‹ Des lois agraires chez les RomainsChapitre 11 sur 29 · T.-L. XXXI · texte numérisé non relu

T.-L. XXXI

fin de la même année , le bon marché augmente encore par suite des nouveaux et considérables chargements qui arrivent d’Afrique; le modius ne coûte plus que deux as (ou 10 centimes, c’est-à-dire 1 fr. 25 c. l’hectolitre (1)). De même, en 195, un million de boisseaux de blé, envoyé par les Siciliens , est distribué au peuple , à raison de deux as le modius (2). Bientôt ce n’est pas assez de nourrir ainsi le peuple , pour ainsi dire , gratuitement. Il ne suffit plus que la république fasse ces distributions à si bas prix ; les ambitieux, pour parvenir aux charges et se gagner la faveür des plébéiens , font, eux-mêmes, à leurs frais , de ces distributions. Nous venons d’en voir un exemple déjà, en 212. Nous en trouvons un autre en 190; Acilius Glabrion , le vainqueur des Thermopyles , se gagne la faveur du peuple par de nombreuses distributions (3;. Malheureusement Tite-Live ne peut nous fournir, sur ces questions , que ces faibles renseignements ; il nous manque pour l’époque oïl ces distributions , faites par l’État ou les particuliers, devinrent si nombreuses et si fréquentes que le bas peuple de Rome ne vécut plus que d’aumônes. Les historiens des derniers temps de la république , et du commencement de l’empire , comblent en partie cette lacune ; ils nous font connaître combien étaient profondes la misère et la corruption de cette populace (4). Caïus Gracchus,

(1) Ibid. 50.

Page 1