‹ Des Luxations ovalaires de la hancheChapitre 13 sur 42 · CRAQUE · texte numérisé non relu

CRAQUE

luxation ovalaire complète et régulière, c’est-à-dire avec déchirure capsulaire en bas et en avant, et conservation du ligament en Y, une abduction très prononcée est imposée au membre luxé, par la tension extrème du faisceau interne du ligament, et l'absence d’abduction ou l'existence d’une abduction très légère ne peuvent s'expliquer que par l'existence d’un déplacement incomplet ou bien par la déchirure du ligament iléo-fémoral; dans ce dernier cas, la luxation est irrégulière, et le membre, obéissant à l'impulsion qui résulte du traumatisme, prend une position quelconque.

De même que l’abduction, la rotation externe est un signe propre de la luxation ovalaire complète et régulière. Elle est plus ou moins marquée, mais elle existe toujours. Dans le cas rapporté par M. Sourdille, elle était manifeste ; dans le décubitus dorsal, la jambe était fléchie sur la cuisse à angle droit, É et le pied reposait sur le plan du lit par son bord externe.

A l'abduction et à la rotation externe, il faut ajouter la flexion de la cuisse sur le bassin. Malgaigne met en doute son existence ; on aurait confondu, selon lui,:la flexion vraie avec l’'abduction ou flexion en dehors. Il n’est pas toujours facile, il est vrai, de l’apprécier d’une façon exacte sur le blessé. Elle est surtout marquée, quand le blessé est couché. Quand il est debout, le tronc s’infléchit en avant, et elle est moins apparente. Mais, d’après l'examen des pièces anatomo-pathologiques, on peut se rendre compte qu’elle existe réellement ; en effet, ainsi que nous l'avons vu précédemment, le ligament de Bertin, tendu au maximum, attire en haut et en dehors le corps du fémur, dont l'extrémité supérieure prend un point d'appui solide sur le rebord du cotyle ; de plus il empêche le col fémoral de s’abaisser si la tête ne remonte pas, or l'ascension de la tête est le plus souvent empêchée par la portion antérieure de la capsule restée intacte. Aussi la flexion est-elle un symptôme constant de la luxation ovalaire régulière. Sur le blessé observé par M. Sourdille, à première vue la cuisse

paraissait très légèrement fléchie, mais, au cours de l’autopsie,

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il fut facile de se rendre compte que la flexion était réelle, et était même plus accentuée qu'elle ne paraissait, elle mesurait environ 39%, L'abduction et la rotation externe caractérisent La luxation en dedans, la flexion indique une luxation basse, #4 a flexion est d'autant plus marquée que Ja tête occupe nne #ituation plus basse, C’est ainsi que, dans un cas de luxation périnéale, Riedinger a constaté, en même temps que l'abduction, une flexion à angle droit de la cuisse sur le bassin,

Le membre inférieur est immobilisé dans l'attitude que nous venons de décrire. Par suite de cette attitude, lorsque le salade est debout, le membre Iluxé se place sur un plan antérieur 4 celui du côté opposé, La cuisse est rejetée en dehors, et les orteils pointent en avant. Il est très diflicile, et parfois méme impossible, de modifier cette attitude, et de communiquer des mouvements au membre luxé, Sur le vivant, tout mouvement est ordinairement impossible, par suite de La contracture mnusculaire ; maïs, sur le cadavre et aussi sous l’action du chloroforme, l’immobilité est moins absolue, Toutefois, il est impossible d'étendre le membre; l’adduction et Ja rotation interne sont aussi particulièrement impossibles, Cette immobilisstion du membre luxé est due, ainsi que nous l'avons vu précédemment, à la fois à l’action du ligament de Bertin et de la lévre antérieure de la déchirure capsulaire, et aussi à lappui que prennent sur le rebord du cotyle le col et le grand trochanter. Par suite de l’action combinée de ces divers facteurs, le tête est solidement maintenue en place ; on pourra, sous Île chloroforme, augmenter l’abduction, et surtout la flexion du membre, mais l'extension et l’adduction resteront impossibles ainsi que la rotation interne, tant que la tête ne sers pas dégagée par suite du relâchement du ligament de Bertin, Ces considérations ont une grande importance au point de vue de la manœuvre de réduction, ainsi que nous le verrons dans la suite.

Non moins importants que l'attitude caractéristique du membre sont les signes physiques tirés de l'examen de la hanche,

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