‹ Des luxations brusques au début de la coxalgieChapitre 19 sur 25 · CHAPITRE: VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE: VI

Diagnostic.

Le diagnostic d'une luxation brusque au début d’une coxalgie est rendu facile grâce aux données de la symptomatologie.

Parfois la douleur, la gène > de la marche, la claudication, phénomènes souvent intermittents au début, quelquefois même un peu d’atrophie musculaire précoce, jointe à la contracture des adducteurs, ouvriront la scène. Nous serons alors portés à appréhender, sinon à diagnostiquer une arthrite tuberculeuse de la hanche et nous penserons à la possibilité d’une luxation.

Parfois le diagnostic s’imposera quand, sous l’influence d'une cause minime ou spontanément, la hanche, même immobilisée, se sera déformée et que l'impotence fonctionnelle, la douleur intense, nous auront amené à rechercher les autres signes physi-

ques.

0 Eee

De mème, les antécédents personnels du malade, pourront nous éclairer sur le diagnostic étiologique (Observ. IT de Kirmisson : l'enfant, soignée pour coxalgie droite et guérie, est atteinte ensuite de luxation à gauche, suite de coxalgie).

Mais, si la luxation spontanée, et non plus la coxalgie, se présente seule à l'attention du médecin (Obs. de la thèse de Joüon) nous n'avons plus de base étiologique et le diagnostic est plus délicat. En effet, l'enfant n'a jamais souffert, n'a jamais boité; c'est brusquement, sans que rien puisse la faire prévoir, que la luxation s'est produite. L'observation et la recherche des signes physiques, sous chloroforme au besoin (Kirmisson), nous seront alors d'un grand secours. Nous constaterons que la tête fémorale n'occupe plus la cavité cotyloïde, les mouvements imprimés à la cuisse se communiquent à la tête située plus ou moins haut dans la fosse iliaque externe. Nos présomptions confirmées, nous pourrons procéder à la réduction immédiate.

Si la luxation s'établit à la période des attitudes vicieuses de la coxalgie, nous devrons faire le diagnostic différentiel de ces deux affections. L’attitude vicieuse la plus commune au début de la coxalgie se manifeste ainsi : la cuisse se fléchit sur le bassin, le membre se place dans l’abduction et la rotation en dehors. Que le malade soit debout ou couché, le membre semble allongé; on dit qu’il y a allongement apparent. Ce phénomène tient à ce que le bassin est fortement incliné du côté malade et saillant en avant. De plus, phénomène corrélatif à la flexion

de la cuisse, la région lombaire du côté malade présente une cambrure exagérée (ensellure lombaire). La fesse du côté malade est abaissée et aplatie, le pl fessier est abaissé, le sillon interfessier est dévié vers le côté malade.

À un examen un peu hâtif, on pourrait confondre cette attitude vicieuse avec une luxation en avant. Mais dans cette dernière affection, le membre luxé est porté dans un plan un peu plus antérieur que le membre sain; la flexion et l'abduction sont communes dans les deux cas ; toutefois, celle-ci est si prononcée dans la luxation en avant que souvent le membre ne peut être maintenu qu'en dehors du plan du lit. Dans les deux cas, la hanche est aplatie, les adducteurs sont tendus et l'adduction impossible. Mais dans la luxation en avant, l'allongement du membre est constant et réel, variant de 3 à 5 centimètres, d'autant moindre d’ailleurs, que l’abduction et la rotation en dehors sont plus marquées. S’agitil d’attitude vicieuse, la palpation nous fera sentir la tête fémorale dans la cavité cotyloïde. S'agit-il de luxation en avant, la tête sera un peu au-dessous de la ligne de Nélaton, et le triangle de Scarpa sera déformé, bombé par la présence anormale de la tête fémorale en saillie dure, arrondie, douloureuse et facilement reconnaissable.

La radiographie, au besoin, confirmera le diagnostic. kr 4 DE LS Dans la coxalgie, il n’est pas rare de voir succéder à l'attitude vicieuse primitive en flexion, abduction, rotation externe, une déviation en sens inverse

Page 1