I. — Méthode des Tractions
Quoi qu’il en soit, lorsqu'une luxation récente ou datant seulement de quelques mois résiste à plusieurs tentatives de réduction par les manœuvres de douceur, que nous avons étudiées précédemment, le chirurgien doit . avoir recours aux tractions. Nous ne décrirons pas les appareils qui sont employés, on se sert habituellement des mouffles. Les tractions devront être exercées sur la cuisse fléchie, en ayant soin d'immobiliser le bassin. Bigelow a fait construire, à cet effet, un trépied, qui se place au-dessus du malade, couché sur le dos. En même temps, Bigelow conseille de faire exécuter des mouvements de circumduction au membre, de façon à faire balayer le rebord cotyloïdien par la tête, et à rompre les adhérences.
M. Desprès (1) a publié une observation de luxation ovalaire,
(1) Desprès. — Bulletin de la Société de Chirurgie, 1879.
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datant de deux mois, qu'il réduisit au moyen de tractions répétées (Obs. XIT). M. Desprès avait fait précéder les tractions, qui furent faites dans l'extension, de mouvements imprimés au membre, notamment dans la flexion, de façon à rompre les adhérences; puis des tractions de 200 kilog. d'abord, puis de 300, avaient été pratiquées à l’aide des mouffles. Ces tractions considérables ne sont pas exemptes de danger, et M. Desprès fait remarquer qu’il fut à plusieurs reprises obligé de les interrompre par suite d'éraillures des téguments.
La réduction par les tractions devra toujours être tentée. Mais lorsque la luxation résiste à plusieurs tentatives, faites dans les conditions rationnelles que nous avons indiquées, il ne faut pas insister ; il y a tout avantage à recourir d'emblée à une intervention sanglante. Des tractions trop longtemps répétées risqueraient de mettre l'articulation luxée dans de mauvaises conditions pour subir une opération ultérieure. D’ailleurs, suivant la remarque de Trélat (1), après 5 mois, la réduction si elle n’est pas obtenue par les procédés de douceur serait rarement obtenue par les procédés de force, et ces derniers réussiraient surtout dans les premiers mois, alors que l'obstacle réside dans les résistances musculaires et fibreuses, tandis que, après 2 ou 3 mois, la possibilité de la réduction ne dépend que de l’état anatomique.
Nous trouvons signalés un certain nombre d'exemples de réduction obtenue par la flexion et l’adduction forcées du membre. En exagérant la flexion et l'adduction, jusqu'à ce que le genou touche la poitrine, et que le membre croise le membre sain, M. Guermonprez a pu, dans plusieurs cas de luxations ovalaires anciennes, obtenir un bon résultat (2) et
même rompre de véritables ankyloses.
(4) Trélat. — Semaine médicale, 1885.
(2) Mouezy. — Th. de Paris, 1896.
RTE