Lucas Ghampionnière
Nous nous contenterons de mentionner ici ces Observations, sur lesquelles nous reviendrons à propos des applications chirurgicales des faits que nous étudions.
8. Landouzy^ Hémiplégie brachiale légère et hémiplégie faciale inférieure : tuberculose méningée en plaque occupant la partie inférieure du sillon de Rolando sur la moitié inférieure des deux ascendantes.
1 Dieulafoy; Gaz. des FIôp., 1868, pag. 150.
2 Troisier; Soc. Anat., 1872, pag. 262.
3 Berahardt; Klin. Beitr. Arch. f. Psychiatrie, tom. IV, pag. 698. Obs. III, citée par Lépine, pag. 145.
■'' Martin; Soc. Anat.; — Progrès méd., 1877, 13. — OIds. xiii de Gharcot et Pitres.
'-> Laadouzy; Soc. Anat., .30 nov. 1877, — Progrès méd., 1878, 7, pag. 122.
9. Gérard Marchant*. Paralysie de la motilité et de la sensibilité (face et bras) causée par une plaie pénétrante du crâne (balle de revolver) : lésion de la frontale ascendante au niveau du pied de la deuxième frontale.
10. MacGormac". Après un traumatisme, légère parésie du bras droit et aphasie. Siège de la lésion : sur le milieu d'une ligne joignant le lobule de l'oreille à la suture sagittale. Plus tard, parésie du facial et paralysie du membre supérieur droit; sept jours après le traumatisme, crise convulsive dans les muscles de la face et de la mâchoire à droite, etc.
Dans une Note à ce cas, Ferrier fait remarquer sa conformité avec l'expérimentation.
11. M. RosenthaP. Chez un phthisique, parésie de la face inférieure droite et du membre supérieur, surtout des interosseux, des extenseurs des doigts et du carpe ; attaques convulsives dans ces parties s' étendant, à la fin de la vie, dans toute l'étendue du côté droit : noyau caséeuxde 4 centim. de diamètre au milieu de la frontale ascendante et de la deuxième frontale.
12. Garadec*. Aphasie, paralysie de la face et du bras droit; à l'endroit où la pierre est venue frapper la tête, se voit une cicatrice de 5 centim. d'étendue, obliquement dirigée de dehors en dedans, présentant une dépression ou enfoncement des os du crâne en forme de godet ( 17 jours après l'accident) , qui se trouve à 6 centim. d'une ligne partant de l'angle externe de l'œil gauche. Si de ce point l'on tire une verticale, elle viendra couper à angle droit une horizontale de 5 centim. d'étendue, laquelle partirait du bord interne du pavillon de l'oreille. Gette cicatrice est
1 Gérard Marchant; Francemécl., 1877, 102.— CentralM., 1878, 448.
* Mac Cormac; Traumatic lésion of left Hémisphère. — Drain., juli. 1878, n, 256. —Anal, in Centralbl. f. Nervenheilk., I, 10, 270.
^ M. Rosenthal ; Beitr. zur Kmntaiss der motor . Rindencentr . des Menschenhirnes. Obs. i.
■'• Gàrudec -jAcad. de Méd. — Gaz. hebd., 1878, 43.
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située à lu partie antéro-inférieurc du pariétal gauche, et se trouve au niveau du sillon de Rolando et correspond aux circonvolutions frontale et pariétale ascendantes.
13. Gharcot et Pitres^ . Paralysie faciale inférieure droite; aphasie ; parésie partielle des muscles de l'avant-bras et de la main à droite. — A gauche, gros noyau hémorrhagique récent (œuf de poule) au-dessous de la première, au niveau du pied des deuxième et troisième frontales et de la moitié inférieure de la frontale ascendante.
14. Sabourin^. Paralysie de la face et du bras (et un peu du membre inférieur) à droite, avec aphasie. — A gauche, à la partie antérieure du lobule du pli courbe, foyer de ramollissement récent, large comme une pièce de 2 fr., entouré d'une zone de ramollissement blanc qui atteint le lobule du pli courbe en arrière et la partie inférieure de la pariétale ascendante en avant.
