‹ Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinièreChapitre 9 sur 59 · VI. Ulcération de la surface du cerveau · texte numérisé non relu

VI. Ulcération de la surface du cerveau

Le degré d'activité avec lequel la maladie suit sa marche détermine aussi des modifications ; on observe en particulier dans la forme chronique de la maladie, que les accidents se continuent pendant un temps considérable; sans marcher vers une terminaison funeste, ou qu'ils offrent des rémittences comme si la maladie était périodique.

Les observations suivantes fçront connaître les différentes formes qui viennent d'être indiquées.

§. P'. Phlegtnasie du tissu cérébral devenue fatcUe dans sa période inflammatoire,

Obs. XXIII. Une femme de vingt-six ans étaîl d'une mau-

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taise santé depuis huit mois. Les symptômes mwbides qu'eUe ayait éprouvés avaient commencé par une violente cépha- Jalg^ie et des attaques fréquentes de convulsions. Ces accidents ayant cessé au bout de quelque temps, furent remplace par de la toux , une hémopthysie , la respiration courte et accélérée , et la rareté des urines, ta gêne de la respiration survenait par paroxysmes , pendant lesquels la malade respirait de quatre- vingt à quatre-vingt-dix fois par minute j elle restait quelquefois dans cet état pendant plusieurs jours , durant lesquels son pouls était constanunent accéléré. Après plusieurs mois de durée , ces accidents se calmjèrent entièrement sans qu'on eût rien fait pour les faire cesser. Cette fenune devint alors sujette à de violents paroxysmes de douleurs dans l'abdomen, de dysurie et de vomissements. La douleur avait particulièrement son siège dans le c6té dn^t de l'abdom^, qui était gonflé, tendu et douloureux à la pression. Ces paroxysmes étaient suivis d'un écoulement abondant de matière puriforme par le vagin, qui amenait un soulagement temporaire dans la douleur. La dernière fcHS que je vis cette malade , quelques semaines avant sa mort , il y avait un gonflement général et une tension de tout le eM droit de Tabdomen, qui était extrêmement sensible au loucber, et laissait l'impression de l'existence d'une maladie organise fort, étendue. Je n'ai point vu* cette femme dans sa dernière attaque , qui eut son siégea la tête ; eUe se naaifesta par une violente céphalalgie, l'impossibÛité de supporter la lumière, et la fièvre. A ces i^emiers accidents saooédèrent des convulsions, qui se terminèrent par le coma, dans lequel la malade périt environ une semaine après i'invasion des accidents cérébraux.

A l'ouverture dsa cadavre , qui fut faite en ma présence, on trouva la surface du cerveau colorée en plusieurs places en un rouge brun. Cette teinte ]^nétrait par endroits jusqu'à un pouce de profondeur dans la substance du cerveau. Ces altérations ftirent. particulièrement observées à la partie Aipérieure et «atérieure des deux hémisphères, et à la partie postérieure de l'hémisphère gauche. Les parties ainsi affectées , étaient plutôt plus moites que le» autres parties en cerveau : on ji^eait qu'elles étaient pkis^vasculajres aux li;«Htdettes de Mng qui s'en écoulakf t lonqu'on les divi-

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sait. Les parties profondes du cerveau étaient saines /et 11 n'y avait aucun épanchement de sérosité : les parois dusinuf longitudinal, près de sa partie postérieure, étaient turné^ fiées , au point que sa lumière était considérablement diminuée; la tension de l'abdomen, qui était si remarquable quelque temps avant la mort , avait disparu ; on ne trouva aucun vestige de maladie dans aucun des viscères du ihorta , de Tabdomen et du bassin.

Obs. XXIV. Une demoiselle de quarante ans avait, de* puis quelque temps, des irrégularités dans l'écoulement menstruel , que l'on regardait comme les préludes de sa cessation. Quelques jours avant l'attaque dont il va être question , les menstrues vinrent si abondamment , qu'elle tomba dans un état de faiblesse , dans lequel elle était- le 26 octobre 1825. Le soir de ce jour , en se levant subitement de son siège, elle tomba sur le plancher, dans un état de syncope, dans lequel elle ne resta que peu d'instants, sans éprouver ensuite aucun autre accident. Elle ne dormit point dans la nuit , mais elle n'eut aucun symptôme particulier , si ce n'est sur le matin, qu'elle ressentit une légère douleur à la partie postérieure de la tête. Quelques instants après , elle était assise sur son lit, mangeant son déjeuner avec appétit, lors^ que, sans aucun prodrome, elle tomba à la renverse dans les plus violentes convulsions générales, avac tous les caraotères d'une épilepsie complète. Ces convulsions cessèrent bientôt, et la laissèrent dans le coma ; l'accès reparut au bout de quelque temps : de neuf heures du matin jusqu'à quatre heures du soir, elle eut environ quinze attaques de coavul* sions générales des plus intenses ; elle ne reprit point sa connaissance, même au plus faible degré, entre ces attaques. Durant tout ce temps, elle ne put rien avaler ; les yeux étaient insensibles à la lumière , les pupilles étaient contractées , k face était pâle et livide ; le potus variait considérablement ; il était quelquefois assez fort et fréquent : à d'autres instants , spécialement après les convulsions , il était fréquent et faible. On eut recours aux saignées générales et locales , et l'on fit des applications froides sur la tête. Les convulsions cessèrent à quatre heures du soit; la malade resta dans le coma avee le pouls faible ; le coma continua toute la nuit. Le 28 au matin , elle revint un peu à elle ; elle commenct k pouvoir avt-

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Ict dm lîcfnides, et die sembla reconnaître ceux qui l'enlourajent. Elle eut pendant toute la journée les yeux ouverUt^ suivait parfois des yeux les objets qu'on lui présenUit ' mais elle ne donnait que peu d'apparence de connaissance; eue nomma cependant une fois ou deux sa sceur. Le pouls resta presque dans l'état naturel; il était cependant plus faible • im laxatif qui lui fut administré sembla la souWer, mai» eUe ne reprit pas plus de connaissance. Les convulsions re-

Crent dans la nuit ; elles n'étaient pas aussi intenses que . emiere fois, mais elles étaient très-fréquentes; elles se reproduisaient parfois tous les quarts d'heure. Le 29, la malade était dans le coma , elle semblait épuisée : la déglutition n'était jjus possible; les yeux étaient insensibles; les pupflles étaient naturelles; le pouls était faible et avait sa ftéquenœ natureUe. Au milieu de la journée, elle reprit la fiMïulté d'avaler, qu'elle perdit bientôt après. Le soir, les convulsions revinrent, les forces se perdirent rapidement; elle pént dans la nuit. Aucun accident de paralysie n'avait été observé, les convulsions semblaient aflfecter égalerfient toutes les parties du corps.

Ouverture du cadavre. — Une petite quantité de liquide 8 échappa à l'ouverture de la dure-mère : on remarquait sur te surface du cerveau trois petites taches qui ressemblaient à une l^ère ecchymose. A l'incision de l'hémisphère gauche , on trouva à sa partie supérieure une portion arrondie de substance cérébrale d'une couleur rouge-brune. Cette portion de tissu malade, parfaitement circonscrite, avait environ le volume d'une noix , et était entourée de substance ce- Ivraie saine; elle ne paraissait pdnt différer, par sa structure et sa consistance, des autres parties du tissu cérébral. La surface d'une section pratiquée au travers de cette partie malade, présentait une multitude innombrable de petits points rouges entremêlés de points jaunes. Ces dernière étaient cependant les moins abondants : cette altération se trouvait au-dessus du ventricule, environ au centre de l'hémisphère. Dans la partie exactement cofrespondante de Thé mispfaèredroit, se trouvait. une lésion morbide exactement identique, si ce n'est qu'elle était légèrement ramollie à son centre. Le cerveau était du reste sain , et il n'y avait aucun épanchement dans les 'ventricules. L'arachnoïde de la base

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était remarquablanent injectée du côté droit; le cerrelet était sain. Au centre de la moelle allongée se ti^ouvait \mb petite portion brune qui semblait le résultat de Feitrayasion d'une ou deux gouttes de sang.

J'ai observé cette malade avec le docteur G. Wood.

* [ Le fiut qui a été l'objet de l'observation suivante^ peut être rapporté à la forme de maladie qui nous occupe ; il offre un exemple de lésion plus avancée, et approchant de l'état de ramollissement.

Dus. XXY. Un homme de trente-six ans, vivant dans lintempérance, avait eu plusieurs attaques d'un état voisin du delinum tremens : mais avec quelques symptômes d'apparence apoplectique. En octobre 1829, il sortait d'une de ces attaques; et jouissait d'ime bonne santé. Il alla à la campagne : le 6 novembre il fut surpris , dans une partie de plaisir chanqtétre, par une légère attaque d'épilep^; le lendemain il eut tme seconde attaque, après laquelle il conserva beaucoup d'incohérence dans sa conversation. Une troisième attaque plus violente encore l'atteignit dans sa voiture, le 8, en revenant à Edimbourg. Après l'emploi des moyens ordinaires, il se trouva mieux les 9, 10 et ii novembre. Le 12 il était agité et fort excité; il montait et descendait fréquemment les escaliers sans aucun motif; le soir il eut un l^er retour de convulsions. Le 15 novembre, il fut retenu au lit et eut quekpies incohérences dans les idées. A la nuit il eut une nouvelle attaque de4X)nvulsions. Le 14 « l'incohérence de ses facultés intellectuelles fut complète» Dans la nuit il eut une violente attaque par suite de laquelle il resta plusieurs heuies dans les convulsions ; le poub était fréquent et faible. Après ces convulsions , il resta sans parole avec un certain degré de paralysie du côté droit. Il jparaissait cependant reconnaître ceux qui l'entouraient , et il faisait des efforts pour parler. Le 15 et le 16 il resta dans le même état : le 17, la paralysie fit des progrès , et le pouls devint plus fiûble; il tomba mfin dans le coma complet , et mourut fel9.

Ouverture du cadavre. -^^K l'ouverture du crâne on re-

* Tout ce qai se «rowve cooipiis «titre les f ] nous a M adrcMé en nunascrlt parTautear. A. R. Q., frml.

ou CCRVUfJ. 91

iBBiquait OD aspect tout particulier du lobe moyen de lliémispfaère gaudie, dont toute la surface était d'une couleur Imine-Foufe, inclinant à la teinte pourpre. Cette teinte s'étendait à toute la substance du lobe moyen ; die se perdait progressivement dans l'épaisseur des lobes antérieur et postérieur; en s'éhugnant du lobe moyen , elle s'éteignait enfin dans l'état normal du tissu cérébral. La partie ou cerreau ainsi idfectée, était notablement plus molle que la pulpe cérébrale saine ; elle n'était cependant pas désorga»iisée ni affaissée; il y avait un épanchement peu considMl)le de liquide à bi base du crftne. Le cerveau n'avait du reste aucune autre altération que celle indiquée. ]

§. n. Inflammation oMbf aie êws fonne chronique,

Ok. XXYI. Une demoiselle de vingt-deux ans tomba malade le 20 février 1817. Pendant la prendère semaine sa maladie esai l'apparence d'une fièvre continue. Dans la seconde semaine le pouls perdit de sa fréquence, et la langue se nettoya et s'humecta, tandis que la céphalalgie resta vicrfente et s'accompagnait de pesanteurs et de battements dans la tète : elle avait l'air trèSHoJïattue , et parfois elle vomissait. La saignée, les purgatifs, les vésicatoires, l'application du froid, apportèrent du soulagement ; mais le 5 mtrs la douleur revint avec une grande violence; elle s*accompagna de battements intenses et d'un certain degré de strébisme. On obtint encore un soulagement passager et partiel par les mêmes remèdes. La douleur ne disparut pas complètement; mais elle M moins intense que dans les violents paroxysmes. Les battements dans la tête furent constants ; le puk variât de quatre-vingtrquatre à quatre-vingt-dix pulsatiods. Le ii , il y eut un violent paroxysme de céphalalgie , suivi de convulsions. La malade fut encore soulagée par une saignée; mais le iS , elle perdit la mémoire : elle eut de la connisioii dan» les mecs , de la difficulté à articuler, et de l'engourdissement dans le bras drdt et dans le côté droit de la face ; le symptème le jdus remarqu(d)le était la perte de sensibilité au toucher dans cette partie. Ces phénomènes disparurent le lendemain; mais la douleur continua à revenir par paroxysmes. Le 34, la marche périodique des accidents était si ken

