‹ Des Luxations ovalaires de la hancheChapitre 23 sur 42 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Clinique

Il est rapporté, par les auteurs, un certain nombre d'exemples de luxations ovalaires qui, non réduites, n’ont pas eu de conséquences fàcheuses. ;

C'est ainsi que Malgaigne cite le cas d’un canonnier, qui, ayant été atteint d’une luxation ovalaire, n'en continua pas moins à faire manœuvrer sa pièce. De même, nous avons vu précédemment que Sédillot (1) avait cité plusieurs observations de luxations ovalaires, qui n’ont pas empêché ceux qui en étaient atteints de marcher immédiatement, et de se livrer à leurs exercices ordinaires, sans douleur très marquée, et sans claudication gênante. Il rapporte en outre le cas d’un militaire. mort du choléra, dont il fit l’autopsie, et chez lequel il constata l'existence d’une fausse articulation formée au-devant du trou ovalaire par la tête du fémur déplacée et aplatie. Les mouvements étaient gênés, mais le fémur exécutait assez bien un glissement d'avant en arrière et de dehors en dedans, suffisant pour permettre la marche, puisque ce militaire, bien qu'atteint de claudication, n’en faisait pas moins des exercices pénibles. D'autre part, il est rapporté quelques cas de blessés qui, avec de l'exercice, seraient arrivés à faire de leur membre un usage convenable. Mais il convient d’ajouter que ces cas sont tout à fait exceptionnels, et il est permis de se demander s’il ne s'agissait pas de luxations irrégulières ou incomplètes.

Car à côté de ces quelques cas heureux, nombreuses sont les observations dans lesquelles les blessés sont représen-

(1) Sédiliot. — Gaz. des Hôp., 1861.

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tés comme de véritables infirmes. En raison même de l'attitude spéciale du membre luxé, la luxation ovalaire occasionne le plus souvent une impotence fonctionnelle considérable, et parmi les diverses variétés de luxation de la hanche, c’est une de celles qui sont les plus préjudiciables au malade lorsqu'elles restent non réduites.

Hippocrate en avait étudié les suites avec soin. « Dans la » marche, dit-il, la jambe saine est obligée de se rapprocher » de l’autre, et le tronc s'infléchissant à son tour du même » côté, il en résulte que la fesse saine bombe fortement en » dehors, tandis que le flanc et la hanche du côté luxé pré- » sentent un creux très sensible. Le blessé, ainsi courbé de » côté, perd de sa taille et s'appuie sur un bâton du côté » sain en prenant un autre point d'appui avec la main sur » le côté externe de la cuisse luxée. Les enfants ainsi atteints » cherchent rarement à redresser le corps, mais se traînent » sur la jambe saine, et si, plus tard, ils marchent debout, » portés sur une ou deux béquilles, ils tiennent en l'air le » membre luxé à qui l’atrophie a ôté beaucoup de son poids. » Ce tableau donne une idée exacte de l’état d'infirmité considérable qui résulte des luxations ovalaires lorsqu'elles sont abandonnées à elles-mêmes. Nous avons eu l’occasion d'en observer un cas dans le service de notre maître M. le professeur Tillaux, la luxation datait de quatre mois (Obs. VIID) ; nous avons pu en réunir quelques autres. De l'examen de ces observations il ressort, qu'en raison de l'attitude spéciale du membre luxé, on ne saurait attendre absolument aucun bénéfice de l'exercice du membre, du massage et de l'extension continue, C’est ainsi que M. Ostermayer (Obs. XVI) eut l’occasion d'observer le cas d’un blessé atteint d’une luxation ovalaire, datant de deux ans, qui avait été inutilement soumise pendant de.longs mois à l'extension continue, et pour laquelle il fut obligé de pratiquer la résection de l'extrémité supérieure du fémur, afin de remédier à un état d'infirmité persistante et aux douleurs dues à la compression du nerf obturateur.

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