‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 24 sur 59 · I. La plus commune est probablement la rupture d'un · texte numérisé non relu

I. La plus commune est probablement la rupture d'un

AVEC EPARCHEHERT SANGUIN. 889

vaisseau d'assez petit diamètre dans k substance du cèryeau. Le sang provenant de ee vaisseau se fraie , par déchirement de la pulpe cérébrale, une voie, soit dans les ventricules, soit à la surface du cerveau, eu en même temps dans ces deux directions à la fois, comme cela est arrivé dans un cas rapporté par Morgagni. Les recherches pour déterminer^dalement quels sont les vaisseaux lésés , sont en général inutiles, cependant le docteur Cheyne a pu y parvenir dans quelques cas *. En général de nombreux vaisseaux peuvent se rompre par un déchirement étendu du tissu cérébral : c'est trè^robablement à cette cause qu'il feut rapporter cette forme, quelquefois observée, dans laquelle il semble que Fextravasation se soit opérée en même temps par plusieurs points. M. Serres a recueilli un fait qu'il a consigné dans l'annuaire des hôpitaux de Paris , dans lequel la rupture s'opéra dans la substance du pont de Yarole , et d'où le sang se Traya un chemin jusqu'à la fosse occipitale.

II. Le sang épanché est quelquefois fourni par les vaisseaux de la superficie du cerveau : c'est ce qui est arrivé probablement dans les faits remarquables que les docteurs Hunter et Barlow nous ont communiqués. Cette forme de la maladie parait être celle que M. Serres appelle apoplexie miningienne. Le sang semble en général s'être accumulé entre la dure-mère et l'arachnoïde. Femel et Tulpius ont néanmoins rapporté des cas dans lesquels le sang extravasé paraissait rassemblé sous la pie-mère , et semblait provenir du plexus vasculaire rétiforme de la base du cerveau.

m. L'ulcération et la rupture d'un des principaux troncs artériels sont dans quelques cas la cause de l'hémorrhagie. Le docteur Mills a recueilli un fait dans lequel l'hémorrhagie provenait évidemment d'une ulcération et d'une rupture de 1 artère basihdre ; une pareille lésion de la carotide interne a été décrite par Morgagni, et récemment par JV[. Serrea.

* Or pMTviflrt bcavcoup plus toorart qu'on ne le pciue en gênerai , à trowf r l'origiAie des bëmorihegirs cérébrales , et à distinguer les vaisseaux «foi les ont produites, ^ ajrapl ^ «oin de procéder aux recherches sur le cerveau . en par- UDt des vaisseau» qui se trouvent dans la scissure de Sylvius, et en suivant les ramifications île c<^ vais^eaiu^ djipu les circonvolutions et dans la substance du cerveau. A, N. G , trad*

290 Ai>orLe»Es

iV. Le Mog «Ktravasè provieRi q«^quefiois des vaisseaux des plexus choroïdes, comme dans le fait recueilli par De Bften. Telle est probablement la source de rbémorrhagie daas le cas où die est confinée dans un yentricule sans afucune déchirure de la substance du cerveau. Le sang extravasé chez le sujet de Fobservifttion GX, était rassemblé dans ks troisième et quatrième ventricules.

y. La rupture d'un des sinus peut être la source de Théraorrfaagie , comme dans une observation du docteur Dou • glas , qui présenta une rupture du sinus latéral gauche *.

VI. On a vu T^mnchement déterminé par la nature de petits anévrysmes dans différ^its points des vaisseaux cérébraux. Dans un fût observé par M. ^rres , on trouva sm l'artère basilaire un anévrysme qui présentait, lorsqu'il était distendu , le volume d'un petit ceufde poule. Une livre de sang s'était extravasée après la rupture de cette tumeur. Le sujet de cette observation avait été depuis longtemps sujet à une sensation de pesanteur k la tète ; il était d<ms un état de stupidité qui ne peut s'exprimer, et qui augmentait encore par les exercices du corps et par l'usage des liqueurs fortes. On a rapporté dans les ÂrMves générales de Médecine une observation sur une apof^exie qui succéda à ia rupture d'un petit anévrysme du cercle nrtériel de WilUs.

