ALA0IES
M. Crampton a décrite sous le nom de periéititis*. Parmi les observations recueillies par ce médecin , sur cette maladie, sur différentes parties du corps, on en a observé deux exemples remarquables à la tête , Fun à l'état aigu , et l'autre à Tétat chronique. Le premier eut pour siqet un garçon de quatorze ans : la maladie débuta par la formation d'une tumeur douloureuse au côté droit du nez, qui s'étendit, au bout de quelques jours, aux paupières droites et au front , s'accompagna d'un érysipèle considérable , et de fièvre. Le neuvième jour, l'enfant tomba subitement dans le coma, fut pris de convulsions, et périt le douzième jour. On trouva, a la dissection du cadavre , le péricrâne qui revêt l'os frontal , rouge , épaissi , et détaché de l'os : une grande quantité de matière purulente l'en séparait. Intérieurement la duremère était décollée dans une étendue qui correspondait à la maladie extérieure: un fluide verdâtre, puriforme, était épanché entre elle et l'os. La surface interne de la dure-mère était aussi couverte de pus ; l'arachnoïde était rouge , injectée et couverte de pus , dans l'étendue de deux pouces , sur la partie correspondante au siège principal de la nudadiedu péricrâne **• L'autre observation de M. Crampton a été recueillie sur une femme de trente-deux ans , qui eut d'abord une tumeur du volume d'une noisette, sur l'os pariétal gauche. Cette tumeur, molle et élastique , fut attribuée à un coup que la malade avait reçu six mois auparavant ; elle présentait une fistule par laquelle on pouvait porter un stylet jusqu'à l'os. La malade ressentait une douleur violente au côté gauche de la tête : le bras droit était amaigri et paralytique ; les doigts étaient dans un état de contracture; les extrémités inférieures étalent faibles ; la parole n'était plus distincte; il y avait des vomissements et de fréquents accès
* Dublin Hotpital reports, vol. i.
** La périostose aiguë dont M. Abercrombie rapporte ici an exemple, d'après M. Crampton , ne s'observe pas très-fréquemment ; elle constitue une maladie très-grave t j'en ai moi-même rappouë deux exemples dans mon Histoire anmtO' mique des Imjhmmations , t. i, p. 350, % 412. Dans un de ces cas, qui eut son siège Jk la face , la maladie se présenta aussi sous la forme érysipélateuse, et sembla constituer la crise d'une fièvre grave. Je crois avoir fait connaître, le pronier en France, cette sorte de périostose aiguë , qui se manifeste le plus souvent sur 1rs phalanges , on die constitue la plus fâcheuse espèce de panaris.
A. N. G., irai.
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d'épilepsie. On divisa largement la tumeur jusqu'à Tos, et l'on trouva que le pérlcràne était tuméfié, dur, fibreux; qu'il avait pris une sensibilité anormale : il formait la plus grande partie de la tumeur. L'os adjacent était rugueux et carié à sa surface; on en enleva une portion avec le trépan , et la dure-mère correspondante fut trouvée très-vasculaire et épaissie. Pendant les six jours qui suivirent cette opération , il y eut de la fièvre , un érysipèle considérable du cuir cbe-
[y ei élu,
velu , du délire et des convulsions. La suppuration s*établit,
Epitt, nud, fari,
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douleur permanent à ce point , et pendant dix ans ce jeune malade fut sujet à une céi^alalgie intense , qui devint enfin si vidente, qu'elle le fîedsait tomber dans un état d'insenstbUité. A Page de vingt-quatre ans , ce jeune homme présenta, à la partie supérieure de l'os pariétal droit , premier siège du coup et de tous les accidents qui l'avaient suivi, un point légèrement rouge et tuméfié : les cheveux , en ce point , étaient durs, et semblaient hérissés; la pression v déterminait une doideur intense. La douleur s'étendait à l'oeil droit , dont la vision était obscurcie lorsque la douleur était violente ; une incision profonde, prolongée sur cette partie, fit cesser tous les accidents. M. Gervais a rapporté un fait semblable, dans lequel la douleur revenait périodiquement : le malade avait un accès d'épilepsie tous les jours ; le toucher, sur le point malade , produisait la syncope. On divisa les téguments et le péricHUne, et l'on trouva l'os carié ; il s'exfolia , et le malade fut guéri. Valsalva a parlé d'un épaississement remarquable du péricrâne, sur un individu qui eut une céphalalgie longtemps prolongée, et parfois du d^re , et à la fin des convulsions. Il y avait un épanchement séreux dans le cerveau; mais Valsalva n'a rien dit de l'état de la duremère et de l'os.
