‹ Des Luxations ovalaires de la hancheChapitre 5 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Anatomie pathologique

Nous nous occuperons tout d’abord des rapports anormaux, que contracte ordinairement la tête fémorale, ainsi que le col et le grand trochanter, dans la luxation ovalaire. Nous décrirons ensuite l’état habituel de la capsule articulaire et des ligaments, et nous insisterons à ce propos sur le rôle physiologique des débris capsulaires et du ligament de Bertin ou faisceau interne du ligament iléo-fémoral. Enfin, nous terminerons cet exposé anatomo-pathologique par la description des lésions de voisinage les plus habituelles, et l’état des muscles

péri-articulaires.

Tête fémorale. — La luxation ovalaire est une des deux variétés du groupe de luxations, décrites par les auteurs sous le nom de luxations en avant, l’autre variété étant représentée par la luxation ilio-pubienne. Dans cette dernière variété, la tête fémorale remonte au devant du pubis; dans la variété

PES de

ovalaire au contraire, la tête luxée reste fixée dans le plan du trou obturateur, et se met en rapport, soit avec les diverses parties molles qui comblent ce trou, soil avec les parois osseuses qui lui servent de limites, avec les différentes parties en un mot de la région anatomique désignée sous le nom de région ischio-pubienne ou fosse ovale. La luxation ovalaire représente donc en quelque sorte la variété basse des luxations en avant. Dans cette variété, la tête se trouve située en

dedans et au-dessous du cotyle, et affecte, avec les différentes

portions de l'os iliaque situées à ce niveau, des rapports variables suivant l'étendue de son déplacement.

Et tout d'abord, existe-il des luxations incomplètes ? Malgaigne (1) admet la division en luxations complètes et luxations incomplètes, et, selon lui, dans la majorité des cas, la luxation ovalaire serait incomplète. Toutefois, cette dernière opinion ne semble être en grande partie jusüfiée, que par les résultats de l’expérimentation cadavérique. La plupart des autopsies de luxations ovalaires, rapportées par Malgaigne, sont des autopsies de luxations plus ou moins anciennes, dans lesquelles l’état avancé des lésions ne permettait de juger du déplacement primitif de la tête que d'une façon bien imparfaite. Il en est de même de quelques relations d’autopsies après réduction de luxations ovalaires récentes rapportées par Malgaigne, elles ne sauraient constituer des exemples absolument nets de luxations incomplètes. Bigelow (2) admet avec Malgaigne que les luxations peuvent rester incomplètes, et, selon lui, les légères différences, que l’on observe dans l'attitude générale de la cuisse qui est la même pour chaque variété de luxation, seraient dans chaque cas en rapport avec l'étendue plus ou moins grande du déplacement de la tête. Hamilton (3) croit avoir rencontré deux cas d'engagement de la tête dans l’échancrure cotyloïde, mais il ajoute que le diagnostic est resté

(1) Malgaigne. — Traité des luxations.

(2) Bigelow. — Philadelphie, 1869.

(3) Hamilton. — Traité des luxations. |

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