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caractérisée, que , par le conseil d'ua médedo habile , on eut recours à l'administration de Parsenic. Ce médicament ayant occasionné des nausées» fut suspendu au bout d'une semaine. La malade resta pendant quinze jours et plus presque dans le même état, constamment confinée au lit, avec de fréquents retours de la douleur, mais sans avoir d'attaque vio • lente, jusqu'au 20 avril; le paroxysme revint alors avec une grande intensité, avec des vomissements , de la douleur dan» l'abdomen, et la vision d'objets doubles dans Faccès, pendant lequel le pouls était naturel. Au commencement de Aiai, la violence du mal commença à diminuer. Le 20, la malade put quitter son lit, et de ce moment son rétajslissement s'opéra graduellement. Aussitôt qu'il fut confirmé, il se manifesta au cou un gonflement glanduleux ccinsidérable, qui resta stationnaire pendant plusieurs mois. Elle eut une santé tolérable pendaut l'été et l'hiver suivant ; mais elle i<estasujetteà la céphalalgie et à des battements dans la tête , qui l'obligèrent à suivre le régime le plus sévère. An printemps de 1818 il survint de violentes douleurs de poitrine, aprâ lesquelles cette demoiselle conunença à souflTrir de nouveau de la tête , dans laquelle elle éprouvait une sensation de pesanteur, et parfois des étourdissements. Au commencement de juin , elle eut plusieurs attaques qui ressemblaient à des syncopes ; le pouls cependant conservait une certaine force; elle perdit ensuite par instmts la mémoire, et ses idéef devinrent légèrement incohérentes. A ces symptômes succéda la tendance à la stupeur, qui fut diminuée par instants par les purgatifs, et par l'application répétée des vésicatoires. Le pouls resta généralement pendant ce temps de quatre-vingt-seize à cent pulsations, et la malade était pâle et semblait épuisée. A mesure que ces accidents se prononcèrent, les douleurs de poitrine disparurent, et après différents retours des accidents vers k tête , on la trouva sans parole le matin du 5 juillet. Elle avait les yeux ouverts, et elle paraissait distinguer les objets ; le pouls était faible et battait de quatre-vingt-dix à cent fois par nunute; la face était pâle. Cet état continua le 4 : le 5, le coma était augmenté; k déglutition était devenue impossible, et le cùté droit était paralysé. Le 6, rétablissement de k déglutition; pouls k cent trente pubatioiis ; sei traits exprimaient qu'elle

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jouissait cte ses fecnltés intellect ôeUes ; les yein étalent dans fétat naturel ; mais elle ne faisait aucun esôrt pour parier. Le 7, efle étaR dans le même état ; elle prit des fleurs dans la main gaudie , et elle sembla s'en amuser ^ le côté droit était paralysé ;'il y ayait une grande constipation. Le 9 , elle était plus accablée ; le 10 , le cerna était complet , et le pouls donnait cent trente pulsations ; elle mourut dans la soirée.

Ouwrhuredu'cadaorg, — La dure-mère adhérait étroitement à l'héml^ère gauche du cerveau dans l'étendue d'un écu de trois francs , vers le milieu de l'hémisphère , près de la faux. En ce point, une portion du cerveau , du volume d^me grosse n(»x , était eitérieuremrat d'une couleur rouge foncé. Cette rougeur se voyait d'un côté à la surface supérieure , où les membranes adhéraient au cerveau et à la surface interne au contact de la faux. Divisée par riifetrument tranchant , cette portion sembla pllis dense que le tissu cerébrfti sain , excepté au centre , où eHe était ramolMe , comme approchant de la suj^ration. A la circonférence de cette partie malade la couleur rouge fducé s'étendait à environ un deml^ouce. Sft partie centrale était d'une. couleur cendrée, et offrait des points bnms-rougeâtres disséminés. A la sur&œ^ supérieure où4es membranes adhéraient , il y avait une Unisse membrane de l'étendue de l'adhérence , et la dure-mère ^ait en ce point épaissie et spongieuse. Les parois du sinus longitudinal paraissaient aussi ^aissies au point où ce vaisseau se trouvait en contact avec la portion malade du cerveau. Les poumons étaient tuberculeux dans une grande étendue, et la plèvre diaphragmatique du côté gaudie était rugueuse et irrégulière , à cause d'un grand nombre de petites granulations qui formiuent à sa surface des excroissances dures ressemblant à des verrue».

Ok. XXVII. Je suis redevable an diocteur Hay d'une observation recueillie sur une demoiseUe de soixante ans , qui fut frappée , à la fin de- septembre 18^ , d'une attaque d'apoplexie, avec paralysie partielle du côté* droit ; elle fut soulagée par la saignée, et parut se rétablir jusqu'au 8 octobre suivant , qu'elle eut une deuxième attaque. Elle ne perdit pas alors connaissance , mai» die se plaignit d'une forte pulsation dans tout le corps, particulièrement dans le côté

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drdt ; le bras et la jambe de ce côté forait dencNivetu fhip^ pés de paralysie ; dès Ion elle perdit graduellement la faculté de se servir de ses membres , d'abord de la jambe et ensuite du bras. Elle avait parfois des retours de la sensation de battement ; elle appliquait souvent sa main au eôté droit de la tête , où elle se pldgnait de sentir du malaise ; on observa même que pénoant son sommeil sa main était fréquemment portée vers cette partie. La constipation était considérable. Le docteur Hay eut recours , de la manière la plus méthodique, et sans aucun succès, aux moyens ordi^ nairement ugités dans ces cas. Les forces diminuèrent graduellement , et la mort arriva le 26 décembre , i^rès une semaine de coma , dans lequel la malade perdit la faculté d*avaler.

Ouverture du cadavre, — La dure-mère adhérait très-soUt à la partie supérieure Bce cérébrale correspon- 3 que dans l'état naturel ; aur rouge- vif. Cette paret demi de haut en bas, ibstance cérébrale envipie les autres points du s le tissu cérébral, on [u volume d'une noisette; e l'autre; le corps strié ouge presque purpurine, ta à la surfoce de l'inci • \ très-grand nombre de oit était sain; il y ava^ ( les ventricules latéraux; es de sang dans l'un et un grand nombro de pe- ( vaisseaux de la sur&ce rampaient entre ses drde sang, et même daes les plus profondes, iik lymose *.

* Cette observation egt remarquable par la {orme des accidents qui ce iont mamfetfés dut la malade qui en a éi^ le siqet. D'après 1rs iAém trvp abMlnb

M CBRtBAir. 95

§* m. Dm pa$êagê dm iûêu cMbmi mfiammi à VHst th rrnnoUissemêHt,

Om. XXVIII. Une petite fille de sept ans dépérissait depuis environ deux mois ayant sa mort ; elle avait un peu de

qu'Os se iont sur le siëge et la nature tie l'apoplexie, on ne peut douter que beaucoup de médecins, appelës auprès de cette malade, n'eussent considère les phénom^es apoplectiques et paralytiques comme l'effet d'un ëpanchement sanguin, d'une hëmorrhagle dans le cerveau. Il n'est pas inutile, aujourd'Iiui que l'on semble porté k expliquer les phénomènes morbides par des lésions anatomiqoes trancJiées, d'insister sur cette forme particulière des inflammations encéphaliques, qui donne à leur invasion tous les caractères de l'apoplexie la plus franche. L'observation suivante fournit un exemple de cette forme de la maladie, et met à mène de bien analyser les rapports qui existent entre la phlegmasle cérébrale et fextravasation du sang dans le tissu enflammé.

0>s^ XX VII ht», Elisabeth Marc, âgée de 60 ans , n'avait jamais éprouvé de Budadie sérieuse, et jouissait d'une bonne santé, lorsqu'elle fut atteinte .d'une certaine gène dans la parole et d'une légère distorsion de la bouche. Elle n'eut ancvne consdencede ces accidents, seulement elle se plaignait d'inappétence. Huit jours après l'invasion de ces prodromes , die fut frappée subitement de perte de connaissance complète, et elle tomba sur le carreau; un médecin lui pratiqua 4eux saignées du bras , lui fit appliquer des sangsues aux tempes et des sinapismes aux extrémités } revenue & die , cette femme conserva de cet état une faiblesse tdie qn'dle ne pouvait quitter son lit. Elle essaya une fois de se lever , mais die tomba sur le carreau , elle put cependant se rdever , mais avec grand* pdne, sans secours étrangers. Les urines coulaient involontairement; die ne pouvait retenir ses matières fécales ; les mouvements des bras étaient imparfaits ou très'bibles , car la malade ne pouvait fixer die-mème son bonnet sur sa tête. Cependant elle ne conservait aucune céphalalgie intense fixée d'un cdté ou de l'autre de k tète; die jouissait de Tintégrité de toutes Mi facultés intellectneOes. Cet état durait depuis cinq semaines quand elle tomba tout à coup sans connaissance; les yeux se fermèrent; die i^u sans parole et dans un éut tout i fait apoplectique; on eut de nouveau recours aux émissions sanguines, aux lavements purgatifs et aux drastiques administrés par la bouche; l'état comateux diminua , mais les mouvements restèrent gênés ; c'est alors qu'elle fut transportés \ l'hdpita), dans mon service, le 12* jour de la 2* attaque. Je recueillis de ses parents les détaHs que je viens de rapporter , et je la trouvai dans l'état suivant, le 3S février 1834 : eUe avait la conscience de tout ce qui se passait autour d'elle; die répondait lentement , mais sensément aux questions qui lui étaient adressées. Coudiée sur le dos , die ne faisait aucun effort pour changer de position. La paupière supérieure de l'oeil gauche était abaissée , les efforts de la malade étaient impuissants pour la mouvoir ; die portait ses mains pour rdever ce voile membraneux et mettre l'osil a découvert. La paupière supérieure de l'œil droit était abaissée aux deux tiers ; la malade ne la soulevait qu avec peine ; les globes oculaires étaient très-mubiles ; les pupilles étalent dilatées. I^ malade jouissait de Tint^rité de sa vision ; la commissure droite de la bouche était entraînée en bas et & droite ; la langue avait conservé sa position , et était facilement sortie de la bondie ; la nwhide se plaignait d'avoir la bouche aroèrc , et de ne prendre ses

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l»iix , «t eHe était dans le marasme, mais son appétit était toujours bon. Le 22 juillet 1826 , eUe eut de la colique, de la diarrhée et quelques vomissements. Ces symptômes furent diminués par les moyens ordinaires , mais la petite malade

«limento qu'avec beaucoup de dcgoùt ; l'ouïe était un peu dure, la sensibilité était conservée sur toutes les parties du corps ; le membre thoradque gauche étaZt dans un état de demi-paralysie de mouvement, qui se reconnaissait à ce que la malade ne le soulevait que difficilement et Ifutement, et le laissait immédiatement retomber | ce membre était demi-fléchi et très-légèrement contractaié. Le membre pelvien gauche n'était aussi mu par la malade qu'avec une très-grande difficulté; elle disait qu'il était lourd ; la parole n'était rétablie que depuis le matin. Lorsque la malade buvait, die avait une petite toux et de légères angoisses , comme si le liquide tendait à passer en partie dans la glotte. La peau éuit chaude et sèche ; le pouls pedt, fréquent et régulier. La malade avait la conscience du besoin de rendre ses urines et ses matières lecales. Elle ne se plaignait d'aucune doulegur , même & la tète.

Le l«r mars, le bras gauche était complètement paralysé, mais la malade rernukit les doigu, quoique difficilement : il était tenu demi-fléchi par les fléchisseurs contractés. La jambe gauche avait aussi perdu de ses mouvements depuis la veille , mais 4 un moindre d<^ré que le bras ; la langue ne pouvait plus être sortie de la bouche; la paupière supérieure gauche était toujours abaissée ; les Eacultés Intellectuelles restaient intactes et la parole facile; la malade n'exprimait la sensation d'aucune douleur. Le soir , elle était tombée dans un état de, rêvas* série continudle, avec somnolence; on l'en faisait fadlement sortir; elle jouissait de toutes ses facultés intellectuelles , et répondait sensément aux questions qu'on lui adressait. Près, application de moxas derrière les apophyses mastoides.

L'état de la malade resta le même jusqu'au 5 mars;, la somnolence avatt disparu après l'application des moxas, mais le 5 mars , la chaleur de la peau devint vive, et la malade eut delà loquacité; elle conservait toujours ses^eulté^ intellectuelles , et ne se plaignait d aucune douleur* La paralysie porsiÂniit au même «Icgré et dans les mêmes partie^ , sauf aux paupières qui avaient recouvré leurs mouvements. Le 8 mars , elle tomba dans le coma ; les évacuations alvines , qui avaient été jusque-U abondantes et faciles sous l'influence des boissons stibiées , s'arrêtèrent. La contracture du bras gauche paralysé cessa ; la respiration devint haute et ralentie ; la dose du tattrs stibié dans les boissons fut augmentée. Le 9 mars, le coma éuit moins profond; la malade en sortait lorsqu'on l'exciuit, mais elle restait sans parole ; elle faisait des efl^rts pour montrer la langue. La peau de l'avant -bras gauche était tout à fait insensible; il y avait eu, depuis la veUle des évacuations alvines assez abondantes; \f soim l'état comateux devint plus profond» Le 10 , la malade était dans le coma le plus profond ; il y avait une résolution généride des membres; la peairlëtait généralement chaude et injectée, le pouls fréquent et faibla, la respiration accélérée et légèrement stertoreuse; la mort arriva le 11 mars.

