SOI
pas pouvoir les faire vivre? C’est encore sur ce point que toutes nos idées modernes sont bouleversées. Cette populace vivait : des aumônes de l’État; des distributions gratuites que lui faisait la République ; de ses services devant les tribunaux ; de ses votes. Un mot sur ces divers points.
Les distributions de blé étaient une mesure très-ancienne. Mais, originairement, la république n’y avait recours que dans les moments de disette. Ainsi tout le monde sait que le procès de Coriolan , et par suite , sa retraite chez les Volsques, eurent pour cause son opposition à ce qu’on distribuât, à bas prix, au peuple, une grande quantité de blé qui était arrivée de Sicile (1). Mais, je le répète, ces distributions étaient rares, et, à l’origine, n’avaient lieu que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. En 212 , pendant la seconde guerre punique , P. Cornélius Scipion , surnommé plus tard l’Africain , et M. Cornélius Céthégus, sont nommés édiles curules. Non-seulement, suivant l’usage , ils font célébrer des jeux avec une grande pompe ; mais ils donnent, les premiers, je crois, un funeste exemple. Ils font distribuer des mesures d’huile dans les divers quartiers de Rome (2). En 200 , Scipion envoie d’Afrique une immense quantité de blé. Les Édiles le font distribuer au peuple à raison de 4 as le modius (c’est-à-dire 20 centimes les 8 litres 64 centil., ou 2 fr. 50 c. l’hectolitre) , bon marché singulier, comme l’on voit (3). A la
teur des nuisons , In consommation , etc. C’est ce qu’a fait, avec succès, ce me semble, M. Dureau de la Malle qui ne donnerait pas à Rome, jusqu’à Néron, plus de 206, C84 habitants (Écon. polit, des Rom. 1, p. 340-370).
(2) Ædititia largitio luxe fuit : ludi Romani pro temporii illius copiis magnifiée facti, el diem unum instaurait, et eongei olei in vicos singulos dati, (ib. XXV, 2.)— Le conge valait 3 lit. 24 c. Périionius propose, avec quelque raison, au lieu de in vicos , de lire «’n viros, virilim, xat’ Svîpa.