‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 53 sur 59 · PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE

Ois. cl. Une femme ftgée de trente-cinq ans fat prise d'un engotirdnsement dans ie pouce de la main g«idie , qui s'étendit gradudlement à toute la main et au bras. Le membre devint alors demi-paralysé , et fut affecté de mouyements inrolontaires , qui ressemblaient exactement à ceux de la eborée. Ces accidents continuèrent pendant plusieurs semaines, et cessèrent ensuite graduellement ; le bras revint alors h son état de santé; presque immédiatement après , la raafn et le bras droits s'affectèrent de la même manière, et les accidents cédèrent aussi au bout de quelque temps ; puis les jambes devinrent le siège de tressaillements , de tiraûlementa involontaires. Le malade sentait en marchant comme si les membres tendaient à s'échapper de dessous son corps d'un côté. Ces accidents continuèrent de cette manière pendant quelque temps, et se terminèrent ensuite par une paraplégie complète avec rétention d'urine , qui exigeait l'usage constant du cathéter. La malade fut coidinée au lit pour neuf mois, et mourut d'une gangrène étendue du sacrum et de la partie supérieure des cuisses. Quelque temps avant sa mort, elle avait recouvré l'action de la vessie.

Ouoerlure du cadavre. — On ne put trouver aucune trace de maladie dans le cerveau et dans la moelle épinière. Seu> lement la queue de cheval était d'une teinte très brune, comme si elle eut été trempée dans du sang veineux : il existait aussi du fluide sanguinolent autour d^elle. Le sacrum était remarquablement ramolli et carié en quelques points; • il était couvert extérieurement par une grande quantité de sanie : tous les autres viscères étaient sains *.

Ois. GLI. Un médecin âgé de trente ans , qui avait été pendant plusieurs années dans la marine, rivait à Edimbourg en parfaite santé, lorsque ses amis s'aperçurent qu'il traînait la jambe en marchant. U ne s'en était pas d'abord aperçu, mais il sentit aussitôt dans ses deux jambes une faiblesse et une lenteur à obéir à la volonté, qui augmentèrent graduellement jusqu'à une paralysie presque eom-

* Ce serait mal apprédtr les lésions trourérs clans ces eas snr les nerb de ki partie infiérieure de la moelle, qoe de les considérer comme idiopatbiqoes; cette teinte brune de la queue de cboval et cet aspect sanguinolent du fluide envlnm* aant, prévenaient de l'afTection dn sacrum. A. N» G., traJ^

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plè(e ; quelque temps après que les jambes eurent commencé ainsi a s'affecter, il commença à perdre le mouvement dans les bras. Ce dernier accident augmenta, au pint qu'il ne resta au malade que des mouvements très-faibles et sans précision. Les membres devinrent aussi le sié^e de fré-

rmts tressaillements convulsife , en sorte qu'il jetait loin lui avec violence tout ce qu'il voulait porter. Ses jambes tremblaient souvent de la même manière , et étaient jetées avec une violence considérable , spécialement lorsqu'il voulait les remuer ou qu'il se levait d'un siège. Ce malade était d'ailleurs en très-bonne santé , et on ne put trouver de trace de maladie dans les os. de répine. Beux ans après l'invasion de ces accidenjts , il fut priSs d'une phthisie à laquelle U succomba dans le mois de septembre iHfâ. J'examinai le cadavre avec le plus grand soin , et je ne pus découvrir de trace de midadie, soit dans le cerveau, soit dans la moelle ^^ère.

Obs. GLn. Une servante , âgée d^environ vingt ans » se donna un effort dans le dos en levant un &rdeau ; elle n'en iMsentit d'abord aucun accident, mais, quelque temps iprèf , elle fut prise de faiblesse des jambes , qui augmenta graduellement jusqu'à la paraplé^e complète. Quelque temps qirès , l'affection s'étendit au bras ; il ne lui resia pas alors de possibilité d'effectuer le plus léger mouvement d'aucune partie située au-dessous de la tête. Elle ne pouvait remuer légèrement que quelques doigts, mais les fonctions internes s'exécutaient toutes parfaitement, la parole était libre-» seulement la malade était quelquefois prise , en parlant, de quelques mouvements spasmodiques des lèvres et de la mâcboire inférieure. Elle vécut dans cet état, sans aucun cbangement dans les symptômes , pendant environ ^ngt ans; la santé générale resta bcmne-. On la levait tous les matins, et on la plaçait sur un siège disposé de manière à la soutenir assise. Le& bras étaient supportés par une plandie en. croix qui passait devant elle. S'il arrivait, par accident, qu'un de ces membres quittât ce support , elle était obligée d'i^ipeler quelqu'un pour le replacer. Une fois qu'on l'avait laissée seule pendant deux heures, son bras quitta le support , et sa main devint excessivement oedémateuse. Si sa tête s'inclinait sur le thorax, elle y restait jusqu'à ce

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qa'efle ttA relevée par un aide. Les tiMmltés iftic^èctoilHeA oonserraleiit leur îétégrHé. Elle motirat a|Hrès quatre jo«n de nifldadie arec éts gymptôineB de ^m lente tyi^ieiie. Je disséquai son cadavre avec le i^m grand soin, avec Vmidstance du docteur Htcaim , qui avait l'iu^itude ^ la voir depuis plusieurs années, et nous ne pûmes découvriraeune trace de maladie, soit dans le cerveau, soit dans la moelle épinière.

