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que cette sorte d'accommodation qui le forcerait à se retourner sur lui-même, comme un chien dans un sac : si le chien tombe sur le dos, c'est qu’il perd son équilibre, et l'équilibre u’a rien à voir dans une luxation.
Barral, dans sa thèse inaugurale, explique ainsi les luxations par rotation sur place : « Il faut, dit-il, que le pied soit saisi et tordu par des corps susceptibles de l'embrasser complètement. Alors ce pied étant embrassé exactement en avant et en dessous de la malléole interne, de façon à ce qu’une luxation sous-astragalienne ne puisse se produire, il exécute d'abord un mouvement de rotation sur place qui amène tout à fait en dedans sa tête ; l’astragale suit ce mouvement ct s’enclave en travers de la mortaise tibio-péronière.
» Une fois ce premier effet produit, un mouvement en sens inverse s'exécute, qui ramène la tête du pied en avant, en cessant d’embrasser le cou-depied. Alors l’astragale fixé ne peut suivre ce mouvement ; les ligaments sous-astragaliens se rompent et la luxation complète est véritablement effectuée ».
Ces hypothèses de Rognetta et de Barral sont les seules que nous ayons trouvées, et nous ne croyons pas que d'autres auteurs sesoientoccupés de résoudre ce problème.
Il nous semble pourtant qu'il est possible de donner du mécanisme de ces sortes de luxations une explication plausible.
Dans les luxations par rotation autour de l’axe antéro-postérieur, par exemple, il est à remarquer que la poulie astragalienne est toujours tournée en sens inverse de la plante du pied ; sila plante regarde à gauche, la poulie sera tournée à droite, et réciproquement ; si le renversement est complet, on sera en droit de supposer que la rotation s’est faite du côté opposé à celui qui regarde la plante : cettè constatation nous permet d'admettre pour les luxations de ce genre un même mécanisme qui pourrait être le suivant :
A la suite d’un traumatisme violent, d’une chüte par exemple, le pied se tord violemment : supposons, comme c’est le cas le plus fréquent, une adduction forcée. Il se produit alors un arrachement des ligaments externes et une luxation de l’astragale en dehors de sa mortaise; le tibia, continuant sa pression sur l’arête interne de la poulie, fait tourner l’os en dehors : les ligaments astragalo-calcanéens sont tiraillés, en partie déchirés ; les ligaments astragaloscaphoïdiens se tordentet la tête se luxe incomplètement : c'est le premier degré du renversement. Si ces ligaments se déchirent davantage, l’astragale exagérant le mouvement de rotation commencé, glisse sur ses surfaces articulaires et prend la position sens dessus-dessous.
Pour les luxations par rotation autour de l’axe vertical, nous admettons le mécanisme suivant : Supposons un pied saisi pendant une course ou à la suite d’une chüte entre les deux parties du rail d’un
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tramway, entre deux pierres, ou bien dans un monceau de sable, ou encore sous un cheval : cette étiologie nous paraît la plus probable, quoique nous marquions de documents suffisants pour la certifier vraie. 2
Le pied se tord violemment et sa pointe se porte soit en dehors, soit en dedans : supposons le cas d'une forte adduction, la mortaise tibio-péronière enclavant j'astragale l'empêche de suivre les autres os du tarse, d'où luxation sous-astragalienne en dehors ; mais si le blessé veut faire reprendre à la jambe et au pied leurs rapports normaux, il se produit facilement une luxation tibio-tarsienne, les ligaments étant déjà tiraillés par le premier mouvement. Ce résultat est donc une luxation double ou complète par rotation, et le déplacement sera d'autant plus marqué que la torsion du pied aura été plus violente.
Cette explication nous parait préférable à celle d Barral : cet auteur prétend que la luxation tibiotarsienne est antérieure à la sous-astragalienne, le contraire semble plus vraisemblable ; il est difficile d'admettre, en effet, que le simple mouvement, qui servirait à ramener le pied dans la ligne droite, suffirait à rompre les puissants ligaments qui attachent l’astragale au calcanéum et au scaphoïde, tandis qu'on s’explique mieux la rupture des ligaments tibio et péronéo-tarsiens, déjà très endommagés pendant ce second mouvement de la luxation. |
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