15. Mossé^ Paralysie de la face et du bras à droite ; aphasie : ramollissement du pied de la troisième frontale gauche ; plaque jaune dans le sillon prérolandique.
16. Bar*. Hémiplégie faciale passagère ; affaiblissement du bras gauche : foyer hémorrhagique dans le pied de la deuxième frontale gauche ; hémorrhagie méningée.
17. Gauché^ Monoplégie brachiale gauche avec hémiplégie faciale incomplète du même côté : foyer de ramollissement rouge sur la moitié postérieure de la frontale ascendante, à la partie moyenne, avec intégrité du tiers supérieur et du tiers inférieur.
18. SeeligmUller®. Paralysie de la face et plus tard paralysie du bras, ayant succédé à des convulsions localisées
' Gharcot et Pitres; Obs. xliii du deuxième Mémoire.
- Sabouria; Soc. Anat., 1877, pag. 45. — Obs. xliv de Gharcot et Pitres (deuxième Mémoire).
■' Mossé ; Soc. Anat., janvier 1878. — Obs. l, ihid.
■' Bar -France méd., 25 sept. 1878. — Obs. u, ihid.
"" Gauche; Soc. Diol., 11 janvier 1879.
^ Seeligmûller ; Obs. déjà citée à propos des convulsions débutant par la face.
dans ces parties : sarcome de la pariétale ascendante ayant débuté à la partie inférieure de la circonvolution pour progresser ensuite vers le tiers supérieur.
19. Barlow'. Aphasie et paralysie brachio-faciale, d'abord à droite, puis à gauche. Double lésion symétrique à l'extrémité inférieure de la frontale ascendante et à l'extrémité postérieure des frontales moyenne et inférieure.
G. Autres faits cliniques non classés clans les paragraphes précédents. — ' Nous réunirons ici, sous ce titre, quelques observations que nous n'avons connues qu'après l'impression de ce qui précède ; ce sont donc des faits oubliés, qui ne sont pas ici à leur vraie place.
a. Aphasie. — Bernheim^. Tuberculose pulmonaire; aphasie subite sans paralysie. Méningite tuberculeuse : localisation sur la troisième frontale gauche.
Bernheim rapproche de ce fait des observations analogues de Lediberder, Huguenin et Traube, et conclut que l'aphasie peut s'observer parmi les symptômes de la méningite tuberculeuse, qu'ellepeut être le premier symptôme de la maladie et qu'une localisation au niveau de la circonvolution de Broca ou de la région syl vienne gauche en est la cause organique fréquente^.
b. Paralysie des membres et de la face. — 1. Bernheim*. Hémiplégie gauche: vaste ramolHssement à droite comprenant tout le territoire cortical de l'artère sylvienne, sauf le lobule pariétal inférieur, et tout le territoire cortical de l'artère cérébrale antérieure, sauf le lobule carré et la circonvolution du corps calleux.
1 Barlow; Bnt.med.Journ., 28 juillet 1877, pag. 103. — Cit. Ferrier ; Localisât., pag. 136. — Voy. a^ViUsi Revue mensuelle, juin 1878.
2 Bernheim; Gontribut. à l'étude des localisât, cérébr. (Extrait de la Rev. màdic. de l'Est, 1878) Obs. n.
^ Gompar. les Obs. xiii et xiii bis de la 3"= partie. ■* Bernheim; loc. cit., Obs. i.
2. DavornoyV IlémiplogiG droite ot aphasie. Tumeur du volume d'une grosse orange un peu allongée, suivant l'axe du sillon de Rolande, coiffée parla substance cérébrale ramollie, qui, du reste, ne lui adhère pas. Elle siège exactement immédiatement au-devant de la pariétale ascendante, qu'elle refoule en arrière en l'aplatissant. En avant, elle arrive aux terminaisons des trois frontales sur la frontale ascendante. C'est cette dernière qui, élargie, refoulée et amincie , coiffe la tumeur. En haut, cette dernière va jusqu'au bord supérieur de l'hémisphère. En bas, elle atteint le pied de la troisième frontale, qui est comprimé mais non ramolli.
c. Paralysie des membres seuls. — 1. Wannebroucq ' . Attaques épileptiformes ; paralysie tardive et successive du membre supérieur puis du membre inférieur droit. Sarcogliome occupant le tiers supérieur des frontale et pariétale ascendantes gauches.
