DE LA MÉNINGITE
de son onzième accouchement, lorsqu'à la fin du (fniittième jour elle fut prise d'une tumeur dure et profonde du c6té droit du bassin, qui était sensible au toucher, et était ae^ compagnée d'une fièvre intense. Après des saignées locales réitérées et d'autres moyens, l'état fébrile se calma; la tumeur devint indolente et sembla diminuer graduellemeDt de volume. Mais ces progrès étaient très-lents, et au bout de trois à quatre semaines, cette dame était encore retenue au lit, avec un état de souffrance très-marqué: le pouls était alors calme, mais les forces de la malade avaient considérablement diminué. Sur ces entrefaites, un événement arrivé dans sa famille vint l'alarmer et l'agiter ; elle conn mença immédiatement à tenir des propos extravagants et incohérents; et, après une nuit passé dans l'agitation, eUe fût trouvée le lendemain dans la plus grande eicitation, pariant continuellement , criant et s'agitant violemment avec une expression de stupidité , et un pouls petit et rapide : elle fut traitée par la saignée locale, les laxatifs, les applications froides sur la tète, etc., avec peu d'avantage, ou même sans aucun avantage. Lorsque je la yisitai le lendemain matin , je la trouvai assise sur son lit , avec l'apparence d'une ma^ niaque; ses mains étaient dans une continuelle agitation, et elle ne cessait de tenir des propos extravagants. On m'apprit qu'elle n'avait pas discontinué un seul instant de parler depuis vingt heures. Le pouls était fréquent et faible, et l'aspect de k malade inchquait l'épuisement. En consultation ayec le médecin éclairé qui donnait des soins à cette malade , je fi^ connaître mon expérience sur la nature fatale de eette maladie, et je proposai d'essayer un traitement simulant. On lui admkiistra en conséquence immédiatement un verre à» vin , qui amena évidemment une diminution dans les accidents. On prescrivit de le renouveler toutes les heures. A la fin de la quatrième heure, elle jouissait entièrement de toutes ses fiicultés et de sa raison : son pouls donnait quatrevingt-dix pulsations , et était convenablement développé. Dès ce moment les accidents furent dissipés sans retour; la tumeur du côté droit de l'abdomen augmenta de volume, s'abcéda, fut ouverte et guérit. La santé de cette dame est restée complète depuis cette maladie, et elle «t accouchée de nouveau de la manière la plus heureuse.
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J!ai eu recours au même traitement, avec le même â\'antagef dans plusieurs autres circonstances, tant sur des hommes que sur des femmes. La plus grande difficulté est de décider les cas particuliers auxquels ce traitement est applicable : il semble que ce soit ceui dans lesquels l'excitation générale est jointe à la petitesse et à la grande fréquence du pouls, et à la pâleur et répuisement du malade. Lorsque ces symptômes existent , quelque violente que soit l'excitation générale , je ne crains pas d'y avoir recours ; et dans un grand nombre de cas, j'ai eu des motifs d'en être satisfait. J'ai essayé le même traitement , mais avec état naturel du pouls. Lorsque les battements artériels sont fréquents et développés, avec rougeur et autres signes d'augmentation de l'action vasculaire , ce traitement pourrait être dangereux.
On observe chez les enfants une maladie qui présente la même obscurité, quant aux lésions morbides, que les cas qui viennent d'être rapportés, quoiqu'elle s'annonce par des symptômes très-différents; les enfants qui en sont affectés sont, en général, atteints d'une succession d'accidents, eon- Tulsifs qui parcourent toutes leurs périodes, et les emportent en trois ou quatre jours. Cette forme d'acâdents se lie surtout à d'autres maladies, et particulièrement à la coqueluche.
Ois. 'XIX. Une petite fille de deux ans et demi était affectée d'une coqueluche légère, lorsqu'elle fut atteinte , à la fin de mai 1822, d'un mouvement de torsion convulsif des mains , dont elle avait déjà été affectée peu après sa naissance. Cet accident ne donna aucune inquiétude jusqu'au 4 de juin, qu'il se manifesta des convulsions générales avec fièvre , céphalalgie et constipation opiniâtre. On eut recours à tous les moyens actifs usités dans ces maladies ; mais les ^Mmvulsions continuèrent, à revenir plusieurs fois par jour. La coqueluche n'avait point cessé; mais elle était restée bénigne et peu intense.
