CHAPITRE HE
Conceptions classiques et conception nouvelle des syndromes cubitaux.
: On voit toul ce que ces observations, que nous avons résumées d'après les travaux du docteur M. Ducosté, ont donné à la symptomalologie des lésions cubilales de richesse et de précision.
Il est bon, pour que puisse se mesurer le chemin parcouru, de placer en face d'elles les descriptions des auteurs classiques. Elles sont, d’ailleurs, si succinctes que nous pouvons les reproduire ?n exlenso. |
Pilres et Vaillard (1) se contentent de citer Grasset et Rauzier (2) : « Quand les muscles innervés par le cubilal sont paralysés, la flexion cubitale et l'adduetion de La main sont limilées par la paralysie du cubilal antérieur; Ja 3° phalange ne peut plus être fléchie par paralysie du fléchisseur profond ; les mouvements du petit doigt sont presque impossibles, par paralysie de l’éminence hypothénar; la flexion de Ja 1" phalange et l'extension des deux dernières phalanges sont impossibles, ainsi que les mouvements d’adduction et d’abduction des doigts, par paralysie des interosseux ; il est impossible de porter le pouce en dedans, de serrcr le 1” et le 2° mélacarpien, par paralysie de l’adducteur du pouce. La paralysie des mterosseux, en particulier, donne lieu à une griffe spéciale. Quand fee malade “eut mettre la main à plat, la 1" phalange se renverse
(1) Pitres el Vaillard, In Traité de médecine de Brouardel el Gilbert, p. 157. (2) Grasset et Rauzier, Trailé des maladies du sys!ème nerveux.
- \ « en extension forcée et la 2 au contraire se fléchit (griffe cubitale). Cette position se maintient même dans le repos muscuaire » (Grasset et Rauzier).
Pitres et Vaillard ajoutent à celte description = ct c'est leur contribution personnelle à l'étude des lésions cubitales — :
« Les troubles de la sensibilité, quand ils existent, frappent à peu près exclusivement les parties épargnées dans la paralysie du médian ». Nous savons aujourd’hui que les troubles de la sensibilité ne manquent jamais dans les lésions du cubital.
L'article plus récent de P. Guillain (1) a le mérite de donner de la griffe cubitale une description qui, copiée dans Duchenne, est exacte.
Voici la description entière de Guillain : « Quand le cubital est paralysé, les mouvements de flexion, d'abduction et d'adduction du petit doigt sont abolis. L'adduction du pouce est impossible. Consécutivement à la paralysie des interosseux, la flexion des premières phalanges et l'extension des deux dernières sont impossibles ; l'abduction et l’adduction des doigts sont presque nulles. Les malades se servent du pouce et de l'index pour la préhension des objets.
L'atrophie musculaire, qui est la conséquence de la paralysie du cubital, détermine ‘une griffe spéciale bien décrite par Duchenne. L'éminence hypothénar est aplatie, les espaces mtermétacarpiens sont déprimés, le pouce est fléchi et écarté de la paume, la première phalange des doigts est en hyperextension, les deux dernières, au contraire, sont fléchies; cette attitude des doigts est spécialement nette à l'annulaire et à l’auriculaire.
L'anesthésie n'est pas constante dans la paralysie du eubital. Quanil elle existe, on observe les troubles de la sensibilité au niveau de la région de l’éminence hypothénar, à la face palmaire du petit doigt et de la moitié interne de l’annulaire, puis à la partic interne de la face dorsale de Ia main, à la face dorsale de l'annulaire ct de la première phalauge de l'index et du médius ».
(1) Guillain in Pierre Marie, La pralique neurologique, 1911, p. 632.