OBSERVATION LXXI
(D. BAJARDI, in Archiv. de Orthopedia, 1894, page 2) in Thèse VincenL.)
Enfant de 4 ans, parents sains et bien conformés, deux.frères rachitiques, imperforation du rectum.
Vers la fin de la première année, quand l'enfant commençait à marcher, les parents avaient observé qu'il tombait fréquemment.
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Cette facilité de tomber persiste les années suivantes et, en ayant cherché Ia raison; ils trouvèrent qu'il tombait plus facilement quand il marchait sur un sol inégal, quand il devait descendre les escaliers et surtout quand il.se baissait pour ramasser. un objet par terre. Quand il pliait les genoux, à peine la flexion avait: elle dépassé une certaine limite que la rotule gauche fuyait brusquement sur le côté externe du genou et l'enfant tombait.
Cette altération fonctionnelle Dessin les parents se décidèrent à le confier à nos soins. ;
A son entrée, le 5 septembre 1892, on nota ceci: enfant maigre; masses musculaires normalement développées. Crâne asymétrique très étroit dans ses diamètres bitemporal et bipariétal : front large et très proéminent. Il est agilé, bizarre.
L'enfant présentait une altération des formes des deux genoux consistant en un aplatissement singulier de leur face antérieure. Quand l'enfant était couché et dans une position horizontale avec les deux jambes étendues et en repos complet, le relief formé par la rotule et le ligament rotulien n'apparaissait pas.
Par la palpation, la poulie fémorale se sentait libre à la surface, et de suite en dehors, on trouvait la rotule un peu plus petite que normalement et appliquée sur la face antérieure du condyle externe. La rotule droite était peu mobile latéralement et il n’était pas possible de la pousser avec la main à l'endroit correspondant à la fossette patellaire.
‘ La gauche était très mobile mais seulement vers le côté externe du genou et on pouvait la pousser jusqu’à dépasser le bord externe du condyle. ;
Les deux ligaments rotuliens, normalement implantés sur la tubérosité antérieure du tibia, étaient grêles et avaientune position oblique en bas et en dedans, vu la position anormale de la rotule. Le condyle externe paraissait plus plat que normalement, ce qui grandissait encore la saillie du condyle interne. Pas de genu valgum et les deux membres paraissaient également longs, peu développés mais non atrophiés,; seulement au niveau du tiers inférieur de la cuisse on notait une différence de volume au détriment de la cuisse gauche, Cette circonférence mesurait de
6 à 8 cm. de moins que la droité. Cette différence dépendait, du moins en parlie, d'un développement plus pelit du muscle vaste interne. j
:Les mouvements du genou droit s’accomplissent ARC En faisant exécuter au genou gauche un mouvement de flexionet en tenant en même temps la main appliquée sur sa face antérieure on notait qu'à un certain point, quand la flexion était presque à angle droit, la rotule fuyait brusquement en dehors et s’appliquait par sa face profonde contre la face externe du condyle.
Alors on pouvait facilement remarquer que la face antérieure du condyle, au moins la partie accessible à la palpation, était plate et un peu inclinée en dehors et en arrière.
- La luxation.de la rotule pouvait se reproduire à volonté sans être jamais accompagnée de douleur. |
En remettant la jambe gauche en extension Ia rotule reprenait sa position primitive sur la face antérieure du condyle externe.
Comme la droite, la rotule gauche ne pouvait pas être poussée vers la ligne. médiane, dans la fossette patellaire.
: H s'agissait done dans ce.cas de double luxation externe æl la Re incomplète et permanente à droile, complète et intermittente à gauche. La luxation ne dépendait pas de traumatisme, il était permis de croire qu’il s'agissait d’une luxation congénitale.
La raison anatomique de la luxation externe, complète, de la rotule gauche, rétait pas difficile à découvrir. La grande mobilité de la rotule et la facilité avec laquelle on réussissait à la pousser en dehors de la limite externe de la face antérieure du condyle, me firent eroire. qu’il existait une laxité exagérée du ligament latéral interne de la rotule. | : Ge ligamentl devait être plus lâche que l'externe, contrairement à ce qu'il est normalement et cette laxité devait être une des causes permettant le glissement de la rotule en dehors. : Une autre cause prédisposante était dans la conformation pars ticulière de la face antérieure du condyle externe, plate et-inclinée en dehors. A ces deux causes s'ajoutait un léger degré d’atrophie.
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constatée à la parlie inférieure du vaste ‘intérné ‘et: grâce à’ laquelle il devait exister une action PESNGRES pus vaste! RTOPOE RM EU M Me 0 0 amie es OR)
Pour m'assurer du relâchement du ligament latéral interne de là rotule et de son influence sur la production de la luxation, j'ai fait l'expérience suivante : tandis que les jambes étaient naturellement étendues sur un plan horizontal, je cherchai à pincer un pli dela peau et du ligament capsulaire sous-jacent en arrière de la rotule gauche et y ayant réussi, j'ai fait exécuter lentement à la jambe un mouvement de flexion. Tandis que la jambe se fléchissait, je sentais se tendre la peau et le ligament capsulaire et la flexion se faisait alors sans que la rotule se luxe. . JA
Aussi pensais-je qu’il était possible d'empêcher la répétition : de la luxation en réduisant les dimensions du ligament latéral interne de la rotule. Avant de recourir à ce moyen opératoire, j'ai: voulu maintenir la rotule fixée contre la face antérieure dü condyle à l’aide d’un bandage plätré. Mais persuadé, après deux mois, que l'on n’obtenait ainsi aucun résultat utile, je me décidai à l'opération.
Le 25 novembre, incision en arrière de la rotule, de 7 em. qui descendait d’un point correspondant au tubercule du: troisième adducteur jusque sous la Lubérosité interne du Libia.
La peau et le fascia superficialis sectionnés, et l'aponévrose * d’enveloppe mise à nu, j'en formai un pli d'environ 1 cm. d'épaisseur et à peu près aussi long que l’incision‘cutanée et le tènant fixé à l’aide de solides pinces, je fis porter lé genou à son AL grand degré de flexion. Ù
Je m’'assurai que pendant les mouvements de flexion la rotule: ne pouvait ainsi glisser en dehors, j'entourai la base du repli aponévrotique de deux incisions demi-elliptiques et je l’enlevai.
J'excisai ensuite une portion égale d’une autre lame aponévrotique sous-jacente à la première et quand je fus presque au-dessus de la synoviale, je réunis les lèvres de la solution de continuité : par une suture profonde divisée, faite avec du catgut no { et LE une suture de la peau à la soie.
La réunion-eut lieu’ par première intention profondément ; aù
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contraire, la blessure cutanée suppure en parlie et se cicatrise par deuxième intention.
Un mois après, l'enfant pouvait Harciee et se plier sur. le genou sans difficulté.