Ouverture du cadavre, — H y avait une légère injection vasculaire de la pie- mère, et des points rouges dans la substance blanche du cerveau. On mît la plus grande attention à examiner tous les autres organes, et l'on n'y rencontra aucune lésioiv morbide.
Obs. XX. Un enfant de cinq ans, affecté de coqueluche,
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fut pris de céphalalgie et de fièvre le 5 juin 1823. H eut ensuite des mouyements convulsifs dans les yeux, et par instant du strabisme. Bientôt de yiplentes convulsions se manifestèrent , se renouvelèrent fréquemment, et alternèrent avec le coma ; la mort arriva le troisième jour.
A la dissection du cadavre, Teiamen le plus minutieux ne fit reconnaître d^autre désordre qu'un état plus vasculaire de la pie-mère dans plusieurs points.
Obs. XXI. Une petite fille de trois ans et demi avait, depuis plusieurs jours , une fièvre légère , avec un peu de toux ; on ne la considérait pas comme sérieusement indisposée , et elle était assise à table le soir du 5 avril, lorsqu'eUe perdit subitement la parole , et fut atteinte bientôt après de convulsions générales. Elle resta ainsi en proie à de violentes et continuelles convulsions , avec insensibilité complète , pendant plusieurs heures : cet état ne cessa que dans le courant de la nuit ; elle reprit alors la faculté d'avaler, qu'elle avait perdue. On put lui administrer un purgatif qui eut une action puissante. Le 4 , les' mouvements convulsifs reparurent avec une grande violence ; il y eut une succession de paroxysmes c^tinuels pendant toute la journée, et dans les intervalles la malade était dans le coma : la mort arriva de bonne heure le lendemain.
On ne reconnut à la dissection du cadavre aucune trace de maladie qu'une injection vasculaire des membranes du cerveau , et un gonflement des veines de sa surface.
J'ai conservé des notes sur plusieurs cas dans lesquels j'ai observé les mémeS symptômes et la même obscurité dans les désordres reconnus à l'ouverture du cadavre. C'est particulièrement sur des enfants très-forts et d'une bonne santé , de l'âge de deux à trois ans, que j'ai observé ces maladies , qui sont généralement devenues fatales vers le troisième jour, et maigre des traitements différents.
Il est inutile de multiplier des exemples qui ne servent qu'à montrer toute l'imperfection de nos connaissances sur les maladies cérd[>rales. Voici cependant un cas dans lequel il semble que la maladie qui nous occupe est survenue pendant le cours d'une autre affection cérébrale, et a déterminé immédiatement la mort avant que la maladie encéphalique primitive soit distinctement caractérisée.
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Ois. XXn. Un enhnt de quatre ans, d'one famille dans laquelle plusieurs enfants avaient ^à succombé à la même affection sous différentes formes, avait, depuis dix à douze jours , un état fébrile qui ne s'annonçait encore par aucun symptôme alarmant ; les accidents semblaient même se calmer, et le jour où la mort survint , ce petit malade avait été considéré comme convalescent par deux médecins du premier mérite. Dans l'après-midi de ce même jour, sa mère observa que ses veux devenaient subitement fixes : immédiatement après, la plus violente convulsion se manifesta et continua , sans interruption , pendant cinq heures , après lesquelles^ le malade périt.
^ On trouva à Touverture du cadavre un épanchement considérable dans les ventricules, et un ramollissement déjà fort avancé du septum-lucidum et de la voûte. Indépendamment de ces désordres , il y avait une injection trè^endue et très-prononcée de la pie-mère.
L'inflammation de l'arachnoïde et de la pie-mère semble quelquefois suivre une marche moins aiguë; elle peut se prolonger pendant un temps considérable, passant d'une partie des membranes à une autre , et produisant ainsi une succession de symptômes différents , §elon les parties qu'elle affecte. Une dame que M. Howship a observée, et dont il a consigné l'histoire dans ses Observations pratiqves sur la chirurffieetPanatomiêpaihologique, fut atteinte d'une violente céphalalgie , d'impossibilité de supporter la lumière , et de paralysie du bras et de la jambe gauches. Au bout d'un temps assez court , la paralysie disparut ; mais le bras continua à être si douloureux , qu'il resta presque inutile à la malade. La céphalalgie continua ; au bout de deux mois , elle s'étendit en arrière , au cou et au dos. Une rétention d'urine se manifesta; il survint alors une violente douleur pulsative ' au dos et aux reins , mie contraction eonvulsive des épaules, et une douleur partant du dos au travers de la poitrine. Cette dame fut enfin prise d'une violente douleur de la tête, du cou et de tout le corps , en sorte qu'elle ne pouvait même remuer un seul membre. Elle mourut graduellement épuisée Après quatre mois de maladie.
