DEUXIÈME PARTIE
L'ÉTAT morbide particulier que l'on désigne sous le nom de coma ou d'oppression du cerveau , parait , d'après les observations précédemment rapportées , se lier à diverses conditions morbides de l'encéphale , très-différentes par leur nature. Nous l'avons vu coïncider avec un épanchement encéphalique considérable, ou exister sans aucune trace d'extravasation de liquide , de même que nous avons vu des épanchements cérébraux , et une destruction étendue du tissu du cerveau, exister sans coma. Nous avons remarqué la même d)sence d'uniformité, par rapport à toutes les autres conditions morbides qui ont été l'objet des observations que nous avons déjà rapportées; si d'après cela, l'on nous demandait avant tout , quels sont les états du cerveau qui produisent le coma , il faudrait répondre qu'il est encore impossible de le savoir. Il ne faut cependant pas s'arrêter à un simple aveu de notre ignorance sur ce point ; il vaut mieux considérer les limites de nos connaissances à cet égard comme un point de départ pour de nouvelles recherches. Mettons donc de côté, dans ces investigations, toutes les idées théoriques que l'on admet trop souvent comme des principes établis, et restons dans les étroites limites de robservatu>n des phénomènes morbides.
En rapprochant sous le titre d'apoplexies, les faits qui en ont présenté les caractères, on ne trouve pas plus de rapports entre les phénomènes morbides et les désordres cérébraux qu'on n'en rencontre dans les inflammations encéphaliques. Un individu en parfaite santé tombe subitement frappé sans parole et sans mouvement, et périt après être resté quelque temps dans le coma'; à la dissection de son cadavre, on trouve un volumineux caillot de sang comprimant la surface du cerveau, ou remplissant les ventricules*. Ici
* C'est donner une vériuble définition de l'apoplexie, que de réunir aiiui lec principaux caractères de cette maladie : rapprochons de cettte définition , cdle que les anciens en ont tracée; elle se trouve dans l'étymologie du nom qu'ils ont imposé à cette maladie. 'AîlOTcAïîi'^flC , «7C^7li>jf<Ç , «7r07rA»îXT«iv
S58 AvonJOH».
les phénomènes morbides semblent clairement expliqués : mais mi autre individu est frappé avec les mêmes symptômes ; on s'attend à trouver les mêmes désordres dans le cerveau, on n'y rencontre qu'un épancbement de sérosité, même peu considérable, dans les ventricules ou seulement k la surftice du cerveau. Une troisième personne est A*appé& de la même manière , et pérît après être restée, pendant un temps assez long , dans un état de coma que rien ne peut suspendre , même pour un instant ; l'examen le plus attentif ne peut faire trouver, dMis le cerveau , la plus légère altération morbide. Les foits de ce genre n'ont point échappé à la difficulté d'en accorder les conséquences avec l'ancienne doctrine de la compression du cerveau. Aussi, a-t-on adopté beaucoup d'explications sur ces faitg, dans lesquels la dissection ne révèle aucune apparence de maladie , ou au moins aucun désordre qui puisse rendre raison des phénomènes morbides, Willis, après avoir recueilli un fait remarquable de cette espèce, suppose que les esprits animaux ont été subitement éteints ou suffoqués par certaines particules malignes ou narcotiques \ Seelmatter attribue cette affection à
V^^/£de, &nh TOl> KTtOnXviltrOtf, nominatur»^ fu^â qui eo morho eurnpthtr, velut ietu fulminis autsjrdefe perctustu, refont» eortuat; inie tfJêratîo SaAoaio Largo , et sydêrmti, qui hœ morboperctûii. Ictus fiifimniê Cdso, tWicft Mmmguinit Eu^opio «t Sexto Vktort {Salmtu>, not. ilt Çàpit^, p. Vf), p0f fttM» sciUcet impetu ruentu sanguinis et vitmles vimt obttruentis momettto qmii éripi» tut etét^oeatur. Cdso JUcitur morhtu attoiùtust attoniti quorum corpus et memt stupst. Idem suo tempore, paralrsim etiamhunc a/j^sètutn,^ appeîîûXuM traiit
(25«u,iib.a.26). jj tt
Dans ees déèaitioi» ai prëctaes, ae treuvent kt ècas Idée» ea^Mtea qat foraient , r une y le caractère j^valologiçue d« la auladie : la snmén^a snHta des fonctions encé{>hfellqu» \ et rautre^son çmact^re Àiologfquéi la fluxion et la cooo gestion MMgttia» cërâ>rales. A. Df. G , trûi,
* L'obserratioB qvl a conduit WiBh à dtèscrter tnt la çaïasa des apo^htlea, dans lesquelles aucun désordre e&c^»bidkitte ne rend coin{ne, anrds la nMirt, de» accidents qui l'ont précMëe et déterminée, est d^in trés<grand iméréc, «t pur dle>ni^e, et par le soin avec loijud on a procéda à rouTertqre du cadavre. La voici tettueDemeat t
« Un ccdésiasticrae fort replet «t valétudinaire, qnt tttdt }e toa MttM, fat attaqué d'une cacocnymie considérable et scorbutique, accompagnée d'une diCBculte de lespirer, de maux et de pesanteur de tête, et d'un engonrdisscmcat extraordinaire dans les membres ; il était Incapable de prendre aucun exercice on de s'occuper & quelque cbose que ce fdt : tout Ce qull pouvait faire , c'était de passer tous les jours de sa chambre dans sa chapdle. Un jour qu'il s'y était rendu, un peu avant que les prières comiiiaiçaasent, et qu'il se fât mb i gCMMX,
un reUdiemeat eulut des nerfs; Nicolaï, à un spasme des méninges; et Lecat , et Weikard, la font consister dans un spasme des nerfs et des vaisseaux du cerveau. Kortum entreprend de concilier les opinions divergentes de ses prédécesseurs, en rapportant tous ces cas à une nouvdle espèce d'apoplexie, qu'il appelle apoplesie nerveuse*. D'après le
»plexie qui I« priva de la parole et du MBtimeitt : U toahtk e releva sufle-cliamp , on le déshabilla , et on le mit chan- Cependant, je fus appelé auprès de lui avec quelques autres ivàmea alors sans sentiment, sans pouls et sans respiration; tus les membres froids et roides , et quels que fussent le* I et les remèdes que nous ordonnAraes, nous ne pûmes endre la chaleur et la vie, d'où nous conclûmes queraccès i les pulsations du cœur et le mouvement du sang avaient fs. Le lendemain nous fîmes l'ouverture de son cadavre , u plus roide dans l'intervalle de temps qui s'était écoalé » avait été si furieux, et la mort si prompte, que nous n qu'il y eût dans le cerveau qudque trace remarquable de lonâ ttompAmes*nous pas; nous ne remarquâmes rien de •ordinaire dans les parties contenues dans le crine. Les andns sur la dure^roere étaient remplis de la petite qnan- Ttnt contenir, et il n'^ avait aucune appât ence d'extrava- [on; le cerveau , le cervelet, la moelle allongée avec toutes lUtes leurs protubérances, nous parurent sains et naturel» I l'intérieur qn'i l'extérieur; «ucun épancbement, soit de dans leurs paroia on dans leurs cavités; aucun amas de ds ventricules; rien k reprendre dans les plexus-choroïdes, veau a soit derrière le cervelet, en sorte que telle était la de la matière morbifique dont ces parties avaient été attar ijx esprits animaux, ses effets étaient constants, sans qu'on ens de son existence : nous ne conclûmes qu'dle existait , t agi. Pour reconnaître si cette matière ne séjournait point (oigneusement examiné les différentes parties du cerveau , I poitrine , oh nous tronvimes les poumons décolorés et >sité écumense; ceci était bien assez pour nous rendre rairespiier; mais le coeur était sain, entier, sans le moindre ou de concrétions polypenses; nous n'aperçûmes dans lea lans lea viscères circonvoisins , ni abcès, ni apostèmes dant aisons eussent pu, en quelque manière, opprimer le coeur LtiOB (Wllligs, de Anima *r«r. , part, xi, cap. 8,^
y j.„ A. N. G., trad.
