcà citée, 1873.

'^ Hervey; Soc. Anal., 1874, pag. 29.

'^ Th. Barlow; Obs. déjà citée

s Gowers ; Patholog. Tmnsact., 1876, pag. 35. — Emprunté par CI. <J.e Boyer à Ferner, Gulstonian Lectures^ pag. 88.

6. Dugont-Bally \ Lésion traumatique ctenduo par une balle de revolver ; paralysie de la face à gauche et difficulté pour sortir la langue : lésion portant spécialement sur la partie inférieure de la frontale ascendante à droite, à 2 centim. au-dessus de la scissure de Sylvius.

7. RosenthaP. Paralysie apoplectiforme delà langue: à droite, foyer à l'extrémité inférieure de la frontale ascendante et à l'extrémité postérieure de la troisième frontale; autre lésion à gauche,^ aux mêmes points et à la partie postérieure de la deuxième frontale.

8. Rosenthal ^ Chez un tuberculeux , parésie limitée à la face inférieure gauche : kyste gros comme une noix intéressant une partie de la surface convexe du lobe frontal et de la troisième frontale au-dessous du bord qui unit la face convexe à la base.

9. Gharcot et Pitres *. Monoplégie faciale inférieure droite et aphasie : foyer de raînoUissement occupant le quart postérieur de la deuxième et de la troisième frontale et le tiers inférieur de la frontale ascendante.

Ces faits, rapprochés des observations de convulsions corticales commençant par la face (I. D.), tendent à montrer que le centre des mouvements de la face serait à la partie tout à fait inférieure de la zone motrice. Les observations que nous rapporterons tout à l'heure, de paralysie simultanée de la face et du bras, viendront à l'appui des mêmes conclusions.

Mais les paralysies d'origine corticale peuvent être encore plus limitées; la dissociation peut être complète.

On remarquera déjà que les paralysies dont nous venons de parler ne portent que sur une partie du facial, sur le

' Dugont-Bally; Marseille médical, mars 1878. —Gaz. méd., 1878, 23. 2 Rosenthal; Deilr. z. Kenntniss der motor . Rindencentr. des Menschen liirnes, Obs. ii.

^ Rosenthal ; fbid., Obs. m.

■'' Charcût et Pitres ; Obs. lui du deuxième Mémoire.

facial, inférieur ; nous trouvons là un des caractères les plus remarquables des paralysies corticales : elles sont souvent dissociées. Il semble que les troncs nerveux qui s'éparpillent à la périphérie sont également éparpillés à leur centre cortical, de sorte qu'un nerf, à sa sortie du crâne, représente comme l'intersection de deux cônes opposés par leur sommet. — Le fait est encore plus remarquable pour le moteur oculaire commun.

J'ai observé un cas curieux de lésion corticale entraînant pour seul symptôme paralytique la blépharoptose du côté opposé ' . Landouzy en a ensuite réuni un assez grand nombre et a parfaitement mis en lumière l'existence incontestable d'une blépharoptose isolée, d'origine cérébrale, croisée par rapport à la lésion^. Mais le siège de la lésion correspondante à ce symptôme est encore difficile à déterminer.

1 . Dans mon observation, la lésion siégeait au haut de la scissure parallèle ; maïs tous les faits recueillis à la suite n'ont pas concordé avec le mien.

Yoici le siège des lésions dans les faits réunis par Landouzy.

2. M. ïlaynaud^ Encéphalite: foyer de 4 à 5 centim. occupant toute la corne postérieure de l'hémisphère gauche, et foyer de la grosseur d'une aveline dans la circonvolation paracentrale gauche, à l'union de la face interne avec la face convexe de F hémisphère gauche.

3. Landouzy. Tumeur du volume d'un pois, implantée sur la partie moyenne du lobule pariétal supérieur droit.

4. Dussaussay"^. Abcès développé aux dépens du lobule pariétal supérieur, empiétant sur la partie supérieure de

1 Grasset; Progrès méd., 1876, pag. 406. — Cette Observation est reproduite en entier dans la 3'' partie (Obs. xi).

2 Landouzy ; Tiièse inaug. citée. — De la blépharoptose cérébrale. Arch. gén. de méd., août 1877.

3 M. Raynaud ; Soc. Anal., juin 1876.

'^ Dussaussay; Soc. Anat., 8 et 15 décembre 1876.

la circonvolution pariétale ascendante et confinant au lobule du pli courbe.