Ouverture du cadavre , pratiquée 42 heures après la mort.-— Les vaisseaux superficiels du cerveau n'étaient pas gorgés de sang ;' les méninges ne présentaient aucune altération ; le ventricule latéral droit contenait environ une once de sérosité limpide ; il n'était pas dilaté, ses parob éuient saiurs ; les vaisseaux

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conserva des colique^ et de la toux. Troià ou quatra jours après, elle eut de la céphalalgie, et sa parole fut sensibtement embarrassée; elle se plaignit aussi vers cette époque de douleurs dans Foreille droite ; on avait bien remarqué

artërids «t veineux de Yhémis^ière droit, suivis dans U scissure de %lviB«) étaient sains ; leurs rameaux presque capillaires pénétrant dans le tissu du cerveau, étaient gorgés de sang. On remarquait sur la base de rhémisphère droit, ^x Hmites inférieures ctpostérient^ du lobe antérieur droit , et aux limites inCérienres et antérieures du Idie moyen droit, près du bord inférieur de l'himi»jihire droit, une circonvolution tuméfiée sur laquelle on ne trouvait cependant , ni dans les vaisseaux , ni dans les méninges , aucune trace de maladie» Une incision transversale pratiquée sur cette circonvolution, conduisit k une ligne et demie k deux lignes de profondeur , dans une cavité distendue par de la sérosité jaunâtre, idsqueuse, ayant l'apparence do l'huile. Cette sérosité était logée dans une cavité anlractueuse qui aurait pu contenir un petit œuf. Dans cette cavité se tnmvaît une pseudo-membrane molle, flottante, très-ténue, n'adhérant que faiblement à une petite partie de la surSice supérieure du foyer. Deux petits fragments de matière jaune verdâtre, demi-liquide, d'aspect tout à fait purulent , de deux on trois lignes de diamètre, flottaient dans la cavité de cette pseudo-membrane dans le fluide visqueux qui la remplissait. La partie supérieure et interne de ce foyer était lisse et formée par la pulpe cérébrale légèrement ramollie et contenant un lacis très-serré de vabseaux capillaires fort injectés. Cette surface ainsi pourvue d'une très-grande quantité de capillaires rouges correspondait à la partie profonde du corps strié. Dans le reste de leur étendue les parois de ce Coyer étaient anfractueuses , déchirées, et parsemées d'un grand nombre de petite caillots de sang coagulé , mal circonscrite , mélangés et incorporés avec du tissu cérâural, mou, désorganisé, rouge, jaune grisâtre, formant une pulpe désorganisée que la chute d'un filet d'eau entraînait facilement. Antérieurement ce foyer se prolongeait jusqu'à huit à dix lignes de profondeur dans le lobe droit antérieur par un processus à parois rougeâtres, sablées, moins, molles que les parms du foyer, mais évidemment formées aussi par la pulpe rougie, mélangée et comme malaxée avec du sang. Jusqu'à sept à.huit lignes autour de ce foyer le cerveau éuit très-injecté et pénétré par un très-grand nombre de capillaires engorgés. La pulpe cérébrale reprenait progressivement sa densité normale à me. sure qu'on s' éloignait du foyer. Tout le tissu de l'hémisphère droit du cerveau était légèrement augmenté de densité , et dans cet éut de congestion sanguine qui se caractérise par l'aspect sablé de la surface d'une section transversale de l'organe.

L'hémisphère gauche préseouit, dans la cavité du ventricule latéral, environ ■ne once et demie de sérosité diaphane; cette cavité était lég^ement agrandie. Tout cet hémisphère offrait aussi une injection de ses capillaires sanguins, moins prononcée que dans l'autre hémisphère, mais évidente aussi par l'aspect sablé d'une coupe faite au travers de l'organe.

Les sinus de la base du crâne étaient engoi^és de sang noir récemment coagulé ; le ventricule cérébelleux , le cervelet , la protubérance annulaire , le bulbe rachidien étaient sains. Il en était de même des viscères des antres cavités. .

U aérait sans doute difficile de déterminer si cette maladie a débuté par une simple eztravaaation de liquide dans le tissu cérébral « on si cette extravasation

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auportfiot^ dans one ou deux oocasiont, de là dMcoKé dans la pafole. Le 37, le docteur Beilby la trouva affectée de c^alalgie et de douleur dans roreiUe, ayec un embarras considérable de la parole et un pouls petit et ftéquenl. Les deux jours suivants la douleur diminua considérablement , et les symptômes se rai^rocbèrent davantage de ceux d'une fièvre continue. Je la vis le 50 ; elle était dans un coma considérabte , au point qu'elle pouvait à peine répondre à une question ; le pouls donnait quatre-vingt-dix pulsations ; kg

■ été l'effet «fane maladie Inflammatoire primitive du tiAsn de l'encéphale. Si cependant j'avais i prononcer k cet égard, je dirais qa'il me paraît très- probable que la maladie a débnté par une eztravasation de liquide dans la pulpe cérébrale déj4 malade, mais malade dans une petite étendue. J'attribue à la maladie pen étendue de la pulpe les prodromes éprouvés par la malade, savoir, la gène de la parole et la distorsion de la boucbe. L'explosion apoplectique de la maladie me semble correspondre au moment de l'extravasation qui s'est opérée dans le tissu nndade qneUe a dû achever de détruire. Si en effet, la maladie de la pulpe cérébrale eûtpersisté autour du foyer d'eztravasation , la forma^n du kyste réparateur , qui était d^à assez avancée, ne se fdt pas établie dans un tissu cérébral déjà presque désorganisé par unephlegmasie antérieure. La formation des kystes de cette espèce se fait par une inflammation de la même nature que celle qui détemrfne les cicatrices ; cette inflammation n'est plus possible dans le tissu cérébral déjà fort altéré, et ce qui le prouve , c'est ce fait qui résulte des observations, que dans ces cas la nature travdUe à former le kyste au delà, de ce tissu altéré qui est annulé ensuite de la même manière que le sang extravasé lui-même. Ce sen^ donc une manière inexacte d'apprécier les choses, que de juger de la quantité et de l'étendue de l'épancbemeut par l'étendue wdu kyste lui-même. Car ce kyste » originairement enveloppé et le fluide épanché et le tissu cérébral entièrement désorganisé, soit par le fait de l'épanchement lui-même, s(4t par une phlegmasie antécédente.

La formation du foyer rapportée à la première attaque est d'accord avec ce que l'ouverture du corps a démontré ; la formation d(^ avancée du kyste ne pouvait se rapporter à la deuxième attaque. Cette dernière a marqu^llnvasion de l'état inflammatoire dont le cerveau écait le siège, et qui est devenu la cause de la mort. Le principe de cette inflammation se trouve dans la désorganisation locale d*une partie de l'hémisphère droit , comme le principe de l'augmentation de sérosité qui estait dans le ventricule, était dans la congestion «ub.inflammatoire de toute la masse cérébrale.

Quant aux symptômes que cette maladie a présentés , ils ont été en rapport avec les lésions trouvées à l'ouverture du cadavre ; les détails qui viennent d'être donnés le démontrent suffisamment. H faut cependant signaler ce fait important de l'absence de la douleur céphalalglqAe dans une lésion cérébrale si grave. Cette absence s'offre assex souvent dans les phlegmasies limitées à U pulpe cérébrale, elle est très-rare dans l'inflammation des méninges. L'absence du délire doit être nuiaU remarquée , les méninges étaient saines , et , quoique •oit le désordre dans le tissu cérébral , le déBre n'est pas produit par la pUeg- *--*-"-*-^icetteaubsuiice. A. N. G., tre<l.

BU CXtTSAU;

piqiflkft éfaiefit très-ratées , et il y ayait un retour de cephalaigie considérable. Le 31 , elle ne parlait plus , le coma était presque complet ; le pouls donnait quatre-vingts pulsations ; le même état durait le 1'^'' août , mais le pouls {nouait de la fréquence. Le 2, elle commença à avoir des con^ Toisions qui n'occupèrent que le seul côté droit du corpsç 1^ membres gauches semblaient frappés de paralysie , ou au moins on n'y observa jamais aucun mouvement , même pendant les convulsions du côté droit. Les paroxysmes continuèrent à se renouveler pendant quatre ou cinq jours ; elle tomba alors dans un état de coma absolu ; et elle périt le dix. Elle avait conservé la faculté d'avaler les liquides déposés dans sa bouche, et elle semblait reprendre à un léger degré le raou^vement du bras jgauche.

Ouverture du cadavre, — A l'enlèvement de la dure-mère, on remarqua plusieurs plaques de fausses membranes à la surface externe de l'hémisphère droit , surtout suivant les sillons des circonvolutions , et pénétrant profondément dans leurs interstices. On trouva, en divisant cet hémisphère, une portion circonscrite de son tissu dans un état d'inflammation récente , ol&ant une coideur rouge uniforme et une consistance naturelle. Cette portion avait envinm deux pouces et demi de longueur de devant en arrière , un pouce environ de largeur et autant d'épaisseur ; elle se continuait antérieurement avec une autre portion , d'un pouce au moins <kuDs toutes ses dimensions , qui était dans un état de ramdlissement complet et d'une couleur blanche jaunâtre ou cendrée. Cet état n'était évidemment qu'un degré plus avancé: du premier ; car la partie enflammée devenait graduellement pks mc^e à mesure qu'elle s'approchait de la partie ramolne. Sur toute cette partie de rhémisphère correspondante à la partie enflammée , toutes les circonvolutions étaient adhérentes lésâmes aux autres dan» toute leur étendue , parle d^t d'une fausse membrane très-solide; il y avait, une. semlidable adhérence du lobe antérieur au lobe moyen. Ily avttt un épanchement peu abondant dans les ventricules ,' mais les parties centrales du cerveau étaient -saines : on. (Ah servait dans diffî^entes parties du cerveau des tubercules très-ténus. A la base du cerveau , à la jonction du pédon^e gauche avec la protubérance annuhiire , il y avait une masse

iOO INFLAniiTHm

irrégulière de matière tuberculeuse, mêlée mec de la ma-, tière pseudo-membraneuse; un très-grand nombre de petits tubercules , presque tous à Tétai de crudité, se trou- \ai^t dans les poumons. Sur la membrane muqueuse intestinale , spécialement à Textrémité inférieure de Tiieum , on observait un très-grand nombre de très-petites taches noires , dont quelques-unes^' examinées à la loupe , semblaient entourées d'un petit cercle inflammatoire.

Obs. XXIX. Une dame de vingt-quatre ans avait été longtemps sujette à de violentes attaques de céphalalgie, qui revenaient à des intervalles irréguhers, et qui étaient excitées par diverses causes, telles que le séjour dans des chambres chaudes et des exercices du corps. Elle avait , avec peu d'avantage, eu recours à différents traitements; sa santé générale ne s'était cependant pas altérée, et eUe se rétablissait très-bien de sa deuxième couche , par les soins du docteur Mackintosh, lorsqu'elle fut prise, vers le commencement de la deuxième semaine, d'une violente céphalalgie avec acca* blement considérable. Une saignée la soulagea ; elle continua h être assez bien pendant plusieurs jours , quoiqu'elle se plaignit parfois de céphalalgie. Le dimanche, 14 février 1827^ après une nuit troublée par du délire léger, eUe se plaignit dans la journée de malaise jjtans la tête, et d'un sentiment particulier d'engourdissement dans le derrière de la tête et dans le cou; elle resta néanmoins assez bien, et conservant toutes ses facultés jusqu'4 dix heures du soir; elle se plaignit alors subitement d'engourdissement et d'affaiblissement dans la main droite. Cette sensation s'étendit rapidement au bras, qui devint bientôt entièrement paralysé : la malade ne tarda pas à perdre la parole , et la bouche se contourna. Elle fut immédiatement saignée ; je la vis aussitôt après cette d^létion sanguine; ses regards annonçaient Qu'elle jouissait de ses facultés intellectudles, mais elle ne faisait aucun effort, pour parler. Le pouls était vite et faible. Le bras droit , entiè> rement paralysé, offrait un certain degré de rigidité.La jambe droite se paralysa quelques, heures plus tard. Cet état resta le. même jusqu'à trois heures du matin, où elle fut prise de violentes convulsions générales, affectant les deux côtés du corps, mais plus violentes dans le côté gauche. Les convulsionsi se renoi^elèrent trois fois jusqu'au milieu de la jour-, -

DD CERVEAt. 101

née dd iS^ les attaques conyulsives devinrent ensuite beaucoup plus fi^uentes ; elle ne donna depuis lors aucune trace de sentiment. La déglutition avait été gênée dès le début , mais <^que effort qu'elle faisait pour avaler ramenait les convulsions générales. Durant ces attaques, les tiiaits du visage étaient très-contoumës, mais également des deux côtés. Les membres gauches étaient atteints de violentes convulsions, tandis que le bras droit, dans un état de contraction et de roideur spasmodique, était le sîége d'un tremblement. Les convulsions, très- violentes et très-fréquentes, se renouvelaient quelquefois toutes les demi-heures, et chaque attaque était de dix à quinze minutes. Le pouls était généralement Tq>ide, par instants extrêmement faible, et parfois d'une certaine tbrce. La respiration était tantôt fk^ente et convuMve, et tantôt lente et oppressée, comme aux derniers instants de la vie. On aurait jugé à certains moments que là mort arriverait dans quelques minutes ; cette dame ne succomba cependant que le 16 au soir , quarante-huit heures rès son attaque. Dès le deuxième jour la rigidité du bras it avait disparu ; ce membre resta entièrement paralysé, excité lorsqu'il était affecté de convulsions.