Obs. GLm. Une demoiselle de trente ans éprouvait depuis idcnieurs années une sensation d'engourdissement dans le cou, avec un sentiment incommode dans la partie pealérieure de cette région , qui la portait h se t^iir as»se , quelquefois avec la tète fort inclinée en avant , et d'autres fois très-portée en arrière. Ces accidents augmentèrent environ deux ans avant sa mort , et s'accompagnèrent de doakurs, qui s'étendaient le long du bras. Ces dcmleurs ressemblaient d'abord à des douleurs riiumatismaks, avec one roideur qui se changea bientôt en pmtdyde. U ne restait alors que la possibilité d'exécuter qùàques mouvements très-imparfaits au-dessous du coude ; ette ne pouvait porter l'un ou l'autre bras à sa tète ; il y avait un très^^jer mouvement des doigts, qui étaient qudquefois eontrtâés spasmodiquement : la parole devint difficile et en pattie inarticulée. Elle avait une dil&nilté considérable à aviler, et elle observait que, dans certaines positions du cou, elle pouvait avaler avec une ^Nis grande facilité que dans d'taines. Le pouls était bon, les autres fonctions s'exécutaient naturellement. Les extrémités inférieures n'étaient nuUeinent lésées dans leurs mouvements. Quinze jours envin» avimt sa mort, elle fut affectée de dyspnée, qui survenait par paroxysmes quelquefois très-intenses. Une apparence de saillie avec tlouieur à la pression se manifesta alors sur plusieurs des vertèbres cervicales inférieures. Des fontanelles ftirent étfl^lies en ce point : pendant une semaine, la malade parut mieux; elle n'avait plus de dyspnée, et la fii- Cflîté du mouvem^t des bras était considérabtoient angmentée. Le soir du 4 octobre, elle tomba subitement dans le coma avec quelques convulsions. La mAchoire inférieure fut agitée de mouvements convulsifb parlieidiers, eUe s'abaissait et s'élevait rapidement, et avec riolraee et conti-

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mMmsOÊi. La paralyûe du bras deTint aussi plus complète. La malade parut soulagée par une saignée, mais au bout de deux heures elle retomba dans le coma et mourut sid>itement.

Ouverture du cadavre. — On trouva sur la partie supérieure du pharynx et du larynx une rougeur superficielle, ressemblant à une inflammation très-récente. Mais les recherches les plus attentives ne purent faire reconnaître de lésion morbide dans le cerveau, ni dans la moelle épinière, iK^dans les os du rachis. Tous les autres viscères étaient dans l'état sain.

Je n*ai aucun commentaire à ajouter au simple récit de ces faits remarquables; je ferai mieux ressortir encore leur importance , en rapportant un cas publié par M. Bretonneau *. Une dame, dont Page n'est pas indiqué, fut affectée de paralysie du petit doigt de la main gauche , qui s'étendit graduellement à la main et ensuite au bras. L'extrémité inférieure gauche s'affecta graduellement aussi de la même manière. La maladie se manifesta ensuite dans le bras et dans la jambe du côté droit, à l'exception , toutefois, du pouce et des doigts de la main droite, qui avaient conservé la faculté de se mouvoir. Les mouvements de la langue se perdirent ensuite, et, enfin, la déglutition devint très-génée. L'intégrité des facultés intellectuelles ftit conservée jusqu'au dernier instant ; elle s'exprimait par des lettres mobiles qu'elle arrangeait avec le pouce et les deux doigts de la main droite , qui étaient restés mobiles. La durée de la makdie n'est pas mentionnée. On trouva une petite quantité de liquide dai» les ventricules du cerveau; mais le cerveau lui-même, le cervcdet, la moelle épinière, examinés avec le plus grand soin , furent trouvés parfaitement sains. Il n'y avait d'insolite qu'une petite tache sur la protubérance annulaire. Sur la partie latérale droite de cette protubérance, à la profondeur de quatre lignes , se trouvait une portion de trois lignes d'ét«Miue, de couleur de rouille. Le centre de cette portion était d'une teinte plus foncée , sa circonférence était irrégulière, et se perdait graduellement àadtU substance environnante. La substance médullaire semblait plus dure que dans les autres parties.

* Revue médicale, mai 1826, p. 265.

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La lésioa morb^, dans cette intéressaote c^servatiofi, « une ressemblance remarquable avec l'état morÛde d'une petite portion de cerveau, dont nous avons déjà dowié un exemple dans l'observation GXXXI. Cette lésion est probablement le résultat d'un état inflammatoire, tout limitée une trèS'petite portion de la moelle, de la même manière que nous l'avons rencontré dans le cerveau. On est fondé k penser qu'un très^ttentif examen de toute la moelle, dans ces cas , peut faire découvrir de semblables changements ' de structure, propres à jeter de la lumière sur desaflfectioas qui sont jusqu'à présent enveloppées d'obscurité. Le fait suivant , recueilli par M. Ollivier „ est un des plus remarquables rje connaisse. Une servante fiit subitement prise, pent qu'elle faisait un lit, d'une très- vive sensation de murmillement à la pointe des doigts de la main gauche, et à l'extrémité des orteils du pied gauche ; une demi-hettrei^[ir«s, les mêmes parties du côté droit furent affectées de la nièm» manière. Cette femme continua son ouvrage pendant environ trois heures , au bout desquelles elle fut obligée de s'asseoir, se sentant fatiguée. Quelques heures apr^ , elle fut portée dans son lit. Le lendemain, il v avait une paralysie oe tous les membres , affectant au plus haut degré le c6té gauche. La sensibilité de ces parties n'était pas affectée. La respiration se faisait avec une espèce d'effort, et la nuit elle devint trèsdifficile. Le troisième jour, la respiration était plutôt moins gênée, mais la déglutition était devenue difficile. Le soir, la difficulté de respirer augmenta, le pouls devint fréquent» et l'action du cœur énergique; elle mourut dans la nuit. Oa trouva une légère apparence d'infiltration de sang dans le tissu cellulaire externe à la dure-mère de la moelle ,.spécia« lement vers sa partie inférieure. Aucun autre vestige de maladie ne put être reconnu , soit dans le cerveau , soit dans la moelle épinière, et tous le& autres viscères étaient dan» l'état le plus sain.