Vil. Le docteur Wats a consigné, dans le Médical and surgical Register de l'hôpital de New-Torck, un fait trèsrare , dans lequel l'hémorrhagie s'opéra entre la dure-mère et l'os , par l'érosion d'un vaisseau correspondant ^ une carie de la surface interne de Pos pariétal gaw;he. Le midade fut frappé subitement d'une hémiplégie du côté droit , et périt en cinq jours. La carie de la surface interne de Tos n'était pas aussi large qu'une pièce d'un demi-scheHing.

Dans la forme la plus commune de cette affection , <tens laquelle l'hémorrhagie provient d'un vaœseau de ia substance du cerveau , j''ai admis que la nipture était le résistât d'une maladie de l'artère elle même, sans être étrangère à cet état de congestion ou d'bémoriiiagie qui parii^t constituer l'apoplexie simple. Cet état de maladie de l'artère exKte en dfet en général dans les cas de cette espèce; il

* Ejdim, med. Euafs andobicrv, vol. vi.

AVEC ÉPANGHEHEirr SANGCIIf. 391

consiste quelquefois dans une ossification du vaisseau en divers points, ou d'autres fois dai^ cet état particulier d'incrus* talion crayeuse qui rend le vaisseau friable; état que Searpa a décrit comme rorigine deFanévrysme. Le canal artériel se trouve alors considérablement rétréci ou contracté aux divers points où l'incrustation existe ; il arrive même qu'on le trouve entièrement oblitéré ; on voit aussi dans d'autres cas de nombreuses branches des artères principales du cerveau , qui offrent des séries de petits anneaux de substance osseuse opaque , séparés les uns des autres par de petite» portions de l'artère dans l'état sain. Ces altérations s'observent trèsfréquemment dans le cerveau des vieillards ; les anneaux osseux ont en général d'une demi-ligne à une ligne de largeur, et sont séparés les uns des autres par des portions d'artèrea saines de la même étendue. La membrane interne du vaiaseau est aussi quelquefois très-épaissie, d'une consistance molle, çidpeuse, et très-facile à détacher, au point que,

'' ' 8 dans les doigts, e pulpeuse en seminière très-remar- >ans un cas d'apo- MM. les docteurs remarqué cet état ont décrit comme ï la friabilité ter-

norrlMgies rërâirdes, se t ■•tadi*. L'obttrvalion en têt ua exenifJe.

cliit à la coïncideuce frc* rœur , et en même trmps «iaseanx et de* maladies irt de ces liions patfaolo* iverait dans le traitem«a| ions qui m sont les r^sulairv fa(re À la médecine , rt^rieNas , el de parvenir ina l'organisme par dos uis plusieurs aoncea, et nt conduit à des données lologfe.

. N. G., trad.

On a toute raison de penser que cette condition morbide des artères du cerveau peut être la cause d'une sorte de maladie cér^rale , et que , après avoir persisté à ce degré pendant un temps considérable, elle devient à la fin fatale par rupture ; quelques faits publiés rendent cette induction trèsvraisemblable : je ne publierai comme exemple de cette lésion que l'observation suivante.

Obs. GXyiII. Un bomme d'environ cinquante ans était affecté depuis plusieurs années de douleurs k la tète, qui avaient présenté des caractères trè&-variables. Il fut atteint d'abord d'étourdissements et de céphalalgie, avec perte de la mémoire et gène dans la parole. Ces accidents revinrent de temps en temps , et disparurent sans aucune suite fleheuse. Au bout d'un ou deux ans , ces symptômes devinrent plus permanents ; il s'y joignit de violents accès de douleurs, qui furent une fois beaucoup diminués par l'administration de l'arsenic. Des attaques , approchant d'accès de manie avec perte de la mémoire pendant plusieurs jours, se montrèrent ensuite , et alternèrent bientôt avec des paroxysmes épileptiques. Ces accidents furent enfin suivis d'attaques de stupeur d'une durée variable. La maladie , ainsi caractérisée, dura plusieurs années, et la mort arriva à la fin de mai 1820, après une attaque d'apoplexie qui se prolongea pendant huit à neuf jours.