Ouverture du cadavre. -«-A la surface supérieure de l'hémisphère gauche et entre les circonvolutions existait une ecchymose considérable , produite par une couche très-mince de sang extravasé entre l'arachnoïde et la pie-mère. A la partie supérieure de cet hémisphère les veines étaient remarquablement engorgées ; elles étaient distendues par du sang «rir, formant un coaguhim très-solide et comme organisé, dans lequel on distinguait des portions blanches éguement solides. Les parois de ces vaisseaux semblaient épaissies. A leur embouchure dans le sinus longitudinal , la lumière de ces veines était remarquablemen|, diminuée, partie à cause de l'épaississement de leurs parois , et partie à cause du dépôt d'une matière blanche à leur surface interne. Dans la substance de l'hémisphère gauche, au centre de son diamètre longitudinal, et vers la partie extérieure et au-dessus du niveau du ventricule, se trouvait une partie parfaitement circonscrite , du volume d'une petite noix environ , dans un état de ramollissement complet , mats conservant entièrement sa couleur blanche naturelle. Immédiatement au-dessus

102 nviJUUUTiQEi

de cette partie, et se continuant avec elle, se trouvait une portion considéraliile du tissu cérébral dans un état de rougeur foncée comme dans les cas précédemment décrits. Le cerveau était du reste sain; il n^sxistait qu'un petit point ramolli sur rhémisphère droit.

Les docteurs KeUie et Scott ont été témoins de cette observation.

§. IV. RamoUissetnent étendu du corps strié,

Obs. XXX. Un homme de vingt-cinq ans fut attaqué, environ quatre ans avant sa mort, de difficulté de respirer; le cœur battait avec force, le p|Ouls était irrégulier et il y avait des accidents d'hydropisie ; il éprouva, au bout de quelque temps, une amélioration considérable, mais au bout d'un an et demi il devint de nouveau hydropique ; il fut subitement pris, vers ce temps, de paralysie du côté 'gauche du corps , de délire et de coma. Le coma ne dura que quelques

Î'ours, et en quelques semaines le malade recouvra si bien 'usage de ses membres qu'il put reprendre les travaux de son état de menuisier. l\ fut cependant bientôt bbb'gé de les interrompre, à cause des battements de cœur violents qu'il continuait à ressentir , et qui s'accompagnaient d'un pouls petit et irrégulier et de beaucoup de dvspnée. En mai 1831, il fut encore attaqué de paralysie du coté gauche, avec coma et déb're, et il se rétablit en quelques semaines. Ces deux iie ne s'accompagnèrent d'aucune douleur ois de mars 18^3, une céphalalgie intense talade perdit la mémoire , fut oris de paralie et tomba dans le coma. Il se rétablit quelques seoiaines, au point de pouvoir âdents thoraciques persistèrent. Le 20 ocme quatrième fois rrappé de paralvsie àa t en même temps une violente oouleur n point particulier sur la suture coronale, ite, à une lég^e distance de cette suture, indiqués s'était joint le délire maniaque ; e et irrégulier, la bouche était déviée et . — o»^..» .w»...i; il ^éprouva en peu de temps une amélioration telle qu'il put*marchcr avec un appui, traînant sa

jMBbe , mail étant par instants dans le délire. €él état per • flista jusqu'à quelques jours de sa mort; la paralysie devint alors complète : eue s'accompagna d'un yident délire et de quelques convulsions, inais il n'y eut pas de coma : la mort arriva le 47 décembre.

Ouverture du cadavre, — On ne trouva rien d'insolite à la siirface du cerveau, ni aucun épanchement dans les ventricules. Le corps strié droit était eitérieurement d'une couleur jaune sombre. A l'incision , on le trouva, dans toute sa substance, dans un état de ramollissement considérable, s'étencÛtot à une grande profondeur. La pulpe ramollie était m^ée à une substance qui ressemblait , jusqu'à un certain point , à du pus; une membrane très-ténue séparait du ventricule le tissu ramolli au point d'être devenu presque fluctuant. Il y avait aussi un ramollissement dans le corps strié gaucbe, mais il était trcè-peu étendu. Le coeur avait, dans toutes ses parties, un très-grand volume; le ventricule droit' était épaissi; le ventricule gaucbe était augmenté de capacité sans ^Mississement. L'oreillette gaucbe était considérablement dilatée; elle contenait une grosse concrétion polypeuse organisée , solidement fiiée à ses parois : cette concrétion sanguine s'était formée par couches successives, eomme celles qui sent dans un sac anévrysmal.

§. V. Inflammaiien du cerveau etma forme ehrenHque, «tw* rmmeUisêement d*une petite étendue et symptèiéMa remartpmblee.

Ow. XXXÏ. Un homme de vingt-sii ans, d'une constitution pléthorique , avait , depuis deux ou trois ans , été atteint quelquefois de céphalalgie et de vertiges , mic des déplétions avaient toujours soulagées. Le 12 avril 1827, pendimt qui! marchait dehors , il ftit pris d'étourdissements et de vertiges, avec embarras de la parote et paralysie considérable de la jambe droite. 11 était pâle, son pouls donnait soixante-dix pulsations et était mou ; il ne se plaignait d'aucune céphala%îe. Le docteur Combe de Leith mit en usage , avec activité , et sans beaucoup de succès, le traitement ordinaire. Au bout de qud^ues jours ce malade commença à se plaindre de do»leor aiguë à iBi tête, et il ei]^ des vomissementa et des hoquets.

104 INFLABUHTiON

Les autres accidents perslstaieiit cqpendanl presque an nème degré. La parde était pénible et lente, et la mémoire était tn^-altérée. Ces accidents cessèrent après quelques semaines de traitement , au point que le malade put sortir , mais la céphalalgie continua avec de fréquents vomissements. U rapportait particulièrement la douleur au c6té droit de la tête et quelquefois à Tocciput; il se manifestait parfois de Teiigourdissement dans le bras droit. Lorsque je le vis dans le mois de juillet, avec les docteurs Ck)mbe et Kellie, il se plaignait surtout d'attaques fréquentes et irrégulières de vomissements se renouvelant tous les jours, ou même plu-, sieurs fois par jour. Le vomissement survenait subitement , sflois nausée préalable ; le malade était souvent éveillé pendant la nuit par une attaque subite de vomissement. Il avait le visage p&le et languissant ; il n'était point paralysé et ne se plaignait que pu de la tête. Lorsqu'il sentait une douleur à. cette partie, u la rapportait tantôt à un lieu, tantôt à un autre. Lors(pie cependant le siège de la douleur de tête était Inen détemuné, il était soit à la tempe gauche , soit k Tocciput. La céphalalgie étant alors passagère et peu intense, et les symptômes du côté de Festomac étant très-prédominants, il était fort douteux qu'il y eût encore une lésion encéphalique. Les vomissements dirent d'abord arrêtés par Tadmimstration de Foxide de bismuth , au point qu'ils ne reparurent plus pendant plusieurs jours, mais ils revinrent bientôt avec la même intensité qu'auparavant, avec une augmentation de la faiblesse, de la langueur et un mauvais appétit; il n'y avait que peu de dérangement dans le pouls. Il était 4 faible des men^bires, que lorsqu'il se levait pour se tenir debout il chancdait , et qu'il lui fallait quelque temps et de l'attention pour prendre l'équilibre ; il marchait cependant ensuite avec, une assurance tolérable. Ces accidents persistèrent jusqu'au 27 octobre , qu'il fut subitement pris de convulsions violentes et continues, qui se terminèrent par la mort en neuf heures.

On trouva , k l'ouverture du cadavre , dans le lobe moyen de l'hémisph^ gauche du cerveau, au niveau du ventricule latéral, une portion du tissu cérébral d'un pouce et-demi de longueur , sur un pouce dans les autres dimensions , ésm no état de ramollissement complet. Les parties voisines

f le

DO ŒBVEAU. 105

blal<ail extraonfioflârement vasculaires. La protubérance animlmie «t le pcNit de Yarole , étaient moins denses que dan& L'état oaturd, mais d'ailleurs sains. On ne trouva aucune autre trace de lésion morbide dans la tête, et tous les autres Yiscères étaient sains.

n est inutile de signaler toutes les particularités remarquables de cette observation. L'invasion subite du mal , si seml^lable à une attaque ordinaire de paralysie, doit avoir ^ en rapport avec le commencement de l'inflammation. ISR symptômes remarquables qui se sont manifestés du côté de l'estomac, les progrès du mal et le mode de terminaison de cette maladie , donnent à ce £Bdt une grande importance pour l'histoire de cette maladie cérébrale. Dans l'observation suivante, on rencontre les mêmes désordres morbifiques, avec une série de symptômes très-différents, mais avec une remarquable similitude dans le mode de terminaison.

Obs. XXXII. Un homme de trente-huit ans avait eu, pendant deux ans avant sa mort , plusieurs attaques d'épilepsie» desqudles néanmoins il s'était toujours promptement rétabli Le matin du 27 décembre 1827 , il fut trouvé dans son lit privé de parole et paralytique du côté droit. La parole revint dans le courant de la journée ; la paralysie continua , comme il arrive ordinairement , et au bout de quelque temps il commença à reprendre un peu de mouvement dans les parties paralysées. Lorsqu'il vint à Edimbourg , à peu près un mois q>rès cette attaque, il avait repris l'usage de sa jambe, de manière à pouvoir faire , avec beaucoup d'efforts , un ou deux tours dans sa chambre; il y avait dans les mouvements du k^un degré d'amélioration beaucoup moindre ; il articulait distinctement , mais sa bouche était considérablement déviée^ et ses facultés étaient affaiblies à un certain degré. Il consulta le docteur Thomson, et sous l'influencé du traitement ordinaire, sa santé s'améliora progressivement, au point qu'au bout d'un mois il put sortir dans les rués et aller a des distances considérables, tout en traînant toujours sa jambe; il put aussi presque porter sa main à sa tête. Le soir du 22 février, il alla souper en compagnie, et il sembla remarquablement bien ; mais il se départit du régime abstème auquel on avait eu la précaution dé le tenir. Le 25, on le trouva, à huit heures du matin, dans son lit dans un état d'insensi-

i06 i^munàTioR

bffitô eomplèCe, aceompagiiée de conrvMons ^rk/kSùUb el générales, qui affectaient d'une numière pfau Intense les membres du c6té droit. Les muscles de la mee étaient cen- Yulsés , les yeux roulants dans leurs orbites et insensibles k la lumière , la respiration laborieuse et convulsiye. On eul recours , sans aucun soulagement , aux saignées et aux autres moyens actife ordinairement employés. Les conyulsions con^ tinuaient au même degré lorsque je yis le malade à 11 heures ; il mourut à deux.

Ouverture du cadavre. — Le cerresn ét<dt sain extérieurement; il n'existait qu'une adhérence ancienne des membranes près de la partie postérieure de la faux, et un épandiement très-faible sous l'arachnoïde. Les yentricules contenaient, comme à l'ordinaire, une très-petite quantité de fluide. A l'extérieur du ventricule gauche, et séparée de lui par une portion mince de substance cérébrale, se trouvait une portion de cerveau dans un état de ramdHissement complet , à devenue diffhiente. Cette partie malade avait environ un pouce de hauteur, et environ la moitié ou les tnns quarts #an ponce de diamètre à sa partie supérieure. Elle se rétrécissait graduellement en descendant sur le c6té du ventricule , et se terminait enfin tout à fait en pointe. U y avait un ramoBissement considérable d'une partie de la moelle allongée, et de llorigine du cordon rachidien : on ne put trouver, en exanunant avec la plus grande attention , aucune autre lésira morbide.

