OBSERVATION XCI
(KiRmMissoN, communiquée par Heulleu, interne des Hôpitaux ‘de Paris. — in thèse de Vincent, 1904, p. 74.)
V. G., 14 ans 1/2. À marché vers 14 mois, sans faiblesse des jambes, ni difficulté de la marche.
Volontairement l'enfant luxait sa rolule gauche en dehors, mais jamais il n'y avait luxation involontaire au cours de la marche, de la course. L'enfant montait et descendait les escaliers sans douleur. Il y a un mois, sans traumatisme, mais à la suite de marches répétées (il fait des courses) il est pris, au cours de la marche, d'une douleur vive et subite au genou gauche, avec sensation de déboitement, suivie de chute en arrière. Il se relève facilement et remarche. Puis les chutes deviennent fréquentes ; il tombe tous les dix pas environ.
Mais depuis qu’il marche moins, l'accident diminue de fréquence. La rotule revient seule en place après la chute.
L'aspect du genou est normal dans l'extension et dans la flexion. Rotule gauche a 5 em. de hauteur et Æcm. de largeur. La rotule droite a 6 cm. 1/2 sur 5 cm.
Le malade peut subluxer légèrement sa rotule dans l'extension. S'il fléchit le genou, la rotule se luxe dans la demi-flexion. Si, prenant la rotule entre les doigts, on cherche à la mobiliser, elle est mobile de bas en haut, grâce au relâchement et à la gracilité du tendon rotulien ; dans le sens horizontal, elle est un peu mobile en dedans; en dehors, dans la demi-flexion, on peut l’'amener jusqu'à dépasser presque le rebord externe du condyle externe el on peut ainsi sentir l'échancrure intercondylienne qui semble normale. Pas d'atrophie musculaire.
Il existe d’autres lésions concomitantes. Un affaiblissement des deux voûtes plantaires ; un double hallux valeus, une déformation des deux coudes en valgus, avec énorme saillie de l’épitrochlée. Asymétrie de la face, bosse pariétale gauche plus développée que la droite, l'oreille gauche plus décollée que la droite.
Le traitement a consisté dans le repos et l'application d'un bandage qui a suffi à rendre la marche assurée.
OBSERVATION XCII (Nové-JOSsSERAND, in thèse de Rudler, Lyon, 1904, p. 58.)