Je termine ce que j'ai à dire sur ce sujet, &at rappdant certaines affections obscures et anormales , qui , comme celles que nous venons de mAationner, présentent quelquesHifis des caractères des maladies de la moelle épinière, quoique leur terminaison soit en général plus favorable. Ces affectioBs revêtent une grande variété de formes , et leur nature est

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excessivement obscure. Leurs symptômes les plus communs sont différentes affections spasmodiques des membre ou des muscles du dos , ressemblant quelquefois à la cborée et même au tétanos , et différents degrés de faiblesse des extrémités inférieures , portée quelquefois jusqu'à la paralysie complète , laquelle est souyent accompagnée d'affections spasmocnques remarquables des membres paralysés. Il y a généralem<mt , dans ces cas , une vive sensation de faiblesse dans le dos^, et fréquemment une douleur quelquefois con&iée à une partie, mails s'étendant le plus communément, avec une plus ou moins grande intensité , sur tout le trajet de Tépine. On voit survenir aussi différentes affections de la respiration » qudquefois avec des attaques de palpitations et différentes sen>sations pénibles dans l'estomac et les intestins. Ces affections arrivent presque exclusivement cbez les femmes, principalement cbez ceUes des classes élevées de la société, et sont généralement très-rebelles et fatigantes. Il est bien difficile, en effet, de déterminer quel est le traitement qui a contre elles un avantage décidé; cependant, les moyens qui semblent les plus utiles sont de larges et réguUères purgations, ou une combinaison de toniques ou d'antispasmodiques avec de légères doses de purgatifs; de fortes frictions , des lotions froides ou des bains d'ondée et des vésicatoires sur le racbis. Ces affections cessent d'ordinaire sans avoir aucune suite flcbeuse; elles disparaissent quelquefois subitement, et sans qu'on puisse assigner aucune cause à leur disparition.

Les deux faits suivants , que je viens d'observer dans la même famille, font connaître une des formes de ces affections singulières. Une jeune fille saine et forte , âgée de buit ans , d'une belle complexion , parut sujette à boiter souvent en marchant; parfois même elle tombait. Très-peu de jours

S lus tard , eUe fut prise , sans avoir eu d'autres prodromes , 'une paralysie complète des deux extrémités inférieures. Lorsque ^e la vis, environ quinze jours après cette attaque, je trouvai les membres complètement paralysés, et offrani de fréquentes contractions spasmodiques. On ne put rien découvrir au racbis , et elle était d'ailleurs bien portante. Elle était constipée, mais on régularisa aisément les évacuations. Au bout d'un mois environ , on remarqua que sa soeor aînée, âgée de seize ans, assez délicate de constitu-

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tioo , et siij^e à des accidents bystédques, marçt^^tj^èmblement; elle perdit entièrement en peu de jours Vvisàt de ses extrémités inférieures. Elle passa alors la plus ^pra^ partie du temps couchée, les membres affectés étaient le siège d'une violente contraction spasmodique. Les genoux étaient ramenés sur Fabdomen et les talons vers les fesses. Elle restait ainsi pendant tout le temps qu'elle était éveillée, mais dès qu'elle s'endormait, ses jambes revenaient à leur position naturelle; elle dormait bien pendant la nuit, et k son réveil, les membres reprenaient leur état de contraction. Si l'on cherchait à étendre les membres , on les amenait avec une grande force jusqu'à une position presque droite ; l'extension complète s'établissait alors instantanément avec une secousse subite. Ils restaient dans cette position pendant quelques secondes, mais ensuite, par une autre secousse subite et douloureuse, la contraction se rétablissait. La plus jeune oialade eut aussi qudques affections spasmodiques des bras et des muscles du cou , mais elles furent passagères , et il n'y eut pas de diminution de la force musculaire des bras; u y avait un malaise considérable dans .le dos, mais on ne put rien reconnaljtre à l'examen du rachis. L'état de ces deux malades continua à rester td que je l'ai décrit, pendant près de six mois , et disparut ensuite en> 'tièrement : le traitement consista particulièrement dans l'administration des purgatif continués , unis aux toniques, et aux antispasmodiques , aux saignées locales et aux vésîcatoires répétés sur le rachis. Chez la plus âgée, l'uii^ de ces vésicatoires fut le signal de la formation d'un large et douloureux anthrax çur le rachis ; cet accident parut accélérer le rétablissement.

Je ne sais si le fait suivant ne serait pas de même espèce; il excita, dans le temps où je l'observai , mon attention au

Elus haut degré , et je n'ai jamais vu de cas exactement semlable. Un homme de trente-quatre ans , très-actif et d'une stature grêle, fut affecté, dans l'été de 1815, d'engourdissement et de diminution de sensibilité dans toutes les extrémités. Ces symptômes s'étendirent , pour les membres abdominaux , jusqu'au sommet des cuisses ^ et quelquefois même jusqu'au bas du ventre; aux membres supérieurs, ils ne dépa^rent pas les poignets. Les forces musculaires étaient en