A Pouverture du cadavre on trouva un épanchement serreux sous l'aradmolde , avec une couche de lymphe coagu-
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lable étendue sur les parties supérieures, latérales et Intérieures du cerveau , et sur la partie antérieure de la moelle allongée : les mômes désordres se prolongeaient sur les mem» branes de la moelle épinière.
L'inflanmiation chronique de la pie-mère et de raradi- DOïde se présente sous différentes formes; elle consiste quelquefois dans un épaississement des membranes elles-mêmes ; d*autres fois elle s'annonce par une fausse membrane déjà ancienne, et dans certains cas elle est compliquée avec l'affection tuberculeuse de la pie-mère.
Un monsieur,, sur lequel le docteur Powel a rapporté une observation consignée dans le cinquième volume des Transcuiiions du collège des médecins de Londres, après une céphalalgie légère qu'il ressentait depuis quinze jours, tint des discours incohérents , et tomba dans une grande stupeur; les pupilles étaient dilatées, et il n'articulait plus les mots d'une manière distincte : il mourut dans les quinze jours suivants. La pupille de l'œil droite était plus dilatée que celle de l'œil gauche, et peu de temps avant la mort, le côté droit fut frappé de paralysie. A la dissection du cadavre , on trouva un épan'chement dans les ventrictdes , et de la lymphe coagulable déposée autour du pont de Yarole. A la partie antérieure du lone moyen ( l'auteur ne dit pas de quel hémisphère) , la pie-mère était fort épaissie, et à sa surface interne adhéraient de petits tuberciûes du volume de petites tètes d'épingles. Il y avait de semblables tubercules sur d'autres points de cette membrane , et spécialement où elle pénètre entre les circonvolutions.
Les tubercules de la pie-mère ne semblent pas une maladie commune; cependant le docteur Clark en a rapporté un exemple tr^-remarquable dans le Journal de Médecine d'Edimbourg ( t. v, p. 261 ). Voici cette observation : « Un homme de trente-cinc| ans, adonné à l'ivresse, fut pris de fièvre et de toux , suivies de vomissements, de selles sanguinolentes, d'assoupissement et de mussitation; mais il ne fut pas tout à fait retenu chez lui par ces accidents pendant quatorze jours , au bout desquels son état devint plus fl<- «heur. La céphalalgie devint violente; la toux plus forte; il y eut des soubresauts, de l'assoupissement et de la surdité; le poulsdoouait cent seize pulsations, la langue était
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tkebe et brune. Il se manifesta alors du délire, Timpossilulité de supporter la lumière , et un certain degré de coma ; mais U fut soulagé par la saignée , et le pouls descendit à quatre-Tlngt-seize pulsations ; il mourut subitement le vingtquatrième jour. La veille, il avait été levé et avait mangé avec appétit. A la dissection du cadavre , on trouva la duremère perforée de petits irons , dans lesquels étaient engagés de petits tubercules d'aspect charnu. Ces tubercules sem- Maient naître de la pie-mère, et n'avoir aucune connexion avec le cerveau. Plusieurs avaient le volume de petits pois , et étalait reçus dans des dépressions du crâne, dont quelqùestmes avaient deux lignes de profondeur. L'arachnoïde était épaissie, et adhérait en plusieurs points à la pie-mère. En d'autres lieux une couche de lymphe coagulable était déposée entre ces deux membranes. Il y avait un peu de liquide dans les ventricules.