Ouverture du cadaifre. — Un dôUot de sang du volume d'un œuf, qui se rapportait à l'attaque fatale, existait dans la substance de l'hémisphère droit. La seule autre lésion céiébrale coïncidente était un état morbide remarquable de tons le système artériel du cerveau; les artères étaient ossifiées dans une très-grande étendue , et l'on remarquait un épaississement et une altération profonde de la tunique interne des vaisseaux, qui était en plusieurs endroits séparée des autres tuniques. A peine pouvait-on trouver dans le cerveau une branche artérielle complètement exempte de lésion morbide : les artères vertébrales étaient aussi très-affectées, spécialement celle du côté gauche, qui avait beaucoup augmenté de diamètre. Les tuniques étaient épaissies , ossifiées par places , et friables.

Cet état des artères du cerveau , surtout lorsqu'il y a séparation de la tunique interne de ces vaisseaux, ne peut manquer

PAR HiLADIB DES TAISSE&IS ERCéHIiLIQIJGS. 295

de produire tin grand trouble dans la circulation, et beaucoup de dérangement dans les fonctions du cerveau. Nous rapporterons un cas dans lequel cette maladie des vaisseaux à s«ig rouge parait avoir produit de fréquentes attaques de paralysie, et dans lequel te malade finit par succomber à la gangrène des orteils ( Obs. CXXI ). On peut aussi consulter comme exemple de cette affection vasculaire, notre observation XXXIII, dans laquelle le canal artériel était tout à fait obstrué et distendu par une matière blanche qui n'offrait aucune apparence de sang.

Il parait que les veines cérébrales peuvent aussi devenir le siège d'une maladie à quelques égards semblables, ainsi que cela est arrivé chez le sujet de l'observation suivante» que je dois au docteur Gheyne, de Dublin.

Obs. GXIX. Une dame de quarante^eux ans, d'un tempérament mélancolique, était depuis son enfance sujette à des

qu'elle avait perdu suses : elle était de- , et elle vivait dans îvenue sujette à de ses anciennes céphantenses. Elle tomba \ mourut.

un épancheiiient de pie-mère; toute la ttg ; le système veitoute spéciale; une entre la membrane es vaisseaux étaient [fOÙils semblaient l offrait exactement leuses et artérielles ps plus fragiles que luUaire du cerveau «vaisseaux que dans a corne postérieure lit une cavité irrésur un demi-pouce -mait les parois de !t de couleur jaune;

sa texture était détruite , et elle étak pénétrée par un grand nombre de vaisseaux engorgés et isolés ; le plexus choroïde gaucbe contenait une hydatide du diamètre d'un gros pois. On n'a encore fait que peu de recherches sur les altérations des vaisseaux encépludiques : on est cependant îoùdé à crdre que les maladies des veines e^ébrales peuvent avoir la plus grande infli^nce sur les affections du cerveau. On trouvera dans qudques>unes de nos précédentes observations , des fiadts ôe cette espèce. Nous signalerons particulière-, ment l'obstruction complète du sinus latéral trouvée sur les sujets des observations lY et Y , et la maladie si remarquable des veines de la surface supérieure du cerveau , qui est rapportée dans l'observation XXIX. Cet objet est digne de recherches plus approfondies, dont on peut attendre d'importants résultats. Une dame, dont l'histoire a été consignée dans la Bévue médicale française , ayant été exposée à une commotion morale le septième jour de son accouchement, tomba sans connaissance , et resta dans cet état pendant trois quarts d'heura Revenue à elle, elle se plaignit d'une douleur aigué dans le côté gauche de la tète; cette céphalalgie persista avec peu de changements pendant dix jours , nonohh stant des saignées locales et différents autres remèdes; elle augmenta alors beaucoup et suMtement, et s'accompagna de douleurs dans l'oreille gauche; die fut aisuite presque immédiatement axâyie d'une paralysie occupant d'abord le bras droit, et aussitôt après la jambe du même côté* Le troisième jour suivant, la parole se perdit, un commencement de stupeur se manifesta, et il survint bientôt des accès de convi^ions avec strabisme. La mort arriva le dix-septième jour de la maladie. On trouva, à l'ouverture du cadavre, la veine cérébrale moyenne de l'hémisi^ère droit, au point où eUe s'«4)procfae du sinus longitudinal, très<dilatée, et contonanl une matière punforme dont die jèùit entièrement remp^e. La veine correspondante du côté gauche était dans le môme état. En ei^levant la faux, on reconnut une tumeur ap^ie d'environ deux à trois pouces de longueur, et dix lignes d'épaisseur; cette tumeur occupait le siège du sinus longitudinal, et semblait formée d'un tissu cdkilaireinfiUrède sang-