Je n'entreprendrai point de donner d'explication des accidents éprouvés par les sujets de ces dernières observatioBS , ni de les conciher avec les anciennes idées sur les maladies du cerveau. Je me contente de présenter ces faits comme ayant été recueillis avec soin et rapportés avec fid^é; ila pourront s'expOquer plus tard par orâ observations ultériettres sur cette maladie remarquable.

§. VI. Inflammation du lissu cérébral seuê forme ékroniqm , aivêe ramottiâsemênt étendu, et maladie remarquabm de Vartére haaitaire,

• Ors. XXXIIL Un jeune honmie de dix-huit ans était a^ i^té, depuis six ou huit semaines, de toux et de douleurs

Dtr cERVBAt; 107'

dAns le thorâi ; 11 éitAi considéré comme pfathlslqpie. Depuis plusieurs jours il était beaucoup mieux , lorsque le 15 décembre 1819 , il tomba subitement frappé de perte de sentiment et de mouvement , avec une paralysie au côté gauche eC contorsion de la bouche. Lorsqu'il Se rétablit en partie il se plaignit d'une violente douleur à la tempe droite; sa parole était très-embarrassée , et il semblait dans une grande stupeur. On eut recours avec beaucoup d'activité, mais sans beaucoup d'avantage , au traitement ordinaire : pendant le^ dii jours suivants l'amélioration fut faible et même nulle ; le côté gauche était toujours complètement paralysé; le coma était profond ; il ne pouvait articuler distinctement les mots : H indiquait cependant la tempe droite comme le siège de son mal ; les accidents thoraciques avaient du reste complètement cessé. En janvier 1820, son état s'améliora au point qu'il éprouvait moins de douleur à la tête, et que la jambe avait repris une grandie partie de ses mouvements; mais le bras resta tout à fait paralysé ; la toux reparut alors et s'accompagna d'une douleur considérable dans le côté droit du thorax. Aucun changement ne ftrt observé jusqu'au ib février ; il survint alors de la douleur à la partie postérieure de

it la parole et la faculté d'avaler.

'usage de la parole ; mais la dégln- I ne put dès lors le nourrir qu'avec s Testomac avec un tube de gomme ites ses facultés intellectuelles, et ir; la toux avait dfc nouveau cessé ; lence naturelle , mais il était faible, is il sembla reprendre des forces , ^usieurs fois en voiture. La jambe

^ :;oup de mouvement, m«» le bras

testait tout à fint paralytique : h â^lutitioft était toujours impossible ; la parole était libre et les fitcultés fnteyiectuelles dans leur intégrité. Il périt subitement le 20 mars.: la veille il avait été extrêmement pâle et faible sans cause déterminante.

Oiwerture du cadavre, — A Penlèvement de la dure-mère , on aperçut sur le milieu de Fhémisphère droit une dépression remarquable , que l'on reconnut à l'incision provenir de la présence d'ua ramollissement étendir. Dans ce point ^ la sub-

166 l]xn.AHMAT10ri .

stance oérébnle était réduite en une pulpe bftnche et moQe , dans laquelle on ne reconnaissait aucune apparence de pus, et qui ne répandait pas d'odeur fétide. Ce ramollissement s'étendait à toute l'épaisseur de l'hémisphère : dans le tissu , cérébral contigu à cette partie malade, il y avait un petit abcès dont le volume n'excédait pas celui d'une fève ; il était circonscrit par un kyste mou formé de lymphe coagulable. II y avait un petit épanchement dans les ventricules, et aucune autre lésion morbide dans la substance du cerveau. L'artère basilaire , dans l'étendue d'un pouce environ , était très-dilatée et dure , et complètement remplie dans cette partie par une matière solide manche , n'ayant aucune ressemblance avec du sang. Antérieurement à cette portion dilatée , un petit caillot sanguin remplissait l'artère ; les poumons étaient assez sains; mais une couche considérable de lymphe coagulable formait une masse épaisse entre le poumon droit et la S lèvre costale , du c6té gauche , immédiatement au-dessus du iaphragme.

§. YII; RamoîUssemeni combiné avec la suppuration du tissu cMbraL

Obs. XXXrV. Un homme de vingt-quatre ans était, depuis deux ans» sujet à une céphalalgie qu'il rapportait tou- , jours au côté droit de la tête. En février 1818, il contracta , la syf^ilis : il négligea de se traiter; la maladie devint invétérée et dura ^atorze mois ; durant ce temps la céphalalgie perdit de son intensité , mais elle occupa toujours la tempe droite. En juin 1819 , il se manifesta un engourdissement dans le pouce gauche, qui s'étendit graduellement au bras; il eut ensuite une paralysie complète du bras et de la jambe ' gauche , avec une douleur violente à la tempe droite. Un dé^ lire maniaque se manifesta, et dura trois jours : on le combattit avec succès par de copieuses saignées, et Îsl guérison fut complète au bout d'un mois; les mêmes accidents se re-' produisirent au mois d'août, et cédèrent encore de la même manière. Ce jeune homme continua à bien se porter jusqu'au 27 novembre, où il se plaignit d'une violente douleur dans toute la tête. Dans la nuit suivante il perdit la parole et fut paralysé du côté gauche ; les mâchoires étaient serrées ; il con-

AD gSKVEiU. 100

senrrit k lensibilité et jl exprimait ses sensations par signes ; le pouls donnait quatre-vingt-dix-huit pulsations ; il était petit et irrégulier. Le 28, il n'y eut aucun changement; le 29, le corps était roide comme dansie tétanos; le coma sur^ vint, et la mort arriva le soir.

On trouva à Touverture du cadavre la partie antérieure et inférieure de l'hémisphère droit malade dans une grande étendue; la substance cérébrale, ramollie dans ce point, était mêlée de pus d'une fétidité intolérable. Il y avait une petite quantité de liquide dan» les ventricules ; on ne trouva aucune autre trace de maladie dans aucun autre point du cerveau*.

§. Vm. Suppuration non circonscrite du tissu cér&tral.

Ok. XXXY. Un jeune homme de dix-huit ans était , depuis plusieurs années , affecté d'une surdité considérable ; il était aussi sujet à un écoulement purulent par les oreilles. Il fut affecté en 1810 d'un abcès chronique derrière l'oreille gauche ; l'ouverture de cet abcès servit i porter dans le foyer un stylet qui pénétra profondément dans les cellules mastoïdiennes : ce foyer fournit du pus pendant plus d'une année, et se guérit ensuite, laissant une cicatrice enfoncée. Depuis lors le jeune homme fut sujet à de la céphalalgie , qui devint plus violente dans le commencement de 1814. Le 14 mai 1815 , après avoir été languissant pendant plusieurs jours et s'être plaint de la tête , il fut pris d'une violente céphalalgie et de vomissements fréquents :.il fut très-oppressé, et il resta dans un état d'assoupissement , duquel il ne pouvait souffrir qu'on le fit sortir. Son pouls donnait soixante palsations. Il fut traité par les moyens ordinaires : par de larges saignées générales et locales, par les purgatitis, ^r les vésicatoires , etc. Le 15 , la céphalalgie était encore violente , mais les vomissements avaient cessé ; le pouls était toujours â soixante pulsations. Il avait eu plusieurs attaques violentes de frisson : il était abattu et porté au sommeU ,

* Je donnerai plus loin , dans un« note additionnelle à la section II de la 2* partie de cet ouvrage, une observation sur ane phlegmasie de vdnes cërébra» les , qui offre aassl un exemple mnorqnable de phlegmasie de la pulpe cérébrale

A. N. G. îraâ.

116 iifrunuTioit

mâfs 11 conservait ses fticultés. Les ma étâtent dat» Tétat naturel. Le 16, la céphalalgie avait iliminné et Taccablement était plus grand ; dès lors , il tomba dans une stupeur iticomplète dans laquelle il parlait sans cesse , mais cependant , en général, d'une manière raisonnable. Le pouls variait de quatre-vingts à cent-vingt pulsations. Il mourut le 22 sans avoir eu de coma , et d'une manière presque inattendue. Il n'avait cessé de reconnaître ceux qui l'entouraient, que douze heures environ avant sa mort. U n'avait rien éprouvé du côté de la vision jusqu^au jour de sa mort , qu'il devint aveugle. Il n'eut ni paralysie, ni aucun symptôme convulsif.

OuperiUre du cadavre. — L'hémisphère droit du certeau , dans la moitié environ de son épaisseur, était entièrement réduit en une masse de pus fétide; ce pus était fluide au centre de cette masse , et vers ses parties externes il était d'une consistance plus pulpeuse. On trouva dans cette masse quelques petits edllots de sang , et les ventricules contenaient une quantité considérable de fluide sanguinolent.

Obs. XXXYI. Un jeune homme de dix-huit ans était affecté, le 10 juillet 1815 , d'une violente céphalalgie , s'étendant à la partie supérieure et postérieure ae la tête , et accompagnée d'une douleur intense dans le cou , où eUe était beaucoup augmentée par le mouvement de la tête. U était tfès-accablé; le poids était naturel; la face était pAle, la langue était nette et les yeux dans l'état naturel. Ce jeune honmie était malade depuis trois jours , et la maladie avait débuté par un frisson. Il avait été sujet, pendant plusieurs années , à un flux purulent par les oreilles , avec surdité. Les moyens ordinaires , les saignées générales et locales , les purgatif, les vésicatoires , etc., furent mis en usage. Les saignées furent suivies , chaque fois qu'on les répéta , dHm grand soulagement ; et le sang qu'elles donnèrent était dense ; mais le soulagement ne fut que passager. Le 15 juillet , il avait eu du strabisme avec double vision : ce symptôme avait continué le 14, et avait ensuite disparu pour ne plus revenir. La céphalalgie continua à degrés variables ; elle ne provoquait parfois que de légères plaintes , et d'autres fois elle constituait la plus violente douleur : il se manifesta aussi par instant» du délire, mais il fut léger et passager. Il y aviit

»d'ificableinent,iiialsUn'eilstaitnicomi,ni uh raJyae ; la mort arriva le 17 presfpie subitement. A ma (term'ére visite , ce malade s'était hii-méme assis sur son lit avee peu de secours; il répondait distinctement aux questiona qu'on lui adressait , et il reconnaissait tous ceux qui l'entouraient. Le pouls donnait soixante pulsations ; la vision était naturelle : la mort arriva ^elques minutes aipr^ mon départ.

Ouverture du cadavre. — Toute la partie postérieure de Fbémispbère gauche du cerveau était réduite en une masse suppurée , non circonscrite. Il y avait un dépôt considérable de fympbe coagulable en plusieurs points de la suifâce du cerveau, spécialement sous les lobâ antérieurs. Il y avait une très-petite quantité de fluide dans les ventricules , et un ramollissement considérable de la voûte. Bans la substance du cerveau , près de sa base , se trouvait une petite tumeur de couleur cendrée, qui contenait une matière caséeuse presque suppurée. La partie de la dure-mère qui tapisse le temporal sur sa portion auditive était épaissie et spongieuse , et la portion de l'os correspondante à la partie midade de cette membrane avait une légère apparence de carie.

$• IX. Suppuration étendue , non circonscrite, avec épantàê' ment de sang*

Ois. XXXVII. Un honmie Agé de quarante ans se plaignait depuis deux mois de douleu» fréquentes et de battem^Dits dans le côté gauche de la tête. En mars 1814, il commença à avoir des mouvements convulsifs dans le bras et la jambe droite. Ces mouvements convulsifs se manifestaient par accès , et duraient ordinairement environ une minute. Bans les intervalles il pouvait continuer le travail de son état de forgeron. Ces paroxysmes devinrent moins fréquents après une saig^ et un purgatif, et cessèrent au bout de huit ou dix jours. U eut ensuite des vertiges , de la confusion dana les kto , et un engourdissement, considérable du côté droit. Quelque temps après il eut dans le bras droit et dans la jandk des mouvements exactement semblables à ceux qu'on observe dans la cborée. La myotilité dans ces parties s'affaiblit en même tiimps ; et après deux mois de la manifestation

iH iKrLiun&TiCMi

des accidents spasmodiques , les bras «t la jambe devinrent entièrement paralytiques. La parole fut alors gênée; les mots furent d'abord inarticulés , et progressivement la parole se perdit , au point qu'au milieu de juin fl ne pouvut articuler un seul mot. Le pouls , qui jusqu'alors avait été tout à fait naturel , commença à être fréquent. L'excrétion urinaire et la défécation devinrent involontaires ; mais les facultés intectuelles conservèrent leur intégrité. Il prenait la nourriture qu'on lui offrait , et montrait la langue lorsqu'on l'en priait ; ses yeux étaient dans l'état naturel, et l'expression de ses traits annonçait qu'il jouissait de ses facultés intellec • tuelles ; la vii^e et l'ouïe semblaient parfaites ; mais il ne faisait aucun effort pour parler. Il poussait souvent dés cris comme de douleur, en portant en même temps sa main à sa tête : fréquemment il versait des larmes. Cet état continua jusqu'à la fin de juillet ; le malade tomba alors dans le coma; et périt en trois jours.

