‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 32 sur 59 · VEC RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL · texte numérisé non relu

VEC RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL

malade reprend toute sod intelligence , et présente même les apparences du rétablissement , que l'on reconnaît ensuite n'avoir été qu'un indice trompeur. Chez quelques malades* la sensibilité des membres affectés est affaiblie ; chez d'autres , eUe n'est que peu affectée, et enfin, quelquefois , ces membres sont le siège de douleurs aiguës.

Le ramollissement est d'étendue variable, le plus ordinai^ rement il est situé aux parties les plus externes du cerveau près de sa surface , mais il est quelquefois dans des points plus profonds de cet organe , particulièrement dans le corps strié. Il arrive aussi qu*on rencontre un petit caillot de sang au milieu de la partie ramollie , et que d'autres fois on reconnaît que le ramollissement s'est formé autour du kyste, qui s'est orgam'sé après un ancien épanchement de sang.

Je n'ai pas vu beaucoup de ces ramollissement^à l'état de simplicité , mais ils semblent être très-fréquenunent observés dans les hôpitaux de France. Les deux faits suivants en sont les deux exemples les plus remarquables que je trouve dans mes notes. Le deuxième pourrait être considéi^ comme ayant quelque rapport avec les affections inflammatoires ; il faut convenir aussi que , dans quelques* unes des observations de M. Rostan, les traces d'inflammation ont été évidentes.

Obs. GXXIX. Un homme de cinquante-huit ans , d'une complexion replète et forte, perdit la parole le 7 mars 1817, vers neuf heures du matin, sans avoir éprouvé auparavant aucun accident; je le vis vers dix heures et demie, et je le trouvai marchant dans sa chambre; il avait le complet usage de ses membres ; il comprenait ce qu'on lui disait , et il repondait par signes ; il pouvait facilement sortir sa langue de sa bouche , mais il ne pouvait articuler un seul mot. Il niait qu'il éprouvât aucune gêne dans la tête , son pouls était naturel, et d'une bonne force, et sa face était injectée. Les moyens ordinaires furent employés pendant tout le jour sans amener aucun changement dans les accidents. Le 8 au matin, il fut trouvé avec une hémiplégie complète du c(yté droit; lorsque la langue était sortie de la bouche, elle s'inclinait aussi de ce c6té ; l'intelligence était entière , mais le malade nefiusait aucun effort pour parler.

U resta pendant un mois sans éprouver aucun changement dadf son état. Il donnait bien pendant la nuit \ le jour , il

avait toutes ses facultés intellectuelles , et il répondait par signes aux questions qu'cm lui adressait , mais il continuait à être entièrement privé de la parole. Pendant quelque temps sa langue , lorsqu'il la sortait de la bouche , était inclinée du c6té droit , mais elle devint ensuite tout à fiait droite. 11 prenait ses aliments ordinaires, et il paraissait n'avoir aucune douleur ; le pouls était naturel, et le côté droit restait complètement pardysé.

Vers le iO de mai il commença à éprouver une violente douleur dans les membres paralysés. Il ne pouvait souiTrir, sans pousser des cris, qu'on leur imprimât le plus léger mouvement. Ces membres ne présentaient aucun changement qui pût motiver cette douleur. Au bout de quinze jours, les douleurs devinrent constantes, les forces diminuèrent, et il perdit Tappétit. Il survint alors des vomissemejits modérés ; le pouls s'affaiblit et les traits s'affaissèrent. Il mourut à la fin de mai , à la suite d'une faiblesse progressive , sans aucun coma. Il n'y avait eu aucun retour de la parole, ni du mouvement des membres du côté droit.