PAR HiLADlE DES TiMEAIIX EnCÉPUALIQVES. 295

^ole du Traducteur sur un cas dephWnte chorale.

L'observation que M. Abercromliie vient de rapporter, et qu'il a emprunter, en l'abrégeant, au journal la Revue médicale^ m'appartient; je l'ai consignée dans le cahier d'avril 1826 (tome ii , page 37) de ce recueil périodique. Cette observation a présenté, réunies et successivement développées chez le même sujet les altérations cérébrales qui ooastituent la méningite, 1 inflammation de la pulpe cérébrale, l'épanchement sanguin à la surface du cerveau et l'inflammation des veines encéphaliques. Comme ces altérations , plus ou moins liées les unes aux autres, et enfin simultanées, s« sont successivement annoncées par les symptômes qui paraissent leur appartenir plus particulièrement, cette observation, présenté* dans son entier et avec tous ses détails , est très- propre à faire bien voir comment onpcut arriver, par l'analyse, à caractériser comparativement pendant la vie les différentes lésions cérébrales. J'ai joint , dans ce but, à l'histoire de ce fait, lorsque je l'ai publié , une discussion sur les phénomènes morbides , tels que je les concevais a mesure qu'ils se présentaient i l'observation. En reproduisant ici

te pabliant , je K d«s différents Iques cas, parle l'encéphale.

, que M. Aberice.

une assez forte , fut heureusejtsource. Cette éprouvé aucun dans le dernier : i des soins de 'elle périrait e« s'établit, mais en petite quanaccouchement, d'indifféj-ence.

sortir d'un des t'effraie, l'idée lit et perd ooivîominence k (e it devenus fiasis diminuée par i jour , gène de : application de itinuait , et les morale du sep' lotion morale, tait; elle fut de vulve. Le dixoretllc gauche, ble pneumonie, avaient été de rottver de vdoc

296 irOVLBXIEB

ponr pratlqacr k phUbotbinie. Vers 1« «otr , après us soaunril de trois qnsrts a heure , madame M. . . s'aperçut k son réveil que son bras droit ëtâit engourdi, et qu'efle ne pouvait plus le mouvdir', la jambe du même côté était aussi eogour< die. Le dix-huitième jour, la paralysie augmente, la langue s'embarrasse; le dix-neuvième, les accidenu par^ytiques font de nouveaiAc progrès, on pratique une forte saignée du bras , qui donne un sang un peu couoineux; vingt sangsues sont appliquées aux tempes.