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même temps diminuées. Le malsde poavait parcourir des distances considérables , bien que sa marche fùt toujours chancdante et peu sûre. Il ne pouvait exécuter, même au plus faible degré, les mouvements nécessaires de la course, du saut , ou même de la marche très-précipitée; sa santé du reste était très-bonne : on eut recours sans avantage à différents remèdes. Les évacuants et la diète sévère semblèrent nuisibles. L*état que nous venons de décrire persista environ pendant deux mois , lorsque le malade essaya les effets d*un violent exercice, n marcha à cet effet autant qu'il le put , il fit cinq ou six milles dans une soirée chaude , et revint chez lui très-fotigué , et ayant très-chaud. Le lendemain , il eut de vives douleurs dans les mollets , mais les autres accidents qu'il éprouvait furent beaucoup diminués , et disparurent en peu de jours. Il a toujours joui depuis d'une bonne santé. Ces affections anormales peuvent encore oflHr d'autres modifications, qui diffèrent beaucoup de celles que nous avons décrites jusqu'à présent. J'ai reçu de mon ami feu le docteur Monteith , de Glascovtr, le récit très-intéressant de deux faits qui se présentèrent à lui sous les formes les plus graves. Une femme de vingt-deux ans, qui est le sujet d'un de ces cas, fut d'abord affectée d'une violente ci^halalgie, accompagnée d'un sentiment de tension dans la tête , d^m violent battement dans les carotides, les artères temporales et dans toute la tête. Son pouls donnait cent vingt pulsations. On eut recours pendant dix ou douze jours a des saignées larges et répétées, jusqu'à ce qu'elle fftt « pâle comme » une feuille de papier», et excessivement affaiblie; mais elle n'en retira aucun avantage. Au bout de quatre semaines , elle fùt prise de vives douleurs dans les extrémités inférieures,^ qui se fléchirent sans pouvoir être étendues. Les cuisses étaient ramenées sur l'abdomen , et les jambes sous les cuisses ; chaque exacerbation de la céphalalgie était suivie d'une augmentation dans l'irritation i la douleur et la rétraction des membres. La céphalalgie était particulièrement rapportée par la malade à un point sur le pariétal gauche, où elle avait reçu un coup dans une chute trois mois auparavant. On eut recours avec très-peu d'avantage à un grand nombre de moyens de traitement. Le seul dont on retira quelque utilité, fut la saignée et de larges doses dct lauito-

4Ê$ rATiOMca

niim » qui De forait quelquefois pas moladreB i|^ gouttes dans une nuit. Le mercure parut une fois amener quelque am^ioration, mais cet effet ne fut que passagor, quoique la malade y eût eu recours plusieurs f<»s. Elle prit l'adde prussique k haute dose , elle eut recours ma bains diauds et à beaucoup d'autres remèdes avec très^u d'«yan7 tages. Au bout de trois ans environ , les membres devinrent d'abord si complètement exempts de douleurs et d'irritation , oue l'on appliqua des topiques propres k remédier à la roioeur des articulations. Au bout de trois autres années , elle revint graduc^ement à un état de santé parfait. Cette femme ne fut pas , pendant trois ans , exempte une heure seulement de céphalalgie; nuds cette douleur constante était sujette à de violentes exacerbations , qui duraient de quelques jours à plusieurs semaines. Pendant ces attaques, Iç pouls devenait très-fort et irrégulier, et la face devenait injectée et tuméûée. Le seul soulagement que la malade obtenait était dû à des saignées répétées, en sorte que, pendant le cours de sa maladie, elle fut saignée du bras quatre-vingt-dix-huit fois , outre de fréquentes émissions sanguines locales, effectuée» par les sangsues et par les ventouses.

L'autre nudade , était une jeime fille de dix-sept ans , dont la maladie commença aussi par une violente céphalalgie,

Sour laquelle elle eut recours à un grand nombre de moy^is e traitement pendant plus d'une année , sans en retirer aucun avantage soutenu. Vers la fin de cette période , la maladie fit au contraire des progrès; elle fut retenue au lit dans un état d'épuisement extrême, et souffrant d'une ce-

Shalalgie constante et intense. Aussitôt après , elle se plaignit 'une douleur dans Tépine, qui fut bientôt suivie d'une attaque subite de la douleur la plus violente dans les deux extrémités inférieures , s'étendant à chaque partie de ces membres , et accompagnée d'une telle augmentation de sensibilité, qu'elle ne pouvait supporter même le contact des couvertures , et que le plus léger toucher, exercé avec le doigt , lui faisait pousser des cris. U existait en même temps une. susceptibilité et une irritabilité morbides du tronc et des extrémités supjérieures, telles qu'elle ne pouvait soutenir son bras tout à fait étrâdu pendant le temps très-court nécessaire pour lui toucher le pouls. Les membres, dès qu'ils^

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cwMPOiicèrcnt à être ainei afféetés, se rétracterait fortement , et , au bout d'un temps assez court » ils étaient rapprochés du corps ; une douleur vive avait son siège dans tout te trajet de Téj^ne, quoiqu'on n'y pût reconnaître , au toudier ou par la pression , aucune trace de maladie. Elle maigrit alors beaucoup, et elle deyint pâle et débilitée. La céphalalgie était diminuée , mais les membres restaient dans le même état. Le plus léger contact , et le plus faible effort pour les étendre, déterminaient une douleur siYi<^ntet que pendant huit mois, au rapport du docteur Monteith, elle ne fit pas le plus léger mouvement dans son lit. A la fin des quatre ans, cette fille commença à aller mieux, et à quitter son lit pendant un certain temps chaque jour; k cette époque , ses jambes devinrent si fortement fléchies sur ses cuisses , et ses genoui devinrent si roides, qu'aucune force ne pouvait les ramener à l'angle droit. Au bout de trois années, le docteur Monteith rapporte qu'elle pouvait murcher pendant un e^ce très-court , et que son état s'améliorait progressivement, en sorte qu'il concevait l'espoir d'un rétablissement ccnnplet. Je visitai cette jeune fille pendant le cours de sa malaoie , avec le médecin que je viens de citer, et je n'ai certainement jamais vu un cas de maladie qui m'ait paru plus profond, et dans lequel on pût concevoir moins d'espérance de guérison.

