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CAUSES, FRÉQUENCE, CONDITIONS, VARIÉTÉS, MÉCANISME, EXPÉRIMENTATION

Etiologie. — Les causes des luxations par rotation ne diffèrent pas de celles des luxations de l’astragale en général. Il s’agit presque toujours d’une chüte faite sur les pieds, et accompagnée d’une violente torsion de l’un d'eux.

Voici d’ailleurs les différentes causes que nous avons relevées dans les observations recueillies jusqu’à ce jour.

C'est tantôt une chüûte de cheval, le pied restant engagé dans l'étrier, ou bien pris sous l'animal, une chûte en bas d’un échafaudage, d'une voiture, les jambes empêtrées dans un tas de charbon, ou dans un monceau de pierres ; tantôt c’est un pied saisi et

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tordu entre les rayons d'une roue en mouvement, ou bien encore engagé entre des rails pendant une chüûte.

En somme, nous semble-t-il, cesluxations sont surtout produites dans ces cas où pendant une chüûte le pied s'enclave et subit une torsion considérable.

Mais à notre avis, il y a encore une autre cause : ce sont les manœuvres imprudentes de ces médecins qui, constatant une déformation quelconque du cou-de-pied, ne cherchent pas à porter un diagnostic qui leur paraît trop difficile ; sans aucune méthode, ils s'efforcent alors de refouler les parties saillantes, en faisant prendre au pied toutes les positions possibles, et transforment une luxation plus banale en une luxation par rotation, celle-ci beaucoup plus grave, parce que la réduction en sera moins commode.

Fréquence. — Cesluxations sont-elles fréquentes ?

Les cas publiés ne sont pas bien nombreux. On nous dira que le diagnostic de cette lésion, étant très difficile, est loin d’être toujours fait. Cependant nous croyons que des déplacements aussi bizarres doivent être rares : laradiographie seule permettra plus tard d'établir la statistique de leur fréquence.

Si nous examinons chacune des variétés à ce point de vue, 1l semble que les luxations par rotation autour de l’axe antéro-postérieur sont de beaucoup les plus fréquentes. La rotation autour de l'axe vertical est déjà plus rare. Quant aux cas observés de luxation par rotation autour de l’axe transversal, ils se réduisent à deux.

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Conditions. — Mais il ne suffit pas d’un traumatisme violent, suivi de torsion du pied, pour amener une Juxation de l'astragale par rotation; certaines conditions interviennent qui sont presque indispensables à la production de ce déplacement.

Une chüte sur les pieds, par exemple, peut être cause d'accidents bien différents (fracture des os de la jambe, fracture du calcanéum, luxation de l’astragale, etc., etc.) Quelles conditions spéciales répondent à la production de telle ou telle lésion ?

Rochet a étudié cette question au point de vue de toutes les luxations doubles et voici le résultat de ses recherches: il admet d’abord avec raison l'influence de l’âge : un sujet âgé, selon lui, tombant de hautsur les pieds, se fera une fracture quelconque ; les luxations se voient plutôt chez les jeunes. La même distinction est à faire entre les malingres, les anémiés et les personnes vigoureuses.

L'auteur énumère encore les conditions suivantes : il faut un membre inférieur immobilisé, que le pied ne soit pas dans son attitude normale.

Enfin une force considérable et brusque est nécessaire.

Variélés. — Maintenant que nous connaissons les influences qui dirigent la rotation de l'astragale, voyons de quelle façon elle s'opère.

On connaît déjà les formes que peuventrevétir ces luxations :

a) La rotation peut se faire autour de l’axe antéropostérieur, le plus long de l'os; l’astragale tourne

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alors sur lui-même, sa face supérieure regardant à droite ou à gauche, mais il n’y a véritablement rotation que quand l'arc de cercle décrit atteint environ 45°. Parfois, la poulie regarde franchement l’une ou l’autre malléole. Elle peut même tourner davantage et devenir complètement inférieure : c’est alors la luxation par renversement, appelée autrefois sens dessus-dessous par Rognetta, Boyer, etc.

b) Dans la rotation autour de l’axe vertical, la tête de l’astragale se déplace latéralement ; elle se porte en avant d’une des malléoles ; d’autres fois, elle se place en dessous de ces apophyses, qui sont alors le plus souvent fracturées; d’autres fois encore, comme dans un cas de Thierry, elle tourne davantage et vient se placer en arrière entre le bord postérieur de l’une des malléoles et le tendon d'Achille, pendant que la face postérieure de l’os se porte en avant.

c) La luxation autour de l’axe transversal n’a été que rarement observée: elle s’accompagnait toujours de fracture du col.

Dans ce cas, la face supérieure de l'astragale devient soit antérieure, soit postérieure, et la surface fracturée se place soit en haut sous la mortaise, soit en bas sur le calcanéum. — Delorme admet même comme possible une rotation de 180°, provoquant un renversement complet de l’os.

Chassaignac a observé un fait curieux et unique encore dans les annales de la chirurgie : il s'agissait d’un homme chez lequel, à la suite d’une chûte d’un

cinquième étage, la tête de l’astragale avait déchiré le ligament calcanéo-scaphoïdien et s’était enclavée à la place du ligament entre le calcanéum et le scaphoïde. Cette observation avait été présentée à la Société de chirurgie sous le nom de luxation sousscaphoïdienne de l’astragale : elle serait donc rentrée dans la classe des luxations par rotation autour de l’axe tranversal.

Les auteurs n’ont pas voulu accepter cette dénomination : comme le démontrèrent alors Huguier, Broca, Jarjavay, cet os avait conservé ses rapports avec le calcanéum : ce n’était donc pas lui qui était déplacé, mais le scaphoïde; il s'agissait donc plutôt d’une luxation du scaphoïde en haut et en arrière. Quoi qu'il en soit, ce cas méritait d’être relaté ici.

d) Il arrive encore que l’astragale tourne de plusieurs côtés à la fois. Par exemple, sa tête peut se porter latéralement, tandis que son corps exécute un mouvement de rotation sur lui-mème, comme dans notre observation personnelle : on a alors ce que Dubreuil a appelé la luxation par rotation double. Cette dénomination mérite d’être retenue, parce qu’elle permet d'indiquer nettement la com: plexité de la lésion produite. ;

Mécanisme. — La meilleure facon de rechercher le mécanisme de ces déplacements bizarres de l’astragale serait d'essayer de les reproduire sur le cadavre. Jusque maintenant, personne n’y a réussi. Rochet, qui a fait des luxations doubles une étude expérimentale très approfondie, n'a pas abordé les

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