* La dénomination d'apoplexie nerveuse n'a point été donnée per tons les écrivains à IHipoplexie existant indépendamment de tonte lésion encéphalique «percevable. Frosieurs auteurs, même modernes, ont appelé apoplexie nerveuse l'api^lexle avec nn épancbement sanguin on séreux encéphalique, lorsqu'ils suppoeent qu'elle a été le résultat d'un état nerveux. Cette doctrine se trouve dévetoppée dans une monographie récente de Zulianus sur l'apoplexie nerveuse : « Deea ntmpe apoplexia qwe ex spasmo exoritur» et ex viquadam morbosa sin
SiO APOPLEXIES.
même priocipe, on a établi d'autres espèces d'apoplexies, aaxquelles on a rapporté ces cas inexplicables et obscurs , telles que Tapoplexie convulsive , et l'apoplexie hptérique de Borsieri, de Tissot et d'autres auteurs. Ce dernier écri* vain a recueilli l'histoire d'une femme qui, après s'être plainte pendant quelque temps de la tête , fut attaquée d'une vive et subite douleur avec perte de sommeil, et qui périt en peu de temps. On ne put trouver à la dissection aucune trace de désordre morbide. Le même auteur parle aussi d'une jeune fille qui eut une frayeur lorsqu'elle avait ses règles ; le flux menstruel s'arrêta , et cette fille devint sujette à de fréquentes lipothymies. Ces accidents et divers autres symptômes qui vinrent s'y joindre , durèrent plusieurs mois ; la malade tomba alors dans un profond assoupissement dont rien ne put la tirer, et qui continua quatre jours. Elle en sortit alors, et sembla bien rétablie pendant plusieurs jours, au bout desquels il se manifesta une violente céphalalgie , de l'anxiété et des convulsions qui se terminèrent par la mort. Aucune trace de lésion morbide ne put être reconnue dans aucun viscère *.
mintu in nervos unice , m eos taUem primario saviente. Plerîque forte dmm ea Ugant, qum sum dieturut de iis apoplexiiê » qua» ad nervosam ^evoeo , atiquam atsêrunt tangtuneam este, altquam vero serosam : haud ego quidem valde obttabot dummodo nervotfateantur eautam morbi proximam aut hane tandem effidentem patent, ideoque medendi rationem ali^uo modo divertam adhibvndam eue» »
Le plus grand nombre des auteurs qui ont admis une apoplexie nerveuse, se réunissent pour donner ce nom à une apoplexie dans laqudle l'organe encéphalique ne présente aucune trace de lésion apercevable après la mort : a Velut u atm anima causa quoque morbi fugitsetn, a dit Quarin. uAdmiraUone dignum», écriTaient les médecins de Breslaw sur cette maladie, nuila évident apoplexiœ causa in de/unctorum corpore post mortem deprehendatur.
Hildebrand regarde l'apoplexie nerveuse comme une cause de mort commone dans le typhus contagieux. « L'apoplexie nerveuse, dit-il» a lieu sans la t;ompres- » sion de ia part des fluides ou la présence de tout autre corps sur l'origine des » nerfs, mais seulement par un rdàcheroent subit du système nerveux, et est le » genre de mort le plus fréquent des typhus. » ( Trotté da Trphms , tnd. par Gasc.p. 171). ^r V jf r
L'existence de l'apoplexie nerveuse, c'est4-dire d'une suspension plus oir moins complète des fonctions cérébrales , sans aucune altération de texture du cerveau, est importante à constate! ; car elle suffit pour montrer, contradictoirement aus «loctrines aiser généralement adoptées anjourd'hui, que les fonctions d'un organe peuvent être altérées on suspendues, sans qu'il y ait, d'ailleurs, aucune lésion évidente dans la texture de cet organe. A. N. G., trad.
* Ces deux observations de Tissot se trouvent dans sa lettre k Hallcr sur l'apo
Lecat a attaché beaueoup (Kimpprtance a un fait qu'il a recueilli, dans lequel, après uoe apoplexie devenue funeste, il ne rencontra de lésion morbide qu'une petite quantité de sang extravasé qui n'excédait pas une cuillerée à café. Cette hémorrhagie , suivant lui , ne pouvait expliquer la maladie par la pression exercée par le sang extravasé; il la considère comme un effet plutôt que comme une cause d'un spasme des vaisseaux , qu'il regarde comniie la cause prochaine de l'apoplexie. Cette hypothèse fut loin de satisfaire ses contemporains, qui présentèrent diverses explications pour rendre raison de cette forme de la maladie. Des médecins soutinrent que la substance médullaire du cerveau est plus sensible à la compression que la substance cendrée ; l'opinion la plus généralement adoptée fut qu'il est certaines parties du cerveau où , par la gêne qu'elles apportent à la circulation des esprits animaux, les plus légères causes de compression peuvent déterminer les accidents les plus graves. Cette interprétation du fait fut l'origine d'une longue controverse sur l'origine et les progrès de ces esprits animaux , et sur les voies par lesquelles ils émanent du cerveau. L'un assignait cette impor-
; l'autre , au quatrième >ulum ; un quatrième , >n supposait que l'apos plus légères existant uses tellement légères bscrvation. Toutes ces culatives montrent la de, et apprennent ce émontré , qu'il y a des laisser aucune altéra des traces si légères, un compte satisfaisant
plexîe et riiydropl«t«, ouvrage cxtrcinement remarquable par les vues pratiques
au'il contient , et qui a été traduit en français par Vicat.
* ^ A. N. O., trad,
• Il résulte, des distinctions que viertt d'établir M. Abercrombie, que ceux qui n'ont admis d'apoplexie que par la présence d'une lésion cérébrale organique, et le plus souvent par la présence d'une certaine quantité de sang extravasé dans quelques points de l'encéphale, n'ont tenu compte que d un seul ordre de
fi% APOPLEXIBI.
L'eiplkatioD la plus simple de PéUt apoplectique se trouve dans les cas où il est distinctement le râdtat d'une cause eiterne , et où il cesse lorsque cette cause est enlevée. Un petit garçon dont parle Zitzilius s'était fortement serré le
fahf. L« dénomination d'hëmorrbagie c^réKnlc , p«r iMpi^e c«rt«|M médecins rMBpkcent celle d'apoplexie, n'est donc rien moins qoe conforme à l'obsenratioil. Si la présence de phénomènes apoplecUi]aes ne suppose nécessairement ni congestion, ni hëmorrfaagie encéphalique, la présence d'une hémorrhaçie enréph»- Uqoe n'est point aussi néeessairement suivie de syniptteies apoplectiques, nt même paralVtiques. Le fait suivant le démontre.
Ou. XCIII {bis). Dunéme, serrurier. Agé de quarante-deux ans, fut admis, le 27 janvier 1832, dans mon service, & l'Hdtd'Dleu de Paris. Cet homme itait^ depuis deux mois , pris fréquemment d'accès d'épilepsie, qu'nn mois de séjour à 1 hôpital de la 7itié a diminués , mais n'a point UAt cesser t il entre à l'Hdtd» Dieu, pour obtenir la guérison de cette maladie. En examinant cet homma, d'une assex forte constitution, tonte l'attention se porte sur le cerveau; les {scukéa intellectuelles ne sont nullement troublées , et le lïpport du malade et de ses voisins peut seul nous avertir de ses accès d^épilrpsle. Sous l'influence de deux énd»> sions Mngwinfs et de l'emploi de la poudre de valériane, les accès diminaèrant, l« malade disait même ne plus en ressentir; mats ses voisins bous assurèrent que, pendant le sommdl , le malade avait des attaques dont 11 n'avait pas conscience , puisqu'il ne les acctûalt pas; du reste , cet homme conservait un bon appétit, les digestions se faisaient bien, la respiration était libre, et leponls, nnlIeacntM* qncnt, ne présentait ni irrégularités ni iatermittenocs. J'ordonnai d'établir ust séton à la nuque, toujours dUns le but de calmer les attaques d'épitrpsie. Qucl« qoes jours après l'application de cetcxutoiM, qui n'avait aniené aucune améKoration , Dunème trouve sa respiration un peu difficile. Le thorax percnté donne un son clair et nature, l'anscultatfon ne fait cntandre qu'un léger ràleaibilaat (vésicatoire de 6 pouces de diamètre entre les deux épaules). Le malade n'est pna •ovdagé , et dans les premiers jours de mars , la suffocation augmente, le poula s'accélère, les iu:cès d'épilepsie deviennent plus fréqueoU vl'ausculution fait entendre le même rAle sibilant que quelques jours auparavant; mais les batte» nents du conu' sont plus forts et plus étendus qu'ils ne sont k l'état normal. Ces battements tumultueux sont accompagnés d'un léger bruit de frottement , qnl ferait croire k l'existence d'une lésion des valvules de l'aorte , ou k une intfam* mation de ce tronc artériel. Cependant ce bruit ^e frottement ne s'entend pas dans les artères t la percussion sur la région du ceeur, nous donne un soe met dans une plus grande étendue qu'à l'eue normal. On diagnostique une hjrper» thronhic avec d^atation du ventricule gauche , avec %tfection des valvules signcn» des de l'sorte, on inflammstionde ce vi^isseau. Ces symptômes M montrèrent tds pendant peu de jours ; mais , enfin , ki respiration devint plus difficile , le bruit du cour fut plu^fort, le nonls Irr^ulier, Le malade, la S mars, tomba dans une grande fidblesse , et le 9 il expira.
Cet homme me décrivait ainsi ses accès : « J'ai été pris subitement d'nnç sorte d'étourdissement qui me met hors d'état de me tenir debout ; je m'appuie alorssur le nturvoiain, et je tombe sans connaissance; je reste sans mouvcment pendant quelque* instanU , et je reviens à moi. »
Un jour, à là visite du soir, il me dit, m Je reste au Ut «parce que jeaena
ÂM)I>LEX1ES. 245
COU avec sa cravate ; il fouettait une toupie , et se relevait et se baissait alternativement, lorsqu'au bout de quelques instants il tomba apoplectic^ue. On dénoua sa cravate , on tira du sang de la veine jugulaire , et l'enfant se rétablit immédiatement. La strangulation, lorsque la colonne cervicale n'est pas disloquée , semble n'être qu'une apoplexie simple. Un homme apporté à Sauvages , après avoir subi le supplice de la strangulation » fut rétabli par trois saignées ; il parla et se leva; la respiration et la déglutition s'exécutaient comme dans l'état naturel. Quelques instants après , la partie du cou où la corde avait été appliquée commença à se gonfler au point que la circulation des veines dû cou fut gênée. Cet homme tomba alors dans l'assoupissement , le pouls et la respiration se ralentirent sans qu'il se manifestât de dyspnée; il périt apoplectique au bout de quelques heures, wepfer a apporté l'histoire d'une femme qui fut rétablie parle même traitement , après le supplice de la strangulation ; mais elle
B tenir delxHit ; je sens que mon ent par des cr!i qui avetlissait rulslfs , et ne se réveille pas. Ce de courbature , qui l'avertissent Kucune trace de paralysie, ui de Les facultës inteUectuellés sont
'€ heures après la morl.— Le venté, il a le douUe du volume ordiles ventricules est d'en-virondiz nais ce vaisseau est sain ; la vidrempli par deux caillou qui sont iatée , est remplie par un caillot 1 est de même de l'oreillette gau> i que contient l'oreillette droite.
