‹ Des maladies de l'utérus, ou de la matriceChapitre 3 sur 12 · DE L’UTÉRUS ET DE SES FONCTIONS · texte numérisé non relu

DE L’UTÉRUS ET DE SES FONCTIONS

L’uterus , plus vulgairement connu sous le nom de matrice , est un viscère creux , musculomembraneux, situé dans le petit bassin ^ entre la vessie et le rectum.

Cette situation est peu fixe , à raison de la laxité de ses connexions avec le bassin et les parties environnantes ; elle présente aussi des variations , soit par la différence de l’âge , soit par l’effet de la grossesse , en raison de l’état de plénitude ou de vacuité de la vessie et du rectum.

Dans une femme pubère , les dimensions de l’utérus sont de trois pouces de longueur sur deux de largeur, et de dix lignes d’épaisseur. Elles sont un peu plus fortes au moment de l’éruption des règles et chez les femmes qui ont eu des enfans.

Ce viscère se rapproche par sa forme de celle d’un cône tronqué et applati, dont la grosse extrémité est placée en haut et un peu en arrière , et la petite en bas et un peu en devant.

On le divise, pour en faciliter Tétude , en corps et en col.

Le corps est la partie supérieure et la plus volumineuse. Il a la forme cVun sphéroïde allongé, dont le plus grand diamètre est entravers. Sa face antérieure est applatie et correspond à la vessie ; la postérieure , plus convexe, correspond au rectum. Le côté supérieur , qu’on nomme encore le fond , est légèrement convexe et placé sous les circonvolutions de l’iléon, ou même sous l’épi-r ploon, avec lequel il adhère quelquefois. De ses deux extrémités partent les trompes utérines. Le côté inférieur s’ouvre dans le col avec lequel il forme continuité ; les côtés latéraux sont convexes en dehors , légèrement convergens , et se confondent dans l’épaisseur des ligamens larges.

Le col a une forme cylindrique , et se confond avec le corps par son extrémité supérieure. L’extrémité inférieure est embrassée obliquement par le vagin, dans lequel elle fait une saillie de trois a quatre lignes ; elle présente un peu en arrière une ouverture transversale qui porte le nom d’orifice externe de l’utérus ; des deux lèvres formées par cette ouverture , l’antérieure est un peu plus épaisse que la postérieure.

La cavité de l’utérus est divisée par un petit étranglement en deux parties ; l’une est dans l’épaisseur du corps, et l’autre dans celle du col.

La première , plus grande , triangulaire , présente à sa partie moyenne un renflement qui se prolonge le long de celte cavité ; sur ses côtés

sont deux sortes de gouttières, cpii se rendent aux deux ouvertures des trompes utérines.

Les parois de cette cavité , ordinairement rougeâtres, contiennent une grande quantité de petits orifices exhaîans qui laissent échapper un fluide sanguin , le fluide des menstrues.

Chez une femme qui n’a point eu d’enfans, la cavité du col est plus étroite à ses extrémités qu’à sa partie moyenne , ce qui lui donne une figure oblongue. Son extrémité supérieure communique avec la cavité du corps et porte le nom d’orifice interne. L’inférieure communique avec le vagin , et forme , comme nous l’avons dit , l’orifice externe de l’utérus. Sa partie moyenne offre dans sa longueur un renflement , duquel partent , en divergeant , une vingtaine de petites rides ou duplicatures de la membrane interne.

Cette cavité est plus blanche que celle du corps , elle offre une grande quantité de vaisseaux exhalans , de follicules muqueux , qui de\âenneiit quelquefois globuleux, très - apparens , et sont d’autant plus nombreux qu’on approche davantasfe de l’orifice externe. Ces follicules sécrètent

une matière muqueuse abondante , qui dans l’état de santé rougit les couleurs bleues végétales , et présente toujours un caractère d’acidité. Ce phénomène , comme nous le verrons par la suite, peut jeter un nouveau jour sur les caractères de divcr-

ses maladies de l’utérus , et sur la détermination de leur traitement.

Il entre dans la composition de cet organe une membrane externe , une membrane interne et un tissu propre, des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs.

La membrane externe est formée par un prô- I longement du péritoine. Elle adhère à peine à rutérus , près de son col , tandis quelle lui est intimement liée à l’endroit du fond. Elle est formée par Fentrelassement des réseaux vasculeux , qui présentent une grande quantité d’orifices de vaisseaux absorbans.

