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CHAPITRE IV

Symptômes.

En parcourant les observations de luxations congénitales de la rotule, on est frappé de la diversité sous laquelle se présentent les différents cas. Luxations permanentes, luxations récidivantes, luxations habituelles se rencontrent, en effet, dans l’histoire du déplacement congénital de cet os. Les unes datent de la naissance, d’autres n'ont débuté qu'avec la marche, d’autres enfin se sont montrées plus tard, provoquées par un léger traumatisme ; un esprit non prévenu pourra les considérer comme des luxations traumatiques, mais l'étude attentive des circonstances dans lesquelles la luxation s’est produite, la constatation de déformations du côté des os ou des ligaments feront penser à la congénitalité. Et de telles considérations nous semblent d’une importance assez grande, tant au point de vue du traitement que du pronostic surtout.

Bessel-Hagen divise les luxations congénitales de

Nes la rotule en luxations complètes ou incomplètes, permanentes ou récidivantes. |

La plupart se font en dehors. Toutefois, dans une de nos observations, celle de Putégnat, la luxation se fit en dedans. « Ce qui est très rare, dit Putégnat, « c’est que la rotule, luxée complètement en dedans, « était renversée de telle sorte que sa surface articu- € laire était devenue antérieure ». Nous ne connaissons, avec ce cas, que l'observation de Périat, de luxation en dedans.Aussineconsidérerons-nous,dans cette symptomatologie, que les luxations en dehors.

Nous classerons les luxations congénitales de la rotule en :

10 Luxations permanentes 2° Luxations récidivantes 3° Luxations habituelles.

Ï. — LUXATIONS PERMANENTES. — D'après Aldibert (Revue mensuelle des Mal.de l'Enfance, 1874) la très grande majorité des luxations congénitales de la rotule comprendrait des luxations permanentes. Nous ne partageons pas complètementcette opinion. Il est vrai qu’Aldibert restreint beaucoup le nombre des luxations congénitales, en ne considérant comme telles que celles constatées à la naissance. A côté de ces luxations congénitales, dit-il, « il faudrait en « placer d’autres qui sont simplement d’origine con- « génitale èt apparaissent plus ou moins tard ; elles « sont dues à un relâchement ou une faiblesse ori- « ginelle des ligaments. Cette hypothèse, qui ne « satisfait guère l'esprit, est aussi difficile à démon-

ER « trer qu'à réfuter; nous n'y insistons pas davan- « tage » (Aldibert, loc. cit.). Quant à nous, nous nous avons dit pourquoi nous y insisterons davantage.

Quoi qu'il en soit, les [uxations permanentes présentent des symptômes bien nets et caractéristiques .

En général, elles ont été constatées dès la naissance. Le venou est déformé, semblant plus élargi. La rotule n'a plus sa situation normale ; elle a filé en dehors du côté du condyle externe, et flanque ordinairement son côté externe. La luxation est complète ou incomplète suivant les cas.

La rotule, parfois,a saforme et ses dimensions normales ; d’autres fois, elle est plus petite (on rencontre ce dernier caractère dans beaucoup d'observations).

Dans cette situation anormale elleest plus ou moins mobile. On peut parfois la ramener jusque dans la gouttière intercondylienne ; ailleurs on la conduit en avant du condyle externe. Cette mobilité est plus ou moins facile à provoquer et, dans quelques cas, toute tentative de réduction passagère échoue complètement.

On provoque parfois des craquements, des frottements plus ou moins fins, en voulant ramener la rotule à sa position normale.

L'examen du condyle externe est souvent très difficile, en raison de la situation de la rotule qui empè:che d’en voir l'aspect normal ou, au contraire, les déformations. Quand l'examen est possible, on se rend compte, dans certains cas, de particularités intéressantes. Dans la plupart des observations, il

n'a pas sa configuration normale. Lasaillieantérieure est moins marquée que normalement et se continue sans arête vive avec le creux sus-trachéal. Celui-ci, que l’on peut sentir, est souvent effacé. Voilà bien des déformations qui peuvent nous éclairer sur la cause de la luxation.

Ce déplacement de la rotule s'accompagne de changements dans la direction des leviers osseux du membre inférieur. Il y a, en effet dans tous les cas de luxation de la rotule, un degré plus ou moins prononcé de genu valgum, de rotation en dehors du tibia, de rotation en dedans du fémur. La malade de Hans Spitzi en offrait un exemple remarquable, au point que cet auteur a voulu faire de la rotation en dehors du tibia lesymptôme primordial desonobservation.

Le malade de M. le professeur Poncet avait un redressement très appréciable de son col fémoral. Nous considérons cette particularité comme un phénomène surajouté et ne chercherons nullement à établir un rapport de cause à effet entre la luxation congénitale de la rotule et le redressement du col.

Les troubles fonctionnels, occasionnés par une luxation congénitale permanente de la rotule, sont plus ou moins marqués. Il y a des malades qui se plaignent à peine d’une sensation de faiblesse dans le membre correspondant, en tout temps et pour n'importe quel effort. |

D'autres,comme un des maladesde Appel, n'éprouvent quelque symptôme qu’à l’occasion d’efforts par trop pénibles.

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