: , sur ta partie antérienre , sap^du ecrveau , dans l'ëundue d'un iz pouces de profondeur, le long iltration de sang noir , au-dessous s. Sous cette plaque, dans l'épaiset supérieure, et du lol»e moyen à m caillot noir, du volume d'une rganisé. La substance cérébrale , lunAtre , piquetée , plus dense que ; de la coucne qui était en contact I trouvé aucune trace d'existence t était un peu sablée.
A. N. G., trad.
resta pendant quelque temps affectée de vertiges qui cessèrent graduellement. Il nous serait facile de joindre à ces faits des exemples nombreux d'attaques subites d'apoplexie complète , qui ont cessé rapidement sous l'influence d'un traitement approprié , sans laisser aucune trace des accidents si effrayants de cette maladie.
On peut croire que ces attaques d'apoplexie dépendent d'une cause dont l'action est limitée au système circulatoire cérébral, dans lequel elle détermine la nature de ce dérangement qui se manifeste et qui disparaît avec la même rapidité. Il serait très-difficile de déterminer la nature de ce dérangement ; nous n'avons même peut-être pas de données qui nous permettent de tirer des inductions fondées. On peut sur ce point donner dés explications d'un très-grand intérêt, mais il faut avouer qu'elles sont presque complètement hypothétiques , et que leur application aux phénomènes de l'apoplexie est aussi elle-même très-conjecturale. Ces explications sont sans doute dignes d'attention, mais elles doivent être considérées comme distinctes des objets sur lesquels nous dirigeons nos recherches. Nous allons commeneer par tracer un tableau général des principales variétés de symptômes qui se présentent dans les attaqiies d'apoplexie.
Une attaque d'apoplexie est généralement précédée de symptômes qui indiquent un dérangement dans la circulation encéphalique. Les plus remarquables de ces prodromes sont les suivants : céphalalgie, étourdissements , sensation de pesanteur et de plénitude dans la tête, battements violents des artères ; bouidonnements dans les oreilles. Ces symptômes sont souvent joints à l'épistaxis, qui est suivie dnm soulagement incomplet et temporaire. On observe aussi un affaiblissement de la mémoire, et le malade tient des propos incohérents comme dans un assoupissement léger. La vue est aussi troublée ; les malades voient les objets doubles * , et
''^ L'amblyopic lans aacun dérangement dans le parallâisine des axes oculaires, n'est pas un des prodromes les plus fréquents de l'apoplexie ; mais c'est un de ceux qui annoncent le plus sûrement l'imminence d'une attaque, et qui, i ce titre, doit 6xer l'attention du praticien. Ce signe a d'autant plus de valeur, qu'il n'est guère le prodrome que d'une attaque d'apoplexie on d'une attaque d'amaaro$e, maladie si semblable à l'apoplexie quand file se manifeste subitement.
A. N. C, tr0é. .
deviennent quelquefois temporairement aveugles. Il y « de la tendance à l'assoupissement et à la léthargie. Nous avons fréquemment aussi observé comme prodromes des attaques d'apoplexie, de la gène dans la parole, et d'autres affections paralytiques partieUes. Ces derniers accidents sont quelquefois confinés à un seul membre; quelquefois ils n'affectent que 1^ paupières, et déterminent l'impossibilité, soit d'ouvrir^ sœt de fermer un œil; très-fréquemment aussi cette parfidysie occupe les muscles de la face , et produit une légère distorsion de la bouche. Ces symptômes et d'autres semîblables, indiquent la tendance à l'apoplexie, et se montrent fiouvent pendant un temps considérable avant qu'il survienne une attaque * ; quant à celle-ci , elle se mani^te sous trois formes distinctes, qu'il est important de distinguer l'une de l'autre.
I. Si l'attaque d'à forme , le malade est ment et de mouvemen qui est plongée dans i nlement injectée; la sans fréquence ) et qi naturel. Dans quelqu( ou une contraction de quefois Jimitée aux mi
246 FOlUnS DIVEB8ES
BDt. Dans cet état r après un tempa afrs , ou le malade trace de son attane paralysie d'un peut disparaître t, on rester perèctéesdelaméme mt ou graduelle^ delà vue persiste
>eut se manifester ilalgie subite; le survient en généuoi(}ue non dans t qui ressemble à extrême du pouls ft quelquefois de njours renversé; e que d'une perte Mixcas,les pre^ lelques minutes ; atrde la faculté de Après un certain intervalle , qui peut 'varier de quelques minutes à plusieurs heures, l^tfocablement commence, la mémoire s'éteint; il s<B yaixifeste de l'incohérence dans les idétô ; le malade tombe dans le coma ][)our n'en plus sortir : un côté du corps est quelquefois alorè frappé de paralysie; mais d'autres fois, et, % pense , le plus souvent , il ne se manifeste aucune paralysie.
m. Dans la troisième forme de l'apoplexie, le malade est «nbitement. paralysé d'un côt^ du corps, et perd la parole 'sais stupeur;^! ce dernier phénomène se manifeste à un certain dè^ de l'invasion, il disparaît rapidement; le malade semUe connaître sa situation; il essaie de communiquer ses sensations par signes. On observe de nombreuses variétés dans 'les- ptt)grès ultérieurs de cette forme de la maladie. Quelquéfoiis lés accidents prennent graduellement les caractères appplèct'iques dans l'espace de quelques heures : d'autres
DES AITAQUES d'AM>PLEX1E. ii7
fois le malade se rétablit pron ,un traitement convenable. Il ar des accidents se fait d'une mani< n'ont tout à fait éispar^ qu'au ou de plusieurs mois. D'autres m jusqu'au point de parler, mais i cber en traînant péniblement la ^améUovatiop dans leur état , iL plusieurs années, et sont enleva ou quelquefois périssent d'une retour d'accîdentfrencépbaliques, de cette affection , le inalade ne 9 cei>endant pas apoplectique ; il Ijtique, et privé oe la parole, fteultés ; il périt graduellement plexie , plusieurs semaines ou {^u Les trois formes d'apoplexie q se succèdent fréquemment l'un* eUes sont Réunies avec les cara leur assigner ; elles constituent n qui diffèrent remarquablement 1 • en trois classes, d'après les trois ble cependant la plus naturelle les affections qui sont immédîj apoplectiques; la deuxième, cei attaque subite de céphalalgie, et i. l'état d'apoplexie; la troisième ractérisées par la paralysie et la ]
SECTION PREMIÈRE
DES AFFBCnOIfS QUI ONT PRIMITIVEIIENT LA FOAIE APOPLECTIQUE. — APOPLEXIE SDDLE.
L'attaque d'apoplexie est nue privation subite des sensa? tiotas et du mouvement. Le malade est renversé dians un état sem)>lable à celui d'un sommeil profond; la face est en général enluminée, et la respiration stertoreuse. Les, circonstances qui méritent une attention particulière dans la marche ultérieure de la maladie sont les suivantes :
248 De L'AMPLEXtE taOLB,
I. Dans plusieun cas , les malades se rétaMiasenl prem^ tement et complètement ;
II. D'autres fois, Ipi maladie est rapidement funeste, et Ton trouve à Texamen du cadavre un ^[Mncbement de sang considérable dans la tête;
m. Dans d'autres cas , qui se terminent aussi par la moit » qui arrive en général après un intervaUe plus considéraUe, on ne trouve qu'un érôinchement de sérodté, souvent en quantité peu considérable , dans lé cerveau ;
IV. On ne trouve quelquefois, k Fexamen lej^is attentif des corps de ceux qui ont péri par cette malam, aucune trace de lésion encéphalique quelconque.
Sous le point de vue de sa nature, Tapopleiie peut être divisée en trois espèces : 1« apoplexie avec extravasion de sang ; 2* apoplexie avec épandiément de sérosité; 5« apoplexie sans aucune apparence morbide , que je propose d appeler apùplexie nm^tle. Cette dernière espèce d^apoplexie ouvre une porte aux théories les plus intéressantes; car les
Shénomènes morbides mettent hoirs ^ doute ce feit impormt , qu^îl est une forme d'apoplexie qui dépend dHme cause de nature fugace, qui ne produit aucune altération évidente dans la substance cérébrale; que la condition morbide de cette attaque peut cesser presque aussitôt qu'elle a été établie, et qu'elle peut devenir Ameste sans laisser aucune trace évidente de maladie dans le cerveau.