Llûstcnre de ces malades fait mieux comprendre cette affection extraordinaire, que l'on ne pourrait le faire par une description. Le docteur Monteith a observé d'autres variétés d'accidents, dans quelques autres cas qu'il a rencontrés. Ces symptAmes ont particulièrement été des vomissements longtemps continués, et qu'on ne put calmer, deb attaques comme épileptiques et cataleptiques, des pi^itatiens et divers mouvements irrégnliers du cœur, et des bat temaits forts et douloureux dans tout le trajet de la moelle épinière. Il (di>serva des accès de fièvre irréguliers, des attaques de coliques, des spasmes douloureux dans l'abdomen, qui ne purent être calmés que par de larges doses d'opium. Ces maladiM éprouvaient , en général , une aversion remarquable pour la lumière : l'un d'eux resta pendant plus d'une année dans une obscurité presque complète. Chez une autre malade, upe dame de trente ans, les bras furent affectés,

tÊÊiê lUNi t?et la même intengil^ que k» nkéndU» iatéricuret. GeUo dame fut cetemie au lit pendant deux ans » et reprit ensuite un état de santé eemplète dont elle jouissait dqNiis cinq années , quand cette observation m'a été transmise. Une autre malade avait de tels vomissements qu'elle ne put conserver de nourriture , de boisson ou de médicament ingéré pendant six semaines. La vision, dans ce cas, fut altérée, et deux fois suspendue pendant un temps trèsconsidérable. On ne put reconnaître aucune lésion rachidienne sur ces malades ; la douleur de l'épine , qui augmentait beaucoup dans les mouvements ou dans la station assis , n'augmentait nullement par la pression. On obtint, dans le traitonent, une amélioration temporaire par la saignée, l'opnim k très-haute dose , et le bain chaud; mais en résulr tat, la maladie parut s'user graduellement d'elle-même, sans qu'aucun moyen de traitement eût aucun effet sensible pour arrêter ses progrès. Lorsque l'on a obtenu une amâioration considérable» la maladie peut r^rendre son intensité par les causes les plus légères. Un des naalades du ^m^ teur Monteith semblait si bien guéri au bout de dix-huit AKÔB , qu'on lui conseilla une courte promenade en voiture ; il en résulta une rechute , qui dura ui^ autre année, avec des accidents aussi violents que k première fois.

Le docteur Bums de Gasdow a décrit l'état morbide qui nous occupe; il a indiqué plusieurs autres symptômes, qui se présentent occasionnellement dans son-cours , tels que des ^taques de dyspnée, ressen^lant à la dyspnée ^oupale; la perte temporaire de la parole, et de la facuUé d'exécuter la ^éghi^tion , et l'idi^erration temporaire des facultés inldOleotuelleSk Ce praticien est d'accord avec le docteur Monteit^, sur le caractère Irag et réfiractaire de cette maladie. U avoue que , dans le plus grand nombre des cas, il n'a retiré aucun avantage marqué de < tout moyen de traitement , autre que » ceux qui sont indiqués par les symptômes , au moment où » as se mamfestent ^ le temps lui panât le principal remède. 9 Je trouve la descripticm d'une maladie anidogue, dans un mémoire do M. Guérin de Mamers , sur les irritation» encèrfihQliqwt et rachidienn^. Un jeime homme de seize ans fui d'abwd attaqué de palpitations et de difficulté de respirw» et . ensuite de violentes douleurs dans la partie supérieture de

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Fabdomett. Au bout àe s!z mois , il eut des attaqiMs de per* tes de comiaissaiice avec mouvements convidsifs <l» w«f , grincements de dents, et violentes palpitations du coeur. Ces attaques continuèrent à revenir à des époques irréga* Kères , et pendant leurs intervalles , le malade ne se rétablissait pas complètement de leurs effets : il restait accablé el incapable d'aucun acte intellectuel , ne pouvant supporter la lumière ou le bnut le plus faible. L'exercice ou les émotion» morales d^rminaient les paroxysmes. Ce malade resta dans cet état pendant près de quatre ans , et se rétablit alors graduellement et complètement. Les moyens de traitement principaux, auxquels on eut recours, furent les purgatifs, les saignées locales, l'acide prussique, et la diète végétale. Dans un autre cas , sur un jeune homme de vingt ans, l'auteur eut recours avec avantage aux affnsions fraîches.

J'ai souvent observé chez des jeunes femmes une affectk» légère, qui se caractérise par une douleur qu'elles rai^rtent à différents points de l'épine, quelquefois de préférence à la partie inférieure du racnis, et d'autres fois s'étendant en baut et en bas, dans toute la longueur de la colonne radhidienne. H existe généralement chez ces malades , un certain degré de faiblesse des membres, avec un grand éloignement pour la marche , quelquefois des tiraillements spasmodiqoesdes orteils, spécialement pendant la nuit. J'ai traité sans avantage des cas de cette espèce par les saignées locales et les vésicatoires;'le traitement qui m'a en général paru le plus efficace , a été l'administration régulière , mais modérée, des purgatif^ et des bains de mer.

On s'est efforcé d'expliquer ces affîsctions singidières, par la doctrine de l'irritation spinale. Mais on peut dout^ que Ton soit ainsi arrivé k des notions bien déterminées, ou s'il ne faut pas considérer cette explication comme un principe gratuit , diolsi pour se rendre compte des phénomènes morbides, phit6t que déduit de l'c^ervation. Si l'on observe, parmi les accidents qui ont été indiqués , des symptômes qui se rapportent distinctemmt k une lésion radiidienne comme une douleur, ou sieulement une plus grande sensibilité dans un point particulier, il faut considérer ce symptôme comme devant diriger l'attention sur le siège du mal ; mais 11 n^est pas douteux que ces affections se manifestent souvent sam

IJOO tktnouxm

aucun (symptôme qui puisse se rapports dans quelques cas, avec des causes d' distinctement leur siège dans d'autres suite, il y a quelque temps , par un h( attaque violente et prolongée de douL ftit enfin soulagée par le passage d'un tion , qui avait été eicitée , avait été te sieurs semaines , après que la violence ( il rendait une grande quantité de mati urines. Pendant cette maladie, et ve douleur violente, qui avait son siège ffaudie , comm^iça à se calmer, il fut i d'avaler, d'un sentiment de constricti creux de Testomac , et d'une affection i extrémités supérieures et inférieures , i la face, ressemblant exactement au tét continuèrent avec plus ou moins de vi( dix jours.

