‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 29 sur 59 · S PARALYSIES PAR APAUCIBORT DE SANG · texte numérisé non relu

S PARALYSIES PAR APAUCIBORT DE SANG

par la laignée, et pendant un Canps considérable il fallut reeourir k de petites saignées toutes les deux ou trois semaines. U fut ainsi ramené k un état de santé tolérable, mais il ne se rétablit point entièrement des suites de sa dernière attaque ; il conserva de la gène dans la prononciation. Son esprit était évidemment lent ; son regard égaré, et son tempérament irritable. Il n'en conservait pas moins tous les rapports de la vie ordinaire, et remplissait les plus simples devoirs de sa profession, tels que de faire les baptêmes et les mariages ; il ne prêchait jamais, malgré tout le désir qu'il avait d'arriver à pouvoir le faire. II jouissait de l'usage de tousses membres , et pouvait se livrer à beaucoup d'exercice. Il restait sujet k la céphalalgie pour laquelle il se faisait saigner de temps en temps. U eut une fois une attaque d'hémoptysie qui disparut en peu de jours. Cet état dura jusou'au âO mai 1823 ; il fut alors pris de toux , de dypsnée et de fréquence du pouls. Il périt de cette affection thoracique le 7 juin, sans avoir éprouvé aucun retour des symptômes cérébraux.

Ouverture du cadavre. — Dans la substance de l'hémis-

Shère gauche du cerveau, vers le centre et à égale distance u ventricule et de la surface, se trouvait un kyste d'un pouce et demi de longueur sur un pouce de largeur. Ce kyste était tout k fait vide, mais sa cavité était revêtue par une membrane jaunâtre, dense , d'une épaisseur considérable. Cette membrane se s^[iarait aisément de la substance cérébrale environnante , k laquelle elle adhérait tr^-légèrement. Dans la substance de l'hémisphère droit , dans un point exactement correspondant au premier, se trouvait un autre kyste tout à fait semblable , mais plus petit. Ce kyste formait un sinus étroit, d'une capacité k admettre une plume ; il était comme celui de l'hémisphère opposé, absolument vide et revêtu par une membrane jaune tout à fait send)lable. Une petite quantité de liquide limpide était dans le ventricule ; il n'existait aucune autre trace de lésion morbide.

Les poumons offraient une légère hépatisation , et la maladie s'étendait k la muqueuse bronchique.

Obs. CXXIII. Un homme de cinquante-six ans fbt subitenent pris de perte de la parole dans les derniers jours de juin 4896, ,au moment où il traversait le Muséum de l'Urtl-

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versité d'Edimbourg. Il marcha avec difficulté, étant soutenu, jusqu'à la maison d'un de ses amis dans le voisinage. C'est là qu'on s'aperçut d'abord qu'il était paralysé du o6té droit. Au bout de quelques instants, il tomba dans un état très-voisin du coma, où il resta pendant quelques jours. Après des saignées répétées , des purgatifs , il reprit graduellement de la sensibilité; mais on s'aperçut qu'il avait près- €(ue entièrement perdu la mémoire des mots , quoiqu'il parût bien comprendre ce qu'on lui disait. 11 reprit graduellement , à un faible degré à la vérité , l'usage de sa jambe, aU point qu'il pouvait marcher. Mais il n'eut que bien peu d'amélioration dans les mouvements du bras , et sa parole et la mémoire des mots restèrent chez lui très-imparfaites. La mémoire des personiies et des événements semblait assez

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5â0 PARALYSIES PAE iPANCIEIERT DE SANG

courant de 1818 , la jambe gagna quelque mouvement , et la madadeputyOnse soutenant sur un b&ton, faire quelques pas ; k prononciation des mots deyint aussi un peu plus distincte. Quant au bras, il resta complètement parafysé. Cette dame vécut dans cet état sans aucun cbangement jus-

Su'au mois d'août 1819, qu'elle commença à se plaindre 'étouffement, et qu'elle périt subitement dans un accès de dyspnée.