Le dix-neuvième jour an soir (1*1* février 1826), nous vîmes la malade pour la première fois avec M. Landré-Beauvais, appdé, ainsi que nous, par H. Lévèque-Lasource; nous la trouvâmes dans l'état suivant : pupilles peu mobiles, regard un peu fixe; langue humide ne pouvant plus être sortie de la bouche, mais non déviée; aucune rigidité an cou ; bras droit entièrement insensible et privé de mouvement, sans rigidité; jambe droite également sans rigidité, conservant un peu de sensibilité quand un la pince. La malade ne peut retenir sf s urines , mais elle s'en aperçoit ; elle ne peut articuler que oui et non ; la vue et l'ouïe sont conservées des deux côtés. L odorat n'est point éteint , car l'odeur de camphre du baume opodddoch, avec lequel on a bit dans la journée des frictions sur les membrrs paralysés, a déterminé un vomissement, circonstance qui avait eu lieu également par la même odeur avant la paralysie. Peau halitueuse ; pouls donnant de quatre-vingt-dix à quatre-vingt-quinze pulsations , large , un peu résistant (c'est la première fois qu'il y a de la fièvre depuis la céphalalgie). Le thorax exploré fait entendre un peu de râle crépitant à gauche et en avant; la respiration n'est pas gênée. La malade indique par signes qu'elle souffre du côté gauche de la tête \ vésicatoire à la nuque et à la cuisse droite , huit sangsues à la vulve). A partir de cette époque, nous avons continué à soigner la malade avec M. Lève- ^ que-Lasource.

Le 2 février, vingtième jour de l'accouchement, onzième jour de la céphalalgie, troisième jour de la paralysie, il survint pendant le jour une agitation extrême ; la malade perdit com[détement la facul^ de prononcer les monosyllabes , et la sensibilité s'éteignit, tout à fait dans le côté droit. Elle regardait «i'une manière étonnée, et ne paraissait pas reconnaître. Le pouls devint si fréquent qu'il donna jusqu'à cent trente-six pulsations par minute ; il y eut quelque sonbresauts détendons (quinze sangsues derrière l'oreille gauche, glace sur la tête pendant cinq heures, après les sangsues; sinapismes volants sur les extrémités , vingt-quatre grains de calomélas en six prises, tisane de chiendent).

Le 3 février au matin , mieux marqué ; pouls à cent vingt-quatre pulsations , plus souple; paralysie un peu diminnéîe : les mêmes moyens que la veille amènent une nouvdle diminution des accidents.

Le soir, le regard était naturel; la connaissance était revenue, elle répondait oui quand on lui demandait si elle souHrait de la tête; elle retirait , quand on les pinçait, les membres pai-alysés, mais elle ne pouvait lear donner d'autre mouvement. Les urines sont très-abondantes, mab rendues involontairement : la malade s'en aperçoit, et appdle par signes la garde: elle se relève avec sa main gauche sur son lit. Pouû à cent huit pulsations ; langue humide , ne pouvant être sortie de la bouche. Le calomélas n'a provoqué aucune selle ; le ventre est un peu tendu (cataplasmes émollients sur le ventre; lavement avec huile de rida trois onces , tisane de chiendent).

Le 4 février au matin , vingt-deuxième jour de l'accouchement , treizième d« la céphalalgie, cinquième de la paralysie, pouls assez développé, à quatre-vingtseize pulsations; il est survenu des évacuations alvines pendant la nuit; ventre souple et indolent. Elle retire la jambe paralysée lorsque l'on chatouiMc b plante

PAR HALiOIE DES VAISSEAUX BRCÉPBALIQUES. 297

du pied ; eUe sent quand on lui pince le cou-de-pied, mais d'une manière obscure; «ile a auMi plus de sensibilité a la main paralysée ; elle répond oui à toutes les questions qu'on lui adresse. La langue ne peut toujours pas être sortie : elle est an peu jaune et humide (doute sangsues derrière l'oreille gancbe, glace sur la tète , sinapismes aux, pieds). M. Lérèque reconnut dans la journée de fréquents soubresauU de tendons.

A. six heures et demie du soir , elle était depuis une demi-heure dans un état conTobif caractérisé par les symptt^mes suivants : contractions saccadées et alternatives des extenseurs et des fléchisseurs des deux cdtés ; dents serrées, respiration bruyante et accélérée , alternatives de rougeur et de pâleur à la face ; pouls excessivement fréfuent ; le bras paralysé et demi-fléchi est contracté et serré sur le voitre. Rigidité des extrémités abdominales ( bain tiède , lavement émollient ). Les accidenta convulsifs ont dinûnué dans le bain , qui a été prolongé pendant trois heures ; mais ils n'ont cessé qu'A trois heures du matin.