5. Plaie avec enfoncement portant sur les régions confinant à la partie supérieure de la scissure parallèle'.

6. Landouzy'^. 1. Sur la substance corticale^ points multiples de ramollissement sous-jacent à des adhérences méningées et consécutif à de la méningo-encéphalite non tuberculeuse portant à la fois sur la partie supérieure du lobe temporal et la partie antéro-inférieure du lobe frontal. 2. Un ramollissement portant sur les fibres blanches souscorticales ; ramollissement correspondant à une substance irrégulièrement circulaire, de quatre travers de doigt de diamètre, et portant sur les fibres blanches sous-jacentes, en avant, à la base des deuxième et troisième circonvolulutions frontales et à la moitié inférieure de la frontale ascendante ; en bas, à la circonvolution temporale ; en arrière, à la partie postérieure delà circonvolution temporale, à la moitié inférieure de la circonvolution pariétale ascendante et à la partie antéro-inférieure du lobule du pli courbe.

7. Dreyfus^. Circonvolutions occipitales droites racornies ; quand on les incise, cavité irrégulière renfermant un liquide citrin. En avant, tissu cérébral ramolli.

8. Joanny Rendu*. Ramollissement cortical sur le tiers inférieur de la pariétale ascendante; empiète très-légèrement sur la circonvolution qui part de ce point pour former le lobule du pli courbe.

9. De Boyer^ Ramollissement exclusivement cortical, sur les circonvolutions temporales; s'étend dans la profondeur du pli courbe et sur la branche ascendante de la scissure syl vienne.

^ The British med. Journ., octobre 1876.

2 Landouzy; Obs. déjà citée.

•* Dreyfus-, Soc.Anat., mars 1877.

■^ J. Rendu; Lyonméd., avril 1877, pag. 44G.

5 De Boyer ; Soc. Anat., 13 avril 1877.

Il faut ajouter à cette nomenclature que, d'autre part, Pitres' et Lépine^ ont observé des faits de lésions du pli courbe, sans aucun symptôme du côté des paupières.

La plus grande réserve est donc encore nécessaire sur cette localisation. Landouzy conclut ainsi son dernier travail:

(( Il semble, d'après les faits rassemblés ici :

si" Que l'origine ou centre moteur du releveur de la paupière doive être cherché dans la région postérieure du lobe pariétal ;

)) T Que cette origine ne confine pas immédiatement aux centres moteurs des membres, puisque le ptosis semble avoir une existence aussi souvent isolée qu'associée aux troubles hémiplégiques ;

» 3° Que, parmi les faisceaux nerveux constituant par leur réunion la troisième paire, ceux destinés à l'élévateur palpébral paraissent tous avoir des connexions avec les hémisphères^ »

F. Observations de paralysie de la face et du bras. — 1. Cruveilhier\ Paralysie de la face et du bras : ramollissement rouge de la substance grise occupant le tiers inférieur du sillon de Rolande, en empiétant sur les circonvolutions voisines et surtout sur la pariétale ascendante.

1 Pitres; Soc. Anat., juillet 1876.

2 Lépine ; Obs. déjà citée.

3 Parlant des faits tendant à localiser dans le pli courbe le centre de l'élévateur de la paupière supérieure, Ferrier dit dans ses Guhlonian Lectures {De la localisation des maladies cérébrales, trad. de Varigay) : « Ces efïorls n'ont pas réussi, que je sache, et n'ont pas concordé avec les résultats acquis par les lésions expérimentales. S'il existe un centre volontaire distinct pour l'élévateur de la paupière supérieure, je crois que c'est dans la région actuellement considérée qu'il le faut chercher, centre 12, c'est-à-dire le pied de la deuxième» frontale. C'est également le siège que le même auteur assigne au centre de la déviation conjuguée des yeux. (Voy. plus loin le chapitre consacré à la Déviation conjuguée de la tête et des yeux.) — Voy. encore sur celte question le chapitre spécial de la Thèse de Cl. de Boyer.

'' Cruveilhier, cité par Bourdon, Acad. de Méd., octobre 1877.

DANS LKB MAEiADIES CÉUÉIUIALES. 207

2. Dieulafoy ^ . Piiralysio de la face et du Jjras : foyer hémorrhagiquo du volume d'une noisette, ayant pour siège la circonvolution frontale ascendante.

3. Troisier^. Paralysie du bras et de la face : immûdiatement en arrière de la troisième frontale, congestion et granulations tuberculeuses.

4. Bernhardt ^. Paralysie progressive du bras gauche, paralysie de la face gauche : infiltration hémorrhagiquo de la substance corticale dans une grande étendue, sans participation de la substance blanche. — Ce cas , très-net comme lésion corticale, est très-confus comme localisation, à cause de retendue des altérations.

5. Martin"*. Paralysie du membre supérieur gauche et du côté gauche de la face : ramollissement atteignant la pariétale ascendante dans son cinquième inférieur, s'étendant dans le sillon de Rolande et sur la frontale ascendante jusqu'au niveau du point où la partie supérieure de la deuxième frontale vient se jeter, à peu près à angle droit, dans la frontale ascendante.

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