A l'ouverture de la tète , on remarqua sur la partie supérieure de l'hémisphère gauche du cerveau une dépression d'environ deux pouces de longueur sur un peu moins en largeur. La dure-mère descendait dans cette dépression jusqu'à ime profondeur d'environ un demi-ponce. A l'enlèvement de la dure-mère la substance du cerveau en ce point parut affaissée, molle et pulpeuse dans une grande étendue , et cette altération s'étendait sur presque toute la surface extérieure de l'hémisphère gauche. En suivant cette masse, ramollie en arrière , on trouva qu'elle se terminait pr un caillot de sang qui n'excédait pas en volume ceM d'une petite fève. Ce caillot était mou comme du sang récent , et était situé à environ deux pouces de la surface postérieure de l'hémisphère, presque au niveau de la partie horizontale du ventricule latéral. Il n'y avait point d'épanchement dans le ventricule.

Obs. GXXX. Un homme de soixante ans , assez maigre et d'une faible constitution , se plaignait , depuis environ deux mois , d'une douleur fréquente dans le côté droit de la tête, et parfois d'une sensation d'engourdissement dans le bras

gauche. Ces accidents augmentèrent à la fin de septemre 1818 ; la bouche se dévia ; la vision de l'œil gauche s'd)-

AVEC RiHOUlSSElENT CÉRÉBRAL. 355

scnrcit, et la main gauche deYÎnt légèrement engourdie. Après une saignée et remploi des autres moyens ordinaires, il se trouva beaucoup soulagé , et retourna à ses occupations or^aires. Une semaine environ s'était écoulée lorsqu'il fiit pris subitement d'une paralysie du cOté gauche, et de gène dans la parole , qui devint inarticulée : ses facultés intellectuelles restèrent entières, mais le malade semblait souffrir de la tête, quoique à un degré modéré. La bouche était tirée du côté gauche. On eut inutilement recours aux moyens ordinaires; cet homme resta dans l'état de paralysie le plus complet, étant incapable de se retourner de dessus le dos, mais conservant son intelligence et pouvant exprimer tout ce qu'il ressentait. Son pouls était naturel; cet état persista pendant un mois sans aucun changement dans les symptômes, excepté que le malade devint capable d'imprimer de légers mouvements à la jambe paralytique pendant la semaine qui précéda sa mort. Ce léger retour des mouvements ne dura que trois à quatre jours. Deux jours avant la fin de sa vie , il fut subitement pris d'une perte complet^ de la parole , et , au bout de quelques heures , de coma , dont il ne sortit plus.

La pie-mère , à la partie supérieure des deux hémisphères , semblait épaissie, et était injectée d'une manière remarqua ble. Les deux ventricules latéraux étaient distendus par du fluide. La substance cérébrale était saine , excepté à la partie externe de l'hémisphère droit, où se trouvait une portion considérable du cerveau dans un état de ramollissement complet. Il y avait tm épanchement considérable sous J'arachnoïde.

n cérébraie ^ aos

sau général des causes résulte d'une inflamftité avec une certaine uvrage ; nous y avons ec une rapidité aussi Bsépanchements cérésimple inflammation

, inflammation passant

au ramollissemeot, soit de la présence d'abcès enkystés. Nous

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y avons ainsi établi oue cette paralysie vient d'une manière graduelle, par suite d'une inflammation très-lente de la substance cérébrale, qui semble se terminer par induration de la partie affectée. Je n'ajouterai ici qu'un seul exemple de cette forme de la maladie.

Obs. CXXXI. Un bomme âgé d'environ soixante ans, que j'ai vu avec M. William Brown, était, depuis quatre ans, affecté de paralysie du côté droit , et d'un embarras de la parole. Il périt graduellement épuisé par la dyspnée et par une bydropisie générale dépendant d'une maladie du cœur, sans ^ucun changement dans les symptômes de paralysie.

Ouverture du cadavre. — Nous trouvâmes à la partie antérieure de l'hémisphère gauche une partie de la substance cérébrale , du volume d'une crosse noix , d'une couleur brune jaunÂtre. Cette partie du tissu du cerveau était plus dense que ce tissu à Pétat sain , excepté à sa partie inférieure , où elle était molle et approchant de la suppuration.