Ouverture du cadavre, — La dure-mère enlevée , l'hémisphère gauche du cerveau s'affaissa ; il était mou et fluctuant dans toute son étendue, comme serait un sac rempli de fluide. A l'incision on reconnut qu'il existait à peine un demi-pouce d'épaisseur de substance cérébrale saine ; le reste de l'hémisphère était presque réduit en une masse liquide , formée en partie de matière purulente , et en partie de substance cérébrale dans un état de pulpe molle ; mais la plus grande partie de cette matière était du pus. La cavité du ventricule était isolée dans cette masse altérée par la membrane qui la tapisse , et contenait une petite quantité de fluide séreux. Un caillot de sang , du volume d'une noix , se trouva dans la substance de la couche optique gauche.

§. X. Abcès enkystés dans le cerveau.

Obs. XXXVIII. Une jeune fille de onze ans , mince et délicate , après s'être plainte , pendant quelques jours de céphalalgie , fut prise , le 11 janvier 1817 , de convulsions qui continuèrent pendant une demi-heure environ. Je la trou vai le lendemain avec une violente douleur de tète , et une paralysie du bras droit , qui avait immédiatement suivi les convulsions. Le pouls donnait cent pulsations; la langue

DIT CEHVEAi. f 15

ëikwle ; la fhce était pÂle et le regard languissant : elle se ifOHfa très-soulagée après une saignée du bras , Fadminis- (ration d'un purgatif et l'application du froid sur la tête. Le 43, le pouls était naturel ; la céphalalgie était beaucoup moindre, et le bras avait repris en grande partie ses mou- Tements. Le 15 , la céphalalgie étant devenue plus intense , «t la paralysie du bras ayant augmenté , elle fut saignée de nouveau. Le 16 et le 17, l'amélioration était considérable , le pouls était naturel, et les mouvements du bras étaient beaucoup plus étendus. Le 18 , après une augmentation de la céphalalgie et un vomissement , elle tomba dans des convulsions qui restèrent entièrement limitées à la tête et au bras droit ; la tête était tirée vers le côté droit ; les yeux roulaient dans leurs orbites , le bras était agité de mouvements continus et violents; elle conservait ses facultés, et elle se plaignait de céphalalgie ; le pouls donnait cent pulsations : une saignée de 8 onces fit cesser immédiatement les convulâons et diminua la céphalalgie; mais le bras droit resta complètement paralysé. Le 19 et le 20, le bras avait repris du mouvement ; il restait de la céphalalgie , et il survenait de temps en temps des^omlssements : le pouls était à soixante 'pulsations. Les trois jours suivants les attaques de convulsions revinrent plusieurs fois , mais elles n'affectèrent plus la tête ni la face; elles restèrent entièrement confinées dans le bras droit , qui , après le 25 , resta dans un état de paralysie permanente. Jusqu'alors les convulsions n'avaient point âfecté d'autres parties du corps que celles que nous avons indiquées; mais le M elles attaquèrent la cuisse et la jambe droite qui restèrent paralysées; le pouls ne s'élevait pas audessus de soixante pulsations ; on eut encore recours aux premiers remèdes avec la même activité, mais sans aucun avantage , pour arrêter les progrès du mal. Les accidents successivement observés pour le bras droit se manifestèrent dans la cuisse et la jambe du même côté, qui restèrent dans un état de paralysie permanente. Lorsqu'on commença à observer des convinsions dans la jambe droite, le bras en fut affecté en même temps ; mais plus tard les mouvements convulsifis furent confinés dans la cuisse et la jambe droites , le bras restant immobile. Le 4 février, la paralysie s'étendit à tout le côté droit ; il ne reparut plus de convulsions; la

114 niFLÀMHÀTIOn

malade conservait toi;youn toutes ses facultés; elle ne se plaignait que peu de son état ; le pouls variait de cinquante k soixante pulsations : il ne survint aucun changement pendant plusieurs jours , excepté la paralysie de tout le c6lé droit ; il n'y avait aucun dérangement dans toutes les fonctions. Elle conservait tous ses sens , l'appétit était bon ; le pouls et la vision étaient dans l'état naturel , et la malade ne se plaignait même que de peu de souffrance : elle avait cependant le désir de rester couchée sans qu'on la troublât , et elle s'affaiblissait graduellement. Le 11 , elle arriva à l'état de coma complet , dans lequel elle resta trois jours : elle périt le 14.

Ouverture du cadavre. — A la partie supérieure de l'hémisphère gauche du cerveau, il y avait deux abcès distincts bien circonscrits. Ces abcès contenaient ensemble de 6 à 8 onces de pus très-fétide : les parois de ces abcès étaient revêtues d'une membrane blanche assez solide , et une cloison mince de matière blanche dense les -séparait l'un de l'autre. L'un de ces foyers occupait la partie antérieure de l'hémisphère, très-près de sa surface, et l'autre était situé immédiatement derrière le premier : il n'y avait aucune communication entre ces deux abcès , ni entre eux et le ventricule. A la partie postérieure de l'hémisphère droit se trouvait un petit abcès contenant environ une demi-once de pus. Aucun épanchement séreux ni aucune lésion apparente n'existaient en aucun autre point du cerveau.

Obs. XXXIX. Un jeune homme de vingt-un ans était depuis plusieurs années affecté de toux avec expectoration puriforme , souvent très-abondante. Il avait aussi eu des attaie, dont quelques-unes avaient été s-petit et d'une faible constitution , ité tolérable. Il vaquait aux devoira ocureur. Dans les premiers jours 4e 9L à se plaindre de la tête; quelque éprouvé parfois, étant assis à son its dont il n'avait pas tenu beauiie débuta par la céphalalgie , avec lence de pouls : elle continua ainsi *s sans donner d'inquiétude, avec iocteur Johnston. Le malade parul

DU CSBTEAD. 115

se rétabUr graduenement ; le poub perdit sa fréquence : la c^alalgie diminua considérablement , mais ne cessa point complètement. Je le Tis yers le 15 juillet ; le pouls était alors descendu à cinquante pulsations ; il était faible et languissant, n y avait de la céphalalgie , et un air d'abattement chez ce jeune homme. La pupille était dilatée, la vue était évidemment imparfaite , et il commença à y avoir de la faiblesse dans le bras et la jambe gauche». La céphalalgie que le malade avait d'abord ressentie , surtout au côté gauche de la tête, avait alors son siège principal dans le côté droit, quoiqu'elle s'étendit souvent au travers du front ; la toux continuait avec une expectoration considérable de fluide puriforme tenace, n n'y avait aucune douleur dans la poitrine , m' aucune gène de la respiration; mais les battements du <X£ur se sentaient tout à fait dans le côté droit du thorax. Ce phénomène avait été constaté depuis plusieurs années ; on n'avait aucune donnée sur Tépoque à laquelle il avait commencé. Le pouls était faible et languissant, et le malade était pâle et semblait épuisé. Il y eut peu de changements pendant plusieurs jours; le pouls restait à cinquante puisalions, et descendait quelquefois à quarante-huit. Trois ou quatre iours après, il se manifesta une légère attaque de convulsions; une seconde survint .deux jours après : on n'observa, du reste, aucun changement dans les autres symptômes. Le 24 , il y eut une légère incohérence dans les idées , qui disparut aussitôt. La pupille était encore considérablement dilatée, auoique sensible à l'action de la lumière; il y avait encore de la céphalalgie , mais le malade ne s'en plaignait pas beaucoup ; il sentit de la propension au sommeil et demandait qu'on ne le réveillât pas ; lorsqu'il parlait , il firîsait preuve qu'il jouissait de toutes ses facultés intellectuelles. Vers le 36, il y eut un mieux apparent très-remarrtble ; la céphalalgie diminua , et le pouls commença h prende la force. Le 27, le pouls s'éleva à cent huit pulsations ; le malade tomba dans un coma plus marqué ; il conservait cependant ses facultés lorsqu'on Peu retirait. Le 28 , le pouls donna cent vingt pulsations; il y eut le matin une expectoration purulente copieuse, et le malade semblait épuisé; Q était assoupi et très-accablé , mais il répondait raisonnablement, lorsqu'on l'éveillait, aux questions qu'on lui adressait.

116 iuflamuioii

Il poayaR encore mouYoif le bras gaucbe, mab avec lenteur et difficulté, et les mouvements étaient sans précision, ayant quelque ressemblance avec ceux de la chorée, comme sMl eût jeté tout le bras en avant par un violent effort des muscles de Fépaule. Il avait rarement essayé de mouvoir la jambe depuis plusieurs jours. Il y eut dans la journée un lé^ ger degré de strabisme : il mourut dans la nuit, sans aucun autre accident nouveau.

Ouverture du cadavre. — Le cerveau était sain extérieurement. A la partie supérieure et antérieure de Thémisphère droit , très-près de la surface du cerveau , il y avait un abcès qui contenait environ une once de pus très-fétide. Un autre abcès , un peu moins volumineux, se trouvait à la partie postérieure du même bémispbère. Ces abcès , très-distinctement circonscrits, n'étaient pas aussi distinctement revêtus d'une membrane. La matière cérébrale environnante était légèrement ramollie. A la partie antérieure de Tbémispbère gauche, inunédiatement au-dessus de sa surface, et dans la partie qui se prolonge au-dessus de l'orbite , il y avait un petit abcès, qui contenait de 1 à 2 drachmes de pus; un autre, d'un volume plus considérable, se trouvait à la partie postérieure de l'hémisphère. Ces abcès étiaient tous au-des sus du niveau des ventricules , excepté celui qui occupait la partie postérieure de l'hémisphère droit , qui descendait derrière le ventricule. Les ventricules étaient vides, et il n'j avait aucune autre maladie dans le cerveau. Le poumon diroit était réduit en une petite masse brune , ressemblant à la rate. Cette masse était remplie d'dbcès , qui communiquaient tous les uns avec les autres et avec la trachée. Le cœur était en contact avec cette masse, dans le côté droit du thorax; le poumon gauche était tellement dilaté , qu'il remplissait tout le reste du thorax. Il était tout à fait sain , sauf quil oon • tenait une petite masse tuberculeuse solide à sa partie supérieure.

L'observation suivante a présenté des abcès cérébraux enkystés avec des symptômes très-différents de ceux qui ont été observés dans les cas précédents.

Obs. XL. Un homme de quarante-trois ans avait depuis dix jours de la céphalalgie , qui ne l'empêchait cependant pas de se livrer à ses occupations ordinaires. Le 0 mai 1827,

DO CSaVBAO. . iti

à une heure du matin , il fut pris de pandjsle du cM gauche de la face, et il tomba dans le déure , pendant lequel il était difficile à contem'r. Ces accidents continuaient encore quelques jours après, lorsque le docteur Iluie le visita; les papilles âaient contractées , les yeux étaient agités de mouvements continuels. La peau était chaude ; le pouls donnait quatre-vingt-dix pulsations : il était plein et fort. Les membres n'étaient point paralysés ; le malade fit même la plus vive résistance lorsque le docteur Huie voulut le saigner; il V parvint cependant , et il lui tira trente onces de sang. Dans raprès-midi, il existait un coma considérable, avec respiration stertormise ; mais ces deux symptômes disparurent après une autre saignée. Le 10, la paralysie de la face avait disparu, mais le délire et l'agitation continuaient. Le pc^ donnait cent pulsations. On eut recours aux saignées locales, et à l'administration d'un purgatif avec l'huile de croton. Le 11 , il n'y avait plus de délire , et le malade était en rq)os ; le pouls donnait cent huit pulsations : le délire revint dans l'après-midi. Le 12 , il était tantôt assoupi, tantôt agité ; le pouls était petit , et donnait cent vingt pulsations. La mort arriva dans la nuit.

On trouva dans le cerveau, à la dissection du cadavre, trois abcès complètement enkystés et remplis de pus bien formé. Le premier se trouvait dans le lobe antérieur de l'hémisphère gauche, et contenait environ trois drachmes de pus. Le second était dans le lobe postérieur du même hémisphère ; il était beaucoup plus volumineux , et il s'était ouvert dans le ventricule , qui était rempli du liquide qu'il contenait. Le tr<Msième était dans la partie postérieure de l'hémisphère droit , et paraissait tendre à se rapprodier de la surfiice du cerveau.

On trouve encore une plus grande obscurité de symptômes dans l'observation suivante, que je dois au docteur Alison , qui l'a recueillie danft les salles de clinique qui lui sont confiées, en juin 1827.