Le & février au matin , même état que la veille à pareille heure ; pouls à cent dix pulsations ( bain à ving^six degrés ; cataplasme émollient sur les extrémités ; frictions générues avec l'huile d'olive chaude; mêmes boissons).

Le soir , peau fraîche ; pouls comme le matin ; cris perçants non motivés ; elle ne peut indiquer en aucune manière le siège des douleurs ; soubresauts de tendons assex rares* Les crb ont redoublé dans la nuit.

Le 6 février, les cris continuent ; pouls i cent quatre pulsations; elle répond oiM et non indistinctement. Cependant elle fixe son attention, rt fait des efforts pour articuler ; alternatives de rougeur et de pâleur de la face. Il faut la pencher unjpeu à gauche pour qu'dle paisse avaler , et encore les boissons passent-elles difficilement; les lavements ressortent comme d'un vase inerte; aucune évacuation.

tent et se joignent à de l'agitation quand 1 est encore plus difficile que le matin ; ob*

t vingt pulsations; soubresauts detenr et de pâleur de la face (bain • vingtaffusion k dix-huit degrés pendant trois [auche avant le bain ).

«au au-dessous du degré naturel ; pools

que très-peu et avec un biberon ; quatre aes dans la journée.

accouchement, dix-septième jour de la ie, M. Récamier nous fut adjoint comme tat suivant : elle ne peut plus articuler . é; les dents sont serrées ; le bras droit ! bras gauche dans une agitation conti-

l^er et en haut de l'œil gauche; les rèié en six doses, chaque dose dans une

is deux grains d'éroétique ; la face était icté ; le poub , plus grand , mais aussi

^ , ^ ration stertorcuse, yeux inclinés en haut;

mucosités et salive épaisses'invisquant les dents et les lèvres ; flaccidité des membres paralysés»

398 ÀPonjouis

Mort k huit kfiues*

L'ouverture du cadavre fut pratiquée le 12 février, ipatre'ViDgt-quati-e lieurrs après k mort, au cimetière de l'Est, après esbomatton.

Le corps rèpaudait une odeur fétide asàcs pronoocéft La cavité abdoaUnale éult tcès-méteor'uée ; la peau du ventre et des nembres , vioUtre et infillrce par un conmencement de décomposition putride.

La voàte du crâne enlevée, une incision longitudinale de la dure>m«re sur le côté droit de la faux , nous fit remarquer la veine cérébrale moyenne très*guniée et flexueuse, surtout en s'approchaot de la (aux, oà elle vient s'ouvrir dans le sinus longitudinal supérieur; elle avait le volume d'une plume à écrire. Nous In trouvâmes remplie d'une substance puriforme, jaunâtre, qui en oblitérait la cavité. Sur le trajet de cette veine, l'arachnoïde était légèrement laiteuse. La veine correspondante du cdté gauche était dans le même état. En détaxant ensuite la faux , nous remarquâmes sur sa longueur une tumeur aplatie transvcrsalcnent , longue de deux k trois pouces , et épaisse d'environ dix à donae lignes dans «m milieu. Cette tumeur, sur laquelle on distinguait le tissu de l'aradinoide et delà dure-mère dans l'état sain , occupait le trajet et la siège du sinus longitudinal supérieur. A la dissection, elle parut formée d'un tissu cdhilaire grisâtre friable, présentant une injection sanguine asses nMiquée et wm infiltration d« pus jaune, opaque, qui paraissait par endroits dépoté dans des edlules irrégidières. Toute la cavité du sinus longitudinal supérieur était ainsi dégénérée; à la surface du lobe antérieur droit , l'arachnoïde était légèreasent opaqne , et la ^e-mèrecorres-

