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douteux ; il s'agissait d’ailleurs d'un déplacement consécutif à une coxalgie.
Dans la luxation incomplète, la tête du fémur, sortie de la cavité cotyloïde, n'abandonne pas le rebord cotyloïdien., On conçoit difficilement à priori, que la tête fémorale puisse ainsi se tenir en équilibre sur le rebord du cotyle. Cependant, la résistance et la disposition de la capsule, ainsi que nous le verrons tout à l'heure, expliquent la production des luxations incomplètes. Notre maître, M. le professeur Tillaux, qui avait autrefois démontré expérimentalement la condition anatomique de la luxation ischiatique incomplète, a pu vérifier, il y a quelques années, au cours d’une autopsie (1), l'exactitude de sa démonstration. Mais si la possibilité et l’existence des luxations incomplètes de la hanche ne sauraient être contestées, en ce qui concerne la variété ovalaire, la luxation incomplète est rare cliniquement et la luxation complète semble bien être la plus fréquente.
En effet, dans la plupart des observations, où la situation de la tête a été notée d’une façon précise, on voit que, dans la majorité des cas, elle se trouve entièrement située dans la fosse ovale. Dans l'observation de M. Sourdille (2) (Obs. D), la tête est située sous la peau et l’aponévrose superficielle, elle repose sur le muscle obturateur externe, et empiète légèrement sur la face antérieure du pubis et de sa branche descendante. Dans une autopsie de luxation ovalaire récente, n'ayant subi aucune tentative de réduction, M. Duboué (3) (Obs. ID a également constaté que la tête ne reposait sur le rebord cotyloïdien par aucun point de sa circonférence ; elle était située au-dessous de la branche ischio-pubienne, sur le muscle obturateur externe, elle reposait sur ce muscle par sa partie postérieure et était recouverte en avant par le pectiné et le
premier adducteur. Dans une autopsie, pratiquée cinq jours
(1) Tillaux. — Médecine moderne, 1893. Août.
(2) Sourdille. — Bulletin de la Société anatomique, mai 189%. (3) Duboué. — Société anatomique, 1859.
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après la réduction, Verhaege (1) (Obs. III) a noté une extravasation sanguine assez considérable dans le tissu cellulaire compris entre les muscles pectiné et obturateur externe ; une
portion de ce tissu était en outre lacérée, ce qui semble indi-
quer que la tête avait occupé cette place avant la réduction.
De même Schinzinger (2) (Obs. IV), dans une autopsie prati-
quée le lendemain de la réduction, a constaté une extravasa-
tion sanguine dans le même point.
Dans une observation de luxation ancienne, rapportée par Malgaigne, la tête était située au-dessous de l’obturateur externe ; il va sans dire que cette disposition, quand elle se présente, doit créer de grandes difficultés pour la réduction de l'extrémité luxée, mais il convient d'ajouter qu’elle est exceptionnelle. Dans l'immense majorité des cas, la tête repose au-devant du musele obturateur externe: elle peut se fixer à des hauteurs variables dans le plan du trou obturateur, empiéter plus ou moins sur la face antérieure du pubis et de la branche ischio-pubienne, voire même rester fixée au périnée et faire saillie de ce côté.
Malgaigne, dans son Traité des Luxations, fait de la luxation périnéale une, variété spéciale ; il en rapporte trois exemples empruntés à Amblard, Parker et Pope. Dans le premier cas, la tête faisait saillie au périnée, vers l'union de la branche descendante du pubis et ascendante de l’ischion. Dans le second cas, elle était située derrière le scrotum, au voisinage. du bulbe de l’urèthre. Enfin, dans le cas de Pope, elle soulevait le raphé du périnée. De tels déplacements sont rares. Suivant Riedinger (3), qui a observé plusieurs cas de luxations périnéales, la tête ne reste le plus souvent qu’au voisinage du périnée, son sommet seul s'approche de la ligne médiane.