La membrane interne revêt la cavité de ce viscère ; elle est continue avec celle qui tapisse le vagin et les trompes , et si intimement unie avec la propre substance de l’utérus , que quelques physiologistes mettent en doute son existence : il est en effet bien difficile de la séparer du tissu propre , pendant l’état de vacuité de l’utérus ; mais elle devient apparente, et se détache avec facilité , chez les personnes qui succombent , peu d’instans après raccouchement.

Cette membrane est de la nature des muqueuses , et contient dans son épaisseur plusieurs follicules glanduleux qui sécrètent continuellement une matière muqueuse plus ou moins consistante.

Le tissu propre de l’utérus forme la plus grande

partie son épaisseur. Il est l^lanchâtre ou cl’im brun foncé, ferme, serré et presque cartilagineux vers le col, parsemé çà et là de petits pores ou orifices. Il est formé par des fibres dont il n’est pas possible de déterminer la direction. Quand on met , pour y parvenir , un morceau de ce tissu dans de l’eau bouiflante , il se racornit, acquiert la dureté des cartdages , se ramollit ensuite et devient pulpeux , sans que la direction des fibres soit plus apparente.

Il en est de même lorsqu’on le place dans l’acide sulpburique concentré ; il se durcit , prend une couleur noirâti’e , comme charbonneuse , se ramollit, et finit par se dissoudre complètement dans la liqueur , sans qu’on puisse mieux en déterminer l’organisation intime.

L’utérus contient proportionnellement à son volume une grande quantité de vaisseaux sanguins.

Les artères lui sont fournies par quelques brandies des spermatiques et par l’artère utérine. Les premières sont les moins importantes. Après avoir fourni des divisions assez considérables aux oi^aires, aux ligamens larges et aux trompes , elles se portent sur les côtés de l’utérus , se joignent aux divisions de l’artère utérine et de celle du vagin, quelques-unes de leurs ramifications se portent aux ligamens ronds et s’unissent dans ces ligamens avec l’artère épigastrique ; d’autres se

rendent auxligamens larges , ou môme à l’intesliu rectum.

L’artère utérine est la plus considérable. Elle tire son origine de l’artère honteuse , ou même de l’hypogastrique. Son tronc, après avoir fourni quelques rameaux à la vessie et à l’uretère , arrivé à l’extrémité du col de l’utérus , se partage en plusieurs branches extrêmement flexueuses , qui rampent pour la plupart à la surface de l’utérus , pénètrent dans son tissu , et communiquent soit entr’ elles , soit avec les artères spermatiques.

Les veines de l’utérus ont la même origine et la même distribution que les artères.

Les vaisseaux lymphatiques sont extrêmement nombreux et deviennent très-apparens .durant la grossesse.

Les nerfs tirent leur origine du plexus hypogastrique.

L’utérus a des connexions avec le bassin , au moyen de ses ligamens ; il a des communications avec la cavité de l’abdomen par les trompes , et extérieurement par le vagin.

A l’époque de la puberté , il devient le siège d’une évacuation sanguine et périodique , connue sous le nom de menstruation.

C’est lui qui reçoit le germe fécondé , qui lui fournit l’espace , les matériaux et la température nécessaires à son développement et h son accrois-

sement. On appelle celte deuxième fonction gestation.

Il est l’organe qui concourt le plus puissamment à l’expulsion du fœtus et de ses dépendances , hors du sein de la mère , c’est ce qui constitue Y accouchement.

Enfin il tend , après l’accouchement , à débarrasser le corps des liquides surabondans qui s’y sont accumulés durant la grossesse , et qui ne sont pas nécessaires pour la sécrétion du lait, lorsque la femme ne nourrit pas ; on désigne cette excrétion sous le nom de lochies.

Des ligamens de V utérus.

L’utérus est maintenu d’une manière peu fixe dans la position qu’il occupe par quatre ligaraens connus sous le nom de ligamens larges , bgamens ronds , et par ses adhérences avec la vessie et l’intestin rectum.

Les ligamens larges ^ont deux replis de la membrane externe de l’utérus de trois pouces de long sur deux et demi de large : ils s’étendent depuis les parties latérales de ce viscère jusqu’à l’excavation du ^etit bassin. Leur figure est quadrilatère , et leur plus grand diamètre en travers.

Ils correspondent en devant avec la vessie , en arrière avec le rectum. Leur bord supérieur est libre, divisé en deux feuillets ou ailerons. L’anté-

rieur de ces feuillets contient dans son épaisseur la trompe utérine ; le postérieur , l’ovaire et son ligament.

Les ligamens larges sont formés par deux lames du péritoine, séparées par un tissu lamineux ; entre leurs feuillets rampent les vaisseaux qui se rendent en serpentant à l’utérus.

