‹ Des Luxations Congénitales de la RotuleChapitre 65 sur 72 · OBSERVATION XCVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XCVI

(Lew, interne des hôpitaux, in article de Büllinger Müller, Revue d'Orthopédie, 1906, p. 72.)

B..., 54 ans, entrée le 1er juin 1905, salle Broca, à l'hôpital Broussais.

Rien de spécial dans ses antécédents héréditaires.

Antécédents personnels. — Commence de marcher vers l’âge de douze mois, mais, durant toute son enfance, elle tombait fréquemment. On ne s'aperçoit de sa difformité qu'à l’âge de treize ans, époque à laquelle elle eut une attaque de rhumatisme.

Mariée à vingt et un ans, la malade a eu onze enfants, tous nés à terme, bien portants et bien conformés.

État actuel. — La malade entre à l’hôpital pour une fracture bimalléolaire de la jambe gauche qui s’est produite dans une chute. À l'examen du genou gauche, les mouvements sont douloureux et plus limités qu’à droite. La malade affirme que ces phénomènes existaient durant son enfance.

Inspection. — Vu de face, le genou gauche paraît un peu plus gros et surtout semble élargi à sa partie inférieure, avec absence de la saillie normale du tendon rotulien.

Palpation.— Dans l'extension, la rotule occupe une position externe par rapport à l'axe du membre; sur la ligne médiane, on tombe sur les surfaces articulaires fémorales et tibiales très augmentées de volume, surtout ces dernières. On a sous le doigt l'interligne articulaire, bordé d'extrémités osseuses régulière-

ment bosselées et un peu douloureuses à la pression. La rotule gauche paraît plus petite que la rotule droite.

La flexion s'accompagne de gros craquements. A mesure que la jambe se fléchil, la rotule se dévie sur la face externe du condyle externe du fémur, et les surfaces articulaires tibiales deviennent nettement saillantes à la face antérieure du genou. La rotule glisse à la face externe du membre dans une sorte de néo-articulation ; ce déplacement s'effectue avec un bruit de frottement.

Mensuration. — La rotule droite est plus large de 1 cm. que la rotule gauche; quant aux différentes mensurations pratiquées, tant sur les extrémités tibiales que fémorales, elles marquent toutes une légère différence en faveur du membre droit.

OBSERVATION XCVII (G. MicHeL, in Annales de Médecine et de Chirurgie, 1906, p. 274.)

M. G. Michel présente à la Société de Médecine de Nancy, à la séance du 13 décembre 1905 un enfant de 8 ans porteur d’un genu valgum double très prononcé.

Dans la flexion de la jambe sur la cuisse, on est frappé par la dépression qui existe des deux côtés, au niveau de la partie anlérieure de l'articulation du genou. Les condyles fémoraux font saillie immédiatement au-dessous des léguments, il n’y a pas de rotule interposée.

C’est à la partie externe du genou que la palpation permet de reconnaître, appliquée contre le condyle externe, une rotule petite, déformée et atrophiée très peu mobile.

L'impotence fonctionnelle est nulle, l'enfant marche, court, sans ressentir aucune fatigue.

OBSERVATION XCVIIT

Due à l’obligeance de M. le Professeur Gross. (Inédite.)

La nommée C... Joséphine, 37 ans, couturière, entre à la Clinique, le 15 avril 1891.

Antécédents héréditaires. — Une sœur. morte. de tuberculose pulmonaire. Parents morts âgés. : : & &

Antécédents personnels. — N'a jamais été malade. A eu de la blépharite ciliaire dans le jeune âgé.

La malade marchait très bien, dit-elle, et-ne souffrait nullement du côté du genou, lorsqu'il y a un an, venant de faire une course à la montagne, elle descendait rapidement la côte quand tout à coup, elle tomba sur les deux genoux, la jambe gauche et le pied tournés en dehors. Elle prétend qu'au moment de la chute, elle a entendu un craquement dans le genou gauche, mais elle n’a éprouvé que peu de douleur.

Elle put se relever et continuer son chemin jusqu’à la maison, mais en boitant.

Elle se contente d’envelopper le genou dans une flanelle el continue à travailler comme auparavant.

La marche est assez pénible, douloureuse, et se fait en boitant. Etat actuel. — En plaçant les membres inférieurs en position normale, on constate que la jambe gauche est très déviée en dehors en genu valeum.

L'inspection du genou montre une saillie régulière et aplatie sur la partie externe de l'articulation.