L'extravasation de sang étendue que nous avons considérée comme une des terminaisons de l'attaque d'apoplexie , n'est réellement pas la terminaison commune des i^ections qui sont immédiatement et primitivement apoplectiques. Cette terminaison appartient en général plutôt à cette autre espèce qui commence par une attaque subite de céphalalgie vidente, et qui passe graduellement à l'état de coma. Cette espèce d'apoplexie, dont j'ai parlé, sera décrite plus loin. Nous ne traiterons , dans cette section , que des deux autres formes de la maladie, qui semblent étroitement liées l'une à l'autre ; savoir : l'apoplexie sans aucune apparence de lésion morbide dans le cerveau, et l'apoplexie par épanchement de sérosité.
DE L'AfOrLEX» SOUTLS. 349
§ L AfOpUsiê um9 auctine apparence de Ueion mothiie encèffhaiique f ou apoplexie simple.
Lonqu'iuM personne qui jouissait d'une parfiàûte santé tombe subitement privée de sentiment et de mouvement , et périt après être restée un certain temps dans Fétat d'apoplexie ; si , à la dissection du cadavre , on ne peut découvrir dans le cerveau aucune altération de sa structure naturelle propre à rendre raison des accidents, la mort a été le résultat d'un état morbide que je propose d*appeler apoplexie simple. Je ne yeux pour le moment me livrer k iaucune explication sur la nature de cette maladie remarquable ; je vais me contenter de présenter des faits pour établir l'existence de cette maladie du. cerveau, qui sufiSt pour donner la mort.
Obs. XGIY. Une femme âgée d'environ trente ans , rej^ète, avait été affectée, quelques années auparavant, de symptômes encéphaliques , avec gène dans la parole , et perte partielle de la mémoire. Elle avait conservé, pendant un temps considérable, quelques restes de cette attaque, consistant principalement dans la gène de la parole; mais elle s'était complètement rétablie par degrés, et elle jouissait , depuis longtemps d'une santé excellente, lorsqu'elle fut attemte par l'attaque que nous allons décrire. Elle était debout auprès d'un cuvier à lessive, lorsqu'elle fut prise d'un violent accès d'étemument ; die fut presque immédiatement frappée de perte de sentiment, et elle serait tombée si elle n'eût été retenue par des personnes qui l'entouraient , qui la portèrent dans son lit dans un état (fapoplexie complète. On eut recours k tous les remèdes ordinaires de la manière la plus active, sans obtenir la plus l^ère (fiminution des accidents : cette femme resta avec tous les symptômes de l'apoplexie la plus complète , et périt le lendemain. On ne put trouver, k l'ouverture de son cadavre , la plus légère trace de maladie, soit dans le cerveau, soit dans tout autre organe.
Obs. XGV. Un jeune homme de vingt-quatre ans était , depuis quelques jours, lourd et assoupi , et se plaignait fréquemment de la tête: il ne descendit pas de sa chambre le matin à son ordinaire; ses parents y entrèrent, çt le trou-
vèrent couché en travem de son Ut , à dend-hal^lé, el dans an état d'apoplexie complète. L'attaque était évidemment récente : on supposa qu'il avait été frappé pendant qu'il faisait sa toilette. La face était livide, la respiratioii stertoreuse, le poids lent et assez résistant. On employa avec actir vite les moyens ordinaires, sans qu'il en résultât pendant toute la journée aucun changement dans les symptânes : i^ y eut dans la nuit suivante une amélioration considérable, au point qu'il reconnut ceux qui l'entouraient ; maïs il ne tarda pas a retomber dans le coma , et il périt de bonne, heure le jour suivant, un peu plus de vii^ heure» iq|;»àft l'attaque.
Ouverture du cadavre, — U existait une légère turgescence des vaisseaux de la surface du cerveau ; l'examen le {dus attentif ne fit reconnaître aucune autre trace de maladie, ni dans la tête, ni dan& toutes les autre» parties du corps.
Je dois l'importante observation qui va suivre à mon anû le docteur Duncan.
Obs. XGVI. Un homme de cmquante-quatce ans, pléthorique , au cou court , fut admis dans les salles de clinique du. doct^r Puncan, le 50 mai 18^. U était dans un état de coma presque complet, sans parole, et si con^létement paralysé du c6té droit du corps, que même les muscles ahdor minaux de ce côté étaient sans action. Le bras et la jambe gauches étaient parfois agités de mouvements convulsifs : la respiration était stertoreuse; la déglutition était fort géaée ; le pouls donnait soixante-quatorze pulsations. Gette^naladiâ durait depuis trois jours; elle afait commencé par des vertiges , la perte de la vue, une c^aMgie violente et de& vo* missements. On eut recours , sans aucun avantage , à Femploi très-judicieusement dirigé des moyens les plus acti£$ employés dans ces cas. On crut reconnaUre , le i*'' juia, un li^r retour de la connaissance; mais le malade retomba presque aussitôt dans le coma ; il périt le 5 juin , san& aucun changraœnt dans les symptômes.
Ouverture du cadavre, — Le cerveau fut l'objet du plus minutieux et du plus' attentif examen. On ne trouva ^ la plus petite trace de lésion morbide. Les plexus-chorc^ides étaient cependant phis bruns que dans l'état orcbnaire, ei l'artère basilaire offrait une tache morbifique. Sur le côté de
DB l.'A10ffLBXIft SUVLB^ ^g^
celte artère , la nibstanee cérébrale présentait mi.peiiH qui semblait légèrement ramolli, mais qui n'excédait pas le vor lume d'un grain d'orge; et encore le docteur Duncan considéra-t>il ce ramollissement comme extrêmement douteux.
On trouye dans les àdts qui viennent d'être rapportés , de. beaux exemi^ d'apoplexie simple idiopatjiique. Les observations suivantes montrent cette maladie survenant pendant, le cours d'autres afEections.
Obs. XGVIL Une dame de cinquante ans était, depuis plusieurs années, sujette à des attaques de toux et de. dyspnée , dont eUe était généralement soulagée par les opia^ ces et par l'application des vésicatoires. Le 20 décembre 1816 ^ die fut pnse d'une de ces attaques ordinaires :. elle allait mieux le 22 décembre, quoique sa respication fût encore. eeiBidérablement gênée. Le 25 au matin , elle se plaignait de> céphalalgie; elle désirait qu'on la laissât reposer. Bientôt apcès , elle sembla s'endormir d'un bon sommeil ; mais au bout de quelque temps on vit qu'elle était tombée dans^ l'état d'apoplexie complet : rien ne put l'en retirer, et elle périt à cmq heures environ de l'après-midi. Je vis cette malade une heure avant sa mort ; elle était alors dans un état de coma bien caractérisé ; ses lèvres étaient livides , sa respiration accélérée et oppressée , et son pouls était fréquent; et faible.
Ouverture du cadavre, — Les veines de la surface du cerveau étaient gonflées; la substance du cerveau , lorsqu'on la coupait, offrait un degré remarquable d'injection; il n'y, avait du reste aucune autre apparence de maladie : les poumons étaient distendus et engoués de mucus; leur structure était du reste médiocrement altérée; les autres viscères étaient sains*.
* En claMant ce fait parmi les observations sur des apoplexies nerveusf s, c'est à-<lire sur des apoplexies après la terminaison fVineste desquelles aucune lésion encëphaliquen'a ^té reconnue à la dissection, M« Abercrombie me semble avoir mécoMlH 1 état véritable dans lequel le cervétau a été trpuvë après U ro<yt. Cet état OKirbide, par lequel les phénomènes apoplectiques me semblent expliqués, était l'état de congestion qui se caractérise par la dilatation et par la plénitude des vaisseaux encéphaliques, et par la vascnlarité très-grande du tissu ducervcfiu, La congestion cérébrale constitua seule «n aises grand nombre d'attaques d'apor plcsie ; elle est b seuk lésion encéphalique qui ait existé dans toutes les attaques d'apoplexie sanguine, qui disparaissent rapidement Mus laisKr aucune trace de
Ob8. X€ynL UiM dame de quanaate-cinq 9m é^xouvm» trois mois avant sa mort , les acddents suivants : nausées et sensations pénibles à Testomac , surtout après les repas. £Ua avait aussi un sentiment de distension de rabdomen, de la constipation et de Fœdème aui pieds et aux jambes; elle avait de Tappétit, le pouls était naturel. Mais cette femme, oui était d'une force et d'une activité remarquables , devint foible , pâle, inactive et insouciante. On eut recours pen-. dant trois mois, avec peu d'avantages, à différents modes de traitement; l'anasarque fît des progrès, de la sérosité s'épancha <kns l'abdomen : on avait aussi des motifs de croire qu^il s'était formé un épanchement séreux dans le thorax ; cependant le pouls conservait sa fréqurace nature et un certain degré de force. Le soir du 18 mai 1816, on remarcpia que sa parole était brève, et que la malade tenait dea.