C'est surtout dans les cas où la mort arrive par des maladies différentes de la lésion cérébrale , que l'on trouve le tissu du cerveau malade dans cet état d'induration sin^e. Lorsque c'est la maladie de l'encéphale qui devient (atale , le tissu cérébral affecté se trouve en général passé en partie k l'état de suppuration ou de ramdlissement. On a publié des faits de cette espèce.

La paralysie présente en général plusieurs circonstances importantes qui peuvent être brièvement rapportées. Dans quelques cas , il y a perte du mouvement , sans perte de sensibilité,'et dans d'autres la sensibilité et le mouvement sont suspendus en même temps. On a aussi recueilli des faits dans lesquels là sensibilité était perdue et le mouvement conservé. On en trouve plusieurs dans les^ Métnoires de l'Académie royale des Sciences, Le plus remarquable est celui d'Un soldat très-robuste, et qui remplissait tous les dévoilas de son état , qui perdit si complètement la sensibilité du bras et de la jambe droite , qu'on pouvait couper ces parties ouïes brûler avec des charbons ardents, sans qu'il en résultât aucune douleur. Il y est en même temps question aussi d'un homme qui avait le bras droit dans le même état *, M. Broughton a publié , en 1827 , plusieurs exem|^ de semblables aiec-

Mémoires de VAc«dimi€ ra/mU dei Scitiicfs pour Kum 1748.

PAR LÉ810IIS CÉRÉBRALES. ZZb

lions * . Chez le sujet d'une observation rapportée dans les Ephinùrides des curieux de la nature , le mouTement était perdu d'un c6té» et la sensibilité était éteinte de l'autre, sans aucune diminution du mouvement ** . Le docteur Hay , d'Edimbourg, a donné des soins à un homme qui eut deux attaques de paralysie , à huit mois l'une de l'autre. Dans la première, il y eut une perte complète de la sensibilité, avec une perte incomplète du mouvement ; et , dans la seconde , une pertecomplètedu mouvement, avec une perte incomplète de la sensibilité. Cet homme se rétablit parfaitement de sa

Eremière attaque , et dans un temps très-court ; mais le rétalissement de la deuxième fut imparfait ; le malade continua k traîner la jambe , et périt d'apoplexie au bout d'un an. Il est inutile de reproduire à nos lecteurs, qui sont au courant de la science, tontes les lumières que les découvertes de M. Charles Bell ont jetées sur ce point curieux de pathologie.

Dans les cas où la sensibilité et le mouvement ont été perdus en même temps, on voit souvent la sensibilité se rétiJ)Ur sans retour du mouvement. Cependant Berdot a rapporté un fait dans lequel le mouvement se rétablit et la sensibilité resta suspendue ***, Borsieri a observé un cas sembWWe****.

On a aussi trouvé dans les membres paralysés une augmentation de sensibilité, et j'ai rapporté un fait dans lequel il existait , avec une maladie du cerveau , une telle exaltation de sensibilité du bras, que le momdre souffle de l'air (tau ^citait des convulsions. Le docteur Falconer a consigné dans les 3liii»9ire8 de la Société médicale de Londres le cas d'un homme qui, après une attaque de paralysie, eut une telle altération de la sensibilité, que les corps froids agissaient sur lui comme s'ils eussent été excessivement chauds. Lors- ■" • ' - -. " ... entit très-

la temperoids.

excessive-

**** Irutù. med. praet. , t. in, p. 7€u

yGooQle

556 PAkàLTSlES

ment douloureux sans aucune cause occasiomielle. On en a donné des exemples , et j'ai aussi raj^rté un cas dans lequel la cessation de la paralysie fut accompagnée de telles douleurs qu'elles privèrent le inalade de Fusage du membre.

