‹ Des lois agraires chez les RomainsChapitre 25 sur 29 · CLEMENTE. FOLCHI. EQ. ARCH1TECTO · texte numérisé non relu

CLEMENTE. FOLCHI. EQ. ARCH1TECTO

L’éloge est justement acquis : l’inscription est aussi simple que vraie, et mérite d’étre transmise; mais on ne peut équitablement attribuer les mêmes honneurs aux inscriptions citées par Gruter, et indiquées par quelques écrivains, notamment par Hollroann. Je veux bien croire aux excellentes intentions de Vespasien ; mais quels en ont été les résultats ?

(1) Hist. rom., 11,7.

incultes de la Péninsule, déclarant que ceux qui les cultiveraient ne pourraient jamais être inquiétés dans leurs possessions , lors même que ces terres appartiendraient à l’État ; et par lequel , en outre , il les exemptait de tout impôt , pendant les dix premières années. L’intention était excellente ; quel fut le résultat? Commode avait pu occuper le trône pendant près de treize ans ( 180-192) ; il avait satisfait la populace par des distributions de vivres et des jeux ; il s’était gagné les prétoriens par des largesses et la licence. Pertinax voulait rappeler les soldats à la discipline et le peuple au travail. Il fut assassiné après trois mois do règne.

Cette tentative de loi agraire ne fut pas renouvelée de sitôt. Peut-être ne le fut-elle jamais en Italie. Mais Julien, auquel on peut faire tant de reproches fondés , sans que l’on puisse contester ni ses intentions, ni sa sincérité , essaya d’exécuter une loi agraire, en Syrie, au moins; il enleva aux possesseurs les terres qu’ils occupaient, sans avoir le droit de les occuper. C’est ce qui résulte des reproches que , dans le Misopogon, il se fait adresser par les citoyens d’Antioche : « Tu ne crains point de t’attirer la » haine des marchands , en les empêchant de rançonner à » discrétion le citoyen et l’étranger. Les marchands crient » contre les possesseurs des terres. Tu contrains ceux-ci » de mettre fin à leurs injustices , et par conséquent , de » devenir aussi tes ennemis. Pour les magistrats qui sa- » vaient tirer parti de la misère publique, et comme mar- » chands , et comme possesseurs des terres , privés d’un » double profit, ils te haïssent doublement (1). » Un peu plus bas, Julien donne lui-même des détails plus précis sur ses mesures, mais avec un ton plus sérieux (2). Il nous apprend qu’il avait abandonné au peuple d’Antioche trois

(1) Misopogon de l'empereur Julien, trad. de la Bletterie (Vie de Jovien, 1776, ln-12, p. 303 et 304).

(2) Ibid., p. 352 à la fin du Misopogon.

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mille portions de terres vacantes. Mais alors les riches agirent comme avaient agi autrefois les patriciens de Rome. Ils en exclurent les pauvres, et se partagèrent ces biens entre eux. Julien dépouilla les usurpateurs ; les terres usurpées furent assignées, par ses ordres, aux dépenses de la ville. Mais il n’hésite pas à attribuer à ces mesures, si équitables , la haine que le3 habitants d’Antioche montrent contre lui. Ces tentatives furent les dernières. Julien mourut en 363 , et les invasions commencèrent en 375. L’empire n’eut plus désormais d’autre préoccupation que celle de sa défense. Nous sommes donc arrivé au terme de la longue tâche que nous nous sommes imposée. Peut-être même aurions-nous dû nous arrêter à la fin de l’histoire de la République. C’est là que finissent , en réalité, les lois agraires ; l’empire n’offre , à cet égard , que de vaines et rares tentatives.

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