Ouverture du cadavre, — Les ventricules du cerveau contenaient plusieurs onces de liquide. Il n'y avait aucun doute , pour tous ceux qui étaient présents à l'autopsie du cadavre , que la cavité du ventricule gauche était beaucoup plus grande que celle du droit. Au côté externe du ventricule gauche se trouvait un kyste semblable à ceux que nous avons décrits dans les observations précédentes. Ce kyste était séparé de la cavité du ventricule par une couche de substance cérébrale saine, d'environ un quart de pouce d'épaisseur. Ce kyste avait longitudinalement près de trois puces , et autant ou même plus en largeur. Il se terminait en bas en un angle qui correspondait à la petite extrémité du lobe moyen qui repose sur l'angle de l'os sphénoïde , derrière l'apophyse oinolae. La cavité du kyste en ce point s'étendait presque à un quart de poUce de la surface du cerveau. Cette cavité eonsi<ferable était entièrement vide; elle était revêtue par une belle membrane jaune : des lames de la même structure divisaient cette cavité en plusieurs points, et réunissaient ainsi les surfeces opposées. Dans d'autres points , ces surfaces quoique en contact , étaient tout à fhit sans adhérence. Cette membrane existait sur toute l'étendue des parois de cette cavité ; elle se reconnaissait partout, même sur l'extrémité anguleuse déjà mentionnée : le cerveau était du reste parfai- . tement sain ; il y avait un épanchement considérable dans là

eèvre , et une grande quantité de mucosité puriforme dans I canaux bronchiques.

B. Le kjfête est trouvé vide, — Le malade périt par une nouvelle attaque,

Om. CXXV* Une femme de quarante ans Ait prise , le matin du 10 avril 182i, d'une violente céphalalgie, et eut

DANS LB CBBTBAir, SSl

des fominemeiits. Bientôt après, elle fut atteinte d'une paralysie complète du c6té droit , avec perte de la faculté d'articuler les mots , et un degré considérable de coma. Le traitement ordinaire améliora beaucoup son état; au bout de huit à dix jours elle était tout à fait bien ; elle n'éprouvait qu'un léger degré de faiblesse par instants dans le c6té qui avait été affecté : elle exprimait cette faiblesse en disant que ce c6té n'était pas comme l'autre ; elle continua à jouir d'une bonne santé jusqu'au mois d'août iSâS, qu'elle eut une nouvelle attaque , dans laquelle le c6té droit fut de nouveau affecté. EUe se rétablit rapidement des effets immédiats de cette attaque ; mais la jambe et le bras restèrent longtemps très-faibles : elle ne pouvait prononcer distinctement les mots , et elle avait une confusion considérable dans les idées. Pendant tout l'hiver suivant , elle ne put se livrer que très

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Celte dame était aussi affeetée d'une maladie eowidéra- Me de Fovaire, pour laquelle je l'ayais visitée phiswun feis arec le <k)cteur Beilby , tant avant ses attaques de pandysie que dans leurs intervalles.

G. Dêus kysteê vides. — L$ eoagulum trùuvè ahsorhé en partie dans un troisième, — La mort est arrive par mie atta~ que récente.

Ois. GXXVI. A la fin de novembre 1822, un homme de ' cinquante-six ans fut frappé d'hémiplégie du côté droite avec perte de la parole. Il se rétablit par le traitement ordinaire. Au bout oe qidnze jours il était revenu à son état de santé habituel; il ne lui restait qu'un certain degré d'engourdissement dans les membres affectés* Il ne s'en pkdgnit néanmoins pas ; il reprit ses occupations habituelles de surveillant d'une tabagie, et sa mamère ordinaire de vivre , qui consistait à manger et à boire sans mesure. Il continua à aller ainai jusqu'à la fin de février 1825 , qu'il fut trouvé un aorès-nddi dans sa chambre , couché , dahs un état d'i^opleiie parfiiit : il mourut en trente-six heures.

