‹ Des lois de la contraction dans les lésions traumatiques des nerfs périphériques et particulièrement du nerf cubitalChapitre 8 sur 20 · AE RU · texte numérisé non relu

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le poignet reste dans l'axe de l'avant-bras, les éxtenseurs contrariant Ja force, d'aillenrs médiocre sur la flexion ducar pe, des fléchisseurs des doigts.

- Les doigts sont donc assujettis à l’action combinée, d'une à part de l'extenseur commun et des extenseurs propres, de l’autre des fléchisseurs superficiels et profonds et des deux premiers lombricaux.

Les deux chefs internes du fléchisseur profond, les 3° et 4° lombricaux, tous les interosseux, l’adducteur du pouce en partie, sont d'ailleurs paralvsés dans les cas pris ici pour exemple de lésions hautes du cubital.

= Quelles sont donc les fonctions de ce muscle qui-dans les névromes, du cubital se contracture tout d'abord en vertu de la loi que nous étudions ?

Le fléchisseur superficiel a pour rôle de féchire ke 2°.et la 3° phalange, Les extenseurs écartent les doigts les uns des-autres et étendent les premières phalanges sur le métacarpe, l'extenseur propre du petit doigt porte ce doigt en forte adduction, l'extenseur. propre de l'index place également ce doigt dans l'adduclion. - . . ee

. La production dc ce mouyement est d’ dun plus facile que: les interosseux qui pourraient s’y opposér sont paralysés.

- Quant aux deux premiers Jlombricaux jetés entre les tendons du fléchisseur profond et de l'extenseur commun, leur rôle, très spécial et très subtil à l’état normal dans les mouvements de finesse des doigts, se borne ici à contrecarrer le jeu du fléchisseur et de l'extenscur.

-On comprend, dès lors, comment ces diverses actions muscuaires produisent, -en se combinant, les altitudes de la main qui vont peu à peu constituer la griffe. Dans une première période, les doigts s'écartent, l’auriculaire notamment se porte fortement en;dedans, l'annulaire suit ce mouvement, l'index dirigé dans lemême sens passe parfois par dessus le médius dont il recouvre le quart interne. Simultanément les premières phalanges s'éten- | dent et les 2° et 3° se fléchissent.. PES . Ce double mouvement est d'abord peu:marqué, les 1", pha-

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Janges restent plus où moins longtemps sur le même plan que le métacarpe, les 2° et 3° de l'auriculaire et de l'annulaire se plient avant celles des autres doigts pre que les Jombricaux des 4° et 5° doigts ne s'opposent pas à cette flexion.

Il arrive que le premier symptôme du processus qui va aboutir à la griffe soit précisément cette flexion des phalangines et des phalangettes des deux derniers doigts et un examen hâtif pourrait y voir une objection à la loi de la contracture d'amont. En réalité, la flexion de.ces phalanges est due à l'action du fléchisseur superficiel qui, innervé par le médian, commence à se. contracter; elle porte sur les deux dernières phalanges et non exclusivement sur la seconde comme dans la contracture du fléchisseur profond, enfin elle est tardive par rapport à la blessure et non immédiate. La flexion des 5° et 4° doigts dans les lésions hautes du cubital, loin de prendre en défaut la loi de la contracture d'amont, est une confirmalion de la loi de la contracture névromateuse Es

A la seconde période les premières phalanges se renversent sur le métacarpe et la griffe est constiluéc telle que l'a décrite Duchenne {de Boulogne). Cependant, ce grand observateur n'ayant pas étudié les nerfs et ayant ignoré les névromes ct leur rôle a méconnu complètement l'influence de l'excitation des muscles sur la constitution de la griffe; il l'explique par la ‘seule lonicité des exlenseurs, ce qui est inexact, la griffe, s'il en était ainsi, devant se produire immédiatement et non, comme on l’observe, peu à peu et en passant par les phases que je viens de sommairement indiquer. C'est une des rares, quoique très importante lacune de l’œuvre géniale du grand maitre.

Conslituée, la griffe est toujours plus marquée du 5°au 2° doigt mais elle atteint généralement chacun d'eux. [ls affectent, dans leur ensemble, la forme d’un escalier dont la marche la plus haute est l’auriculaire. Parfois cependant les 3° et 2° doigts ne renversent pas leur 1"° phalange sur le métacarpe; elle demeure sur le même plan; il arrive même qu'elle soit légèrement fléchie. Cette attitude est due à l’action des lombricaux que j ‘ai signalée

lout à l'heure.