2. Savard.^ Hémiplégie gauche transitoire; mouvements choréiformes persistants dans les bras, à la suite. A droite : vieux foyer de ramollissement qui occupe presque toute la pariétale ascendante et se prolonge en bas jusque sur le lobule de l'insula. Sur une coupe au niveau de la frontale ascendante, on voit d'abord nettement le foyer de ramollissement déjà indiqué qui occupe le lobule de l'insula, puis un autre foyer distinct du premier, formé par une plaque ocreuse, allongée et déprimée, qui occupe toute la capsule externe. La partie la plus externe du noyau extraventriculaire offre une légère teinte ocreuse.
3. Bernheim^ Hémiplégie droite (membres seulement), congénitale ou de la première enfance, avec arrêt de développement des membres; attaques épileptiformes, etc.
1 Duvcraoy; Soc. Anat., 14 mars. — Progrès médical, !<"• nov. 1879. ^ Wauaebroucq: BuU. méd. du Nord, 1879, n» 7. ^ Savard; Soc. Anat., 14 mars 1879.— Progrès méd.., ,1<='' nov. 1879. '* Bernheim; loc. cit., Obs. m.
Atrophie partielle de F hémisphère gauche. Les trois frontales existent, ainsi que les deux tiers supérieurs de la frontale ascendante ; atrophie considérable du tiers inférieur de la frontale ascendante et de la moitié inférieure de la pariétale ascendante. Ont disparu : le lobule pariétal inférieur, la première et la deuxième temporo-sphénoïdales, la partie antérieure et externe du lobe occipital, au niveau de sa jonction avec le lobe pariétal inférieur et le lobe sphénoïdal; le lobule de l'insulaa également disparu et le corps strié n'est plus représenté que par une lamelle d'un demimillimètre d'épaisseur, etc.
Bernheimfait remarquer l'intégrité de la face malgré la destruction de la partie inférieure de la zone corticale motrice. Il explique le fait par les observations de Soltmann ^ .
d. Hémijjlégie, aphasie, hémianesthésie et hémichorée. — ■ Gaizergues^ Apparition successive d'une paralysie du bras droit, du membre inférieur droit, d'une aphasie transitoire et d'une hémianesthésie avec hémichorée. Mort au bout de quatre heures. — Foyer hémorrhagique produit par la rupture récente de nombreux anévrysmes miliaires situés sur les ramifications de la sylvienne gauche, occupant la zone motrice du centre ovale et ayant détruit les faisceaux pédiculo-frontaux inférieurs (aphasie), les faisceaux frontaux et pariétaux moyens (hémiplégie), la partie postérieure de la capsule interne (hémianesthésie).
Nous ne saurions mieux faire, pour terminer et résumer cette partie clinique, que l'expérience de tous les jours enrichit, que de reproduire les conclusions que Gharcot et Pitres ont mises à la fin de leur Mémoire.
(( 1° L'écorce du cerveau de l'homme n'est pas fonction-
1 Voy. plus haut (pag. 138) le chapitre que nous avons consacré au développement des Centres corticaux.
■^ Caizergues ; MontpelMer médic, 1879.
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nellemeDt homogène; une partie seulement des circonvolutions est affectée à F exercice régulier des mouvements volontaires. Cette partie, que l'on peut appeler zone motrice corticale, comprend le lobule paracentral, la circonvolution frontale ascendante , la circonvolution pariétale ascendante, et peut-être aussi les pieds des circonvolutions frontales.
» 2" Toutes les lésions corticales, quelle que soit leur étendue , siégeant en dehors de cette zone motrice, sont latentes au point de vue des troubles de la motilité , c'està-dire qu'elles ne déterminent ni paralysie ni convulsions. Nous pouvons ajouter qu'elles ne s'accompagnent jamais de dégénération secondaire de la moelle épinière.
))3° Au contraire, les lésions destructives, même très-limitées, atteignant directement ou indirectement la zone motrice , provoquent nécessairement des troubles de la motilité volontaire.
