‹ Des Luxations Congénitales de la RotuleChapitre 62 sur 72 · C. Césarine, 7 ans, entre à la Charité, le 1er Mars · texte numérisé non relu

C. Césarine, 7 ans, entre à la Charité, le 1er Mars

Pas de renseignements héréditaires. Les troubles de la marche, pour lesquels elle entre à l'hôpital, se seraient manifestés vers: l’âge de 3 ans.

E!at actuel. — Quand l'enfant est debout elle tient son membre, inférieur droit en légère flexion et abduction ; quand elle marche, elle traîne la jambe et a de la tendance à reposer son pied surtout sur le bord interne. Elle prend de plus, des précautions particulières pour éviter de remuer le genou, qu’elle tient en demiflexion.

En examinant l'enfant couchée, on constate une atrophie assez marquée de tout le membre inférieur droit, qui s'exprime parune différence de 1 cm. 1/2 à la cuisse et 3 cm. au molle. Pas de paralysie nette d’un groupe musculaire, mais on nole un certain degré de rétraction portant sur les muscles se détachant de l’épine iliaque antéro-supérieure et assez prononcée pour empêcher l'extension complète de la cuisse. On note aussi une rétraction du triceps sural qui limite le mouvement de flexion dorsale du pied et occasionne une tension anormale du tendon d'Achille, lorsqu'on cherche à relever la pointe du pied.

Le genou est déformé, d'abord par un certain degré d’inflexion juxta-épiphysaire et l'extrémité supérieure du tibia ressemblant un peu à celles qu’on observe après les arthrites tuberculeuses. On remarque le volume considérable du condyle interne, tandis que le bord externe de la trochlée fémorale est peu saillant, sur tout à sa partie inférieure. La rotule a son volume normal et se tient habituellement à sa place normale, mais il suffit d’une cause minime pour la faire luxer en dehors. L'extension complète du genou ou la flexion au-delà de l'angle droit déterminent aussitôt le déplacement de la rotule, qui se porte en dehors avec un ressaul appréciable et vient se mettre en luxation complète en

dehors, de telle sorle qu’elle se trouve appliquée directement sur la face externe de l'articulation du genou. La luxation ne se réduit pas d'elle-même, mais il est facile de la réduire en la prenant avec les doigts, sans provoquer une douleur bien vive. Quand la luxation existe, l'enfant peut encore marcher, mais elle n’est pas solide et doit s'arrêter fréquemment.

Le fémur paraît raccourci d'environ 1 em.; le tibia est également raccourci de 1 cm.

2 avril 1902. — Incision le long du bord interne de la rotule ; on isole successivement l’aileron rotulien et la capsule articulaire en ouvrant l'articulation. On excise une portion semi-lunaire de ces deux plans fibreux sur une longueur de 1 em. et sur toute la hauteur de la rotule; puis les deux bords de la perte de substance ainsi produite sont réunis séparément par des fils de soie passés en U et on immobilise dans un bandage plâtré.

Le 7 juillet 1902, suites opératoires normales, bandage plätré enlevé au bout de un mois. La rotule se tient en place normale et l'enfant peut marcher sans reproduire la luxation. En faisant des mouvements extrèmes de flexion et d'extension, ou en faisant contracter le quadriceps fémoral, la rotule a une certaine tendance à se déplacer en dehors et à venir se mettre sur la face antérieure du condyle externe. Ce déplacement ne va pas jusqu’à la luxation complète et se réduit de lui-même quand la contraction musculaire cesse; l’état fonctionnel n’est pas très satisfaisant ; l'enfant a toujours tendance à marcher en tenant son membre fléchi.

Le 19 avril 1904, la malade est ramenée avec sa rotule luxée ; la luxation fut d'ailleurs facilement réduite par l’interne de garde. A l'examen, on trouve la rotule à sa place et les tentatives que l’on fait pour la déplacer n'aboutissent pas et provoquent une assez vive douleur. L’attitude vicieuse du membre s'est exagérée ; l'enfant tient son membre en flexion dans la hanche et le genou et le pied se dévie de plus en plus en équinisme. Les muscles fléchisseurs de la cuisse sont rélractés; le genou peut s'étendre assez complètement et le triceps fémoral est rétracté. Pendant les mouvements, le jambus antérieur se contracte vive-

ment, mais l’extenseur commun des orteils a perdu presque complètement son action.

Le 28 avril 1904, on fait l’arthrodèse du genou, en conservant la rotule, dont on avive la face postérieure. Le 22 juin 1904, on fait le premier pansement. Réunion par première intention. Soudure presque complète.

Le 8 octobre 1904, la consolidation n’est pas encore certainement complète et le genou conserve une légère tendance à se fléchir, de sorte qu’on conserve le bandage plâtré.

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