L'épaississement des méninges et leur adhérence mutuelle que l'on rencontre dans plusieurs circonstances, sont proba- Ûement les résultats d'une inflammation chronique. Wepfer, Wiliis et d^autres écrivains ont rapporté des exemples de ces lésions trouvées sur des individus affectés d'anciennes céphalalgies. On a rencontré les mêmes altérations sur des cadavres de sujets maniaques depuis longtemps. Le docteur Powel rapporte l'histoire d'un homme qui avait été deux ans maniaque, et qui mourut en démence. Cet individu avait eu par intervalles irréguliers des attaques de convulsions dans lesquelles le côté gauche du corps avait été plus affecté que le droit. Une fausse membrane , de l'épaisseur de trois feuilles de papier à écrire, couvrait tout l'hémisphère droit du cerveau ; elle s'amincissait en s'approchant de la partie inférieure de cet organe, et elle disparaissait graduellement à sa ba^ ; il n'existait à gauche aucune trace de maladie.
Aoie du iraducUur sur les signes de la méningite.
Les symptdmes généraux des inflammations encéphaliques ont été bien Indiqués par plusieurs écrivains ; ils sont assee connus aujourd'hui pour n'être igno« rés d aucun praticien au courant de la science; il y a néanmoins des cas dans lesqods le diagoostic est très-obscur. Telles sont, par exemple, des maniés aiguës qui ne dépendent évidemment pas d'une lésion cérébrale , que l'examen des orga:nés après la mort puisse faite reconnaître, quoique l'oo ait observé pendant la vie
SI
tom let MymfftàmM qui aont coaridërés eonu— orac^fairtiyiai de» nwladtf aaçéx phaliques; tds sont encore des délires aigus symptomatiqnes de maladies des prtndpiutz'Viseères, sans qu'il existe aaconepUegnMoie corâmle. On peatos» pendant établir qm'ilj a une maladie cërébraM dans tous Im casoàietooatnat les symptômes exposés par M. Abercrombie, dans la descriptiim générale de» diverses formes des maladies encéphaliques , qui a fait l'objet de la première sec* tioo de cet ouvrage. Mais lorsqu ou veut pénétrer au delà des signes généraux d'une inflammation cérébrale , il est beaucoup plus difficile de porter tua diagne«« tic aussi exact; les Incotitudes ae nlnltipbâl^ et les cas eauxptioMids àj^ritm* neut plus nombreux. C'est surtout ce qui arrive lorsque l'on veut préciser si l'inflammation a son siège dans les membranes ou dans la pulpe cérébrale ; et & plus forte raison , si l'on entreprend de déterminer le siège préicis de la maladie dans telle ou telle région de l'encéphale. Un diagnostic aussi piécis n'est peut<ctrè pas d'une grande utilité pour le traitement de b maladie^ et l'on concoli qM M* Abercrombie ne s'en soit pas occupé ; mais on doit regretter qu'il n ait pas résumé d'une manière générale les sjmptdmes qui caractérisent spécialement la méningite. Il est utile, sons beaucoup de rapports , de ne pas confondre les pUeguasies des membranes avec cdles de la pulpe cérébrale; noua aBons doue tâcher de préciser les signes caractéristiques de la méningite, en prenant pour ppint de départ les faits que M. AbercBombie a rassemblés dans cette section.
Le plus grand nombre des sujets des observations précédentes étaient jeonet ; il est généralement reconnu que, dans les maladies cérArales diez les enfants, les phénomènes spasmodiques ont une intensité beaucoup plus grmde que cbes les adultes, tandis qu'au contraire les dérangements des &cult^ iniellectncIteR sont plus prononcés chez les adultes que chez les enfanu, lorsque la maladie, par son siège et par sa nature, détermine une altération de ces facultés. Cette absence presque complète, mais non complète comme on l'a avancé, du âêtim danâ les mabdiei encéphaliques des enfants qui détemlnent cet aeddent •« pk| haut degré chez des adultes , est un tait physiologique d'une grande importanoe si on le rapproche de cet autre que les manies ne s'observent presque jamais chez les en£«nts.
ft«sq«e tontes les méningites qui ont été l'objet des observations que M. Akr*. crombie a réunies dans cttte section , ont aflecté en même temps sur les mtmn sigets difUércntes régions de l'encéphale ; aussi serait-il difficile d'en tirer parti
Eonr établir le diagnostic de l'inflammation de telle ou telle portion des méninges, {en qu'évidemment cette distinction soit souvent possible. Nous ne chercherons donc point k l'établir ici ; il nous faudrait allonger, sans beaucoup d'utilité , cette note, en y nusembhint un assez grand nombre de faits. Mais il Àaitodje d« Caire, cette observation , pour expliquer pourquoi npus ne comprendrons pas dans la. description générale de la méningite, des signes qui, bien que très-prononcés , et en apparence d'une grande importance, n appartiennent cependant qu'à rin> flammation de telle ou telle r%ion : tels sont les vomissements qui appartiennent aux araçhnmdites des v^tricules, de la base du oerveaA, et des parties latérales des lobes moyens ; la rigidité du cou qui appartient à l'arachnoîdite du mésooèphale, quand die n'est pas le symptôme d'une inflammation de la pulpe de li| même partie; le délire qui, bien que très-o»mmun dans les arachnolditrs de la^ convexité, ne manque jamais dans celles des lobes antérieucs, et dans cdles des ventricules.