C'est particulièrement chez les femmes, que Ton rencontre ces affections spasmodiques , et chez eUes une des circonstances les plus remarquables est leur coïncidence, même dans leur forme la plus grave , avec l'état de la menstruation. L'observation suivante met ces remarques en évidence, et fournit en même temps un exemple des formes variables que peuvent présenter ces singulières affections.

Obs. GLIY. Une demoiselle , maintenant Agée de vingtquatre ans , fut d'abord attaquée , en l'année ,1825 , d'un engourdissement et d'une paralysie incomplète du bras et de la jambe droites , et quelque temps après elle eut une légère difficulté dans la prononciation. Ces symptômes dis-

Sarurent par le traitement ordinaire, et revinrent au bout e quelques mois ; ils affectèrent alors les jambes et les bras des deux côtés, et se rapprochèrent des accidents de la chorée. Après un nouvel intervalle de quelques mois , cette demoiselle devint sujette à des attaques de cécité, occasionnées par un abaissement des paupières supérieures, qu'elle ne pouvait pas relever. Les yeux , mis à découvert en soulevant tes paupières avec la main, étaient portés en haut; ces accès avaient , en général, plusieurs semaines de durée, et étaient soulagés par l'application des ventouses sacrifiées aux

BB LA lOBLLB AMRlftBI. ItOl

tempes. Tds furent les accidents qni se montrèrent pendant les deux [Hremières années de la maladie. La troirieme année, elle eut des mouvements convulsife des musdes du dos, et des tiraillements inyolontaires des mains et des bras , déterminant des mouvements involontaires de tout le corps , impossibles k décrire. €es accidents augmentaient beaucoup ouand on la touchait , spécialement sur quelque point du dos ; la même chose arrivait lorsqu'on la couchait sur le dos , ou même lorsqu'on l'approchait comme pour la toucher. Quelquefois elle avait de la difficulté à avaler, de manière que les efforts de la déglutition produisaient des spasmes , ressemblant à ceux du tétanos ; d'autres fois, après être restée en repos pendant un temps considérable, elle tombait subitement dans une sorte de convulsion générale, dans laquelle elle se jetait tout à fait hors de son lit; de même, lorsqu'elle était assise ou couchée sur le plancher, elle se Jetait dans son lit , ou sautait sur un meuble qui avait j^lus de cinq pieds de hauteur. Les facultés intellectuelles n'étaimt point altérées pendant ces accidents, et la malade attribuait pette sorte d'extravagance à une impulsion secrète , à laquelle eUe ne pouvait résister. Ces paroxysmes cessèrent après un temps considéraMe; la malade eut alors des mouvements convulsifs des muscles de la partie supérieure du dos et de la nuque, -produisant un mouvement continu de rotation de la tête. Ces accidents nerveux continuèrent sans interruption la nuit et le jour pendant plusieurs semaines : si l'on tou'^ chait la tête ou la nuque , les mouvements devenaient d'une rapidité trcs-extraordmaire. Pendant ces attaques , cette demoiselle ne .pouvait dormir qu'en se tenant assise; les mouvements continuaient pendant ce sommeil incomplet , quoiane avec plus de lenteur ; mais si elle voulait dormir coucnée , de maniâ'e que sa tête touchât son oreiller, elle était à l'instant même éveiUée avec un violent accès de convulsions, et le mouvement acquérait le plus haut degré de rapidité. On n'obtint aucun avantage, pendant ces acc^, de tout autre moyen que des saignées aux tempes par les ventouses scarifiées, portées à dix ou douze onces. Cette affection cessait alors en un instant, par des mouvements convulsifs généraux de tout le corps. La malade revenait immédiatement ainsi à l'état de santé ordinaire, se levait, et restait bien

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pertanle pendant plufllewn senninei. Les nêsMS aoddrals se rei»rodairaient alocs , et exigeaient qo^on rerlat aux mè' OMS moyens de traitement. Les mouyements œnyulsife de In tête se ndsaient qu^quefois ayec tant de yiolence, qn^ii était impossible de pratiquer les scarifications aux ten^. On appliquait d'aboni f dans ce cas , les yentouses sur le dos, len mouyements se trouvaient ainsi assez modérés pour permettre ensuite l'application é» yoitouses aux tempes, sans laquelle le paroxysme ne se terminait pas. La sngnée du bras , portée jusqu'à la défaillance , modérait les aocidentA pour un instant, mais ne les faisait pas cesser. Une antre circonstance très^singulière de cette affection, était qu'elle ne cessait complètement que lorsqu'il suryenait im accè» subit de conyulsions de tout le corps ; lorsqu'elle cessait gm* duellement, comme par TinfliKnce d'une large saignée, elle reyenait aussitôt que la défaillance produite par k saignée ayait cessé.

Cette nudadie continua de cette manière pendant trras ou quatre ans, ou^ les deux années déjà indiquées, avec des faiteryalles de santé supportable pendant peu de semaines ; le plus long interyalle w calme qu'elle éprouya fut d'enyiron trois mois, et même, pendant cet interyalle, des mouvements conyu]si& étaient excités par les causes les plus légères. Pendant tout ce temps , les menstrues furent extrêmement irrégulières et très-courtes , et le yentre était serré. La malade était plde, et semblait exsangue par suite des saignées fréquentes qu'on hii pratiquait ; mais elle conservait son emboop<»nt. Je ne la yis qu'à une période déjà ayancée de sa maladie , avec M. CUllespie , qui rayait observée pen* dant toute la durée des accidents, etlfui ayait eu recours , avec la plus gnoide assiduité , à différents moyens de traitement.