Ouverture du cadavre. — Le ventricule gauche du cerveau contenait de la sérosité sanguinolente avec du sang coi^|«dé qui paraissait s'être échappé d'une cavité creusée dans la ^■bstance de Fhémisphère , à la partie externe du ventricule. Otte cavité contenait un caillot du volume d'un onif de pi* geon, et communiquait avec le ventricule par une petite déchirure inégale. La substance cérébrale enviromisnte était en quelques points eoMldéra^ment ramollie. Derrière cette carité, mais séparée d'dle par de la substance cérébrale saine, se trouvait une autre cavité plus petite, qui étaJI située à la partie postérieure de la couche opti<pie gauche* Cette ewité contenait une petite quantité de sang grnmeleox, d'âne couleur très-noire, insuffisante pour remplir ce foyer, éont une grande partie ét«t affaissée. A» côté exactement opposé , dans la partie postérieure de la cou<^ optique droite , existait une autre cavité qui pouvait eontenir une petite fève de haricot; eUe était tout à ftUt vide, mais elle était revêtue par une membrane jaune soUde, qjof^qm molle. En continuant la dissection du cerveau , une quatriène

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cafité se trouva dans la substance de la moelle allongée, ou plutôt au-deiso|is du pont de Yarole. Cette ca? ité pouvait contenir une très^petite fève de haricot; elle était vide comme Tautre , et revêtue par une semblable membrane.

Les recherches ultérieures que je fis sur la santé de cet homme m'apprirent qu'il avait eu deux attaques avant la pi^emière dont j'ai parlé ; l'une dix-huit mois avant sa mort , et l'autre à une époque antérieure. Ces deux attaques furent , dit-on , fort légères , et ne produisirent qu'un engourdissement dans les bras y qui dura quelques heures. Je n'ai pu oJaftenir des renseignements plus précis.

D4 Kyste à la surface du cerveau,

Om. CXXYU. Un homme de soixante-quatorze ans eut, au mois d'avril 1825, une attaque d'apoplexie, qui le prit subitement dans la soirée. Il tomba privé de mouvement et de sensibilité : revenu en partie à lui, on le trouva sans pariâysie , excepté que sa prononciation était diKvenue ïnintelligtble. Il tomba Mrs dans une grande stupeur qui touchait au coma. Il manifestait par instant beaucoup d'agitation et d'impi^ienee dans les vuns efSatts qu'il faisait pour se foire cefi^rendre. Après une saspiée large et réitérée, et plu- «eurs autres remèdes ordinaires, il se rétablit graduelle^ BHeat , si bien , cpi'au bout de six ou sept semaines il pouvait mnvher, et qu'il était dsois un état général de bonne santé ; Biais la prononciation était toujours très>génée, et les idées très-connues ; il savait évidemn^nt ce quîil voulait exprimer dans la conversation , mais il ne pouvait devenir intel%ible pour les autres. Il disait un mot pour un autre; il désignait un objet pour uu autre, souvent d'une manière très-plaisante. Il ne pouvait nommer les personnes , quoiqu'il les reconnût évidemment ; il arriva une fois , peiHtent qu'il mar^ chfdt dans la rue avec un ami , conraie il s'efforçait de lui dire une (^ose qui concernait une personne dont il ne pouvait trouver le nom , qu'il entraîna son ami à la porte de la maison de oett» personne, et lui montra son nom qui s'y trouvait écrit. Il resta dan» cet état tout l'été , l'hiver suivant et une grande partie de l'été qui vint ensuite. Il était d'une boBM santé génénde, mais son esprit était troublé; ses

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idées étaient toujoun conftases, et ses paroles inarticulées. Il lui était impossible de lire et de s'exprimer d'une manière intelligible sur aucun sujet, excepté pour ceux qui , vivant constamment avec lui, avaient acquis l'habitude de le com-

Ïirendre à ses moyens ordinaires d'expression. A la fin de *été 1824, il commença à présenter des accidents thoraciques, auxquels il succomba le 19 décembre. Le jour de sa mort, son esprit fut plus lucide qu'il n'avait été à aucune époque depuis son attaque.

