‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 3 sur 59 · sïwnl^mti · texte numérisé non relu

sïwnl^mti

Cette iiniiie de BMiladle epc^]ud^Ile auml$ {Mrè(re coniir dérée comme une modification de ]a précédente, parce que les symptAmes diffèrent seulement par le degré d'intensité; mais f ai pensé qu'il vaudrait mieux en donner une description (Ustincte , à cause des caractères insidieux qui se présentent dans la première période, et parce que c'est une forme qui s'observe très-fréquemment. On la voit survenir avec encore moins d'apparence d'affection encéphalique que je n'en ai indiqué dans cette description : il n'existe quelquefois pas la plus légère douleur de tête pendant tout le cours de la maladie.

y. J'ai ordinairement observé sur des adultes la cinquième forme de la maladie ; elle commence par une violente céphalalgie sans fièvre. Le malade est dans son lit , abattu , et demandant qu'on le laisse en repos , ou il est agité par la violence de la douleur. Le pouls conserve son rhythme naturel; il est même quelquefois au-dessous; fréquemment il bat environ soixante fois par minute. La face est quelquefois enluminée ; d'autres fois elle est pâle : chez quelques malades les yeux sont dans l'état naturel; mais chez d'autres , il ne peuvent supporter la lumière, et les pupilles sont contractées. Ordinairement la douleur est profonde et très-aiguë : elle occupe différentes parties de la tête ; fréquemment elle sem- Me s'étendre d'une tempe à l'autre, et quelquefois elle a son siège dans les oreilles. Le malade a l'air très-accablé ; il a quelquefois des vomissements. Le délire se montre souvent de très-bonne heure ; il varie d'intensité d'un jour à l'autre ; au bout de cinq à sirjours il fait place au coma fatal. Pendant tout le cours de cette maladie, le pouls bat de soixante-dix k

ratre- vingts fois par minute : dans quelques cas cependant, est d'abord à son rhythme normal; il descend ensuite à soixante ou même à cinquante pulsations, et à la fin il s'élève k cent vingt ou cent trente. Tantôt la vision n'est point altérée , tant/^t il survient du strabisme et la vue double. Quelquefois ces symptômes disparaissent au bout d'un jour ou deux pour ne plus revenir ; la maladie n'en continue pas moins à mar(;her vers une terminaison funeste. Il y a toujours plus ou moins de délire, mais il est souvent court et passager : fréquemment les malades sont dans l'assoupissement et tiennent des discours incohérents; mais ils peuvent être

DES &eénà»MES, il

éveillés ei thés de eel état ; ib parlent alors sensément. Cet état, lorsqu'il n'est pas accompagné de fièvre, caractérise* toajoiirs une affection dangereuse du cerveau. On observe aussi fréquemment une sorte d'inattention ou de confusion dans les idées anciennement acquises, qui diffère de tout ce qu'on observe de cette nature dans les fièvres , et qui indique toujours une maladie cérébrale dangereuse. La parole est quelquefois gênée , soit qu'il y ait de la difficulté dans Tarticulation des mots, soit qu'il y ait une hésitation provenant de ce que le malade ne peut se rappeler les mots dont il a l'intention de faire usage. Il se manifeste en général, vers la fin, plus on moins de coma, qui , dans quelques cas, continue pencfieuit trois ou quatre jours, et, dans d'autres, ne dure pas au delà de douze heures , et quelquefois la mort arrive tttoa qu'il y ait eu d'état comateux : le malade peut encore répondre distinctement aux questions qu'on lui adresse un iokimt avant de périr *.

• Aux formes sous lesijuenes se présentent les inflammations cérébrales décrites par M. Abercrombîe, je dois en ajouter une sixième, qui me parait ne rentrer dans «ncnne de celles qu'il a reconnues, et que j*ai eu occasion d'observer plusSenrs fois, particulièrement chez des jeunes sujets. Elle me parait d'autant plus digue d'être signalée , que l'on peut facilement méconnaître, pendant toute sa première période , l'état d'inflammation de l'encéphale, et laisser ainsi arriver sans la combattre directement , à son plus haut degré de violence , une maladie qtti devieat ensuite funeste.

Le premier symptôme par lequel s'annonce la forme d'encéphalite que je d<-cris , es: un état de lenteur dans les fonctions des organes des sens et de l'intelligence. Le malade entend ce qu'on lui dit , il prête attention , mais il comprend diffidkment; il fait répéter les questions qu'on 1i^ adresse, et il les fait répéter lentement: son r^ard est un peu étonné < Cependant il n'existe encore aucune céphalalgie , aucun mouvement fébrile , seulement le malade se .plaint de fatigue générale et de malaise. II a un appétit plutdt augmenté que diminué; il n'y a pas de soif ,les fonctions digcstives se font bien. La face est tantôt rouge et tantôt pile ; le oulade est triste, il redierche la solitude. Il est rare que cet eut dure plus de trois à quatre jours ; au bout de re temps , il se manifeste de temps en temps des horripilations avec pâleur de la .face, le mfdade accuse des douleurs dans les muscles , dans différer^es parties du corps. 11 y a quelquefois de la surdité , mais l'hébétement est encore augmenté, le sommeil est agité par des mouvements comme spasmodiqnes des bras , et par des réveils en sursaut ou pap des rêves pénibles. Ordinairement après le sommeil , il -y a un commencement de délire passager qui parait porter sur l'objet des rêves du malade : c'est une sorte de rêve contânué pendant la veille» J ai vu cet état incertain durer cinq à six ioars, sans qu'il survint aucun phénomène plus caractéristique; seulemoit les norri^lâtioiia ^ient loivies d*an léger mouvement fébrile qui durai» une ou