Nous la trouvâmes , dans le printemps de 1839 , dans an violent paroxysme de mouvement de rotation de la tète; noua primes le parti de laisser l'accès suivre sa marche , et de diriger entièrement notre attention sur le fiux menstruel. Efie commença à prendre , dans cette vue , trds grains de sulfate de fer et deux grtdns d'aloës de Barbades , trois fois par jour ; la dose d'aloés fut ensuite diminuée, d'après i*état des intestins. Elle resta encore trds semaines envnron d^ns

DE Là MBUB ^INliEB. ^&&

ût»féM.;ltimmmoieoUe(mvMis édlA (été conUtuafeiit MHS inteimission la nuit et le jour, enfin le paroxysme se •uspendit un instai^ dans le milieu de la nuit , mais après im mouvement de convulsion de tout le corps , comme il s'ea manifestait lorsque l'on faisait cesser la maladie par les yenr touses. Dans le même moment , la menstruation s'établit d'une manière plus alxmdante et plus régulière : cela n'était pas arrivé depuis plusieurs années. De ce moment la malade est restée quitte de tout accès, en état de marcher pendant plusieurs milles , et la menstruation est revenue k périodes régulières , abondamment et d*une manière norx^e.

Terminons cette série de faits , par l'observation suivante , qui montre la même affection sous une autre forme. Si j'a^^ vais à donner un nom à cet état morbide, je le considère^ rais comme n'étant autre chose qu'une fohne très-grave d'hvstérie.

Oss. CLV. Une demoiselle de quinze ans fit une diute de <^eval^ en octobre 1828. Elle ne parut avoir éprouvé d'autre mû , par cet accident , qu'une contusion au bras , et die ne se plaignait de rien autre chose pendant une semaine Kprès l'accident. A cette époque , die s'endormit un sdr sur sa chaise ; k son réveil , elle était dans un état de délire , tenant des propos extravagants, et semblant tout à fait ne pas distinguer ceux qui l'entouraient , et entièrement occupée de ses propres hallucinations. Cet état continua à un degré ^us ou mmDS marqué pendant trois semaines, nonobstant le traitement le plus actif par les saignées, les purgatifs, etc. P«adflunt ce temps die avait une constipation remarquable; elle commença à revenir vers l'état de santé , et arriva k un état de soulagement progressif pendant envir(Mi trois semaines, au bout desquelles elle eut un soir une défaillance , et se retrouva, lorsqu'elle revint à die, dans le même état d'inc<^ faérence d'idées , celui dans lequd eUe avait été précédemment. Ce paroxysme continua pendant quinze jours , et fut suivi d'une autre quinzaine de jours de. convalescence, aprèâ laquelle l'afifection se renouvela encore par le récit qu'<m fit k la malade d'une maladie presque semblable.

Elle se plaignait, en général, pendant ces paroxysmes, d'une céphalalgie intense qu'elle rapportait part|pulièrement

à Voedpat. Le pools tariait de quatie-^tiigl-^ 1 cepit pal* tatioDS ; la kngae était blanche , les sdies supiirimées, el les mouyemeDts iitéguliers ; elle ne dormait pas pendant la nuit. Après le troisième paroxysme, la conyalescence fut moins parfaite qu'après les précédents ; il restait , en général , de l'excitation le soir et de l'agitation la nuit. A la fin de janvier 1829 , après une Yive irritation , elle tomba dans un état de coma , avec rougeur de la face; elle y resta pendant plusieurs jours , après lesquds elle passa dans une sorte de catalqwie ; ses yeux étaient continuellement tournés dans une direction, mais sans rien perceroir : elle restait absolument étrangère à tout ce qui se passait autour d'elle. Ses mâchoires étaient tellement serrées qu'elle ne prit rien pendant plusieurs jours. Cette constriction maxillaire se relâcha graduellement, et elle reprit la faculté d'avaler; quelques jours plus tard, elle commença à parler, après être restée treize jours sans avoir proféré une parole ; elle alla alors graduellement de mieux en mieux pendant plusieurs semaines , au bout desquelles l'état comateux revint , et fut suivi, comme la première fois , de catalepsie ; les mâchoires se serrèrent de nouveau, et la lèvre inférieure tai si fortement tirée oitre les dents , qu'elle en fUt blessée. La face et le cou étaient injectés et gonflés ; .une saignée fit cesser cette attaque. De^ * paroxysmes cataleptiques phis faibles se reproduisirent par diverses causes, telle que la vue d'un étranger ou quelque degré d'irritation morale. Dans ces attaques elle ^venait subitement immobile et muette ; les yeux restaient ouverts, mais étaient fixes et insensibles ; elle n'avait nulle conscience de tout ce qui l'entourait ; les mains étaient serrées i et les bras rapprochés du corps. Cet état durait de quelques minutes à une demi-heure; elle en sortait en poussant un cri perçant , et sans conserver aucun souvenir de l'attaque ou de là circonstance qui l'avait déterminée. Dans le milieu de mars, elle retomba dans Tincohérence d'idées et l'état d'irritation morale ; ces symptômes alternèrent avec des accès de catalepsie jusqu'au milieu d'avril , qu'un nouvel ordre de phénomènes se manifesta. Pendant qu'elle était dans l'état cataleptique, elle ramenait subitement, et par un mouvement convidsif , son corps à la position assise , la tête jetée en avant , la langue hors de la bouche et les traits renversés ;