La méningite a été précédée , dans U. moitié des cas réunis par M. àhercrombie, de prodromes appropriés par leur nature, à une maladie encéphalique, et même à une inflammation encéphalique : tels ont été des épistaxb fréqvcntrs,
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uM e^piulal^é constwat» ou «e reproduisant trés-frëquemmétit, de f*hi«>niiite, de k pesantenr dans les yem , un éut fëbrile Yagne , des douleurs d'OrdOes , des nau^ et des -romissements coïncidant arec les redoublements de la céphalalgie, quf ont précédé rinTasion de la maladie câractërisée, et cpii ont continué CQmme symptÀines pendant tonte la durée de la méningite chez un certain nombre' de malades. Tons ces accidents s'expliquent aisément par l'Imminence d'une méningite ; on le Toit à posteriori , mais il serait difficile de déterminer précisément à Criori , d'après ces signes , si c'est d'une méningite plutôt que de toute autre maidle encépnallqae , qu'ils précèdent l'inrasion. Dans pîus'^ de la moitié des cas , rencéphidit« méninglenne éclate sans prodro* mes , et. c'est plus souvent vers le soir qu'elle se montre subitement par des aoddents intenses , «1 qui s'annoncent immédiatement comme graves. Cette explosion subite des accidents , par laquelle se manifeste la méningite , s'obseiHre n^me lorsqu'il y a eu des prodromes, et même des prodromes intenses ; elle ne se présente pas, en général, aussi brusquement dans l'inflammation du tissu du
Les sjmptdmes de l' invasion de la méningite s'observent sous deitz formes qui paraissent dépendre de l'âge des malades plutdt que du siège de la maladie sur différents pc^ts de l'encéphale. Ces deux formes d'accidents ne s'en présentent pas niàns , l'une comme l'autre , souvent réunies chez les mêmes sujets. La première forme sons laquelle se montrent les phénomènes d'invasion de la méningite, consiste dans l'explosion dA convulsions avec fièvre modérée; car il est rare qu'avec les convulsions intenses , qui annoncent l'invasion de la maladie, le poids soit très-fréquent. C'est surtout chez les enfants que la maladie débute de cette manière. Chez les adultes, la deuxième forme d'accidents d'invasion est j^ns ordinaire ; elle consiste dans une céphalalgie , avec fièvre vive et un certain d^ré d'abattement de peu de durée. C'est avec ces symptômes d'invasion que coïncident les nausées et les vomissements constants dans certaines méningites ; il est assez commun de v(^ se manifester simultanément , et indiquer de prime abord toute la gravité de la maladie qui commence , la céphalalgie débutant brusquement avec la fièvre, les convulsions, et même le délire, dans les méningites o& il se montre â cause du siège du mal.
La méningite marche avec des symptômes différents , suivant la forme qu'elle a prise dès son début ; si elle a commencé par une violente attaque de convulsions , l'abattement, la stupeur , et souvent même le coma tout à faif caractérisé, succèdent k l'atta^e, et sont proportionnés à son intensité et à sa durée. Ce n'eA que lorsque les convtdsions s'apaisent que le pouls prend beaucoup de fréquence, et cette fréquence, toujours considérable , est néanmoins proportionnée k l'intenaité de la stupeur on du coma. Si les convulsions ont été peu intenses ou peu prolongées , et surtout si l'abattement et là stupeur qu'elles laissent ne sont pas extrêmes, il y a toujours de la céphalalgie et du délire, si la maladie siège dans nne partie dont l'inflammation soit de nature à déterminer la manifestation de cet necident. Lorsque la méningite a débuté par la cépbalal^e , la fièvre et un certain degré d'abattement, on l'on voit le délire, s'il doit y en avoir, se manifester immédiatement , ou il se jpint k an mouvements convuïsifs plus ou moins faiUer, qui n'ont pas d'abord nne longue durée , se renouvellent ensuite et se prolongent, ft dtement avec le coma. Le délire est très-souvent borné à une simple loquacité on i de la rêvasserie, et les convulsions sont fréquemment , surtout chez les sujets adultes, limitées à des contractions spasmodiques des muscles de la face et ^s nusdes moteurs des yeux.