Ces ligamens ne servent pas seulement à fixer ce viscère dans le bassin ; ils sont destinés à lui fournir une enveloppe facile , lors de son développement pendant la gestation.

Les ligamens ronds sont des cordons blancs , applatis vers leurs extrémités , qui prennent naissance sur les parties latérales de Tutérus , au-devant et un peu au-dessous des trompes ; ils se rendent par un contour flexueux jusqu’à l’anneau inguinal qu’ils traversent ; ils se divisent ensuite en plusieurs branches, qui s’écartent et s’épanouissent dans le tissu cellulane , au - dessus du pubis, par des ramifications très-fines.

Ce ne sont pas, comme les précédons , des replis du péritoine ; ces ligamens sont formés par un tissu filamenteux très-serré, dont les fibres ont une direction longitudinale, et par une grande quantité de vaisseaux sanguins , de vaisseaux lymphatiques et de nerfs qui rampent dans leur épaisseur.

D’après les cliangemens nombreux que ces ligamens éprouvent pendant la gestation , il est

vrciiseniblable qu’ils ne se bornent pas à fixer l’utérus dans sa position , et à restreindre ses mouvemens ; ils doivent avoir quelqu’usage plus important, dont on ne peut se rendre compte.

L’utérus adhère encore par ses faces antérieure et postérieure à la vessie et au rectum , au moyen du péritoine. L’on a donné improprement le nom de ligamens antérieurs et postérieurs aux deux lames de cette membrane qui le fixent à ces viscères. On aperçoit ces deux lames de chaque côté de l’utérus lorsqu’on l’écarte de ces viscères. Elle s se présentent sous la forme d’un croissant dont la concavité est tournée en haut.

Des trompes utérines.

Les trompes utérines ou de fallope sont deux conduits de quatre à cinq pouces de long , placés dans l’épaisseur du bord supérieur des ligamens larges.

Elles prennent naissance. par un tube évasé assez gros , caché dans l’épaisseur des parois du fond de l’utérus ; elles deviennent ensuite capillaires , semblables à un ligament , puis elles augmentent de volume, et se rendent horizontalement et d’une manière très - flexueuse jusqu’à l’ovaire. Dans leur trajet , elles forment divers renflemens et resserremens , et se terminent par une sorte d’entonnoir évasé d’un demi-pouce d’é-

tendue, dont le contour irrégulièrement découpé est comme frangé, et adhère h l’ovaire par un petit filament rond , contractile , semblable h une languette. Cette dernière partie de la trompe a été appelée , à raison de sa forme , le pavillon ou le morceau frangé.

La cavité de la trompe commence dans l’utérus par un orifice évasé ; elle diminue et devient extrêmement étroite ; sa capacité augmente ou se resserre, en raison de la grosseur de la trompe ; elle s’ouvre dans l’abdomen par une ouverture très-petite , à l’endroit où commence le pavillon de la trompe.

Les trompes sont composées d’une membrane externe séreuse , d’un tissu intermédiaire , et d’une membrane muqueuse interne.

Ces membranes sont la continuation de celles de l’utérus. Le tissu intermédiaire est rougeâtre ou blanchâtre , spongieux , et très-serré du côté de l’utérus , où il est comme tendineux ; il a quelcpie ressemblance avec celui de l’urètre et des corps caverneux.

Les trompes , dans certaines circonstances , sont susceptibles de se gonflet* et d’éprouver une sorte d’érection. Le pavillon s’applique étroitement sur l’ovaire et établit une communication non interrompue ^ntre cet organe et l’utérus. Elles sécrètent un fluide muqueux qui se trouve dans leur intérieur. Dans l’état d’intégrité , lors-

que 1 utérus est excité , elles s’élargissent un peu , et forment des courbures avec des renflemens qui arrêtent quelquefois le produit de la génération , et donnent lieu aux conceptions extrautérines.

Des ovaires.

Les ovaires sont deux corps blanchâtres ^ sphéroïdes , un peu déprimés d’arrière en avant , placés postérieurement dans l’épaisseur des ligamens larges , et flottans avec eux dans l’abdomen.

Dans la femme adulte , ils ont de six à huit lignes de longueur ^ sur trois de largeur et deux d’épaisseur.

Leur surface , ordinairement inégale , bosselée est parfois très-lisse. Chaque ovaire adhère par son côté inférieur et par son extrémité externe à la plus grande des languettes du pavillon de la trompe. L’extrémité interne donne attache au ligament de l’ovaire. C’est un cordon filamenteux long d’un pouce et demi qui s’implante par son autre extrémité sur l’utérus derrière les trompes.