M. Éverard Home pmse que c^te maladie singulière commence dans la dure-mère. M. Grampton croit qu'elle commencedansle péricrâne. Cette dernière opinion semble mieux fondée, puisque dans plusieuni des cas rapportés par Éverard Home lui-même, on obtint la guérison en (Hvisant simpleBMnt le péricrâne. Il paraît cependant que la maladie peut s'étendre progressivement à l'os et à la dure-mère.
Le fîBdt suivant est le plus remarquable enmple de cette affection que j'aie observé.
Obs. XGni. Une fille de vingt ans tomba à la renverse, avec un enfant dans ses bras : toute la force du coup porta sur la partie proéminente de l'os occipital. Elle se remit aus sitdt des effets immédiats de cette contusion ; mais elle conserva une douleur dans cette partie. Au bout de phuieurs mois, elle eut une paraplégie avec rétention d'urine. Après trms on quatre mois de séjour au lit , elle reprit , jusqu'à un certain point, l'usage de ses membres; mais elle conserva la rétention d'urine : elle vint à Edimbourg au commencement
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dé 1828; il y avait plus d'un an qu'elle avait fait sa chute; la paraj^égie avait presque complètement cessé; mais la rétention d'urine continuait et exigeait l'usage constant du cathéter. Sur le point de l'occipital qui avait été contus , existait une portion du diamètre d'un écu , qui était le siège d'une sensibilité très-vive. La plus légère pression sur ce point f produisait une insensibilité. complète, qui continuait pendant une minute ou deux , et se renouvelait aussi souvent ou'on exerçait la pression. La malade semblait tomber alors dans l'état de syncope ; cependant le pouls n'était pas dérangé. Je vis cette malade avec M. Lizars : il fut décidé qu'on ferait une incision cruciale profonde sur cette partie , et qu'on maintiendrait la plaie ouverte pour déterminer la suppuration. £n pratiquant cette opération , on reconnut
3 ne le péricrâne était légèrement épaissi , et qu'il était moins ense ; mais que l'os était sain. Dès le jour suivant , la malade rendit facilement son urine, et elle continua À jouir d'une bonne santé aussi longtemps que la plaie suppura; la cicatrisation s'effectua au bout d'une quinzaine, et la rétenimmédiatement. On fit une nouvelle inmémes résultats que la première ; l'ex- ! rétablit immédiatement. On eut alors loyens pour provoquer une suppuration plaie ; mais elle guérit au bout de deux 1 rétention d'urine reparut encore, ainsi sessive dans la partie où le coup avait une troisième incision ; elle eut encore et l'on fît différentes applications pour on de l'os, comme dans les cas observés le; mais ce fut encore sans succès: la ou quatre semaines. Les accès d'insenar la pression se reproduisirent alors ; ils i après les premières incisions : la rétention d'urine se manifesta de nouveau.
On a depuis lors répété les incisions , toujours avec les mêmes résultats. Le seul changement qu'on ait pu obtenir dans la santé de cette fille, c'est qu'elle n'est plus frappée d'insensibilité lorsqu'on comprime la partie maJade , et que l'effet avantageux des incisions est plus prolongé. Elle est quelquefois pendant plusieurs semaines sans rétention d'u-
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rine , après la guérison des plaies des incisions ; elle a même été une fois dans un état de santé parfaite pendant trois mois*.
* Cette observation est des plus Intéressantes qu'on connaisse ; Il est probable qn'il n'existait ches cette fille aucune l^ion cërëbrale profonde ; et ce Tait montre 1 influence cpie peut exercer sur tout le système nWeuz , la maladie d'une de ses parties, même tr^-circonscrite, située, il est vrai, au voisinage de l'orinine commune des nerfs.
En réfléchissant aux connexions nerveuses, on serait conduit, dans qn cas de cette espèce, à pratiquer une opération dont il est legrettable que l'idée ne soit pas venue à M. Abercrombie. Cette opération consisterait à cerner toute la partie douloureuse par des incisions , et à détacher ensuite le lambeau de cuir cbevdu qui la revêt, de manière k ne le laisses communiquer avec les parties voisines que par une base étroite. Ce lambeau serait immédiatement réappliqué; aussitôt qu'il serait redevenu adhérent aux parties profondes et environnantes, on occuperait sa base; de cette manière, il ne resterait plus entre la partie qui parait ^rele foyer des irradiations nerveuses et le reste du corps d'autres communications que par des cîcktrices ; comme il est douteux que les nerfs se cicatrisent de manière à ce que la continuité de leur influence s'exerce an travers de la cicatrice, et qu'il est d'ailleurs démontré que si cette continuité se rétablit, cda n'arrive an moins que lentement et pr<^retslTement, on pourrait espérer d'obtenir ainsi une guérison solide. A» N, G,, trad.