Obs. XLI. Un homme de vingt-six ans fut pris de frisson,, de céphalalgie , de malaise et d'une perte subite des forces , avec accès de délire da^ la nuit. Deux jours après l'invasion de ces accidents , il fut admis dans les salles de clinique. II pouvait alors marcher lorsqu'il était^soutenu d'un côté , mais

ii8 iimAmATioii

avec dffleulté et beaucoup de faiblesse. U-tratmit ^es iambe» et particulièrement la droite, plutôt quil ne les levmt pour les détacher du sol. Il avait Pair stupide et insouciant , et il dôdarait qu'il ne soufMt pas. Quelques heures après » il se plaignait d'une violente douleur à l'occiput , avec des vomissements fréquents. Cette douleur fut soulagée par une saignée. Le soir il était accablé, et répondait avec lenteur et (Mfficulté aux questions qu'on lui adressait. U avait encore de la céphalalgie et des nausées. La peau était chaude et sèche ; le pouls variait de quatre-vingts ii cent pulsations ; il était vif et évidemment plein ; la langue était sèche, les. pupilles étaient dans l'état naturel : la respiratÎMi était courte let préc^itée : environ une demi-heure après'que cet état eut été constaté , il tomba dans un coma complet , avec dilatation des pupilles ; une autre saignée fût employée sans succès : il périt moins d'une heure après.

Ouverture du cadavre, — Le cerveau était extérieuronenl tf «ne couleur brune rougefttre ; au côté droit du vertei était une tache de l'étendue d'un demi-écu , d'une couleur ^une verdfttre. En incisant sur ce point , on arriva sous une couche très-mince de la substance cérébrale , dans un abcès de forme irrégutière , qui contenait du pus bien formé , et qui send^t être entièrement limité à la substance grise du cerveau. A la partie postérieure de l'hémisphère gauche , au niveau du ooips calleux , se trouvait un autre aboès , qui pafaissmt situé dans la substance médullaire , et qui était entouié par la • sidMtanee cérébrale ramollie d'une conteur jaune livide. Deux autres 8â)cès occupdent la partie postérieure de l'hémisphère droit : l'un dans la substance corticale , et l'autre cûms la substance médullaire. On trouva aussi dans cette mène partie un cinquième abcès très-petit , ayant environ te diamètre d'un pois, mais entouré d'un kyste plus tran<^ que les autres foyers. Il existait un ramollissement étendu de la voiûte, du sq^tum-lucidum , et de la partie inA&rîeuredu corps calleux. Le corps strié gauche était ramoUi et avait une couleur jaune verdâtre. La surface de la couche optique gauche était érodée , ramollie , au point d'être prasqpie fluàe, mais elle conservait sa couleur naturette.

DU CEITEAV. 119

§. XI. Abcès d'une irès^iite étendue dans h corps stHè.

Obs. XLII. Un homme de trente4roi8 ans fut attaqué, eo jamrîer 1817, cPunc violente pneumonie, ayec symptômes de cardite ; il se rétablit parfaitement par des saignées, par lesquelles oo lui tira cent soixante onces de sang en cmq jours : quelque temps après sa respiration devint légèrement gênée , mais cet accident se dissipa graduellement. Il jouit ^une très-bonne santé jusqu'au milieu de février 1819. S'é- Y^llant alors un matin, il trouva tout son côté gauche engourdi et insensible , mais sans aucune diminution remarqnabte des mouvements. La perte du sentiment s'étendait à âi DH>itié de la face, limitée avec beaucoup de précision par une ligne qui passait sur le milieu du nez; il ne présentait aucun autre symptôme morbide : il n'avait point de céphalalgie, et le pouls était naturel. On eut recours à la saignée et aux purgatifs ; les symptômes se calmèrent graduellement et dii^Murarent en quatre ou cinq jours. Ses amis remarquèrent que depuis lors il avait l'esprit moins pénétrant qu'auparavant, et que sa mémoire était à un certain point affaiblie; «u mois de mai ces symptômes augmentèrent , et environ dans le même temps il se plaignit ^'un léger malaise dans la tète, pour lequel il fut encore saigné. Il continua cependant les devoirs de sa profession d'avocat jusqu'au 16 de ce mois ; il eut alors une grande confusion dans ses idées , et il se plaignit de la tête. Son pouls était alors assez faible , au point qu'H n'indiquait plus de recourir aux saignées générales. Un purgatif et une saignée locale le soiQag^ent beaucoup ; le soir il n'y eut plus de confusion dans les idées , et le malade ne se plaignit plus d'aucune douleur. Le 17 , sur les deux heures du matin , on entendit un bruit remarquable qu'il faisait en dormant : ce bruit était , dit-on , une sorte de respiration convulsive ; le coma se manifesta bientôt et s'accompagna de l'impossibilité d'avaler. Il resta dans cet étal jusqu'à sa mort , qui arriva à neuf heures du soir. On eut recours aux moyens ordinaires sans- le phis léger avantage. On trouva, à la dissection du cadavre, que toutes les parties du cerveau , à l'excqption du corps strié , ne présentaient aucune trace de maladie. A la partie inférieure du corps strié gauche , il y avait un petit abcès irrégulic^r qui n'excé-

iâO . inFJ,AMMAXl<»

dait pas le volume d'une petite fève ; ce petit abcès contenait une matière purulente d'une fétidité remarquable. On découvrit aussi dans le centre du corps strié droit , un petit abcès régulièrement et exactement circonscrit , mais n^excédant pas le volume d'un petit pois. On ne trouva aucune autre trace de maladie dans aucune partie du corps.

§. XII. Abcès dans la moelle allongée,

Obs. XLIII. Un enfant de seize mois , que je n'ai vu qu'une fois, huit jours avant sa mort , était dans un état de santé déclinante depuis dix mois. On rapportait l'origine de cette mauvaise santé à une chute , dans laquelle on supposait que la partie postérieure de la tête ou du col avait été atteinte. Depuis ce temps , il était souvent très-accablé et il dépérissait graduellement. Trois mois avant le temps où je le vis , il fut pris de strabisme , et il parut perdre le mouvement du bras et de la jambe droite. Ce strabisme disparut au bout de quelque temps , mais il revint ensuite de temps en temps. 11 ne reprit cependant jamais entièrement l'usage du bras et de la jambe ; ces membres parurent toujours plus faibles que ceux du côté opposé , et il n'essaya même que rarement d'allonger tout à fait le bras. Il s'était aussi manifesté, par instants , de légères convulsions. Lorsque cet enfant me fut présenté, je ne reconnus pas des symptômes très-tranchés, seulement l'émaciation était considérable ; le pouls était fréquent , et il y avait de la constipation. Il était survenu d'abondantes évacuations alvines brunes , çt cette diarrhée semblait airétée. Quelques jours après, le pouls devint d'une lenteur remarquable , et dans la même journée il fut attaqué de convulsions violentes. Ces accidents se renouvelèrent plusieurs fois pendant deux jours , et se terminèrent par la morL II n'y eut point de coma; les yeux continuèrent à percevoir les objets dans les intervalles des convulsions. L'enfant reconnut ceux qui l'entouraient jusqu'à un instant très-voisin de sa mort.

Ouverture du cadavre. — Il y avait plusieurs onces de liquide dans les ventricules du cerveau. Dans le tissu de la moelle allongée , au point où elle est croisée par le pont de> Varole , se trouvait ^un abcès qui paraissait occuper tout son diamètre. Cet abcès avait l'apparence d'un abcès scrofu-

ou CfiATEAD. 121

leui. U étaH CMtenu dans un kyste dont la lurftue intérieure était d'une couleur jaune , et avait l'ap|Nirenoe ulcérée : il y avait une maladie considérable des glandes du mésentère.

§. XIII. Abcès du cervelet.

Obs. XLIY. Une demoiselle de dix-buit ans fut prise, le 4 mars 1815 , d'une inflammation intestinale. Les sym|Àômes inflammatoires furent enlevés par deux larges saignées ; mais la constipation persista d'une manière opiniâtre, et Ton ne put la vaincre com()]étement jusqu'au 12. Pendant ce temps on eut recours à différents purgatifs joints à des lavements au tabac : le calomélas administré comme purgatif avait affecté la bouche dès le 7 mars. Depuis le commencement de sa, maladie , cette demoiselle s'était plainte de l'oreille gauche; et vers le 7 , elle commença à avoir de la ce- ' phalalgie. Ces accidents, d'abord légers, n'excitèrent d'abord que peu d'attention à cause de la gravité des autres symptômes. Us augmentèrent cependant , et ils furent si intenses le 11 , que la malade se tenait les mains pressées sur les tempes, poussant des cris de douleur : le pouls était alors naturel, et la malade n'avait ni vomissements ni douleur intestinale. Le 11, il survint un écoulement considérable par l'oreille gauche. Le 13, le pouls s'éleva subitement à cent soixante pulsations par minute, et il v eut un tel collapsus que l'on fut obligé d'administrer du vin. Le pouls perdit aussitôt de sa fréquence, au point que le 14 au soirit était à quatre-vingts pulsations, et le 16 à soixante : la céphalalgie persistait. Le 14 , il y eut de la propension au coma , qui augmenta le 15 , et s'accompagna de dilatation des pupilîes. Il n'y avait plus ^ère k compter sur un traitement actif; les saignées locales , les vésicatoires et tous les autres remèdes habituels avaient été inutilement employés. Le 16^ le pouJs reprit de la fréquence et devint très-variable : il oscilla dans le cours de quelques minutes, de quatre-vingts à cent vingt pulsations ; la malade était dans un état d'abat^ tement extrême , mais lorsqu'elle était éveillée , elle parlait sensément; la céphalalgie était toujours intense. Le 18 , elle ne pouvait plus avaler ; elle demandait cependant encore à

12S nfrumumoti

boire, qn^m'aUe flM près deinflbfiier en «Ttlant m« boissons : le poius Yiriait oe quatre-vi^gt-dix k cent cinquante pulsations. Le 19, strabisme , dilatation des pupilles , pouls variant de quatre-vingt-seize à cent soixante pulsations. Le 20, augmentation du strabisme; une ou deux déglutitions purent se faire avec ^fort , et d'autres fois elle faUlit suffbquer en voulant avaler. Elle avait encore toutes ses facultés inteUectueUes lorsqu'on la tirait du sommeil, et elle se. plaignait de céphalalgie. Elle baissa gradudlement, et périt le 22 : elle n'avait cessé qu'environ une heure avant sa mort d*avoir toutes ses fiicultés lorsqu'on réveillait , et de connaître ceux qui l'entouraient ; elle avait aussi conservé le sens de la vue , quoique ses pupilles fussent très-dilatées.

Ouooriure dm cadavre, — Le cerveau n'offrait rien de noo naturel à sa surface. Sa substance semblait seulement plus vascukire ; les ventricules étaient distendus par un liquide incolore ; le lobe gauche du cervelet était converti en un vé< ritable sac rempli de matière purulente d'une couleur verdâtre , et d'une fétidité intolérable. Cette matière était renfermée dans un kyste mou et organisé qui pandssaît de formation récente. La portion de la dure-mm qui correspondait au côté extérieur de cet abcès, était épaissie et spongieuse; Fos était sain. L'origine du colon et huit pouces environ de l'extrémité de l'iléon étaient d'une couleur brune livide ; mais leur structure n'était point altérée *.

* L'Snflamnatfon vloIenU dej'cttrànlt^ d« l'il^oti et de l'origine da colon, dont on a tro«v< les traces sur le cadavre, t'est annoncée par «ne constipalioa , opinUtre, contre laqaeDe on a dirigé une médication purgative trèt-active. Co fait est un exemple, entre beaucoup que l'on pourrait rapporter, k citera ceux qui ont assigné pour caractère constant aux inflammations iléo*ccBcales et Héocdiques l'existence de la diarrbée. 11 est important de remarquer aussi f{ne cette lésion si grave du tube disMtif n'a pas donné' lieu dans tout son cours à de U fréquenre dans le nouls ; die a été ramenée le 4 et le 11. L'auteur signale poaiti» vement l'ahseoce de fièvre, qui a encore été obtenue plus tard, le 15, après l'usage d'un excitant puissant.

Si le pouls peut rester k son rhjrtkme naturel dans une Inflammation IntcttInale et encéphalique aussi intense; ai, après vt6ur pris une grande fréquence. Il peut être ramené à son rhythme par un médicament aussi excitant que le vin , il faut Inen admettre que la fréquence du pooU n'est pas toujours npe mesure bleu c<TtaIne de la violence d'une inflammation interne. L'effet que l'on a obtenu du vin prouve awai que les cxdtanto, mémo dans des phlegmasies intestktdea, peu» vent diminuer la violence de la fièvre , lors même qu'ils nuisent par leur acÂlon topique sur des organes dont une partie est enflammée.

