‹ Des Luxations ovalaires de la hancheChapitre 27 sur 42 · OUE · texte numérisé non relu

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premiers. Si le rétrécissement de l'orifice n’est pas trop marqué, si les adhérences au pourtour cotyloïdien ne sont qu’en voie de formation, si les muscles sont seulement contracturés, on peut compter sur une réduction possible par la manœuvre de réduction, combinée aux tractions. L'adhérence complète de la capsule au rebord cotyloïdien, et les lésions des muscles péri-articulaires constituent au contraire des lésions qui nécessitent une intervention opératoire. La capsule et le ligament de Bertin s'interposent alors entre la tête et la cavité et forment un obstacle solide à la rentrée de la tête, et les muscles rétractés ne permettent plus à la tête de reprendre sa place.

A côté des obstacles musculaires et capsulaires, il faut placer ceux qui proviennent d'une part de l’immobilisation de la tête fémorale, qui subit une sorte d’ankylose fibreuse, susceptible au bout d’un temps très court de résister aux tractions et d'autre part de la présence dans l'intérieur du cotyle de tissu fibreux néoformé, qui s'ajoute aux débris capsulaires pour l’obstruer. Puis, les déformations que présente à la longue la tête fémorale, ainsi que les déformations et l’amincissement des bords de la cavité cotyloïde, dont la forme tend à disparaître, sont autant de lésions qui nécessiteront une intervention opératoire, dans les cas de luxations anciennes. Enfin les énormes productions osseuses, que nous trouvons signalées dans plusieurs observations, la soudure de la tête au bassin dans les luxations très anciennes, seront aussi justiciables de la méthode sanglante.

L'époque d'apparition de ces diverses lésions, essentiellement variable, ne saurait être déterminée d’une façon exacte, et la ligne de démarcation entre les luxations récentes et les luxations anciennes ne saurait être établie d’une façon absolue, aussi est-il difficile de préciser les règles du traitement. En général, suivant M. Ch. Nélaton (1), pendant les deux

ou trois premiers mois, le chirurgien peut espérer que les

(4) Ch. Nélaton. — Archives générales de Médecine, 1889.

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modifications osseuses, ligamenteuses el musculaires ne sont pas encore produites, du ne sont pas assez prononcées pour constituer un obstacle sérieux, et la réduction peut être obténue. Au delà de ce terme, ces modifications ne sont pas absolument certaines, et jusqu'à un délai de huit à neuf mois même, le chirurgien est autorisé à tenter la réduction, bien que dans la majorité des cas, au-delà de deux à trois mois, il faille intervenir par une opération; l'intervention opératoire peut, il est vrai, être nécessaire beaucoup plus tôt, même dans le cas d’une luxation récente, s’il s’agit d’irréductibilité occasionnée par une complication, telle que l’étranglement de la tête par des brides fibreuses ou musculaires. Enfin, au bout de huit à neuf mois, il est difficile d'admettre que les surfaces articulaires aient conservé une conformation permettant leur rapprochement, ou que les liens fibreux et musculaires aient conservé une extensibilité suflisante pour permettre la réduction.

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