‹ Des Luxations ovalaires de la hancheChapitre 10 sur 42 · RE DORE · texte numérisé non relu

RE DORE

tion par Verhaege, il est dit qu'aucun des muscles qui entourent l'articulation coxo-fémorale n’était déchiré ; il existait seulement une extravasation sanguine assez considérable dans le tissu cellulaire compris entre les muscles pectiné et obturateur externe. Il est noté en outre qu’une portion de ce tissu était lacérée, probablement par suite de la présence de la tête en ce point; mais les deux muscles étaient friables, et le tissu musculaire se laissait déchirer avec la plus grande facilité. Verhaege ajoute que la membrane obturatrice était intacte, et que l’infiltration sanguine de cette membrane et du muscle obturateur externe était peu marquée. Cette absence de lésions, du côté du groupe musculaire, qui entoure l'article luxé, est plutôt rare, et, dans les quelques observations, où l'état des muscles a pu être noté, il est relaté des lésions musculaires.

Ces lésions peuvent être plus ou moins marquées, mais elles sont presque toujours les mêmes, et frappent les mèmes muscles. Les muscles le plus souvent atteints sont le pectiné, l’'obturateur externe, et les adducteurs. C'est ainsi que, dans l’autopsie pratiquée le lendemain de la réduction, et rapportée par Schinzinger, les muscles pectiné et obturateur externe furent trouvés en bouillie. Dans un cas de luxation ovalaire ancienne, Cooper a trouvé les muscles pectiné et court adducteur rompus et réunis par une bande de tissu fibreux. Dans une observation de Walther, rapportée par Malgaigne, il est dit, que la tête siégeait dans les muscles contus et enflammés. Dans une autopsie de luxation ovalaire, datant de deux mois, Parmentier a trouvé tous les muscles situés audevant de l'articulation, lacérés, hormis le psoas iliaque qui était tendu (1).

Enfin, au cours de l’autopsie de luxation récente qu'il a pratiquée, M. Sourdille a constaté que le muscle pectiné, et les deux premiers adducteurs étaient rompus à trois centimètres de leur

insertion pubienne, et le moignon supérieur de ces muscles

(1) Parmentier. Bulletin de la Société Anatomique, 1854, p. 263.

se me

présentait une surface de section nette, rétractée. On conçoit, en effet, que par suite de l’attitude forcée du membre, et de la brusque descente de la tête fémorale, l'élasticité musculaire soit forcée, et qu'il se produise de véritables déchirures musculaires. M. Sourdille a constaté en outre une rupture des fibres du muscle iliaque qui s’insèrent directement au fémur et de celles qui viennent s’insérer obliquement sur le côté externe du tendon du psoas.

En résumé, les lésions des muscles péri-articulaires sont dues à la fois, au déplacement brusque de la tête et à l’attitude forcée imposée brusquement au membre ; elles varient, depuis la simple contusion avec épanchement sanguin jusqu'à la rupture nette du tissu musculaire.

Paquet vasculo-nerveux. — Les vaisseaux fémoraux et le nerf crural sont ordinairement intacts. Ils sont situés en dehors de la tête fémorale, et reposent sur la face antérieure du col qui les soulève et les tend à la façon d’un chevalet, ainsi que l’a constaté M. Sourdille ; aussi concçoit-on que cette tension des vaisseaux et des nerfs, en se prolongeant, puisse occasionner des troubles sérieux. Dans le cas de luxation ancienne, que nous avons observé, dans le service de notre maître, M. le Professeur Tillaux, les vaisseaux fémoraux semblaient avoir conservé leur position normale ; l'artère battait à 9 ou ro centimètres de la partie de la tête la plus accessible au doigt. Hamilton rapporte un cas de luxation ovalaire, où la veine fémorale était déchirée; mais il existait, outre la luxation, une fracture de l’éminence iliopectinée, et on ne voit pas bien, ainsi que le fait observer Hamilton, quelle part la luxation a pu prendre à la lésion vasculaire.

Nous ne terminerons pas cet exposé anatomo-pathologique, sans signaler l'existence de l’épanchement sanguin assez considérable, qui a été noté par M. Sourdille dans la cavité prévésicale. Cet épanchement remontait à cinq centimètres envi-

ron au-dessus du pubis, et s’étendait jusqu'au milieu de l'ar-

re :

cade crurale; il semblait être directement en rapport avec les lésions de la hanche. L'existence de cet épanchement a été constatée également par M. Duboué, dans l’autopsie de luxation récente qu'il a publiée. À propos de l'existence de cet épanchement sanguin, M. Sourdilie s’est demandé s'il ne fallait pas attribuer à cette hémorrhagie, qui se fait à l'intérieur du petit bassin, les rétentions d'urine signalées par Malgaigne.

Enfin il est à noter que la luxation ovalaire, en raison de l'intensité du traumatisme causal, s'accompagne souvent de fractures du bassin siégeant, soit a niveau du rebord cotyloïdien, soit au niveau du pubis et de la branche ischiopubienne. Nous n'insisterons pas sur ces lésions concomitantes, signalées dans quelques observations, il nous suflira d'en signaler la coexistence fréquente avec la luxation ovalaire. Les fractures du col peuvent aussi compliquer la luxation.

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