Unr présence. Elle est aiust la aeole qu'on rencontre dans on ascex grand noa^hre de cadavrM , lorsque la mort est survenue peu de temps après Tattagne , comme chea le malade qui a été le sujet de l'oliservation qui me suggère cette, note. Lorsque la congestion sanguine est très-forte, die est la cause immédiate, l'élément étiologique de l'hénrorrhagie sanguine qui se trouve si souvent dans les cadavres des apoplectiques. Lorsque le malade survit à l'attaque , l'hémorrhagie sanguine s'éunt faite dans l'encéphale, le rétablissement immédiat et entier des fonctions cérébrfles est impossible; la maladie est localisée, et les accidents qui se lient & la présence du sang extravasé dans la tète, persistent nécessairement. Lorsque la congestion sanguine perdste nn certain temps dans le cerveau, qu'elle aoU ou non suMe d'un épandiemeat de sang , elle devient la cause déterminante d'une exhalation séreuse qui s'effectue dans les cavités encéphaliques. Cette exhalation séreu^ est donc alors un résultat âfi la congestion sanguine, tout comme l'hémorrhagie enfcépbalique elle-même. La nature de la maladie est ainqi identlqne, qudie que soit la natnre del'épancfaement.
Le rapprochement des phénomènes morbides de la succession des acddenta cncéphaKquçs, qt\e je viens d'^blir, ddt être bien présent & l'esprit, pour bien concevoir le mécanisme des apoplexies ; il ne doit cependant pas faire p^erdre de ▼ne qu'il y a aussi des apoplûies dans lesquelles la mort survient avec les acddents ordinaires dans ces maladies, sans qu'il reste sur les cadavres les rooindrea traces de lésion cérébrale, pas même une légère conges^tion sanguine, de même qu'il en est d^autres dans lesquelles il se forme un ép^chement de sérosité encéphalique, sans qu'il s'opère aiicnne congestion sanguine cérébrale, aoit préalaUe, soit coïncidente. Ces deniidres apoplexies ne doivent point être confondues «vec les antres , qui , seules , méritait d être appdées sanguines. Bf. Abercrombie les en a séparées avec raison ; tous les pratidens lui en sauront gré; en confondant tontes les apoplexies dans la dénondnation d'hémorrhagie CM<ébrale, on donne de Cansses idées sur cette malade; on établit une théorie exclusive, que la pratique ne jtnti6e pas. L'observation XGllI (his) que j'ai consignée dans la note de la page 241 ci-dessus , le prouve bien. A. N. G. trMd,
AE l'apoplexie SIMPLE. SSS
propos incohérents./ Le 19, au matin, elle était dans un état de stupeur, duquel on pouvait la tirer jusqu'à un certain point ; mais , dans l'après-midi, cette stupeur se c^ngea en coma complet. Elle tomba alors dans l'état d'apoplexie com-
Elète avec respiration stertoreuse et gémissements continus : I face était pâle , le pouls donnait soixante-douze pulsations , et était assez résistant. La mort arriva le 20 au matin ; le flux menstruel n'avait été interrompu qu'à la dernière époque, qui aurait dû arriver le 12 mai.
(htverture du cadavre. — On ne peut trouver, malgré les recherches les plus scrupuleuses , aucune altération dans les organes encéphaliques. Il existait un épanchement considérable dans le thorax et dans l'abdomen : il y avait dans le
les valvules e de mala-
*ents exeme apparence pportés par cteur Stark céphalalgie sensibilité, ins un état ares, après le put foire dadie. Une avoir paru , 1 sommeil, interrompu 111e mourut cernent dans )lus grande » de. lésion té des faits comme conlexie qui se 1 aucune al-
* Guil. Starck. op. p. 73.
254 OB l'apotlexib simpul
I9oU du TraâiÊcHur sur les aipopUwies après tesquette$ k cervsau ne présente aucune altération gppréoiahle qui puisse rendre compte des accidents.
Parmi les hAtê le$ plos returqvaliles que coatieiiiiCBt les Mteara nir les no* plezies qui n'ont été expliquées par aucune l^ion cérébrale, M. AbercroMbte aurait pu citer aussi les suivants, dans lesquels II semble qu'on fit apporte beaucoup de soin k consuter Viut du ccrreau.
Iforgag^ a parlé dans sa lettr* ▼, article iM : « d'nne femme, se ports^ot «^ Uen y qui tomba morte subitement : l'illustre anatomiste Philippe^nrad Fd>ridus disséqua son cadavre avec grand soin, comme il en al'babitude, pour trouver la cause de cette apoplexie; non-senlement 11 trouva la substance cérébrale parfaitement saine, mais il ne rencontra pas même une seule goutte de sang on éê sérosité ëpandiée; ce qui lui prouva cp'U 9e faut pas attribuer k caipse de tonte apoplexie funeste , à un épancnement de sang on de sérosité dans l'enc^bale, on à une congestion des vaisseaux du cerveau ; car , dans cette femme , les artères , les vdnes du cerveau , les sinus de la dure>mére, étaient vides de sang, mais distendus par de l'air (têd «ers dùtemêis). n On sait bien aijaurd'bni que la pré* aenoe de l'air dans les vaisseaux est un phénomène qui se reneontrc souvent dans les cadavres .* on ne sait , k la vérité, pas encore bien quelle en est la cause ; mais il a été observé dans des sujets morts de maladies très-diverses , et il est impossible d'y nrttacber un effigt arident.
M. Osanam a publié, dansle %amt ui du Jounmml giiiér«l iê Métheùte, V<^ servation suivante, qui n'est évidemment aussi qu'un exemple d'apoplexie ael^
Obs. XCVIII (bis). Marié Cdlumbo, sage-femme en chef de l'hospice de Milan, igéede qnaranle-denx ans, d'une constitirtioa t^ement racfaitiqne, que la colonne vertébrale était recourbée de droite à gauche, et formait ijtn ai^e de trente à trente-cinq degrés , avait etsuyé plusieurs péripneumonies , dont les suites, jointes k sa conformation défectueuse , lui avaient occasionné une dyspnée habitttdle. Le mercredi 5 juillet 1815 , ayant été appelée pour un accouchement en ville, elle fut surprise, k son retour , par une ^uie d'orage, q<d l'obligea à hâter le pas pour se rendre k l'be^ce , oh elle arriva tout essoufflée. Elle entra anasit^ dans sa chambre ; et k peine fut-elle assise, qu'dle tomba la tète contre le chevet de son lit, et expira au moment même.
Le vendredi soir, nous fîmes l'ouverture du cadavre; le corps n'avait aucune contusion, et n'offrait aucune trace d'apopleide. 11 n'exhalait pas la asirincbe odeur, quoiqu'il sa fàt écoulé quarante-huit heures depuis la mort, et «pe la température fût très-chaude. L'eut du cerveau ne présenta rien que de naturel , aucune injection des vaisseaux sanguins , nul épanchement dans les ventricules. La poitrine ayant été ouverte, nous trouvimes la colonne vertébrale courbée, comme nous l'avons dit ci-dessus, de numière qu'il ne restât, dans la caidté ganche , que l'espace d'un pouce et demi de largeur poui le jeu des poumons entre les côtes et les vertèbres dorsales ; les poumons évident contracté une adhérence avec la plèvre; le cœur et tous les gros vaisseaux artériels et veineux ét^ent dans l'état de flaccidité la plus grande; l'aorte , à sa sortie, était un peu ossiiée et légèrement altérée à l'endroit on elle rencontrait l'angle aign de U courbure ^pinlère; tous les autres viscères paraissaient sains.
« Nous ne pûmes donner ,wt l'auteur, une antre raison de cette mort subite, » qu'une marche précipitée , qui avait donné aux poumons une telle action, que,
ftB l'apoplbxik SmFLE. 2fô
I» teor àèvtioffeaiKrtt n'aynnt pu suffire, Ils avaient subitement cess^ leurs » foDCtfons, an^ la circulation , et, par conséquent, dëtruit le mouvement j> vital. »
H. Fôdéré araf^portë, dans son Traité de médeemê légale, t. rv, p. 310, l'observatioD suivante, qui lui a été conmnniquëe par le docteur Giraud-Selm* Rome , chirurgien à Maneille, le l*^ février 1811. Cette observation est d'autant plus intéressante, qu'elle numtre l'importance, pour la médecine légale, des bits qui prouvent que la mort peut arriver par apoplexie, sans qu'il en reste des traces dam le cerveau.
Obs. XCVIII (ter). « Il y a en^ron une douzaine d'années qu'une dame, ha«
le doskier de sa chaise , et ne donna plus aucun signe de vie. On crut d'abord que ce n'était qu'un simple évanouissement, on ap]^ du secours; mais la dame était coAiplétement morte. Plusieurs scènes désagréables avaient dévoilé au public la mauvaise intdligence qui régnait dans ce ménage ; et l'on croyait généralement que le tort était du cdté du mari, qui passait pour vivre en concubinage avec une domestique dans sa propre maison ; on murmurait même que plusieurs fois 11 s'était porté à des voies de fait envers sa femme, au point qu'elle avait été d>Iigée d'appeler du secours. On ajoutait que , pour forcer son mari i changer de conduite, elle le prévenait en tout, et qu'elle avait même fait son testament en sa faveur deux mois auparavant.
» La domestique en question fut vivement soupçonnée d'avoir onpoisonné sa maitressa; elle fvt mise en arrestation , et on trouva un paquet de poudre sur sa WTtoxmti ce qui épouvanta teUement le mari , qu'il offrit à la famille de la dé» rante, pour faire cesser toute poursuite, d'annuler le testament olographe que sa fomme avait foit en sa faveur.