Lorsque les membres paralysés reprennent le mouvement, le rétablissement commence quelquefois à leur extrémité , comme les doigts et les orteils, et s'étend graduellement vers le tronc : quelquefois cependant le rétablissement commence dims la partie la plus voisine du corps , et s'étend graduellement vers l'extrémité. On observe la même variété dans la marche de la manifestation de la paralysie, lorsqu'elle arrive assez lentement pour qu'on puisse observer ses progrès. La maladie semble en général commencer aux extrémité des membres. J'ai cepandant vu un malade qui pouvait écrire distinctement lorsque son bras était supporté sur une table , à cause de la paralysie qui s'étendait de l'épaule au coude; quelques heures après, la main devint paralytique. H. Velpeau a rapporté une observation recueillie à l'hôpital de Tours, sur un soldat qui avait une paralysie complète du bras droit, depuis l'épaule jusqu'au milieu de l'avant-bras, tandis que sa main n'était pas même le plus légèrement affectée. Cet homme se rétablit en trois mois * .

Relativement à la température des membres paralvsés-, je crois qu'on suppose généralement qu'elle est moins élevée que celle des membres sains. Ainsi présenté , ce fait ne me

Earalt pas donner une idée exacte de ce qui arrive. Les memres paralysés ont perdu jusqu'à un certain point cette propriété remarquable que possèdent les corps vivants dans l'état de santé, de se défendre de la température des milieux. Aussi, selon la température à laquelle eUes sont exposées , les parties paralysées deviennent plus chaudes ou plus froides que les parties saines exposées dans le même milieu. Un de mes amis m'a rapporté qu'un médecin, visitant un paralytique, trouva le bras paralysé si chaud qu'il avait peine à le toucher. Cette chaleur provenait de l'application de son trèschaud que ce malade avait faite sur son bras par l'avis d'un voisin ; il était insensible au changement de température de -son membre.

'*' jdrefu'vcs gênvraîu de Médecine, janvier 1825.

PAR lÈBlOm CÉRÉBRALES. 5S7

tes facultés intellectuelles présentent des phénomènes intéressants dans les affections paralytiques. Ces phénomènes persistent même après le rétablissement des apoplexies. Une des altérations les plus communes de ces facultés dans ces casT, est la perte de la mémoire des mots. Cette perte de mémoire ne porte quelquefois que sur des mots d'une espèce particulière , comme les noms , les verbes ou les adjectifs. Fréquemment le malade a une idée distincte des choses et de leurs rapports , de même que des personnes , et il ne peut absolument trouver leurs noms , ou même comprendre de qui Ton parle lorsqu'on lui désigne les choses par leurs noms. On m'a rapporté un cas de modification singulière de cette condition morbide. Un homme ne pouvait comprendre le nom d'un objet lorsqu'on le lui disait ; mais si on lui présentait ce nom écrit il le C4)mprenait immédiatement Une autre modification fréquente de cet état morbide des facultés consiste à mettre un mot ou le nom d'un objet à la place d'un autre mot ou d'un autre nom. Une circonstance singulière encore dans des cas de cet espèce , est que le malade applique toujours les noms de la même manière , en sorte que ceui qui sont constamment avec lui arrivent à comprendre exactement ce qu'il veut dire. Un monsieur , dans un cas de ce genre , dont il était d'ailleurs bien rétabli , lorsqu'il voulait du charbon pour alimenter le feu , demandait toujours du papier, et lorsqu'il voulait du papier , il demandait du charbon ; il attachait toujours à ces noms la même signification. D'autres fois, le malade semble faire des noms, et ses mots sont tout à fait inintelligibles pour les étrangers; mais comme il leur attache toujours le même sens , les personnes qui l'entourent arrivent à connaître la signification qu'il leur donne.

luses générales delà à une grande variété m trouve d'un autre ;ans paralysie. Nous 5 qu'il y a là de dif us d'exposer les faits nos connaissances, es différentes lésions mormœs suivantes :

I. L'iBOammation simple et récente de la substance cérébrale.

IL Cette inflammation passant k l'état de ramollissement.

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