On trouva à l'ouverture de son cadavre une quantité insolite de fluide sous l'arachnoïde; on en recueillit au moins huit onces. Lorsqu'il fut écoulé, le cerveau parut affaissé d'une manière remarquable; l'arachnoïde et la pie-mère étaient considérablement épaissies. On reconnut ensuite une matière jaune , ferme , occupant le c6té externe de l'hémisphère gauche , et s'étendant environ trois pouces d'avant m arrière en hauteur. Cette substance correspondait à environ la moitié inférieure de l'hémisphère. A un examen attentif on reconnut que cette substance était un kyste affaissé , existant entre l'arachnoïde et la dure-mère, en partie enveloppé par l'arachnolide. La texture de ce kyste ressemblait exactement à celle de la membrane qui se forme sur les parois des foyers dans la substance du cerveau. On ne pouvait guère douter que cette partie n'eût été le siège d'une extravasation qui avait, été absorbée. Les artères du cerveau étaient ossifiées dans une grande étendue, et la substance de cet organe était saine. U y avait un épanchement considérable dans 4e thorax, avec un élargissement du cceur et une maladie des valvulei.

On s'est efforcé, dans des cas de cette espèce, d'étabtiv un rapport entre le siège de la matadie et les Organes qui sont particulièrement affectés. Ces efforts ne paraissent pas avoir été suivis de beaucoup de succès. M. Serres a établi que le bras est particulièrement affecté lorsque l'extravasation est à la partie postérieure de l'hémisphère, et la jambe lorsqu'elle est dans la partie antérieure ou dans la corps strié. M. Bouillaud a essayé de prouver que la parole est affectée lorsque la maladie a son siège à la partie antérieure du cerveau. M. Cruveilhier a réfuté ces allégations dans un mémoire dans lequel il a décrit plusieurs cas dans lesquels

ET LES ORGANES ATrECIÊS. 325

la perte de la parole a été le s^^mptôme prédominant , quoique la mdadie n'eût pas son siège à la partie antérieure du oenreau, mais dans quelqu'autre partie de cet organe, comme dans les lobes moyens, et même dans le cervelet. Dans un de ces cas , un homme fut frappé d'une attaque , avec paralysie du côté gauche et dérangement dans la prononciation des mots. U se rétablit après quelques mois, mais il conserva un certain embarras dans la déglutition. Au bout de huit ans il fut frappé de paralysie du côté droit et de difficulté d'avaler, et il mourut en dix jours. Un caillot de sang, du volume d'une noix, entouré d'un ramollissement, était dans le lobe moyen de l'hémisphère gauche. Dans le lobe gauche du cervelet se trouvait un kyste, d'un demi-pouce de diamètre , revêtu d'une membrane orgam'sée , et contenant une petite quantité de sérosité limpide. Parmi les autres faits rapportés par ce médecin, il s'en trouve encore un bien remarquable : il a pour sujet un homme de quarante-huit ans, qui fût d'abord attaqué de perte de la parole et de distorsion de la bouche : ces symptômes continuèrent. Au bout de six mois, cet homme fut pris d'une paralysie du côté droit ; il se rétablit , mais sa parole resta fort gênée. Deux ans après, il eut une succession d'attaques dans lesquelles la jambe droite fut d'abord affectée : ce fut ensuite la jambe gauche; l'embarras de la parole augmentait à chaque attaque. EnOu il survint, après une autre an< née, une attaque Ameste, avec perte de la parole et de la faculté d'avaler, et quelques vomissements. Dansl'hémis-

Shère gauche se trouvaient trois kystes voisins de la surface e l'organe ; l'hémisphère droit contenait aussi deux kystes dans le eoi^ps strié, et deux dans la couche optique. Unexavite remplie de sang récemment épanché, non coagulé, se trouvait dans la protubérance annulaire. Dans une des observations recueillies par le docteur Gheyne, il y avait trois épanchements distincts; un dans la substance* de chaque corps strié, et le troisième dans les troisième et quatrième ventricules. Les symptômes avaient été apoplectiques , avec quelques convulsions , et au bout d'un certain temps , une paralysie. Dans une autre observation de ce médecin , l'épancheipent s'était fait dans la substance du pont de Varole , d'où il s'était frayé un cberaia dans le quatrième ventricule ;

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