Les ovaires sont composés d’une membrane externe, d’une interne et d’un tissu propre.

La membrane externe très-mince est formée par le péritoine , au moyen d’un feuillet des hgamens larges qui enveloppent l’ovaire. L’interne

' I est blanchâtre , formée par un tissu fibreux très-i serré, et très-peu extensible; elle envoie dans ) l’ovaire trois prolongeniens qui forment des cloi- : sons dans ce t organe , et le divisent en trois grandes ; cellules. '

Le tissu de l’ovaire est blanchâtre, mou, etpairencb) mateiix ; il contient dix à douze vésicules iréunies en grappes. Les plus profondes ne sont '^isibles qu’h la loupe, celles qui se rapprochent ide sa surface ont souvent deux lignes de diamèttre ; il est parsemé par des vaisseaux plus ou imoins gros.

ICes vésicules , qu’on a comparées à de petits (œufs , sont formées par une petite membrane reni fermant un fluide visqueux , brunâtre , ou jaut inâtre , coagulable par la chaleur , par l’alcooi (et parles acides; présentant les caractères de U’albumine.

Lorsqu’on examine une femelle après la fécondation , on s’aperçoit qu’il manque une vésicule , ;>à la pl ace de laquelle on trouve un enfoncement cqui forme ce qu’on appelle une cicatrice.

L’ovaire reçoit des artères , des veines et des I nerfs. Les artères tirent leur origine de l’aorte Ni^entrale ou des artères rénales. Elles se portent nbliquement en dedans jusqu’à l’ovaire, et se divissent dans cet organe en rameaux capillaires. Les \reines suivent le meme trajet, et forment une es-

pèce de réseau à la base de Tovaire ; les nerfs viennent du grand sympathique.

Les ovaires étaient regardés par les anciens comme les préparateurs du sperme de la femme , et , à raison de cette fonction , ils étaient appelés testicules. C’est Stenon qui leur a donné le nom qu’ils portent; ce sont, suivant M. Chaussier , des organes sécréteurs auxquels les trompes servent de canaux excréteurs.

Ils ne concourent pas seulement à la reproduction , ils exercent encore une grande influence sur l’économie animale. Si on les coupe ou qu’on en fasse la ligature sur cm jeune animal, ou qu’ils soient altérés par quelque maladie , ils cessent de croître , toute la constitution éprouve des cliangemens sensibles, le corps ne j^rend plus le même accroissement , le fluide menstruel ne coule pas; les organes génitaux, de même que les mamelles ne se développent pas.

Du vagin.

Le vagin est un conduit cylindrique situé dans le petit bassin , entre la vessie et le rectum, et au-dessous de l’utérus , dont il peut être regardé comme un prolongement.

Il s’étend depuis le col de l’utérus , qu’il em-

nüj

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del,

brasse obliquement , jusqu’à la partie postérieure et inférieure des parties génitales externes.

Sa longueur est d’environ cinq pouces, chez les femmes qui n’ont point eu d’enfant, et de quatre pouces et demi , chez celles qui en ont eu.

On peut y considérer quatre régions. L’anfcérieure correspond à la vessie, la postérieure au rectum, les latérales aux ligamens larges supérieurement, aux uretères, et a beaucoup de tissu cellulaire inférieurement.

L’extrémité supérieure du vagin embrasse oblii^^uement le col de l’utérus ; l’inférieure est rétréci^ at presque entièrement fermée chez les jeunes personnes par l’hymen qui est un repli memhra- Qeux, semi-lunaire, formé par une duplicature ie la membrane interne. Chez les femmes qui mt eu des enfàns , l’orifice de cette extrémité

ast beaucoup plus étendu. Il présente des tuberi:ules y appelés caroncules myrtiformes , qu’on egarde comme les débris de l’hymen. ;

La direction du vagin n’est pas verticale : ce conduit est légèrement recourbé sur lui-même, iSa partie concave est tournée du côté de la ves- !>ie , et la partie convexe du côté du rectum.

La cavité du vagin est moins large vers l’ori- Eice extérieur que du côté de l’utérus; sa surace intérieure présente un grand nombre de "ides calleuses , très -saillantes dans les jeune» personnes et dans le fœtus.

Ces rides sont peu marquées h la partie supérieure du vagin ; elles sont généralement disposées en deux colonnes , et occupent les parties antérieure et postérieure de ce conduit. Leur direction est irrégulière supérieurement et transversale à la partie moyenne. Elles paraissent avoir pour usage principal de servir au développement du vagin durant raccouehemént.