la face externe et un peu inférieure du lobe moyen et de la partie contiguë du lobe antérieur et du lobe postérieur, se remarquait une couche très-minca de sung rouge, asses adhérente à la surface de l'araThnoïde ; une infiltration de sérosité

sanguinolente existait aux mêmes lieux dans la pie-mère correspondante ; l'arachnoïde était en ces points épaissie et laiteuse. Ces désordres se prolongeaient dans la scbsure de Sylvins. Les ventricules latéraux, ouverts par une indsien transversale des hémisphères sans déplacer le cerveau, étaient vides. Le cerveau enlevé, on reconnut que 1 infiltration sanguine de la pie^mère se prolongeait sur la protubérance annulaire; la séreuse y était Incrément épaissie et opaque. En incisant longitttdinalement l'hémisphère gaudie, nous reconnûmes un foyer allongé, remplissant tout le lobe postérieur et une grande partie du lobe HN^en, en dehors du ventricule latéral. Ce foyer était formé par une infiltration de pus jaune brunâtre dans la pulpe cérébrale, très-sablée, augmentée de densité par places , et dans d'autres points, trèa-ramoUie. Cette pulpe ne conservait plus 1 aspect de •en organisation; die était changée en bouillie punJente, jaune, grisâtre et rougeâtre par endroits. Dans qudqnes portions de ce foyer , qui eAt contenu nn canf, il y avait une infiltration sanguimjente. La paroi externe de ce foyer n'avait qu'une k deux lignes d'épaisseur, et correspondait à l'infiltration sanguine et à la pblogose de l'arachnoïde, sur la face externe du lobe moyen gauche, et aut BreoUèi-es ramifications de la vdne cérébrale moyenne supérieure gauche. Dans le tissu cérébral environnant, on remarquait par endroiudes p<^ts ronges-bruns, et des stries d'un rouge intense , disséminés et très-rapprodiés. La pulpe cérëbrde était très-dense dans ces endroits ponctués. Sur la faca inSérieure du cervelet on voyait une opacité asses marquée de l'arachnoïde* Une demi-once environ de sérosité éuit épanchée sur la base du crâne, après l'anlèvement du cerveau , dont U tissu était généralement assez ferme.

Le foie était gras et d'un jaune pâle. Les intestins;^ distendus par des gas , ne prcsentaient aucune altération ; seulement on remarquait dans l'iléon une légère

PAA ma&ab:e Des vaissbau KieÉHiàUQUtt. 399

iajecUoB câptlliforaie , rôtie ^ A'un po«ce de «ttattiètre, mds «wiibc altÀ-alion dans la structure de le HManbrane villease.

L'utëras était du» son Àat natnrel.

I<e< orgeara tWmdqiMs Àaieat sains.

La maliMlIe dowt nous venons de rapporter rhistoire est certainement une de celles doat il est le plus difficiie d'établir le dUignostic m médecine pratique. Aussi ne aera-t-H peut-être pas sans «tililé de faire connaître les difTérentes opinions que Ton proposa sur la nature de la maladie à ses diverses périodes.

Dans la preasière consultation , le professeur Landré-fieauvals pensa que la rapidité de rinrasion de la paralysie, l'absence de ièrre soutenue jusqu'à ce jour, se rapportaient k nue congestion , etpeut>ètr« k «n épaacbenent sanguin dans l'héaui^plière, ou à la surface de l'hémispbère gauche. Cette opinion « que l'on* verturedu cadavre a démontrée vraie, ne fut point alors adoptée par moi. Je ci os

longitudinal supérieur et dans les veines cérébrales superficielles. Nous croyons donc que cette phlébite a précédé les autres accidents, et que c'est probablement « elle qu'il faut attribuer la céphalalgie que la malade avait éprouvée pendant la gestation.