La luxation périnéale ne constitue pas à proprement parler une variété spéciale, elle rentre dans le cadré des luxations ovalaires, dont elle est une forme exceptionnelle. Si l’on
(1) Verhaege. — Revue médico-chirurgicale, t. X, p. 146. (2) Schinzinger. — Wiener Medical Presse, 1880. (3) Riedinger. München Med. Wochenschrift, 1892, n° 33. ;
admet que la tête se dirige primitivement vers le point où elle se fixera; sous l'influence du traumatisme, elle descendra obliquement en dedans et en bas du cotyle, jusque sur le périnée, et la luxation périnéale pourra être considérée comme une exagération de la luxation ovalaire. Si l’on admet, au contraire, que le plus’ souvent la tête descend au-dessous du cotyle avant de remonter dans le plan du trou obturateur, la luxation périnéale sera le premier terme de la luxation en dedans, et, si elle est exceptionnelle, c’est que la tête, dans la majorité des cas, remonte dans le plan du trou ovale et reste bien rarement fixée au périnée.
En somme, si l’on considère la luxation périnéale comme le premier degré d’une série de déplacements, dont la variété ilio-pubienne est le dernier terme, on voit que la luxation ovalaire pourrait se décomposer en un certain nombre de sousvariétés, suivant les points où se fixe l'extrémité osseuse déplacée, et, entre la luxation périnéale et la luxation iliopubienne, on pourrait ranger toute une série de degrés intermédiaires, suivant que la tête affecte des rapports plus intimes avec l’une ou l’autre des différentes parties osseuses, pubis, branche ischio-pubienne, etc., qui limitent le trou obturateur.
Col du fémur et grand trochanter. — Le col du fémur et le grand trochanter affectent des rapports variables, suivant le déplacement de la tête. Comme cette dernière, le col repose le plus souvent sur le muscle obturateur externe, et dans les cas où la tête n'est pas trop éloignée du cotyle, il peut rester en rapport avec le sourcil cotyloïdien, dans une étendue plus ou moins considérable. Dans l'observation de M. Sourdille, le col repose en majeure partie sur le muscle obturateur externe, et, par une faible portion de sa partie externe, sur le bourrelet cotyloïdien. En avant, le col est le plus souvent en rapport avec les vaisseaux fémoraux et le nerf crural, qu'il soulève. Il est, de plus, en rapport direct avec le tendon du psoas, qui est tendu au devant de lui et l’applique sur la paroi de
la fosse ovale.
Les rapports anormaux, qu’affecte le grand trochanter, sont importants à noter, et leur détermination sur le vivant, quand elle est possible, devient, ainsi que nous le verrons plus loin, un élément de diagnostic de premier ordre. Ces rapports sont variables. Il peut être situé en entier dans l’intérieur même de la cavité cotyloïde ; parfois son bord supérieur repose sur le rebord inférieur du cotyle, tandis que son extrémité
postéro-supérieure se trouve située dans la gouttière sous-
cotyloïdienne. Enfin, il peut être situé tout entier au-dessous du sourcil cotyloïdien. Dans l’autopsie, pratiquée par M. Sourdille, le bord supérieur du grand trochanter était à cheval sur la partie inférieure du sourcil cotyloïdien, un peu en arrière dé l'échancrure ischio-pubienne, il pénétrait par sa moitié antérieure dans la cavité cotyloïde, tandis que son angle postéro-supérieur était reçu dans la- gouttière souscotyloïdienne de l'ischion. Dans l'observation de M. Duboué, (Obs. 11) au contraire, le grand trochanter était tout entier situé au-dessous du cotyle; il correspondait au milieu de l’espace compris entre la tubérosité de l'ischion et la cavité cotyloïide, toutefois il était plus proche de cette dernière. Des considérations qui précèdent nous retiendrons que, par suite de la situation habituelle du col et du grand trochanter, l'extrémité supérieure du fémur, dans la majorité des cas, vient se heurter contre le rebord cotyloïdien, qui s'oppose à
son ascension et à la rentrée de la tête dans la cavité cotyloïde.
Capsule articulaire. Ligament de Bertin. — On sait que la
capsule articulaire de la hanche présente une épaisseur et une résistance très diflérentes, suivant les points où on la considère. En avant, elle est renforcée par le puissant ligament en Y ou ligament iléo-fémoral. Son épaisseur en haut est assez forte, et peut atteindre un centimètre; en bas et en arrière, elle est infiniment plus mince.
La capsule se laisse ordinairement déchirer à sa partie inférieure, qui est la moins résistante, Dans la variété de