^ sympt^Ms sttivvncs ne manquent dans aucune méningite : cé|>halalgle
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plus ou moins intense ou plus ou moins vivement sentie, faisant qadqtiefoi* pousser des cris perçants aux malades, et d'autres fois n'étant annoncée que par l'acUon comme automatique de porter ^ main k la tète ; convulsions , depuis les spasmes l>omés à quelques musdts des yeux ou de la face jusqu'aux mouvements les plus violents de tous les muscles ; abattement, depuis la langueur et le sentiment de courbature jusqu'au coma le plus profond ; insomnie et agitation suivies de somnolence et même de coma ; pupilles osciUantes , se contractant qudquefoi» très-peu par l'action de la lumière, ou dilatées et peu mobiles, ou même tout a fait immobUes ; le pouls constamment très-fréquent, devient souvent lent et même plus lent que dans l'état naturel qOand il y a coma ; il est le plus ordioaircm<nt irrégulier. , ■, i
La réunion du coma et des convulsions sur les mêmes malades, présente toujours cette particularité , que ces deux symptômes sont inverses l'un de l'autre. Au plus haut degré do coma , il y a quelquefois encore des convulsions revenant par accès ; mais elles interrompent le coma dans lequel il y a cependant souvent un état de spasme tonique des muscles de quelques régions, et par exemple des yeux et do cou. Au plus haut degré du coma, les malades perdent toute sensibilité et périssent dans l'éut carotique pas l'oppression des forces. Au plus haut - d^ré des convulsions , ils perdent également la sensibilité, et ib meurent quelquefois dans l'épuisement des forces. On vit bien plus longtemps dan» un état comateux que dans les convulsions ; aussi lorsque cet accident se prolonge avec intensité, ou lorsqu'il tend k se renouveler fréquemment, la mort arrive-t-elle trèsvite ; c'est ainsi que le sujet de l'obs. XXi est mort en cinq heures*
Jjes paralysies locales , les vomissemenU, le délire, le renversement de la tête en arrière, le hoquet, le strabisme, la mutité, la paracousie, la surdité, M manifestent dans la méningite suivant le siège du mal, et selon qu'il a produit une congestion sanguine plus ou moins étendue, des épanchemenU sanguins, séreux, pumlenu ou pseu^membraneux. Ces symptômes sont d'une grande importance» mab ils ne sont pas parUcuIiers à la méningite, et ils ne se montrent jamais sou» les formes que nous venons d'indiquer dans les antres inflammations encéphaliques, comme on le verra d'ailleurs par l'histoire des inflammations du tissu céreliral , qui est l'objet de la section suivante.
Il n'y a aucun rapport rigoureux et constant entre la forme et l'intensité des accidents, et les altérations inflammatoires profondes. Sur des sujeU morts dans Texalution du délire frénétique et avec de violentes convulsions, on peut trouver une méningite suppurée, tandis qu'après les mêmes symptômes on ne trouvera dans le plus grand nombre de cas qu'une méningite can^risée par nne forte injection générale de la pie- mère et par une légère opacité de l'arachnoide. C'est ainsi que l'on ne trouve que les mêmes lésions die» des sujets mort» dans le coma, que l'on aurait été tenté de considérer comme succombant aux effets d'un épanchement encéphalique considérable.
On peut éublir comme résulut de l'observation , qvc tant qn'fl n'existe qu'une Injection vasculaire inflammatoire du cerveau et de la pie^nère, avec une inflammation de l'arachnoïde encore à sa première période , si la congestion sanguin^ encq^khalique est modérée , on n'a que les phénomènes d'exaltation , tels que ragiutkm , l'insomnie , les convulsions , la céphalalgie intense, qui ne laissent dans leurs intervalles que l'abattement, effet de la fatiguequ'ils détennineau On a au contraire les accidents de la stupeur , de la somnolence et dn coma, loraqne la congestion encéphalique est très-considérable , ou lorsqu'il s'est fait un épanchement séreux , sanguin ou purulent très-abondant , sur une grande surface du cerrean extérieurement, on dans les ventricules, ou mène seulenmt lorsç[ue, par
DB LA ■ÉKlNfilTE. 89
satee ieU phlegOMsle eUsi-mème^ la quantité de floicle e^plialo-rachi«tten est rapidanent devenue trop cnnstdërable.
