OBSERVATION XVII
Hémiplégie guérie : foyer dans la couche optique.
La femme Laf. . . est entrée le 23 septembre 1878 à l'Hôpital- Général et y est morte le 22 janvier 1879. Malheureusement son histoire cli nique est fort incomplète.
Voici quelques renseignements que mon collègue M. Garrieu a bien voulu me fournir sur le séjour de cette malade à l'Hôpital Saint-Eloi, d'où elle a été dirigée sur l'Hôpital-Général.
On l'a apportée le 10 décembre 1878, dans la salle Sainter- Marie (n° 8) ; elle avait été trouvée sans connaissance dans la ruelle de son lit» Elle est dans le stertor, ne répond pas, fume la pipe. Le côté droit (?) est paralysé, avec des contractures trèsnettes, surtout dans le bras. Réflexes conservés. — Sinapismes ; lavement purgatif. — Le lendemain matin, la contracture a presque entièrement disparu ; la paralysie n'est plus aussi complète. La jambe peut exécuter certains mouvements trèslimités, ainsi que l'épaule. — Bouillon ; vin ; eau de veau stibiée. — La paralysie diminue les jours suivants de plus" en plus, mais M. Garrieu ne peut pas dire exactement dans quel état elle se trouvait quand elle partit pour l'Hôpital-Général.
A l'Hôpital-Général, on n'a constaté aucune hémiplégie. Cependant nous devons ajouter que la malade n'a pas été examinée avec toute la précision désirable à ce point de vue, de sorte qu'une légère faiblesse du côté a pu nous échapper. Elle succomba à une affection intercurrente d'un tout autre ordre (diarrhée, congestion pulmonaire, etc.); et, ignorant les antécédents de la malade, nous n'ouvrîmes le crâne, à l'autopsie, que pour faire un examen complet.
n y avait dans le ventricule moyen un foyer jaune ocre en pleine couche optique droite; le foyer est situé en entier sur la tranche du segment compris entre la coupe pédiculofrontaleet la coupe frontale. On pourrait loger à peu près un pois dans l'intérieur de la cavité anfractueuse du foyer. Sur la coupe frontale même, zone rosée sur la couche optique, faisant suite au foyer.
On ne peut pas tirer grandes conclusions de ce fait, à cause du peu de précision des détails cliniques. Ce qui nous paraît le plus intéressant à noter, c'est la fugacité de l'hémiplégie produite par une hémorrhagie de la couche
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optique. A ce point de vue, cette malade mérite d'être rapprochée du sujet de notre Observation ii, chez lequel une lésion du noyau lenticulaire avait entraîné une hémiplégie qui avait également complètement guéri. Nous l'opposerons au contraire au malade de l'Observation vu, dont l'hémiplégie, produite encore par une lésion du noyau lenticulaire, avait été persistante, et à lafemme de l'Observation xvi, chez laquelle une altération de la couche optique et du noyau caudé avait entraîné une hémiplégie également permanente. Nous reviendrons sur ces faits après avoir donné toutes les observations relatives à la région opto-striée.
OBSERVATION XVUI.
Apoplexie avec hémiplégie : vaste hémorrhagie ventriculaire.
Nous manquons de renseignements sur les antécédents de la femme Jeanne P... Elle est frappée d'apoplexie, à l'Hôpital- Général, le 18 juillet 1879 au soir. Elle aurait eu deux attaques ce soir-là. Elle en a une troisième dans la nuit du 20 au 21, après laquelle elle ne parle plus, et a une hémiplégie gauche. Elle meurt le 21 , à quatre heures après-midi.
Autopsie. — A l'ouverture de la dure-mère, il s'écoule beaucoup de liquide séro-sanguinolent. Arachnoïde épaissie et dépolie. Suffusion sanguinolente sous les méninges (qui s'enlèvent facilement). Athérome généralisé des artères de la base.
Le cerveau étant mis à plat sur sa base, le caillot fait saillie en arrière du corps calleux. Il y a du sang dans les deux ventricules latéraux et par-dessus les pédoncules. Les caillots remplissent tout le ventricule droit et font saillie au point indiqué derrière le corps calleux. C'est là qu'est (à droite) le point de départ de l'hémorrhagie. Tout est désorganisé autour. Les parois du foyer sontrempUes de points d'apoplexie capillaire.
Rien dans l'hémisphère gauche ni dans le mésocéphale.
Ce fait d'hémorrhagie ventriculaire ne peut montrer qu'une chose : c'est la rapidité de la mort dans ces cas. Les deux premières attaques notées n'étaient dues évidemment qu'à des apoplexies capillaires prémonitoires en quelque sorte. C'est à la troisième attaque qu'est survenue la vaste
hémorrhagie qui a pénétré dans les ventricules et a entraîné la mort en quelques heures.
A ce point de vue, cette Observation est tout à fait comparable à notre Observation xvi, dans laquelle une hémorrhagie ventriculaire analogue amena la mort en vingt-sept heures. Sous le rapport de la pénétration du sang dans les méninges, on peut la rapprocher de l'Observation x (hémorrhagie cérébrale de la zone latente ayant pénétré, par éclatement, sous les méninges) et de l'Observation xiv (hémorrhagie cérébelleuse ayant fait irruption sous les méninges).