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Le pouce qui reçoit ces filets de Cf:7: et peut être aussi (court extenséur) de C$- n’est que pen touché par l'excitation névromateuse en comparaison des autres muscles dont je viens d'étudier l'action; cependant, comme sou adducteur est parésié et que la main est déjetée sur le bord cubital, l'action des extenseurs est en général prépondérante et le 1'" métacarpien se porte à l'ordinaire en abduction ; la 1° phalange est légèrement fléchie, la 2 l'est davantage par l'action des lendons fléchisseurs. L'écartement des doigts et la griffe se produisent, je l'ai dit, plus diffieilement dans le cas de lésions hautes du cubital, parce que la contracture du fléchisseur profond s’oppose à l’action des extenseurs. Cependant, bien que je n’ai pas observé encore de blessures de guerre où la flexion initiale des 4° et 5° doigts se soit transformée en griffe, je ne doute pas que ce phénomène puisse se produire : il est décrit en effet depuis longtemps dans les plaies accidentelles du cubital à l'avant-bras.

IL serait facile de donner pour les autres nerfs des exemples de Ja contraclure névromateuse et de vérifier la loi par l'analyse des modifications d'attitudes que ces contractures imposent au

membre.

= La formule des réflexes à la hérite des contraclures névromateuses est la suivante : les réflexes lendineux et osseux sont exagérés, les cutanés sont diminués ou absents.

C'est une formule générale qui se plie à:diverses modalités.

On peut observer l'hypcrréflectivité tendineuse et l'hyporéfleclivité cutanée du côté atleint, la même “Apposree des deux côlés ou du seul côté sain.

L'ébauche du clonus du pied ou le clonus vrai s'observe parfois du côté malade, plus rarement des deux côtés simultané: ment. Les réflexes plantaires sont presque toujours abolis ; s'ils persistent, on note un balancement entre eux et les réflexes abdominaux et crémastériens qui disparaissent.

Des abdominaux, c’est l’inférieur qui manque Le plus souvent. Je n'ai jamais observé le signe de Babinski,

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Je n'ai pas à insister sur l'importance doctrinale et pratique, des notions que je viens de résumer. |

Je ne puis cependant m'empêcher de me féliciter de tout ce qu'enlève à la vague « hystérie » les lois de la contracture d'amont et de la contracture névromateuse, les contractures étant jusqu'ici altribuées à la suggestion ou à l’auto-suggestion.

Quelle que soit l'autorité de ceux qui s'y appliquent, je n'ai aucun doute sur l'échec, à ce sujet, de leurs teutatives de per-; suasion. Il existe très certainement, à l'encontre des idées reçues, des contraclures d'origine: périphérique.

La thérapeutique peut bénéficier de loutes ces remarques.

Il ne faut user de l'électrothérapie qu'avec une grande réserve dans ces paralysies périphériques où les contractures sont si fréquentes. Faradiser les muscles — et à outrance — sous prétexte que ce sont là des contractures hystériques sur lesquelles l'électricité agit par persuasion, me paraît une pratique pleine de danger. |

Les paralysies périphériques, telles qu’on les décrit dans les ouvrages classiques, évoluent avec simplicité; lorsqu'on se place devant les faits, il faut reconnaître que les phénomènes sont tout autres qu'on les a supposés. IL convient à présent de rechercher une thérapeutique rationnelle et d'abandonner des pratiques dont l'inutilité, pour ne dire plus, est, après dix mois d'intense ‘application, surabondammernt démontrée.

Si nous extrayons de la communication du docteur M. Ducosté les notions qui s'appliquent au cubital, sujet auquel nous nous sommes limité, nous voyons :

* 1° Que la flexion des 5° et 4° doigts ne se produit que dans les lésions du nerf situées au-dessous des filets qu'il abandonne aux muscles cubital antérieur et fléchisseur profond, et que cette flexion est immédiate ;

2° Que d'irréductible qu’elle était dans Le cas précédent, elle

devient molle, facile à vaincre, lorsque la lésion siège entre les deux groupes de filets abandonnés par le nerf aux mêmes muscles; FRERE à 3° Que celle flexion n'existe jamais dans les lésions hautes situées au-dessus des filets les plus supérieurs des musclés antibrachiaux innervés par le cubilal; |

4° Que des deux exceptions à la règle aïnsi fixée, l’une se rapportè à la section des muscles ou des tendons, et que l'autre n'est qu'une Se de la loi de la contracture inévromateuse ;

:5Que la griffe cubitale n'est ni constante, ni immédiate’; qu'elle s'explique-.par la contracture des extenseurs et des fléchisseurs el qu ‘elle passe par des De qui n'en sont que des ébauches ;

* 6° Que les lésions du bits ont une grande force d'extension: de: bas en haut, comme en témoignent le phénomène du courant provoqué par excilation mécanique du nerf bien au-dessus de la Jésion et la zone SA: dont l'irritalion propagée jusqu'aux extrémités de l'auriculaire et de l’annulaire est la preuve irrécusable de cette extension aux extrêmes limites des nerfs auxquels s'anastomose indirectement le cubital.

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