‹ Des Luxations Congénitales de la RotuleChapitre 3 sur 72 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans l’étude des luxations congénitales de la rotule, bien des faits encore restent douteux, la luxation n’ayant été reconnue que plus on moins longtemps après la naissance. Toutefois l’hérédité notée dans plusieurs observations ne saurait laisser de doute sur l’existence de ces luxations. |

Berger, par luxations congénitales, comprenait celles seulement que le nouveau-né apporte au monde ; mais ces faits sont difficiles à séparer de ceux où l’origine du déplacement, remontant au-delà des souvenirs du malade, peut être, suivant les cas, attribuée à la vie intra-utérine ou à une période très rapprochée de la naissance. Il est per— mis alors d’hésiter entre une luxation congénitale et une luxation pathologique ou traumatique de la première enfance.

Malgaigne, Streubel et Isermeyer ont contesté l’existence de luxations congénitales de la rotule, n’entendant par là que celles où le déplacement avait été constaté à la naissance.

Il existe cependant des cas où il n’y aurait aucun trau-

matisme, si petit soit-il, ni aucune lésion pathologique, capables de les expliquer.

Aussi croyons-nous pouvoir dire que : Dans la classe des luxations congénitales de la rotule, il faut faire rentrer non seulement celles qui sont constatées à la naissance (11 p. 100 des cas) et celles que l’on observe dès les premiers pas de l'enfant, mais aussi toutes les luxations qui, par suite d’une prédisposition congénitale de larticulation, apparaissent sous l’action d’un traumatisme insuffisant à produire cette luxation chez un sujet normal et en dehors de toute affection à détermination articulaire.

Cette façon d'envisager les luxations congénitales nous permet de les différencier nettement des luxations trau— matiques si bien étudiées dans la thèse de Chevrier, et des luxations pathologiques, résultant du relächement des moyens de fixité de la rotule par un travail pathologique continu,

Et nous sommes bien convaincus que nombre de luxa— tions, considérées comme traumatiques, doivent trouver place dans la classe des luxations congénitales. Des déformations congénitales légères peuvent passer facilement inaperçues et ce n’est que plus tard, une fois la luxation constituée sous l’action d’un choc parfois minime, que la lésion est constatée et rapportée tout entière au trauma tisme.

Tendance d'esprit bien naturelle et souvent observée chez nos malades que de vouloir tout expliquer par un

traumatisme quelconque, qu’ils rendent coupable de leur affection.

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