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tes mafiis étalent serrées et fortement pressées des deux côtés de la traEchée-artère. Pendant ces attaques , la respiration semblait presque suspendue pendant quelques minutes , et dans ses efforts convulslfs pour respirer, la malade se levait quelquefois jusqu'à se tenir debout ; il fallait le secours de plusieurs personnes pour Fempécber de se jeter hors du lit. Ces paroysmes revenaient fréquemment à de courts intervalles , et ne cédaient qu'à la saignée de l'artère temporale. Us cessèrent au bout de quelque temps, et furent remplacés pdr de légères attaques de catalepsie, excitées par différentes causes aussi légères. Ce fut à cette période de la maladie que je la vis pour la première fois , avec deux médecins distingués qui lui donnaient des soins ; elle n'eut plus ensuite de retour oe ces violents paroxysmes ; sa santé générale sembla s'améliorer graduellement , sans ;qu'on pût attribuer ce changement à d'autre cause qu'à un changement de forme de la maladie , et à la précaution de l'exposer régulièrement à l'air libre. Cette tentative de traitement provoquait d'abord l'accès de catalepsie ; la malade restait tout à fait insensible pendant tout le temps qu'elle était dans la voiture, nous n'en persistâmes pas moins, et ces effets cessèrent graduellement, au point qu'elle peut maintenant faire un long voyage sans ex • citer cet état; mais il survient en général, dans ce cas, un léger retour avant qu'elle soit rentrée chez elle. Ces légers paroxysmes sont encore excités par la vue d'un étranger ou

r toutes les causes d'irritation mentale. Pendant ces accès, corps perd son mouvement, sans perdre l'équilibre : ainsi , lorsqu'elle est assise dans une chaise, elle ne s'appuie pas sur le dossier, ou même quelquefois, lorsqu'elle est assise , les yeux sont ouverts , fixes et insensibles , les bras généralement roides , mais quelquefois dans le relâchement. Ces attaques durent de quelques minutesli une demi-heure. Elle a été dernièrement prise de son accès pendant qu'elle marchait ; elle a continué à marcher avec assurance , s'appuyant sur le bras d'une personne, ou même marchant seule ; l'accès se passa ainsi , sans qu'elle s'arrêtât. EUe a été

S lise plusieurs fois de ces accidents pendant «qu'elle touchait u piano; elle n'en continue pas moins de jouer avec une parfaite exactitude , mais en répétant toujours une certaine partie de l'air, et n'allant pas au delà d'un point détermioé;

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ifle oontiùue ainsi pendant dix ndnutes » et, pendant tout oa temps, elle reste tout à fait étrangère à toute impression eoUérieure. Un jour qu'elle ayait commencé h jouer un mor-. œau de musique, nouveau pour elle , elle fut prise de son attaque de catalepsie ; elle n'en coirtinua pas moins à jouer la partie qu'elle ayait d^à jouée , et elle la répéta cinq à six fois tr^-correctement ; mais aussitôt qu'elle fut remise de l'attaque , elle ne put plus la jouer sans livre. Les menstrues étaient , chez cette jeune fille , irrégidières et trop peu abondantes , mais eUes s'étaient reproduites très-irrégulièremeikt plusieurs fois pendant la maladie, qui dure maintenant depuis dix mois.

Les longs détails dans lesquels je viens d'entrar, se justi> fient par la forme extraordinaire <k ces affections , dont il est impossible de se fidre une idée par une description génénlla. On les dbsene encore sous d'autres formes très-singulières , que je me borne k signaler très-brièvement. Une jeune fille , que j'ai vue , avec M. William Wood , avait des symptômes semblables à ceux de la cborée, et était en outre sujette à des accès dans lesquels elle proférait avec une grande rapidité ce son, edkiim, echwn, edimm, d'un ton de voix que l'on entendait dans toutes les parties d'une grande maison. Ces accès duraient souvent une, deux et même trois heures , et se répétaient plusieurs fois pendant le jour ^ même pendant la nuit ; ils étaient excités par quelque bruit subit , par la vue d'un étranger, et assez souvent , pendant la nuit , par le bruit de la pendule. Les facultés intellectuelles étaient conservées , mais la malade n'avait aucune influence morale sur la maladie , excepté que, pendant les attaques , elle peuvait, lorsqu'on le lui demandait, dianger les sons qu'elle proférait; elle y substituait alors tout autre mot qu'on loi suggérait. Cette maladie cessa graduellement tiprès avoir àmé plusieurs mois : c'est à peine si la malade retira quel" qu'avantage d'aucun moyen de traitement. On administm particul^mrat les purgatifs d'une manière longtemps coii-

dnnée. Pendant un temps considérable après son rétablissement , quoiqu'elle n'eût ^fia» de traces de sa maladie, die manifestait la plus grande frayeur de son eokitm, lorsqu'elle l'entendait émettre.

Une autre demoîseMe, que j'ai vue arec le docteur Poolé ,

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est sujette à des paroxysmes de respiration rapide et laborieuse, avec un son glapissant et aigu, et l'apparence de l'anxiété la plus grande , comme dans le croup le plus grave. Ces symptômes se manifestent sans aucun signe précurseur, pendant la meilleure santé , et continuent durant plusieurs jours si on ne fait rien pour les faire cesser. La saignée seule

S eut les terminer, et plusieurs fois une émission sanguine e trois à quatre onces a été suffisante ; une fois, il a suios de piquer le bras pour faire cesser Tacoès, quoique l'on n'ait obtenu que quelques gouttes de sang.

Le docteur Fallot de Namur a rapporté un cas fort intéressaut dd cette espèce : une forte femme de campagne eut une vive frayeur pendant l'écoulement de ses règles ^ qui furent supprimées. Quatre mois après, elle éprouva des douleurs erratiques, des spasmes et des mouvements involontaires des extrémités inférieures* Le mois suivant, les Dotembres se fléchirent avec force , en sorte que les talons todchaient les fesses, et que tout effort pour étendre ces membres déterminait les douleurs les plus aiguës. Ces accidents cessèrent au bout de cinq jours , mais ils revinrent le mois suivant à la même époque, et cessèrent après avoir duré le même temps, en laissant cependant un l^r degré de paraplégie. Les attaques furent ensuite modérée par des saignées locdes répétées , des bains de vapeur, etc. ; mais la midadie continua avec une intensité variable pendant six ou sept mois. Le flux menstruel s'étant ensuite établi réguliè^ rement et abondamment, la maladie disparut entièrement \

* Gatettt wUiùalê , voL x«

APPENDICE

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