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Fîg. 2. — CoufG verticale et transversale du cerveau faite en arrière des tubercules mamillairps ou en avant des pédoncules. — S, commissure grise ; — 0, 0, couciies optiques ; — V, ventricule latéral; — V, sa corne sphénoïdale ; — P, P, capsule interne ou pied de l'expansion p(Jdonculaire ; — L, L, noyau lenticulaire-, — K, capsule externe; — M, M, avant-mur ; — R, troisième ventricule; — A, corne d'Ammon.
Territoires vasculaires. — I, artère cérébrale antérieure ; — II, artère sylviennc ; — III, artère cérébrale postérieure.
Tous ces détails de nomenclature, qui paraissent arides, sont indispensables pour qu'on puisse décrire minutieusement la topographie des lésions. Et les faits cliniques ne sont profitables, au point de vue qui nous occupe, que quand on décrit exactement les lésions.
La capsule interne est donc cette bande de substance blanche qui sépare le noyau lenticulaire d'une part (en dehors) et la couche optique et le noyau caudé d'autre part (en dedans). Ce faisceau blanc peut être considéré comme le prolongement du pédoncule ; ses fibres vont ensuite dans la masse blanche de l'hémisphère, où elles rayonnent et s'irradient en éventail, formant ce que l'on appelle la couronne rayonnante de Reil. A cause de ces deux ordres de relations, d'origine et de terminaison, on a aussi appelé la capsule interne expansion pédonculaire ou pied de la couronne rayonnante.
Des travaux récents ont donné des détails plus précis sur la texture de la capsule interne et sur la direction complète de ses fibres et leurs prolongements. Ces travaux sont dus principalement à Meynert' .
Il distingue dans le pédoncule cérébral deux étages distincts. L'étage supérieur, qu'il appelle Haube, Tegmentum, renferme les tubercules quadrijumeaux et aboutit aux couches optiques; ce serait un système réflexe dont nous n'avons pas à nous occuper. L'étage inférieur , qu'il appelle Pes, est séparé du précédent par le locus niger de Sœm-
1 Consulter à ce sujet Huguenin ; Allgem. Path. der Krank., etc.; Zurich, 1873. — M. P. Berger a donné une bibliographie très-complète et une analyse très-consciencieuse de ces travaux , dans une revue critique des Arch. de physiol., 1874. Le point spécial qui nous occupe ici a été aussi exposé par Gharcot dans ses Leçons déjà citées. {Progr.méd., 1875, n» 33.) — On trouvera maintenant les travaux de Meynert complètement exposés eu français dans Huguenin; Anaiomie des centres nerveux, trad. Keller ; Paris 1879. — Nous signalerons en outre, dans ce livre, les intéressantes notes de M. Duval et le très-utile appendice intitulé : Nomenclature cérébrale des auteurs allemands.
mering et nous intéresse spécialement. Les fibres qui constituent cet étage inférieur n'ont pas toutes la même marche : les unes se jettent dans les diverses masses de substance grise de la base , les autres vont directement à l'écorce grise des circonvolutions.
Parmi ces dernières (fibres directes) , il y a un faisceau séparé assez important qui se recourbe en arrière, au moment où il atteint le bord inférieur du noyau lenticulaire. Chez l'homme, il est impossible de le suivre plus loin; mais chez certains singes on a pu le suivre dans l'épaisseur de la substance blanche du lobe occipital et le voir se terminer dans l'écorce grise de ce lobe.
D'un autre côté , Meynert serait arrivé à suivre ces mêmes fibres par en bas jusqu'à la protubérance , le long du pied du pédoncule, dont elles occuperaient la partie la plus externe. A la protubérance , elles se placeraient à la partie postérieure du faisceau pyramidal, conserveraient ce siège dans la pyramide antérieure jusqu'à 1" entre-croisement, et là, après s'être entre-croisées, passeraient , non dans les cordons latéraux de la moelle, mais dans les faisceaux spinaux postérieurs.
Il y aurait là, d'après Meynert, tout un système de fibres centripètes chargées de conduire les impressions sensitives en passant par la capsule interne jusque dans les lobes occipitaux. Ces résultats remarquables de l'anatomie normale ont encore besoin d'être contrôlés avant d'être admis d'une manière définitive. Mais ils montrent déjà qu'il est possible de trouver des troubles de sensibilité dans les lésions de la capsule interne. La clinique nous démontrera tout à l'heure le fait d'une manière incontestable.
Si nous reprenons maintenant synthétiquement la constitution de la capsule interne, nous voyons qu'il y a des fibres indirectes et des fibres directes. Les fibres indirectes sont : 1 ° des fibres venant du pied du pédoncule et allant au noyau lenticulaire ; 2° des fibres venant du pied du pédoncule et allant au noyau caudé; 3** des fibres allant
du noyau lenticulaire à l'écorce grise ; 4** des fibres allant du noyau caudé à l'écorce grise; 5** des fibres allant de la couche optique à l'écorce grise '. — Les fibres directes sont : 1° des fibres motrices (en avant) qui vont des cordons latéraux de la moelle à l'écorce grise des portions motrices ; 2« des fibres sensitives ( en arrière ) qui vont des cordons postérieurs de la moelle à l'écorce grise des lobes occipitaux ^.
Avant de quitter le domaine anatomique, un mot maintenant sur la circulation de la capsule interne ^ .
C'est l'artère sylvienne qui vascularise toute l'étendue de la capsule interne. Nous savons déjà que les artères centrales de la sylvienne naissent de ce tronc très-rapidement. Elles pénètrent par l'espace perforé antérieur. Parmi les branches centrales, les artères striées externes (celles qui nous intéressent) s'épanouissent sur la face externe du noyau lenticulaire , et de là naissent deux groupes importants.
Le premier groupe est antérieur et constitue les artères lenticulo-striées. Ces artères sont si souvent le siège des hémorrhagies, que Gharcot propose de les appeler artères de l'hémorrhagie cérébrale. Elles traversent le noyau lenticulaire, puis Idi partie antérieure de la capsule interne , et enfin le noyau caudé.
Le deuxième groupe est postérieur et constitue les artères lenticule -optiques. Elles traversent le noyau lenticulaire , la partie postérieuo^e de la capsule interne et la couche optique.
■• Il u'estpas question de fibres allant du pied du pédoncule à la couche optique, parce que les fibres qui vont à la couche optique viennent toutes de l'étage supérieur, du tegmentum (Gharcot).
2 Gharcot; Progrès méd., 1875, n» 28. — Voyez dans la deuxième partie tout le chapitre consacré à la disposition des fibres blanches qui partent des circonvolutions.
^ Consulter sur ce point le Mémoire déjà cité de Duret, ou le résumé donné par Gharcot dans ses Leçons. {Progrès mrd., 1875, n° 29.)
Si l'on se rappelle que ces artères sont terminales (au sens de Gohnheim), c'est-à-dire sans anastomoses, on remarquera cette indépendance des deux territoires vasculaires de la partie antérieure et de la partie postérieure de la capsule interne; résultat très-important , parce que la clinique va nous démontrer que la partie antérieure est essentiellement motrice et la partie postérieure essentiellement sensitive.