‹ Des luxations de l'astragale par rotationChapitre 15 sur 30 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(CHASSAIGNAC. — Gazette des Hôpitaux, 1860, p. 239).

Luxaltion sens dessus-dessous. —

Sphacèle consécutif des parties molles. — Astragalectomie.

B..., Charles, 30 ans, charbonnier, était debout sur un tombereau plein de charbon de terre, lorsqu'une autre voiture, passant à côté, accroche la sienne et la renverse. Il roule avec la charge et tombe du côté opposé, les jambes empêtrées au milieu du charbon. 11 ne peut se relever et se fait transporter immédiatement à l'hôpital, où l’on constate les lésions suivantes : .

Le cou-de-pied du côté droit est le siège d’une déformation considérable. Le pied, fortement renversé en arrière, forme, avec l’axe de la jambe, un angle d'environ 135. Au côté externe, on trouve la malléole péronière exempte de fracture

Joue

et formant une saillie énorme, laquelle surmonte une dépression également très marquée.

Immédiatement au-dessous et un peu en avant, on sent avec le doigt, sous les téguments, une vive arête osseuse de deux centimètres de long environ, et dirigée d'arrière en avant.

A deux travers de doigt plus en avant, sur la face dorsale du pied, existe une autre saillie facilement perceptible à la vue et surtout au toucher, arrondie, globuleuse, supportée par une partie rétrécie, et manifestement formée par la tête de l’astragale. On peut, en la saisissant avec les doigts, lui imprimer de légers mouvements de latéralité, et ces mouvements se transmettent à l’arête sous-malléolaire déjà mentionnée. Cette arête fait donc partie de l’astragale, dont elle

représente soit le bord externe et supérieur, soit plus proba-

blement le bord externe et inférieur, qui est beaucoup plus tranchant.

En dedans, au fond de l'angle rentrant que le pied forme avec la jambe, on distingue assez confusément la malléole interne, et il est impossible de dire si cette apophyse est ou n’est pas fracturée.

En arrière, on trouve le tendon d'Achille infléchi en dedans sous le même angle que le pied.

La plante du pied regarde en dedans et en bas, mais ne présente pas de déformation. Il n'existe de plaie nulle part. Immédiatement après l'entrée du maiade, l’interne de garde le soumet au chloroforme, et, assisté de plusieurs de ses collègues, se livre à des tentatives de réduction pendant un quart d'heure. Il cherche surtout à obtenir une-forte extension du pied, afin de repousser plus efficacement l’astragale dans sa cavité. Mais tousses efforts restent sans effet. L'astragale ne subit pas le plus léger déplacement. Le cou-de-pied est recouvert d'un léger cataplasme, et le membre placé dans une gouttière.

Le lendemain, apparition de petites phlyctènes au niveau des parties saillantes.

Age

Le fre

On renouvelle les tentatives de réduction, qui ont pour résultat non pas une réduction de l’astragale, mais un redressement presque complet du pied, grâce à la rupture

des ligaments internes. Le pied est maintenu redressé à l’aide

d'un appareil de Scultet.

Apparition d’eschares. On les enlève et l’astragale mis à nu, les parties qui se présentent sont : en avant, la tête et en arrière le bord externe et inférieur de l'os. En sorte que l'astragale à subi une rotation sur son axe antéro-postérieur, la face inférieure regardant en haut, la supérieure en bas, à quoi, il faut ajouter un troisième mouvement exécuté sur l'axe transversal, de telle sorte que la tête de l’astragale, relevée en avant, repose sur le cuboïde et le scaphoïde, tandis que le bec postérieur, engagé dans la fossette calcanéenne, constituait un obstacle invincible à la réduction.

Extraction de l’astragale. Suppuration, fistules, usage du membre impossible.

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