» Ce fut dans ces circonstances aussi favwahles à faire croire & la possibilité d'un crime , que trois chirurgiens furent commis par le juge-de-paix du canton , poar (aire l'ouverture du cadavre, à laquelle il assista. Ces chirurgiens, après avdr fait une simple incision cruciale peu étendue à la partie antérieure du basventre , qid mit les intestins et l'éfdploon à découvert , s étant aperçus des taches qu'imprime aux parties qui avoistnent la vésicule du fiel, la bile qui transsude oe ce réservoir, ne passèrent pas outre; l'un deux (le plus savant sans doute), s'étant écrié, <f que c'étaient des taches gangreneuses, qui provenaient d'une ma- » mère non équivoque de l'effet du poison corrosif, qui avait évidemment causé » la mort dans ce cas, et qu'il était inutile de éketcner ailleurs. » Le rapport fut donc dressé en conséquence de ces principes , et il fut connu , dans tous les envfarons , qu'une dame venait de mourir des suites d'un empoisonnement constaté ; qu'on lui avait trouvé l'estomac gangrené , etc.
• Cependant, le juge-de-paix, frappé du peu d'attention qu'avaient paru mettre, & 1 ouverture du cadavre et k Pexamen des parties, les chirurgiens qui y avaient procédé , ainsi que ^ expressions vagues et de la rédaction vicieuse du rapport , ne voulut pas permettre l'inhumation.
» M» Girand-Saint-Rome et un autre chirurgien furent chargés de cette nonvdle visite; et, après s'être a^Koint les trois premiers experts et deux autres chirurgiens , ils procédèrent tous les sept k l'autopsie cadavérique. . . L'examen du cadavre se fit dans les règles , et les experta se convainquirent : 1^ que l'estomac, ouvert alors pour la première fois, ne contenait qu'une très-petite quantité d'aKmento , dont la digestion n'était pas même commencée; 2o qu'il était compléte-
256 W VkVWISXVR StePLK.
ment dans son état naturel ; sa tunique interne , parCûtemait Intacte Au» tous les points de son étendue, était sans la plus petite trace d'altération , soit dans sa couleur, soit dans sa texture; 3** que le duodénum et les autres intestins, qui furent pareiUement examinés , étaient dans le même état naturel; A^ que les autres capacités ayant été ouyertes , et après avoir examiné avec soin tous les organes et viscères , dont quelque lésion organique eût jpn (aire découvrir la c|mse de mort , ils ne trouvèrent rien qui pût les satisfiûre a cet ^ard.
» Il fut (fit qudques expériences, telles que l'essai des animaux et des char» bons ardents , pour »' assurer si les matières de l'estomac ne contenaient rien de vénéneux, lesquelles n'annoncèrent rien d'analogue ; l'on fut également convaincu que h poudre si^sie sur la domestique n'était que du sucre, et ne contenait rie* de vénéneux.
» Les experts conclurent que cette dame avait du mourir d'un spasme on de tonte autre a0ectton nerveuse extrême et de cause interne , qui avait détruit subi» teroent la vie , sans qu'amcuB p<rison ni autre agent extérieur eût ccmtribué à la mort; ce que signalèrent le* nouveaux experts,, et aussi les anciens , qui confessèreot avoir usé de trop de précipitation, et avoir été trompés par les tadieS extérieures des parties qui environnent la vésicule du fid.
» On ne s'en tint pas là ; car la justice ordonna une exhumatkm et un nostd ommen qui n'eut pas d'autres résultats. »
Oas. XCVllI (quatêr). Le 3 mars 1820, un homme dans la force de l'ûge, d'une constitution forte, d'une grande taille, sortit de ches liii après avoir mangé i son déjeuner une quantité très-modérée d'aliments, se portant fort bien , ne se pbignant d'aucun malt II partit du boulevard Sain^Martin pour alkr au £»• bourg Saint-Germain ; en passant près de l'église Saint-Eusiacbe, U se sentit indisposé par de légers êtourdissements , et il entra dans l'église pour s'asseoir. Il y avait un insunt qu'il y était , quand U femme chargée de recueillir le loyer des chaises vint à lui, ^ , le trouvant pâle , s'aperçut qu'il était incommodé., et lui demanda s'il voulait qu'elle allât lui cberdier une voiture. Non, répondit-il ; car je suis si bible et si étourdi que je suis sur que je ne pourrais «upporter ki voiture ; j'y mourrais. U se mit aussitôt en marclû: pour s'en retourner chex lui : sa démarche était chancdante et incertaine comme celle d^"» homme ivre. Il arriva avec peine chez lui , et, s'adressent â une personne qn'U t-encmilra au bas de son escalier, il raconu qu'il s'était trouvé incommodé, qu'il était encore faible et étourdi ; et c'est par cette voie qu'on est arrivé & découvrir les accidents qu'il avait éprouvé antérieurement â son arrivée chez loi.
11 monta avec peine les trois étages qu'il lui fallait monter pour arriver ches lui, et, en ouvrant la porte, il dit k sa femme : Je me meurs! ah! mon Dieu, Je me meurs ! et tomba au même instant sans vie.
On envoya aussitôt de tous cdtés, et ^x médecins arrivèrent presque en même temps; tous dirent qu'il était mort frappé d'apoplexie foudroyante, et eonstatèjrent que la mort était rédle. M. Nacquart fit comme tous les autres*
Le lendemain , M. Nacquart procÀla à l'oteverture du cadavre.
Les recherches les plus exactes, faites avec le plus grand soin, ne lui firent découvrir «ucMRe espèce d'altération absolument quelconque, ni dans le cerveau, ni dans la poitrine, au eamr ou aux poumons, ni au diaphragme, ni à l'origine de la moeÛe épinière. L'estomac ne fut point ouvert, ni la colonne vertébrale.
L'apoplexie nerveuse est quelquefois le mode de terminaison funeste d'une autre maladie; cela ^t arrivé dans le fait suivant, rapporté par Belloc, dans son Cours de Médecine légale, p. 179.
Obs. XCVUT(quinquies). « Un homme très-respectable de notre ville, sujet à
DE l'apoplexie SIMPLE. S57
âe fréquents accès de goutte , âgé d'environ soixante-dix ans , d'une fprte coaplexion et d'un embonpoint très-avantageux, après avoir pris le soir, vers les neuf heures, une croûte dans une maison amie et très-intéressée à sa conservation, en sortit vers minuit (gai et sifflant un air), pour se rendre chex lui : il se coucha peu de temps après. Vers deux heures après minuit , il sonna ; son domestique se rendit aussitdt auprès de lui , et le trouva sans parole et comme frappé d'apoplexie s l'alarme se met dans la maison ; on tâche de lui donner les secours ohli* nairés en attendant les médecins , qu'on se hâte de mander. Geui-ci arrivent an plus tôt , niais inutilement ; le malade était mort. On fit l'ouverture du corps , et on ne trouva à'autre dit'angemnU qu'environ huit pouces de l'intestin iléon livide et comme gangrené. Oa observa que eet homme se plaignait depuis longtempe, et par moments, d'une douleur au bas-ventre, qui répondait à cette région; d'affleurs, si c'eût été quelque chose qu'il eût avalé, il aurait paru quelque impression ou dérangement a l'estomac et aux intestins plus supérieurs ; on attri* bna donc la mort à l'humeur goutteuse qui avait frappé précipitamment de gan- , grène cet organe. »
L'apoplode nerveuse est aussi quelquefois le mode de terminaison de maladies cérébrales existant depuis un certain temps, et ne laissant, ainsi qu'elles, aucune trace dans le tissu du cerveau. Les deux faits suivants en sont des exemplrs ; le
~ ^ Vam-
iplexie iBicé-
iplexie d'une assez nnées, rers le ;eUes la fieins déseuls faisait ate de valent > mars étanos aignée
nptais ompé.
urgien au, ni ort. Il iscère:
i sinus
â58 DE l'APOVLEXIE SlMPtf.