La surface interné de ce conduit présente encore une grande quantité de follicules glanduleux , qui sécrètent' plus ou moins de matière 'muqueuse , propre ^ le lubréfier.

Il entré dans la composition du vagin une membrane interne , un tissu propre , des vaisseaux sanguins , deS vaisseaux lymphatiques et des nerfs.

Ce conduit n’a pas de rtiembrane externe , si ce n’est un petit prolongement du péritoine qui le recouvre un peu en arrière supérieurement.

La membrane interne est une conthluation de celle de l’utérus , et elle est de même nature.

Le tissu propre se rapproche beaucoup, par son organisation, de celui des corps cavémeux. Il est d’une couleur grisâtre , épais , celluleux , serré , extensible.

Le vagin jouit d’un certain degré de contractilité , qui se remarque pendant l’acte vénérien et durant l’accouchement.

Ce conduit reçoit du sang parTarlcre du vagin ,

et par divers rameaux des artères inférieures de la vessie et du rectum.

L’artère du vagin tire son origine de l’artère honteuse ou même de l’artère hypogas trique ; elle s’avance le long de la partie antérieure et latérale de ce conduit ; elle se ramifie principalement sur sa partie antérieure.

Les veines y suivent la même direction que les artères ; les nerfs sont fournis par les nerfs sacrés.

Des changemens de V utérus et de ses dépendances dans les dij[jférens âges.

Dans le fœtus , l’utérus est situé dans le basventre au - dessus du pubis. Les ovaires et les trompes correspondent aux cavités iliaques. Cette disposition se conserve après la naissance et ce n’est cpie dans les premières années de la vie , à mesure que la cavité du bassin s^ prolonge davantage ^ que l’utérus s’enfonce dans l’excavation. Ce viscère est alors petit, trèsallongé , cylindrique. Sa cavité est rugueuse , plus large h. l’endroit du col qu’à celui du corps ; elle contient une matière blanchâtre. Ses parois sont plus blanches que dans l’âge adulte , moins parsemées de vaisseaux ; elles sont compactes , comme cartdagineiises. Dans la femme qui a eu des eiifans, l’utérus est placé profondément dans l’excavatAon ^ soit fond est plus bas que le pubis ;

il conserve un peu plus de volume qu avant d’avoir été distendu. Le contour de son orifice externe présente souvent une ou plusieurs ecissures , résultant des déchiremens que cet organe a éprouvés au moment de l’accoucliement. Le tissu propre , moins ferme , est parsemé d’une grande quantité de vaisseaux.

Après la cessation des règles, l’utérus perd son action , diminue de volume , ses parois ont moins d’épaisseur et deviennent plus denses.

Les trompes et les ovaires n’éprouvent pag moins de changement par l’effet de l’âge.

Dans l’enfant naissant les trompes sont extrêmement fines , rouges,, presque droites , et elles offrent peu d’inégalités; à l’approche de la puberté, elles deviennent floconneuses, et leius renflemens sont apparens.

Les ovaires dans le has âge sont petits, allonsgés , vermiformes, sans inégalités à leur surface ; leur tissu est pulpeux, grisâtre et mou.

Ces organes acquièrent presque tout leur déve^ loppement à l’époque de la puberté ; après la cessation des règles, ils diminuent de volume , et sont plus consistans. Leur surface est rugueuse, remplie de crevasses et de cicatrices ; leurs vésicules ne gontplus apparentes ou sont transformées en corps durs, compacts, ou en gros pelotons de graisse.

Le vagin éprouve peu de changement par l’effet de fâge; il est seulement plus étroit, plus

allongé chez les jeunes personnes ; sa surface interne est plus rugueuse , sa consistance plus ferme.

Des changemens de V utérus par V effet de là ' grossesse.

L’utérus ne présente guère de changemens sensibles avant le quatrième mois de la grossesse ; son volume est alors augmenté ; sa forme est ovoïde; son fond déborde le niveau du pubis. Ce viscère prend ensuite im accroissement plus rapide ; il s’élève au septième mois jusque dans la région épigastrique ; au huitième , il occupe une ' grande partie de celte région , et il redescend quelquefois un peu vers la fin du neuvième.

Observons que ce développement n’a lieu durant les six premiers mois que dans le corps ; il se fait aux dépens du corps et du col jusqu’à la fin du huitième , et aux dépens du col seulement pendant le neuvième.