))4» Si la lésion est brusque , si elle détruit d'un seul coup une grande partie de la zone motrice corticale , clic donne lieu à une hémiplégie subite , flaccide, s' accompagnant plus tard de dégénérations secondaires de la moelle épinière et de contracture tardive des muscles paralysés, et ressemblant complètement à l'hémiplégie centrale vulgaire.
))5° Si la lésion est limitée à une portion restreinte de la zone motrice corticale, elle donne lieu à des monoplégies (suppression de fonctions ) et à des convulsions affectant le plus souvent la forme que nous avons étudiée sous le nom d'épilepsie partielle (phénomène d'irritation). Au bout d'un certain temps, ces lésions destructives, même très-limitées, de la zone motrice , déterminent une dégénération secondaire qui descend à travers le pédoncule cérébral et la moelle allongée, jusque dans le cordon latéral du côté opposé de la moelle épinière.
))6<* L'étude des paralysies et des convulsions d'origine corticale démontre que les centres moteurs corticaux, pour les deux membres du côté opposé, sont situés dans le lobule
paracentral et dans les deux tiers supérieurs des circonvolutions ascendantes, et que les centres pour les mouvements de la partie inférieure de la face sont placés dans le tiers inférieur des circonvolutions ascendantes, au voisinage de la scissure de Sylvius* .
))7° Il est très-probable que le centre pour les mouvements isolés du membre supérieur siège dans le tiers moyen de la circonvolution frontale ascendante du côté opposé.
bS" Enfin, on ne connaît pas encore exactement la situation des centres moteurs corticaux pour les mouvements de la nuque, du cou, des yeux, ni des paupières. »
Sur la nature plus exacte de ces centres , nous serons d'une très-grande réserve , et nous nous contenterons de reproduire ce que nous avons déjà dit ailleurs ^.
(( Quant à l'idée précise que l'on doit se faire de ces centres, il est difficile de donner quelque chose de définitif, et du reste c'est secondaire pour le but clinique que nous poursuivons.
» Ainsi, pour les uns, il y aurait dans la substance grise corticale de véritables centres moteurs, ou mieux psychomoteurs. Pour d'autres, comme Schiff, les centres psychomoteurs deviennent des centres sensitifs, sièges privilégiés d'actions réflexes motrices. Vulpian admet de simples lieux de passage de l'influence motrice des différents points de l'écorce grise tout entière, etadmet des connexions spéciales de ces régions avec les trousseaux de fibres blanches, qui, presque seules, mettraient cette écorce en rapport avec
1 Dario Maragliano {loc. cit.) cite vingl-huit cas d'hémiplégie ou d'épilepsie unilatérale (face comprise) dans lesquels la partie inférieure de la frontale ascendante était plus ou moins atteinte Là où d'autres régions de l'écorce paraissaient exclusivement lésées, les symptômes n'étaient que légers et passagers, ou il y avait en même temps une lésion du centre ovale.
' Leçons sur les Maladies du système nerveux, tom. I, pag. 232.
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les membres. Pour Lussana el Lemoigne, les divers centres corticaux céro])raux iic sont autre chose que des organes de la volonté et des différentes facultés instinctives qui habituellement mettent en action les vrais centres d'innervation motrice, organes que, dans diverses circonstances et sous certaines conditions, on peut momentanément mettre en jeu par un léger courant électrique; la destruction des centres corticaux entraîne une parésie des mouvements qui en dépendent habituellement. M. Duval se rallie à cette formule : au-dessous de certaines parties de l'écorce cérébrale se trouvent des faisceaux blancs assez nettement circonscrits, dont l'excitation provoque des mouvements localisés dans telle partie du corps , dans tel groupe de muscles, etc.
))I1 serait prématuré de vouloir se décider entre ces diverses manières de voir. La question est du reste , je le répète, entièrement secondaire. Comme l'a très-bien dit Pozzi, l'intéressant est de savoir s'il y a à la surface du cerveau des régions déterminées où une lésion produit ( par quelque mécanisme que ce soit ) des phénomènes spéciaux du côté de lamotilité, delà sensibilité ou de Pintelligence, de telle sorte que, ces phénomènes survenant, on puisse désigner par une induction légitime le siège de la lésion qui les a produites.»