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CHAPITRE Il

Etiologie

11 est malaisé de trouver une formule qui résume l'étiologie des luxations de la rotule. C’est qu'en effet il faut tenir compte de facteurs très nombreux et différents. Si nous voulons chercher la raison d'être de ce déplacement articulaire, nous trouvons dans les observations où sont signalées les déformations des éléments de l’article, des différences notables suivant les cas.

L’étiologie de ces luxations ne peut donc êtrela même pour toutes les observations. En effet, si, dans certains cas, on signale du relâchement dans les ligaments,dansd’autres on accuse l'applatissement du condyle externe, ailleurs l'effacement de la gouttière condylienne. Il semble naturel alors qu’il faille incriminer des causes diverses. C’est ce que nous allons étudier.

Auparavant, il importe, toutefois, que nous nous débarrassions d’une objection assez grave. On a

voulu nier les luxations congénitales de la rotule comme entité bien définie, en faire une conséquence fatale d'une autre difformité, le genu valgum. Ce qui donne du poids à cette objection, c’est l’existence constante d'un genu valgum plus ou moins accusé dans les cas de luxations congénitales. De plus, dans un genu valgum typique, la subluxation de la rotule sur le condyle externe est un phénomène fréquent. Mais, dans les luxations congénitales, le genu valgum n’est pas assez prononcé pour expliquer la production de ce déplacement de la rotule, tandis qu’on comprend très bien que la direction anormale du quadriceps, par ce déjettement en dehors de la rotule, puisse provoquer cette attitude spéciale de la jambe en genu valgum

Les auteurs s'accordent, d’ailleurs, à reconnaître les luxations congénitales de la rotule comme la cause de certains génu valoum.

Dans le Traité de chirurgie, Kirmisson écrit :

« Le genu valgum peut reconnaitre comme cause, « la luxation congénitale de la rotule, »

Le professeur Hoffa, de l'Université de Würzbürpg, dans son livre Orthopaedische Chirurgie (1891), est du même avis. « La luxation congénitale de la rotule, « dit-il, est, dans certains cas, la cause du genu « valgum... Il nya pas de doute que la luxation « congénitale ne puisse être primitive ». Il est très remarquable; en effet, que, dans les cas qui nous occupent, nous ne rencontrons pas les déformations articulaires habituelles du genu valgum

ypique. |

En résumé, la luxation congénitale est bien primitive, mais quelle est sa cause ? |

On sait les théories nombreuses successivement édifiées pour la pathogénie des luxations congénitales en général. « Les causes des luxations « congénitales échappant le plus souvent à l’obser- « vation directe, on a cherché, dit Malgaigne, à y « suppléer par les théories, et les théories n’ont pas « manqué ». C’est qu’en effet, pendant la gestation, nombreuses sont les causes que l’on peut imaginer agissant sur le fœtus, sans parler des troubles spéciaux dans les « germes » et qui, selon quelques-uns, expliqueraient ces déformations.

Voyons donc, parmi ces théories, celles qui pourront le mieux se rapporter à nos observations. On peut les ranger en trois grandes classes :

1° Les luxations sont originelles.

20 Elles sont produites pendant l’accouche-

ment, 30 Elles se font dans le cours de la vie intrautérine, I. Les LUXATIONS SONT ORIGINELLES. — C'était la

théorie invoquée par Dupuytren. Ce qui lui donne quelque importance, c’est l’influence indéniable, dans certains cas, de l’hérédité. L'observation de Caswell (American Journalof Med. Sc.,1865) est intéressante à ce sujet : cinq membres d’une même famille étaient affectés de luxations congénitales de la rotule. L'un d’eux fut examiné par Caswell. Son père était atteint, de même que deux de ses frères. Le quatrième

Si «RE était indemne, mais son fils eut une double luxation congénitale.

Le frère et le père du malade de Servier étaient également porteurs d’une luxation congénitale de la rotule.

Hans Spitzi signale, dans son observation, un fait intéressant d’hérédité : la grand'mère et la tante de sa malade ont la même déformation et de la même rotule.

Sur les 67 observationsde luxations congénitales de la rotule qu’il a recueillies, Steindeler rapporte cinq cas où l’hérédité a joué un rôle manifeste.

L'influence de l’hérédité se rencontre souvent dans les observations de luxations congénitales des autres articulations. Mais faut-il voir, dans ce cas, la préexistence de la luxation dans le germe? Les adversaires de cette théorie nous répondront, avec Malgaigne :

« Mais ces transmissions héréditaires sont des « exceptions, même assez rares; pour l'ordinaire, « les parentsaffectés deluxations engendrent des en- « fants sains;et c'est de parents sains que provien- « nent la plupart des enfants affectés deluxations congénitales. »

Il est bien évident que nous n’avons pas la pensée de généraliser et de chercher la cause de toutes les luxations congénitales dans une perversion spéciale et bien limitée du germe. Toutefois, nous constatons que cette théorie est capable d'expliquer ces faits d'hérédité et, en la combinant à une théorie que nous étudierons bientôt, celie de l'arrêt de dévelop-

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