L’utérus n’acquiert pas seulement du volume , il prend encore plus de consistance. Je l’ai vu chez des personnes qui avaient succombé peu d’instans après l’accouchement, présenter, quoique revenu sur lui-même , six ou huit fois son volume et sa consistance ordinaires.

La cavité de l’utérus acquiert une capacité proportionnée à ce développement. Ses parois ont

uri peu moins d’épaisseur que dans l’élat de vacuité : cette diminution est peu sensible. L’épaisseur est, dans le lieu od s’implante le placenta , la même que partout ailleurs.

L’utérus est plus mobile pendant la grossesse que dans l’état de vacuité. Elevé au-dessus du pubis , et n’étant attaché que par son col au vagin , il penche facilement d’un côté ou de l’autre : souvent même il s’incline par-dessus le pubis de manière h former une hernie en devant (i).

Ce viscère n’éprouve pas moins de changemens dans sa structure. Sa membrane externe prend une grande amplitude aux dépens des bga-» mens larges qui s’effacent entièrement.

Le tissu propre acquiert un caractère musculeux; il présente deux couches bien distinctes, une extérieure de deux ou de trois lignes d’épaisseur , d’une couleur blanche , d’un tissu trèsdense , dont les fibres affectent une direction longitudinale dans le corps , et transversale avec beaucoup d’entrecroisement vers le col ; la couche intérieure est d’une couleur rougeâtre et d’une densité moins forte que l’extérieure. Les fibres en sont moins fines ; leur direction plus sensible paraît en général orbicidaire.

Les vaisseaux de l’utérus se redressent , leur calibre augmente , surtout à l’endroit qu’occupe

(0 Voyez de la hernie et de l’obliquité de l’utérus.

le placenta J le sang y circule avec plus d’activité et d’abondance.

Les veines forment à la surface interne d© l’utérus , près de l’insertion du placenta , de gros troncs veineux disposés par couchas , qui ,con> muniquent ensemble par de nombreux entrelacemens ; ces vaisseaux offrent des ouvertures •béantes obliquement, d’une ou de plusieurs ligues de diamètre , connues sous le nom de sinus veineux ; ils reçoivent le sang qui revient du foetus et de ses enveloppes , à mesure qu’il leur est transmis par les artères du fœtus.

La membrane interne.de l’utérus devient plus visible. On peut facilement la détacher du tissu propre ; elle acquiert un certain degré de contractilité , de rougeur , et elle forme des adhérences avec le placenta et avec les membranes du fœtus.

Les ligamens larges par lei}r déplissement , cliangent la position des trompes et des ovaires. Au heu d’être situés transversalement à la hauteur du fond de l’utérus , ces organes sont étroitement appliqués sur ses parties latérales et inférieures, où ils restent presque à découvert.

Les ligamens ronds sont moins flexueux , plus tendus , plus gros ; leurs libres sont rougeâtres , susceptibles de contraction, et présentent le caractère musculeux. Leurs vaisseaux sont beaiicoup plus prononcés. C’est ce qui a fait penseï’ â

Haller qu’ils ont pour usage principal de porter aux vaisseaux fémoraux la surabondance du sang dont est surchargé l’utérus pendant la gestation. Les trompes n’éprouvent de changemens sensibles que dans leur situation. Les ovaires acquièrent le double ou le triple de leur volume ordinaire. Leurs vésicules sont plus grosses , et s’enlèvent facilement. Le tissu de Tovaire est plus mou , plus spongieuj:.

Lorsque la femme a conçu , on trouve sur l’un des ovaires un corps de couleur orangée , qu’on nomme le corps jaune. Il parait provenir des débris d’une vésicule qui s’est gonflée et rompue ; ou plutôt de l’inflammation produite par la déchirure de cette vésicule. Au milieu de ce corps on voit un point noir , qui , observé avec les meilleurs instrumens , a présenté les llnéamens d’un réseau vasculaire. Après la conception , ce corps se développe , s’avive pour ainsi dire , par le contact de la matière séminale , et commence à s’approprier les matériaux nécessaires à son accroissement. Le corps jaune disparaît peu-à-peu vers le milieu de la grossesse , il arrive pourtant quelquefois qu’il reste jusqu’après l’accouchement. A sa place on trouve une petite cicatrice , qui s’efface souvent dans la vieillesse. Il est bon d’observer qu’il se forme fréquemment de semblables cicatrices sur les ovaires des femmes qui n’ont pas eu d’enfans.