A. (f. 0., trad.

Nom aTons êéj)k rtraorté ei-daisas un euinple ÀHitéh dans k cervelet ( Foy. oks. ni).

§. XrV. Ukération de la surface du cerveau,

L'ulcération de l'encéphale s'obserre rarement ; cependant eUe aété décrite par plusieurs auteurs. Un homme , dont te cUicteur Scoutetten a observé la maladie, avait une violente céphalalgie , suivie d'un grand dérangement des foncticms de l'estomac , et de prostration des forces. Des saignées locales et d'autres moyens analogues l'avaient soulagé ; mais au beat d'une semaine, les symptômes augmentèrent, ainsi que la fièvre y et furent si violents qu'ils provoquaient des cris. Les accidents continuèrent sans amélioration jusqu'au vingtsixième jour, qu'ils se terminèrent par la mort. Il n'est question d'aucun autre symptôme , si ce n'est de ce que le maJade dormait avec les paupières fermées et l'avant-bras fléchi et contracté. Sur la partie inférieure du lobe antérieur de l'hé- ■ûsphère droit du cerveau se trouvait un ulcère superficiel, de 45 lignes de longueur sur 7 de largeur. €et ulcère était d'un aspect jaunâtre : ses bords étaient inégaux et dentelés. L'arachnoKde et la pie-mère qui couvraient cette partie , étaioit détruites par érosion ; l'arachnoïde était enflanunée en plusieurs autres points; le cerveau du reste était sain : une altération semblable fut trouvée à la partie postérieure du cerveau sur un homme mort d'une maladie chronique des intestins. Cet homme avait été afifiicté trois jours avant sa mort d'oedème au front et à la paupière gauche , de céphalalgie , de délire et de mouvements convulsife des extrémités supérieures *, Le docteur Howship a aussi rapporté un exempte d'ulcération du cervelet observé à Gibraltar**. Un soldat jse coucha et s'endormit au soleil dans un jour de grande chdeur; il se réveilla bientôt très-souffrant; il fut retenu au lit pendant six semaines avec une douleur constante et Tiolente au front. Il retourna ensuite à ses fonctions : on n'entendit plus parler de lui pendant six mois , après lesquels il revint à l'hôpital avec une douleur au front. La douleur

• Arch, générales de méâ. t. vu , p. 31. •* Mtd. andphj».}ournaï, mar. 1810.

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était alors rémitteate ; elle reyeiiait en général chaque matin : elle manquait quelquefois un jour, o'u l'heure de Taccès changeait ; il n'y avait point de fièvre. Deux mois après sa rentrée à l'hftpital , ce soldat toeaba subitement dans le délire pendant la nuit , et expira bientôt après. On trouva ^ l'ouverture de son cadavre une injection vasculaire générale du cerveau , sans aucune lésion plus prononcée en aucun point. Lorsque l'on eut incisé la tente du cervelet , on trouva h la surface supérieure de cet organe une excavation ulcéreuse superficielle, ayant le diamètre d'un schelling. Cet ulcère contenait un ichor clair ; la pie-mère correspondante k cette ulcération était détruite, et la dure -mère était dé colorée \

RÉSVHÉ GÉRÉAAL DES FAITS SUR l'oFLAMMATION DU TISSU DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX.

Les faits rassemblés dans cette cinquième section semblent suffisants pour faire bien connaître les phénomènes qui

* Les exemples d'ulcération du cerveau seraient moins rares «pi'ils im le sont efTectivement , si l'on regardait comme de véiitables ulcères les sôl«tions de continuité auxquelles des auteurs ont imposé ce nom. Un ramollissement survient i la surface du cerveau ou sur les parois d'un ventricule, la pulpe, ramollie et désorganisée , se dissout et disparait dans le liquide céphalo.racliidien qui la baigne ; est-ce li une ulcération ? Non , sans donte , c'est un ramollissement saperficid du cerveau. On trouve des exemples de ces solutions de continuité dans les auteurs, et on les y voit présentées comme de vraies ulcérations. Telle a ét^ une maladie du corps strié dont M. Rochpux a consigné l'histoire dans ses Rethtrckes sur l' apoplexie , p. 175. C'est ainsi qu'on peut considérer comme les résuluts du ramollissement inflammatoire superficiel du tissu cérébral , des lésions que Morgagni a décrites sous le titre d'ulcères du cerveau , dans ses lettres Il , art. 9, et XI, art. 2 et 4. 11 ne faut cependant pas conclure de ce que l'on a confondu avec des ulcérations les résultats du ramollissement inflammatoire du cerveau , que l'on ne rencontre jamais d'ulrères de cet oi^ane ; les observations que M. Abercrombie a réunies prouvent le contraire ; car la léaioo des méninges a démontré dans ces cas que la solution de continuité s'est opérée par une inflammation phagédénique. On peut encore joindre à ces faits un autre ^t observé par Stoll , qui trouva sur le cadavre d'un homme qnl avait sonfTert de la ■ tète depuis un an et demi , et qui périt après doute jours d'accidents cérâiraas très-intenses, mn petit uléère du cervelet, avec érosion de la pie-niere des deus c6tis, à l'origine de la portion dure du nerf auditif, 11 existait outre cela les traces d'une arachnoïdite aiguë suppurée {^Mid. prat. t. iti » p« 203).

A. W. 6.. trad.

DE hk CÉfUÉimiTE. 125

M HaAk rifiittniiiation du tissu des hémisphères cérébraux. L'd^rvation XXIII a montré Finflaimnation récente occupant la surface du cerveau, et les observations XXIV et XXV présentent cette inflanunation dans la substance du cerveau, limitée à une portion circonscrite qui a offert tous les caractères de rinflainniation aiguë. Dans l'observation XXXVIII , Douft voyons la portion enflanunée passant graduellement à Tétat de ramollissement, et dans l'observation XXIX le ramollissement s'est présenté à son degré le plus avancé. Dans les faits suivants, le tissu complètement ramolli était, soit pur, soit combiné avec du pus. Nous avons vu ensuite l'inflammation déterminant la formation d'abcès isolés et enkystés, et finalement nous l'avons vue se terminer par ulcération de la surface. On ne sait que bien peu de chose sur la cause de ces différentes terminaisons. Je présume que le ramoUissement survient surtout dans la substance blanche , et la suppuration dans la substance grise ; mais ce n'est, je le répète, qu'une conjecture. Les altérations qui se sont présentées dans plusieurs des faits que j'ai rapporta , mettent , je pense , hors de doute que le ramcdlissement est un effet de l'inflammation. J'ai déjà établi que je pensais que le ramollissement survenait aussi par une autre cause, nommément par l'état de maladie des avtères, comme la gangrène des autres parties du corps que l'on voit aussi se manifester par ces deux causes opposj^. Mon opinion condiierait les avis opposés qui divisent aujourd'hui les pathologistes sur la nature du ramollissement.

La<iiversité des symptômes qui accompagnent l'inflammation de la substance des hémisphères , est telle qu'elle ne permet guère d'en donner une description générale. Le plus or^oairement c'est par la céphalalgie, suivie de convulsions que se manifeste la maladie. Ces convidsions occupent tantAt un membre et tantôt toutes les parties du corps: d'autres fois, la maladie débute subitement par les convulsions, sans être précédée d'aucune douleur; les parties qui ont été le siège des convulsions deviennent ensuite paralysées. Cepen^ dant dans l'observation XXIV on n'a observé aucune paralysie après trois jours des plus violentes convulsions ; tandis que chez le sujet de l'observation XXIX la paralysie a été le maptôme dominant , et les convulsions ne sont venues que dians la période subséquente. Dans d'autres cas, on a vu la

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pamlysSe occuper un côté du corps , et les oonvulsions l'autre odté.

Nous ne possédons pas sur ce point intéressant de la science un nombre de fiûts suffisant pour nous mettre h même d'établir une description générale des symptômes, et pour assigner des symptômes propres aux si^es spéciaux ou aux ter- I minaisons spéciales delà maladie. On possède cependant des faits nombreux d'une grande importance, qu'il est utile de rappeler , sans néanmoins en tirer d'autres conséquences que d'établir leur rapport avec les principales altérations morbi^ des. Ces faits se rapportent particulièrement à la maladie, dans les conditions diverses d'inflammation simple , de ramollissement, desuj^ration et d'ulcération du tissu cérébral : ils peuvent être aussi rapprodiés de qudques intéressants phénomènes de l'état chronique.

§. I. Jknm l'état d'iiiFLAMVATiOR snvLE, raffection semble en général caractérisée par la céphalalgie et les convulsions. Lorsque la msdadie a une marche moins aiguë, comme dans les observations XXYI et XXYU , on la voit déterminer la paralysie sans convulsions, et devenir fatale dans l^état d'io^ llammation simple, avec tous les symptômes d'une véritid>le apoplexie. D'un autre côté , la paràysie a précédé les convoi^ «ions dans l'observation XXIX. Dans quelquesmns des cas qui se sont terminés par la formation d'abcès enkystés, ob est fondé à établir que la période inflammatoire a été caractérisée par les convulsicms d'un ou de plusieurs membres, suivies de paralysie temporaire, et que la paralvsîe permanente est survenue lorsque la maladie a pawé k la suppura ^ tion. Dans quelques autres cas encore , il semble probable que l'état inflammatoire a prodrat une attaque de pardysie exactement semblable à une hémiplégie ordinaire survenue par d'autres causes. C'est ce qui a probaJ^ment eu liea chez le sujet de l'observation XXXIII.

Le docteur Treutler a rapporté un exemple intéressant de cette maladie sous la forme la plus chronique *. Il s'agît d'une femme de 50 ans : elle était inalade d'une bydropisie , qui avait succédé à une fièvre intermittente , et qui était liée à une maladie de la rate ; le troisième mok de sa makMtie,

* jéactan'um ott HelmtHthù'offiûM humani eorpant , p. 1.

OB LA GtBiUUTB. iS7

oett« fonme fe plaignit d'une seualion de pesanteur à Foecipoit , yen le coté droit , avec obscarcissement de la yvn , et grande propension au sommeil. L'ouïe deyint obtuse ; la parole fut confuse, et elle perdit la mémoire. EUe sembla à la fin privée de toute action de la volonté sur chaque muscle , en sorte qu'elle en vint à ne pouvoir ni mouvoir les jambes et les bras , ni soutenir sa tète. Finalement , elle eut des convulsions et des attaques d'apopleiie , et elle mourut subitement à la fin du troisième mois de sa maladie , c'est-è-dire moins d'un mois après l'invasion des accidents encéphaliques. On trouva à la partie postérieure de l'hémisphère droit du cerveau, derrière k ventricule latéral , une portion du cerveau du volume d'une grosse noix, dans un état d'inflammation intense. Les membranes adhéraient en plusieurs points à la surface du cerveau; et, dans les lieux où elles étaient libres, il y avait un épanchement séreux sous l'arachnoïde. On ne trouva aucun fluide dans les ventricules. Il y avait des hydatides dans les plexus-choroïdes , et elles étaient plus nombreuses du côté droit. La rate était très-volumineuse, et il y avait dans l'abdomen plusieurs livres de sang extravasé : ce sang était contenu , partie dans la cavité de l'épiploon , partie entre les lames du mésocolon , et partie sous la tunique péritonéftle du colon descendant *,

§. II. Le lAHOLUSSEHERT DE hk SUISTAIfCE CÉHÉBIALE IM

parait être caractérisé par aucun s^mptéme uniforme. On ne trouve en particulier aucun motif fondé d'admettre les caractères assignés par les médecins français à cette altération cérébrale , savoir : qu'elle se distingue par la contrac-

* La rnptiire d« la rate engorgée après le* finrm intcmiitteBtea, sw laqudle f ai publié an mëoM^re (Journal gé/u, t. C, 3* de la 3* série, p. 12)« eit un acci> dent qui n*est pas très>rarenient ohserrf. La rupture se fait d ordinaire k la surface convexe du Tiscère, aussi le sang s'extravase-t*Il dans la cavité péritonéale; oa a olMervé aussi que le sang infiltré dans la rate dilatée se fraie , dans quelques cas, une issue dans l'estomac, soit par une rupture ulcérative de ce viscère de> venu adhérent i la rate, soit en refluant par les vaisseaux courts dilatés. 11 n'existe, k ma connaissance, aucun exemple de rupture dans lequel le sang se s«il extravasé sous le péritcrfne. Pour cda il ftmt que la rupture s'opère à la petite courbure du viscère, an Heu oà il reçoit les valaseanx splénlqnes ; le sang se fait alors jour sons la membrane séreuse , qu'il décolle , et va sa loger dans la pUra* tare du mésentère et de l'épiploon* Sous re rapport, le fait observé par le docteur ÎVenllcr eat trèt^iutér«Mant pour l'histoire anatomtque des maladies de la rate, ewipM ai pca coaimes. A, N. G., traj.

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