Dani l4Nit«s les formes de ces dai^gfereaSes nsdadies , leà sYmptômes présentent une g^rande variété d'aspect, anssi fautil beaucoup d'attention pour se mettre en garde contre les caractères insidieux qui se manifestent dans beaucoup de cas, et contre les apparences trompeuses d'amélioration qur se montrent souvent dans toutes les formes des inflammations cérébrales. Il arrive même que, dans des cas où la maladie s'est montrée sous l'apparence la plus formidable^ chaque symptôme alarmant peut s'affaiblir. Le pouls conserve quelquefois sa fréquence; mais il arrive aussi qu'il va en se ralentissant progressivement, en sorte qu'à chaque visite on trouve qu'il a r^y^èrement perdu de sa fréquence, et ^pœ l'on conçoit ainsi l'espérance qu'en peu de jours la maladie se terminera favorablement. Pendant ces apparences trompeuses d'amélioration , qui pourront se prolonger durant plusieurs jours , j'ai vu des parents remercier le médecin de ses soins , et lui déclarer que ses visites étai^t mamtenant inutiles, et j'ai connu un médecin qui s'est retiré, considérant son malade comme convalescent. A mesure que le pouls perd de sa fréquence, le malade éprouve de la propension au sommeil ; c'est encore une circonstance qui peut être considérée comme avantageuse. Le pouls tombe enfin à son rhythme naturel, le sommeil devient alors presque continud ;

deux heures , qui se terminait même par une légère sueur. Cette circcmstaiice en impose toujours sur la nature du mal : si l'on n'a pas l'attention fixée sur eette forme d'encéphalite, on croit avoir afEiire à une fièvre Intermittente; cet état

intermittent peut même durer cinq i six jours. Mais enfin le mal se caractérise, le poids prend une fréquent^ extraordinaire; il y a des alternatives de veille et de sommdl pendant tout le jour. Ces instants de sommeil sont courts , Us sont très-agités , constamment ils sont suivis d'un délire fugace , ou pluU^t d'une acn>te de rêvasserie. Le malade porte de temps en temps la main à la tête , mais il déclare «ju'il n'en soof&e pas. Presque toujours alors il dit qu'il ne souffre nulle part. Ses fiunltés sont très-obtuses ^ néanmoins il r^nd juste, mais avec une lenteur extrême. Cet état continue sans nouveaux symptâmes iju'une augmentation de fréquence du pouls ; il fait bientôt place i un véritable coma , qui ne diffère en rien des autres états comateux des arachnoïdites avec épanchement, qu'en ce qu'il dure plus longtemps, et en ce qu'il est peut-être moins grave; car j'ai va guérir des malades qui étaient restés plusieurs jours , et même jusqu'à deux semaines dans ce coma, tandis que dans les autres formes d'encéphalite, il est rare , quand le malade est dans l'état comateux bien caractérisé , qu'il guérisse ; il est même ordinaire que cet état se termine par la mort assez ^rompteraent, et si la guérUon s'<^ectne, ce n'est JMnats que dans les quatre a cinq premirr&, jours de l'eut comateux. A. N. G. trad.

DES ERCfnCkUTES. 13

te Jendemyft c'est im véritable coma ; lepoidgg'accaère alors de nouveau, il defvient même excessivement fréquent: la nort «rme au bout é6 quelques jours. Tous ces accidents pcuvrait se succéder avec très-peu de céphalalgie , et sans aucun symptôme qui puisse fixer l'attention d'un observateur «^fidd «UT le danger que court son malade , jusqu'à ce qu'il te trouve dans le coma , au moment même où û s'attendait à le voir entrer en convalescence. C'est précisément lowqne le pouls revient à son rbythme naturel , que le coma devient évident , et que la situation du malade est probablement d^ désespérée. Toutes les fois donc que, pendant une jpaWie fébrile, il s^est manifesté des symptômes encéphauques, comme une yiolente céphalalgie avec vomissements et impossibilité de supporter la lumière, avec stupeur, affections couTulsives ou dérangement delà vision , quand bien même ces symptômes auraient entièrement di^ru, et lors- ^ la maladie aurait pris les caractères d'une simple affectiop f(%ile , il ne faut pas considérer le dançer comme passé, mais il faut se tenir en garde contre les accidents graves qui sont toujours à craindre. Un observateur attentif r^niarque g^ndement, dans ces cas, quelques phénomènes qui font ^pçonner que l'apparence du mieux est illusoire. QuelqueuHs, par exemple, c'est un état de dilatation des pupilles qoi donne au regard ime certaine expres»on ; d'autres fois , c'est une propension remarquable au sommeil. Fréquemment on observe quelque chose d'insdite dans les manières du malade: c'est une irascibilité qui ne lui est pas natutelle, ou une propension à se plaindre qui n'est pas dans son caractère. H parle d'une manière précipitée et brève, ou il parle, au contraire, avec une lenteur remarquable; il articule difficilement , ou il confond ses idées , ou il oublie cert^ns ùâts qui doivent être présents à sa mémoire. Mais on ne peut trop répéter aux jeunes praticiens qu'il y a des cas où tous ces symptômes manquent, et dans lesquels le malide parait être , dq>uis plusieurs jours , dans l'état le plus ntisÊûsant, tandis qu'effectivement le mal îeit de rapides progrès vers une terminaison funeste.

Cette description des formes de l'encéphalite est toute pratique; je ne me suis point arrêté à exanmaer si toutes ces formes doivent être considérées comme des affections pri

Page 1