hotame ramassé sur la voie publique , faisattt des extravagances. On ne pot avoir aucun renseignement sur son état, n'ayant trouvé aucun papier sur lui , et n'ayant pu obtenir seulement qu'il prononçât son nom. Nous jugeâmes , par ses vêtements et par les callosités de ses mains , qu'il éiait ouvrier ; il paraissait avoir une trentaine d'années ; ses membres étaient fortement prononcés , les cheveux et les yeux bruns , la peau assez blanche. Il a passé quatre jours i l'hospice dans l'état suivant : il éttrît toujours debout, la tête un peu portée en arrière, les membres tendus sans ètreraides; il s'écriait i peu piès à chaque minute t jâh, mon Dieu / et il ajoutait deux ou trois mots vagues^ ordinairement ceux qu'il . entendait prononcer autour de lui. Par exemple , je lui demandais s'il était soldat ou Uen ouvrier, et il répétait : Ah, mon Dieu', étes-votu soldat ou bien ouvrier? Ses yeux étaieift très-saUlants et toujours ouverts, la conjonctive injectée , la pupille peu dilatée , à l'ombre comme à U lumière ; elle ne paraissait pas se contracter davantage lorsqu'on tournait le malade vers le soleil , qu'il fixait comme .tout autre objet, sans clignoter; les mâchoires étaient appliquées l'une contre l'autre sans trismus; car on les lui faisait écaiter sans peine poiir le faire boire; mais les boissons introduites par la bouche s'écoulaient par les commissures des lèvres , sans que le malade sotigeât â les'avaler ; ti fallait, pour les faire descendre dans l'estomac, les faire ingurgiter avec un biberon, ou en le faisant coucher sur le dos; ce qui n'était pas difficile, car il n'opposait qu'une résistance machinale , sans diriger ses mouvements vers un bût. 11 paraissait quelquefois vouloir retirer ses bras de la camisole , puis il les enfonçait plus profondément. La sensibilité physique éuit aussi obscure que la soisibilité morale ; il ne senuit ni les piqûres, ni l'aspersion d'eau froide, ni la chaleur, et cependant la peau rougissait par ces diverses impressions , et les vésicatoires que je lui fis appliquer produisirent des phlyctènes; les organes des sens n'étaient pas tout à fait oblitérés; mais les impressions qu'ils recevaient ne pouvaient réveiller la réactibndtt cerveau, et ne déterminaient aue quelques effets automatiques ou d'habitude; ainsi il voyait, puisqu'il ne se neurtait pas dans ses mouvements: mais il ne distinguait pas la qualité des objets : il entendait, puisqu'il répétât quelques-uns dés mots qu'on prononçait auprès de lui; mais il n'attachait aucim sens à ces mots : l'attention et le jugement étaient complètement suspendus. Le pouls était plein et dur; une saignée que je lui fis faire ne changea ni enltien ni en mal cet état extraordinaire. Il mourut comme subitement dans la nuit qui suivit le qua» trième jour de son entrée. L'infirmier me dit qu*i7 avait tu le raie pendant quelques minutes , et un peu d'écume à la bouche.
» A Couverture du cadavre, nous trouvâmes les viscères de l'abdomen et de la poitrine dans l'eut naturel : le cerveau et ses membranes ne présentèrent aucune particularité. »
On voit que les observations de M. Abercromble viennent s'ajouter â d'autres déjà déposées dans le domaine àt l'art, pour prouver que le cerveau peut Suspendra ses fonctions comme dans l'apoplexie , sans qu'U existe d'altération évidente dans son tissu et dans les vaisseaux qu'il reçoit.
A. N. G., trai.
§ n. Apophivie avec épanchemênt séreux,
Obs. XGIX. Un homme de quatre-vingts tins, encore actif et Tigourenx, plutôt maigre que gras, commença, vers
APOPLEXIE AVEC ÊPARCHEIEirr SÉREUX. ^{9
le 9 juio 1813 , à perdre la mémoire , à avoir la parole gênée et la face colorée. Il paraissait avoir par instants de la faiblesse dans le bras droit, car il laissait tomber les objets qu'il saisissait de la main droite ; mais il ne convenait'pas de cette faiblesse. Il ne se plaignait ni de céphalalgie ni d'étour- (Ûssements; mais il se sentait faible, et ne pouvait se tenir droit. Le pouls était naturel et assez fort. Il panit avoir éprouvé beaucoup de soulagement d'une saignée au bras suivie de l'administration des purgatifs et d'un régime convenable. Il avait recouvré en grande partie toute sa mémoire , sa face avait perdu sa coloration , et la parole était devenue plus distincte. Il sortait régulièrement , et sa démarche était ferme et assurée. Il ne tarda pas cependant à éprouver un retour de confusion dans les idées. Gela fut surtout évident le 27 , qu'il voulut écrire une lettre, et qu'il fut obb'gé d'y renoncer ; il se plaignit de ne pouvoir rendre ses idées ni assembler les mots ; son écriture était k peine lisible, et ses lignes étaient croches. Le 28, il parut beaucoup mieux ; la nuit suivante , il dormit mal : il se leva vers les quatre heures du matin , se plaignant d'agitation et d'insomnie. U se promena dans sa chambre pendant quelque temps, et retourna ensuite au lit. De ce moment il parut reposer, ce qui fit que sa famille le laissa ainsi jusqu'à huit ou neuf heures ; on reconnut alors qu'il était (kns un étal d'apoplexie complet ; son pouls était plein et donnait quatrevingts pulsations. Son extérieur était naturel, mais il ne pouvait avaler, et il était dans un état d'insensibilité complète, sauf qu'il remuait parfois la main droite. Il fut largement saigné ; il devint immédiatement après excessivement pâle , et son pouls resta trèsrfaîble pendant un temps considérable. U ne se manifesta cependant pas la plus légère apparence de coma; les autres remèdes ordinairement employés dans ces cas , furent administrés sans aucun avantage. Cet état d'apoplexie parfaite dura six jours , pendant lesqudb il y eut peu de changement dans les symptômes. Le malade repiuait souvent le bras et la jambe droites , mais il ne reparut point de mouvement dans les membres gauches. Il grattait parfois une éruption herpétique qu'il avait h la cuisse^ il ôta plusieurs fois son bonnet de nuit. On remarqua , une ou deux fois , qu'il ouvrait les yeax pendant quel-
960 ÉPARCHBMEIIT SÉfiECX
ques secondes ; Tétat des pupilles était naturel ^ eUesfiec<Mi tractaient lorsqu'on en approchait une lumière ; il rendait ses urines dans son lit , et ne pouvait absolument rien avaler* Son pouls variait d'abord de quatre vingts à cent pulsations , mais il s'éleva ensuite à cent vingt. Il périt danscet état d'apoplexie complète , le 5 février. Peu de jours avant sa mort» il se manifesta une tumeur glanduleuse au cou. Cette tumeur le faisait souffrir, car il retirait sa tête lorsqu'on y touchait.
Ouverture du cadavre. — Une notable quantité de liquide s'écoula k l'ouverture du crÂne; il y avait un épanchement considérable sous l'arachnoïde et dans les ventricules céré* braux ; la quantité de sérosité épanchée pouvait être estimée à trois ou quatre onces. On ne trouva mule autre lésion morbide dans aucune partie de l'encéphale.
Obs. g. Un homme de soixante-dix ans , au teint fleuri , mais éprouvant une certaine faiblesse dans les membres, avait eu plusieurs attaquer de perte de connaissance, que sa famille comparait à des syncopes. La maladie k laquelle il succomba débuta d'une manière subite par une perte de sentiment et de mouvement. Il sortit de cet état d'insensibilité après y être resté quelques instants , mais sa parole resta gênée , au point qu'il ne pouvait plus articuler ; il était paralysé des membres, et l'œil droit était porté en dehors. Il resta alors confiné au lit ; il tenait parfois des propos incohérents , d'autres fois ses facultés étaient plus lucides ; mais il était toujours très-abattu, et dans un état voisin de coma. La parole continuait à être inarticulée, et le pouls donnait généralement cent pulsations environ. Les forces diminuèrent graduellement sans aucun changement particulier dans les symptêmes , et il périt à la fin de la cinquième semaine.
On trouva à l'ouverture du cadavre les ventricules cérébraux distendus par un liquide incolore ; une quantité considérable de ce fluide se trouvait aussi sous l'arachnoïde. Il n'existait aucune autre lésion morbide.
Obs. ci. Un homme de quarante et un ans , très-replet, était, depuis quelque temps , affecté d'oppresision, de dyspnée et d'oedème des jambes; il tint subitement un jour des propos incohérents, et immédiatenient après il tomba dans le coma. Sa respiration était très-g^ée, sa face' livide et gonflée , le pouls jusqu'à un certain point fréquent. On ne
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pouTâit k foire sortir de cet état de eoma qu'avec difficulté ; u répondait alors d'i^ne manière courte , lente , et souvent pnrdes mots incohérents, aux questions qu'on lui adressait. Il mourut le troisième jour.
On trouva à Touverture du cadavre une grande quantité de liquide épanché dans les ventricules du cerveau. Les poumons, étaient très-infiltrés de sang , et il y avait un épanchement considérable dans la cavité de la plèvre. Le trou ovale du coeur était ouvert au point qu'on y' pouvait introduire une plume d'oie.
Je compléterai la série de faits que j'ai réunis sur le même sujet f par le fait suivant , dans lequel on a observé un épanchement considérable dans le crâne, sans aucun accident apoplectique. Cette observation m'a été communiquée par M. Tumer.
Ors. en. Un homme d'environ soixante-dix ans, homme dé talent et de génie , était valétudinaire et hypocondriaque depuis plus de trente ans; il avait éprouvé différentes affections des organes digestifs , comme des indigestions et un sentiment de tension à la partie inférieure de l'abdomen ; parfois aussi il avait eu des attaques de dysurie. Au commencement de 1817, il devint faible, nonchalant , et incajMible de se livrer à aucun exercice, soit du corps , soit de l'esprit. Le jour il était assoupi; mais , pendant la niiit , il avait de la fièvre, et était agité. Il était pâle et jaune, son pouls donnait de soixante-seize à quatre-vingt-quatre pul ^ions; sa langue était légèrement saburrale. U était habituellement constipé, mais il était facflement relâché par une médecine, dont l'action était même quelquefois suivie de diarriiée. On eut recours à différents moyens sans aucun avantage ; il passa l'été sans éprouver de soulagement , et ses souffrances s'aggravèrent pendant l'hiver. Elles consistaient toujours en de l'assoupissement , de la faiblesse, de l'insomnie : il s'y était joint une toux incommode , avec une doubleur constante à la partie inférieure du bas- ventre , et de la strangurie. L'appétit diminuait , le pouls devenait plus fréquent , le malade était de jour en jour plus faible et plus maigre. II fut obligé de garder le lit au commencement de mars 1818. Les forces baissèrent alors graduellement; il périt le 14, ayant conservé sa mémoire et toutes ses facultés
903 âvAMSHEmif séBimi.
jusqu'à pea d'heures avant sa mort. Il ne e'éCait jamais plaint de céphalalgie ni d'étouffement , et aocune trace de paralysie ou de conyolsions ne s'était manifestée.