L'inflammation de l'arachnoïde ne put bientôt plus être révoquée en doute, mais une antre cause d'obscurité se présenta. Nous remarquions deux ordres distincts de lésions pathologiques : une paralysie complète avec flaccidiié, d'une part; et des mouvements convulsifs, de la nèvre, de la céphalalgie, symptômes de surexcitation , d'autre part. Quand elle n'est produite que par une légère compression , comme celle d'un fluide sanguin ou purulent étendu en nappe et

500 Apopuans par haladib ms yaissemii «cépialiqves.

en petite qoantllë «vr la raifcce <U l'anchiioîjle on itmd k ^e-mèiv, k pwA* lysie c^e à rhypcr-sdmuktion , au moins dans les redoaUeoMnts , et l'en voh abrs les membres paralysés s'agiter convulslTement , comme les autres, dans les accès. Cek n'a pas lieu dans deux cas : le premier, quand l'épancheneni est considérable, car alors les phénomènes de k compression l'emportent sur les accidents convulsifs , et il y a des symptômes comateux , et il n'en est point survenu ches notre makde; le second, lorsque l'épancberoent coïncid.e arec une forte congestion. Cette congestion , si elle est générale, comme il arrive toujours quand il n'y a point de sang épanché dans la pulpe qui l'entretienne locakmcnt, et quand la circuktion s'effectue librement , détermine aussi des accidenu comateux, et même des accidents comateux ordinairement plus prononcés que ceux qui sont l'effet des épanchements d'une médiocre étendue. Rien de tout cek n'est arrivé. Ce qui a déterminé la forme spéciale des accidents que nous avoua remarqués, c'est l'obstacle au cours du sang dans les veines, c'est la congestion lucak ck l'hémisphère gauche, congestion sans kquelle il n'y eût point eu d'hémorriiagie , congestion qui doit vraisembkUement être considérée comme le point de départ de l'inflammation de la pulpe.

Le vingt'deuxième, et surtout le vingt- troisième jour, nous n'avons jiua retrouvé les seuls symptdmes d'une arachnoïdite avec épanchcment : vn autre ordre de phénomènes s'est présenté. La rigidité des membres paralysés et ks cris de la malade n'ont guère permis de méconnaître une affection de k pulpe. Cette nouvelle série d'accidents nous a jetés dans de nouvdks incertitudes. Nous nous demandions si cette affection de la pulpe ne pouvait pas se rattacher à un travdl inflammatoire dévekppé kimultanânent avec l'inflammation des méninges, autour d'un foyer dans lequel se serait opéré l'épanchement, cause de la paralyak primitive? Rien ne pouvait résoudre cette difficulté. L'ouverture du cadavre nous a révélé l'existence d'une inflammation très-étendue dans l'hémkphère gaucbe. Il fallait que les accidents d'irritation inflammatoire fussent bien puksants pour contro-balanccr l'effet d'un aussi grand désordre, qui eût déterminé bien plus promptement , s'il eût été iscJé de toute autre affection inflammatoire, des accidents comateux, qui n'ont en réalité existé que dans la dernière heure de la vie.

Ainsi, en résumé, nous n'avons point reconnu k -maladie des veines encéphaliques , parce que nous n'avons observé aucun symptôme qui pût même k iaire •oupçonnrr. Nous pensons cependant qu'il faut considérer cette phlegmasie comme ayant précédé les autres. Elle nous semUe avoir été k cause dÀerminante de l'épanchement de sang qui a produit k paralysie, et de k cof^jestion locde qui a occasionné d'abord la méningite, et enfin k cécébrlte.

Le dévdoppement de l'inflammation dans les veines qui proviennent de parties dans lesquelles il s'est formé des abcès , ne nous parait pas avoir eu lieu dans ce cas. La suppuration du centre de l'hémisphère cérébral était évidemment plus récente que l'affection des méninges. On ne peut pas supposer qu'eUe serait restée ktente lorsque ks symptômes de k méuingite étaient si prononcés, et la vie n'eût certainement pas persisté aussi longtemps avec une pareiUe désorganisation cérb' hrale. A. N. G., trad.

NS rOUUS DirrfiKEIlTBS 0ES àlTAQVES DE PARàLTSlE. 501

SECTION m.

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