CHAPITRE
Anatomie pathologique:
Nous n'avons pas la prétention de vouloir refaire ici l'anatomie et la statique normale du genou, si bien étudiées dans tous les traités. Chévrier, dans sa thèse, a insisté sur les détails anatomiques intéressant tout particulièrement la question de la luxation rotulienne, et Potel a dit, croyons-nous, sur l’anatomie comparée et le développement de l'articulation fémoro-tibiale, tout ce qu'il y avait à dire.
N'ayant aucun point spécial à mettre en relief, nous pas— serons de suite à l'étude des lésions anatomo-pathologiques de la question.
La luxation congénitale de la rotule est bilatérale dans 43 p. 100 des cas. Elle est plus souvent unilatérale, 57 p. 100, et se rencontre avec une fréquence à peu près égale à droite et à gauche. Dans nos observations, elle existait 46 fois des deux côtés, et 61 fois d'un côté seulement ; 25 fois à droite et 30 fois à gauche ; dans 6 cas elle était unilatérale, sans indication du côté où elle siégeait.
1° Variélés. — Les auteurs ont décrit quatre variétés de déplacement de la rotule :
| 4° Luxation en haut ;
20 Luxation en dedans ; 3° Déplacement cunéen ; 4° Luxation en dehors.
Nous avons noté cinq cas de luxation en haut (observations XVI, XVII, XVII, XIX, LXXII), deux cas de luxation en dedans (obs. VI et VIT, un seul de déplacement cunéen rapporté par Lannelongue, qui d’ailleurs a créé ce nom, et 99 cas de luxation en dehors.
Dans la luxalion en haut, le déplacement parfois considérable {trois centimètres dans le cas d’Appel, et quatre centimètres et demi dans celui d’Euienbourg) coïncide tou jours aves un allongement du tendon rotulien qui, dans l'observation de Ravoth, atteignait jusqu'à six centimètres 4e long. La rotule se trouve souvent dans l’échancrure sus condylienne.
Potel explique ainsi ce mode de luxation : «Le quadriceps, frappé au cours de son évolution, se rétracte. Si le groupe des fléchissures est passif; la jambe bascule en avant (genu recurvatum, qui d’ailleurs s’accompagne souvent de luxation en haut de la rotule). S'il est actif, au contraire, le tendon rotulien s’allonge, comme dans le cas de Ravoth, et le point d’ossification patellaife remonte naturellement. »
Et de fait, dans l'observation d'Eulenbourg, les fléchisseurs de la jambe étaient tellement contractés qu'il fallait déployer une certaine force pour obtenir l'extension passive de la jambe.
Cette hypothèse paraît très acceptable ét semble même
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venir à l'appui de l’opinion d’Auguste Wuth qui voit dans la rotule, non pas un sésamoïde développé dans le tendon du triceps, mais un fragment osseux détaché de la puissante apophyse antérieure du tibia, par analogie avec ce qui existe chez les oiseaux.
La luxation en dedans est exceptionnelle ; il n’existe qu’une observation, celle de Putégnat (n° VI) où la rotule se luxait exclusivement en dedans. Dans celle de Périat (n° VID) l'os se luxait tantôt en dehors, tantôt en dedans, Dans ces deux cas, il y avait une laxité très considérable des ligaments permettant le déplacement et Putégnat Pattribuait à la constitution scrofuleuse de sa malade.
Lannelongue, au congrès de Bordeaux de 1895, présenta un jeune homme porteur d’une déformation du genou, à laquelle il donna le nom de « déplacement cunéen ». Dans la demi-flexion, la rotule s’enfonçait beaucoup plus pro— fondément que de coutume et disparaissait presque com— plètement dans lentrebâillement du fémur et du tibia. L'auteur attribue cette déformation à une brièveté exagérée du tendon rotulien, qui n'avait qu’un centimètre.
Nous n'avons pas retrouvé de cas semblable dans la littérature médicale.
Les luxahions en dehors constituent la presque totalité des luxations congénitales de la rotule.
20 Différents degrés. — Bessel-Hagen en distinguait trois degrés :
1° La luxation incomplète, dans laquelle la rotule se trouve sur le condyle externe ; mais, durant la flexion, elle revient à la place qu’elle occupe normalement.
2° La luxation intermittente, ne se produisant que si la flexion dépasse un certain RE