Ouverture du cadavre. — Un épanchement considérable de fluide diaphane se trouvait sur tonte la surface du cerveau sous l'arachnoïde. Cette membrane était, en plusieurs points, particulièrement à la partie postérieure, soulevée en forme de petites vessies par le liquide épanché; ce fluide avait aussi écarté quelques-unes des circonvolutions, au point de former des dépressions à la surface du cerveau. Les ventricules étaient aussi distendus par la sérosité, mais ils n'étaient pas très-dilatés. Le cerveau était d'ailleurs sain sous tous les autres rapports ; les viscères abdominaux étaient dans l'état naturel, la vessie était contractée et épaissie, mais la glande prostate et l'urèthre ne paraissaient pas malades.
J'ai rapporté dans la première partie de cet ouvrage phisieurs faits dans lesquels on a constaté l'existence d'un épanchement considérable dans le cerveau, sans qu'il y ait eu aucun symptôme d'apoplexie. La quantité de liquiae épandié , dans un cas que j'ai publié , s'élevait k huit onces ; on a d'ailleurs consigné dans les recueils d'observations plusieurs exemples semblid>les *, Le docteur Marshall a parlé d'un maniaque qui périt de gangrène aux pieds : quelques heures avant sa mort, il reprit ses fiicultés intellectuelles ; on n'en trouva pas moins dans sa tète un épanchement de plus d'une livre de sérosité, occupant la surface et les ventricules du cerveau.
* Le si^e des épundiements aireax cërëbrauz , constaté dans 1« obserratioiM que M. Abercrombie a rassemblëes , mérite d'être note ; ce n'est pas dans la carité de l'arachnoïde qne ces énanchenients se sont trouyés, c'est dans la cavité qu'occupe le fluide cëphalo.racnidien , que la sérosité était accumulée , ou plutôt l'épanchement n'était effectivement qu'une augmentation dans la quantité de ce liquide, qui remplit en même temps les ventricules et la cavité sous*aracbnoïdienne du cerveau et du rachls. La communication est éuMie dans ce cas entre les ventricules cérébraux et la cavité sous-aracbnoldienne par le canal céphalorachidien , qui est alors fort dilaté et plus court que dans l'état physiologique. L'anatomie pathologique vient ici confirmer ce que les recherches anatomiques font reconnaître : savoir, l'existence d'une cavité indépendante de la cavité arschnoïdienne , et la communication entre les ventricules et l'espace sous • arachnoïdlen par l'aqueduc de Sylviiu et l'extrcmitc ouverte du calmmus tcrip-, tori'iu. A. H. G., t/ai.
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On a impoiié le nom d'apopleiies séreuses à ces cas de maladies, dans lesquels il n'existe qu'un épanchement de sérosité ; cette affection , ou plutôt l'expression par laquelle on la désigne, me suggère les observations suivantes :
I. L'observation ne sanctionne pas les distinctions que l'on a proposées entr^ l'apoplexie sanguine et l'apoplexie séreuse. On a assigné , comme caractères , k la première de ces maladies , la rougeur de la face et la force du pouls , et sa manifestation sur des personnes encore dans la force de l'âge, tandis qu'on a dit que la seconde se manifestait par la pl^r de la face et la faiblesse du pouls, et n'affectait que des personnes âgées et infirmes. On a attaché une grande importance à cette distinction, sous le point de vue du traitement , en considérant les moyens convenables pour combattre une de ces maladies comme inefficaces et même nuisibles pour l'autre. L'observation ne justifie point ces distinctions; car on remarque que plusieurs cas, dans lesquels il ne se forme qu'un épanchement séreux, montrent à leur
{première période tous les symptômes que l'on assigne à 'apoplexie sanguine , tandis que d'autres , dans lesquels on voit la pâleur de la face se joindre à la faiblesse du pouls, sont en réalité des apoplexies sanguines. Nous panerons spécialement d'une maladie dans laquelle ces symptômes se montrent de la manière la plus frappante , et qui n'est cependant qu'une apoplexie sanguine de la forme la plus grave. Portai a publié une série de faits qui conduisent aux mêmes résultats : de trois individus cités par lid , qui présentèrent tous les symptômes ne l'apoplexie séreuse , l'un fut guéri par des saignées répétées, et l'on trouva sur les cadavres des deux autres , qui succombèrent , un épanchement de sang étendu. Notre observation XGVIII ci -dessus pourrait être rapprochée de ces faits. Si une maladie put jamais être considérée comme une apoplexie séreuse , ce fut bien celle-là; la malade était hydropique depuis des mois , et le mal n'avait cessé de faire des progrès malgré le traitement rationnel. U y avait des signes de Texistence d'un épanchement séreux dans le thorax et dans l'abdomen ; la malade tomba dans le coma, sa face était pâle et décolorée, elle mourut. On constata la présence d'un épanchement séreux dans les deux grandes cavités , mais on n'en trouva pas de trace dans la tête.
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II. L'é{Niiicliemenl séreux dans les autres parties du corps est très-rarement une affection primitive; il arrive, soit comme résultat de l'inflammation , soit comme suite d'obstacles k la circulation ; il survient lentement ; l'accumulatioa de sérosité ne se fait point à la fois en quantité suffisante pour déterminer de graves accidents. Il n'est par conséquent pas vraisemblable que Pépanchement puisse s'opérer dans le cerveau comme maladie primitive, et que le liquide s'y accumule avec une rapidité suffisante poiur déterminer les. symptômes brusques de l'attaque d'apopleiie *,
in. La quantité de liquide épanché ne se trouve point proportionnée avec le degré de violence des accidents. Dans^ des cas où des symptômes ont été très-forts et longtemps prolongés, on ne trouve qu'une petite quantité de sérosité, tandis qu'on en trouve d'autres fois une quantité consMénible, quoique les symptômes aient été l^ers. Il arrive aussi qu'on trouve un épancbement très-considérable dans le cerveau , quoiqu'il n'y ait eu aucun symptôme apoplectique. Je
* La pr^soice d'an liquide, dans T^tat sain , dans les ventricales da cerveau et dans la cavité sousMurachnoïdienne cërëbralé et rachidienne, constatée par Cotugno , pour la première fois (de Ischt'ade nervosd thesaur, dissert m Sandif, t. II , p. 411. Rotterdam, 1769), suffit pour expliquer l'insUntancité deVëpan^ cbement sërenx, ou plntdt , pour nous exprimer plus exactement , l'Instantanéité de l'augmentation de la masse du fluide céphalo*rachidien. 11 suffit , en eflet , qu'il s'c^re une congestion sanguine dans une partie d^rencéphale , ou qu'il y ait de la gêne dans la circulation eucëphaUque , pour qu'il arrive dans le cerveau ce qui arrive dans toutes les autres parties : une exhalation séreuse dans les cavités , avec cette différence que , pour l'encéphale , cette sécrétion séreuse éunt natnrdle, est bien |das aisément augmentée ; la compression est nécessairement le résultat de cette augmentation, qui s'effectue dans une cavité déjà remplie, et qui ne peut se dilater. Ces remarques rendent , selon moi , parfûtemcnt raison des différences signalées ici par M. Abercromhie entre les collections séreuses dioraclques et abdominales , et cdlcs qui s'effectuent dans le cerveau. Je ne regarde, par conséquent, pas comme invraisemblable, je regarde même comme évident, que l'augmentation de la quantité de sérosité céphalo-rachidienne serrélée par la surface si étendue des cavités cérébrales et de toutes les circonvolutions cérébrales , par toute l'étendue de la moelle épinière et toute la surface interne de l'arachnoïde, se fait qudquefois avec une rapidité suffisante pour produire en peu d'instants une compression générale de f encéphale, et ainsi. une attaque d'apoplexie qui en est le résultat. 11 suffit que cet^ augmentation de sécrétion arrive dans un point pour produire des effets généraux de compression dans, toute l'étendue de ces cavités, puisqu'elles communiquent toutes directement entr'elles , et qu'elles sont remplies de liquide.
A. N. G., trad.
DB l'apoplexie SÉREUSE. 965
tire de ces faits cette conséquence directe que, dans les cas d'apoplexie avec épanchement séreux, la pràsence du liquide ne peut être considérée comme la cause des symptômes apoplectiques. *
Les faits que nous avons rapportés paraissent suffisamment justifier les conclusions suivantes :
i. Il y a une apoplexie qui devient fatale sans laisser aucune trace de lésion morbide qui puisse être découverte dans le cerveau après la mort.
â. Dans d'autres apoplexies , on trouve dans le cerveau un épanchement séreux , souvent peu considérable.