CHAPITRE V
Diagnostic.
Le diagnostic des luxations congénitales de la rotule n'est pas toujours chose facile. Toutefois, il est certains faits sur lesquels nous pouvons tabler et qui nous seront d’une grande utilité : ce sont les déformations osseuses du côté des condyles ou de la rotule, la notion de l’hérédité dans certains cas, l'absence de tout antécédent traumatique ou pathologique du côté du genou.
Le diagnostic comprend deux points :
10 La luxation est-elle primitive ?
20 Quelle est sa cause? Est-elle congénitale?
I. — La luxation est-elle primitive ? C’est alors que se pose la question du genu valgum primitif. Nous avons déjà parlé des difficultés de ce diagnostic, ou plutôt de la différence d'appréciation suivant les
auteurs.
Nous croyons que lorsqu'on se trouve en pré-
HS
sence d’une déformation du genou caractérisée par une luxation de la rotule en dehors et un genu valgum peu marqué, il faut penser à la luxation congénitale. Evidemment, il est très malaisé de fixer la limite du diagnostic d’après le degré du genu valgum, mais nous aurons la ressource des autres caractères de chacune de ces déformations, pour diriger notre diagnostic dans un sens ou dans l’autre.
On rencontre parfois, en même temps qu'une luxation congénitale de la hanche, une luxation de la rotule en dehors. Mais, dans ce cas, nous n’avons pas à faire à une luxation congénitale ; elle depend directement de [a luxation de la hanche.
Il. — Est-ceune luxation congénitale? Nousne nous arrêterons pas aux cas dans lesquels la déformation a été constatée de tout temps. Mais la question est intéressante quand il s'agit de luxations récidivantes de la rotule, ou bien de luxations survenant plus ou moins tard dans la vie.
Lorsqu'il est bien démontré qu'il n'y a eu aucune lésion articulaire antérieure du côté du genou, nous sommes convaincu que les luxations récidivantes de la rotule sont d’origine congénitale. Et ce doit être le cas de la plupart, car les traumatismes signalés parfois à l’origine, dans les observations de luxations récidivantes sont, dans certains cas, trop insignifiants pour qu'il ne faille pas expliquer par une prédisposition congénitale quelconque et la luxation première et les récidives. Il serait intéressant, à l'avenir, de diriger les observations dans ce sens.
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La question a d'ailleurs son importance, car on ne se laissera pas tromper par une luxation survenant tardivement. On étudiera avec soin les circonstances dans lesquelles s’est produite la luxation, on recherchera les déformations articulaires, aplatissement du condyle externe, effacement du sillon intercondylien. Cette question résolue, on pourra établir un pronostic exact et instituer un traitement rationnel.