Cette saillie est formé par la rotule; à la palpation, on sent tout le condyle externe du fémur et à la place normale de la rotule, la dépression intercondylienne ; en dehors, la face antérieure du condyle externe. |

La rotule déplacée en dehors est presque complètement immobile ; son bord externe est devenu postérieur.

Les mouvements de flexion du genou sont possibles, mais douloureux, et on perçoit quelques craquements d'’arthrite sèche. L'extension complète est impossible.

A droite on note un genu valgum un peu moins prononcé qu’à gauche. L'examen du genou montre que la rotule droite est aussi déplacée que la gauche. Mais elle est plus mobile et plus facile à ramener en bonne position que la gauche.

21 avril 1891. — Chloroformisation. — Tentative de réduction des rotules à droite, malgré la mobilité plus grande de la rotule,

il'est impossible de la ramener à sa place normale et surtout impossible de l'y maintenir.

A gauche, on étend d’abord la jambe, ce qui était impossible avant l’anesthésie; l'extension s'obtient avec quelque peine et sensation de craquements.

On essaie en même temps de ramener la rotule à sa place, on n'y parvient.

Pendant toutes ces manœuvres, on entend des craquements dans l'articulation et les surfaces osseuses frottent l’une contre l’autre.

- On se contente de maintenir la jambe en bonne extension en corrigeant un peu la déviation en genu valgum. La rotule semble aussi un peu rapprochée de sa place normale.

Le membre est immobilisé dans un appareil plâtré.

La malade conserve l'appareil pendant quelque temps, se trouyant sensiblement soulagée par son application.

Elle quitte l'hôpital le 6 mai 1901, se représente au bout d’un mois et demande à conserver son appareil qui la soulage. Depuis elle n’a plus été revue.

OBSERVATION XCIX (Personnelle et inédite.)

Luxalion congénilale de la rotule droite permanente complète, réductible et incoersible. —- Mme G..., 50 ans, brodeuse, se présente à la clinique de M. le Professeur Gross, le 7 septembre 1908, pour hydarthrose du genou gauche.

Antécédents héréditaires et collatéraux. — Parents morts âgés. Un frère et une sœur bien portants et bien conformés.

Antécédents personnels. —- N'a pas eu d'enfant. Pas de maladie antérieure. il Si loin qu’elle se rappelle elle remarqua qu’en descendant une côte ou un escalier, elle fléchissait sur les jambes el devait, avec la main, soutenir son genou droit afin d'éviter les chutes. La

rotule était pourtant en place, affirme-t-elle. La marche en terrain plat était facile.

Vers l’âge de 25-30 ans (elle ne se souvient pas exactement) elle était montée sur un escabeau el fit une chute. Elle se releva facilement, mais remarqua que sa rotule droite était déplacée en dehors.

Depuis, elle y est toujours restée ; la malade a essayé de la ramener en place ; elle n’y reste pas.

Etat actuel. — C'est une malade bien constituée, d'aspect général bon et ne présentant aucune autre malformation.

Le genou gauche est atteint d'hydarthrose assez considérable datant de 3 semaines, survenue à la suite d’un choc, et qui nécessita une ponction du genou, suivie d'un pansement compressif.

La cuisse droile est atrophiée; sa circonférence mesure 32 em. tandis qu'elle est à gauche de 37 cm.

Le membre inférieur droit présente un certain degré de valgus, la flèche du genu valgum physiologique à gauche est de 3 cm. et et de 5 cm. à droite ; on ne note pas de contracture des fléchisseurs.

Le genou est aplati et le condyle externe apparait très saillant. A la flexion, on distingue nettement la gorge intercondylienne.

À la palpation, on sent la rotule de volume inférieur à celle de gauche à la face antérieure du condyle externe ; mais à la flexion de la jambe, elle devient tout à fait externe et franchit le bord mousse et arrondi du condyle.

Sa mobilité assez considérable, permet, quand la jambe est dans l'extension, de la ramener à sa place normale mais dès que commence la flexion, la luxation devient complète et la rotule ne peut plus être ramenée en place.

Le condyle interne est légèrement augmenté de volume, tandis que l’externe est nettement plus petit que celui du côté opposé.

La marche est facile. La malade accuse bien quelque douleur dans le genou droit après des fatigues ; mais, la descente d’un escalier est toujours très pénible.

La radiographie confirme les résultats de la palpation.

. Guérie de son hydarthrose au bout de {0 jours la malade quitte le service el n'est plus revue.

sf, 554

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