La congestion cérébrale est quelquefob si grande au dâ>ut même de la méningite, qu'dle ilonne & l'invasion de la maladie, l'apparence de l'invasion d'une apoplexie ; si cette apparence se continue , elle annulle tous le» autres symptômes habituels delà maladie, pour ne laisser d'évident qu'un état comateux avec extinction de la sensibilité générale , qui devient bientôt plu» prononcé encore , si à la congestion cérébrale succède, comme cela arrive en effet dans les congestions qni persistent , un épanchement séreux dans les cavités encéphaliques.
n y a , en dernière analyse , dans les méningites deux ordres de phénomènes très'distincts : les phénomènes d'hyperstimulation cérébrale et les phénomènes d'e ccJlapsus ; il est aisé de concevoir comment ces phénomènes , qu'il est si facile d'expliquer par la nature et le siège de la maladie qm les détermine, coïnddeat et s'endiainent. On en tire aisément aussi des inductions^ pour k diagnostic, 1» pronostic et le traitement des méningites , maladies qui sont si rapidement mortdks , quand on ne se rend pas proroptement maître de l'inflammation qui lesctmstitue. A. N. G., trad.
SECTION V
DE L^OIFLAnMATION DU TISSV CÉBÉBRAL.
L'inflammation du tissu cérébral s'annonce par (les symp^ tûmes très-variables. Ces variétés de symptômes dépendent probablement de l'étendue de la maladie et de la partie du cerveau où elle a son siège. La phlegmasie s'annonce <{uelquefois par une céphalalgie suivie d'un délire violent , auquel succède le coma ; d'autres fois éclate pr une attaque subite de convulsions. Une des formes les plus fréquentes et les plus graves , est celle qui se caractérise par la céphalalgie, suivie de convulsions dans un ou plusieurs membres , lesquels sont immédiatement après frappés de paralysie. L'invasion de la maladie a dans quelques cas une telle ressemblance avec une attaque ordinaire d'hémiplégie qu'il est trèsdifficile de l'en distinguer , et il est intéressant de remarquer que dans ces cas la maladie peut n'avoir pas dépassé dans le cerveau l'état d'inflammation simple , quoique les symptômes aient suivi leur marche ordinaire, et soient arrivés jusqu'à ceux du coma terminé par la mort.
Les modifications qui se présentent dan? la marche de la maladie, dépendent surtout des modes de terminaison; ces modes de terminaison sont particulièrement les suivants :
I. La phlegmasie de la substance cérébrale peut se termi ner dans la période inflammatoire; on trouve alors une cer-
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taine portion du tissu cérébral devenue très-rouge sans aucun changement déstructure.
n. Le ramollissement simple, dans lequel une partie du cerveau est réduite en une masse pulpeuse molle , conservant sa couleur naturelle, sans qu'on trouve aucune trace de suppuration , et sans aucune odeur fétide; ce ramollisse^ ment simple constitue souvent le seul désordre morbide; mais il se rencontre aussi fréquemment combiné avec les désordres qui viennent d'être indiqués. Une portion de la partie malade présente alors une couleur très-rouge, tan(iis que l'autre est simplement ramollie.
m. Le ramollissement avec les caractères que nous venons d'indiquer , est souvent combiné avec la présence d'une certaine quantité de matière pundente.
lY. La suppuration non circonscrite n'est peut-être qu'une modification du ramollissement; mais elle se caractérise par la prédonùnance et la plus grande proportion de matière purulente dans le tissu lésé. On trouve alors dans le cerveau une large cavité non circonscrite , à bords déchirés , remplie en partie de matière purulente fétide, et en partie de substance cérébrale désorganisée : autour de ce foyer, la pulpe cérébrale est ramollie et désorganisée.
V. Abcès circonscrits ou enkystés. Il se forme alors une cavité régulière, bien circonscrite, généralement revêtue sur ses parois d'un kyste mou , et entourée de substance cérébrale saine.