Le vagin n’éprouve de changemens remarqua-

blés qu’au moment de l’accouchemeni. Il est alors continu avec l’utérus , comme s’ils formaient ensemble le même corps. Il acquiert un accroissement en longueur et une dilatation énormes , de manière à pouvoir donner passage à la tête de l’enfant. Toutes ses rides et duplicatures disparaissent. Son tissu semble avoir acquis un caractère musculeux. Après raccoucliement , il reprend son premier état , mais il conserve toujours un peu plus de largeur et un peu moins de longueur.

Des vices de conformation de V utérus et de ses

dépendances.

L’utérus et ses dépendances sont sujets à de nombreux vices de conformation.

Ce viscère peut manquer entièrement. Lieutaud rapporte une observation dans laquelle il n’en existait aucune trace , de même que des trompes et des ovaires. Le vagin se terminait sujDérieurement par un cul-de-sac. Morgagni rapporte des faits semblables. On trouve quelquefois deux matrices chez la même femme ; mais chacune d’elles n’est pourvue que d’un ligament large , d’un ligament rond , d’une trompe , et d’un ovaire (i). D’autres fois la cavité de l’utérus se

(i) Voyez Hlst. de l’acad. des sciences , année 43*

trouve pfirtagéé en deux par une cloison membraneuse (i). Il arrive frécpiemment à cet organe d’acquérir un volume considérable ^ qui n’est pour l’ordinaire occasioné que par des maladies. Ce viscère peut encore être excessivement petit. M. Portai fait mention de deux dames chez lesquelles il n’était pas plus volumineux que chez les jeunes personnes de neuf à dix ans. Les parties extérieures de la génération n’a^’^ient pas acquis leur développement et n’étaient pas velues , quoique ces deux dames eussent l’une et l’autre de l’embonpoint (2).

L’orifice interne de l’utérus est fréquemment oblitéré par le resserrement de ses parois ou par une membrane. On a vu cet orifice s’ouvrir dans le rectum.

Les ligamens éprouvent aussi quelques changemens. Morgagni a vu le ligament large du côté gauche , plus étroit que celui du côté droit , porter l’utérus du côté gauche (3) ; et le ligament rond du côté droit plus court c|ue celui du côté gauche , ce qui tirait l’utérus adroite ^ et le faisait incliner de ce côté (4).

J’ai vu en 1807, avecM. Mareschal, la trompe

(1) Voyez Encyclopéd. métli. art. matrice.

(2) Allât, pathol. toin. 5 , pag« 537.

(5) De secl. morb. epist. 47 > art. 18, p. 222. (4) Advers. anat. 4 > animadv. 25 , p. 4G*

et Tovaire manquer d’un seul côté, et remplacés, à l’endroit de l’insertion de la trompe sur l’utérus, par un petit tubercule.

Baillie a observé des trompes dépourvues de corps frangés et d’ouverture à leur extrémité supérieure, et terminées en cul-de-sac. Il a trouvé, quoique plus rarement , la petite ouverture par laquelle la trompe communique avec la cavité de l’utérus , entièrement effacée (i).

Les trompes contractent aussi des adhérences avec le péritoine et avec les ovaires.

Outre que ces derniers peuvent manquer d’un seul ou des deux côtés , il leur arrive d’acquérir un volume extraordinaire , de se convertir en une matière pulpeuse , blanchâtre ou grisâtre , et de contenir même dans leur intérieur des corps étrangers comme des cheveux , des dents , etc. D’autres fois ils sont si petits qu’ils n’ont pas la moitié ou le tiers de leur volume ordinaire ; mais cette dernière circonstance n’arrive guère que par l’effet de l’âge.

Le vagin peut manquer entièrement (2), n’avoir que la moitié de sa longueur naturelle (3) ,

(i) Anat. palhoL

(a) Voy. De snppresso aiit imniocleralo catameniox’um fluxu. p. 5 , in collect. Haller , t. 5 , p. 237.

(5) Baillie, anal, palliol.

être double ou partagé en deux par une cloison , avec une seule ou avec deux matrices (i). Sa cavité , dans quelques sujets, est si étroite qu’on peut à peine y introduire une plume ; elle acquiert d’autres fois une dilatation excessive ; mais ce n’est guère cjue lorsqu’elle est le siège d’un polype ou d’une tumeur volumineuse : on a mi le rectum aboutir dans cette cavité.

L.’ouverture extérieure du vagin est fréquemment recouverte par une membrane qui intercejDte le passage des règles à l’époque de la puberté.

Les vices du vagin, ainsi que plusieurs de ceux de l’utértis , sont faciles à reconnaître ; ceux des ligamens , des trompes , et des ovaires ne peuvent être reconnus qu’ après la mort.

Ces vices, tant les uns que les autres , ne se font guère apercevoir qu’au moment de la puberté.

L’absence de l’utérus , des trompes et des deux ovaii'es rend la femme essentiellement stérile (2)

L’extrême petitesse de l’utérus nuit aux règles , les empêche de venir ou les rend irrégulières (5).

Les défauts dans la longueur ou dans la largeur des ligamens donnent lieu aux inclinaisons de l’utérus en divers sens , et peuvent aussi, jusqu’à

(1) Coram. Leips. t. 21 , p. 240.

(2) Voy. de la stérilité.

(5) Yoy. des vices de la menstrualion.

im certain point, occasioner la stérilité : cette maladie peut également résulter, de l’oblitération des deux trompes, des adhérences quelles contractent avec le péritoine et l’ovaire , lorsqu’elles gênent leurs fonctions ; ainsi que des défauts de confor- : mation des ovaires , quand ils ont lieu dans les deux ovaires en même temps.

L’absence du vagin , son défaut de longuem* , • son resserrement nuisent à l’union des sexes ; mais ils sont extrêmement^ rares. La double cavité de ce conduit , quand elle correspond à deux utérus ^ ou à un seul , dont la cavité est partagée en deux par une cloison , peut permettre la superfétation , laquelle ne pourrait avoir lieu sans cette dernière circonstance. L’imperforation de son orifice extérieur peut , en s’opposant à l’issue des règles , occasioner des accidens graves (i).

Des propriétés vitales de Vutérus,

Dans les premières années de la vie , ces propriétés sont obscures , et très-bornées ; l’utérus composé d’un tissu celluleux ou corné ne jouit que des propriétés de ce tissu. A l’époque de la puberté elles deviennent plus apparentes ; la sensibilité est plus marquée ; il se développe , prin-

(0 dfi 1^ menslraaliott difficile.

clpalement h Tapproclie de la menstruation , un certain degré de chaleur dans l’utérus. Cet organe est doué d’une contractilité légère ^ puisqu’il aspire la liqueur séminale dans l’acte vénérien , et que son col se resserre après la conception. Celte faculté est plus apparente quand la menstruation est pénible et dans diverses maladies de l’utérus; elle provoque la sortie des caillots de sang des glaires ou des corps étrangers qui se sont accumulés dans sa cavité , et occasionne des coliques utérines. Au mois de novembre 1 8i une dame , âgée de vingt-huit ans , mère d’un enfant de deux ans , fut atteinte d’une inflammation de l’utérus. Elle éprouvait une tension , de la chaleur dans la région hypogastrique , des colicpies et des douleurs semblables à celles de l’accouchement; pendant ces douleurs, elle rendait par le vagin une matière muqueuse, d’un jaune verdâtre ^ très - abondante. Après l’évacuation , les douleurs cessaient. Elles se renouvelèrent de la sorte pendant quinze jours , et ne se terminèrent qu’à la fin de la maladie; en introduisant l’indicateur dans le vagin , on trouvait le col de l’utérus plus volumineux et plus sensible que dans l’état naturel.

La sensibilité de cet organe peut aussi s’exalter à un très- haut degré dans diverses alTectioiis. Quelquefois cette exaltation a lieu d’une manière

irrégulière , c’est ce qui constitue le spasme de Tutérus (i).

D’autres fois la sensibilité est moindre qu’elle ne devrait l’ètre. L’utérus n’est plus le centre d’action qui détermine chaque mois une sorte de fluxion dans son tissu. Il existe alors une maladie connue sous le nom d’atonie de l’utérus (2}.

Pendant la gestation, les propriétés vitales de Tutérus, acquièrent plus d’intensité. La sensibibilité est augmentée , la chaleur plus forte , est répandue dans toute la région hypogastrique. A mesure que le tissu propre prend un caractère musculeux, la contractilité se développe et acquiert la faculté d’être mise en jeu par des irrilans physiques , chimiques , ou par l’influx nerveux ; elle se montre au moment de l’accouchement dans toute sôn intensité. Les contractions se manifestent par des douleurs vives et si fortes , qu’elles déterminent presque seules l’expulsion du fœtus.

Cette contractilité est susceptible d’une exaltation irrégulière; c’est ce qui constitue les convulsions de l’utérus (3).

Quelquefois au contraire elle est momentané-

(i) Voy. (lu spasme de rutcrus.

(u) Voy. de l’atonie de Tutérus.

(3) Yoy. des convulsions de Tulérus..

ment suspendue , et l’organe est alors dans un état d’inertie (i).

Des sympathies de V utérus.

Il existe une connexion intime entre l’utérus et les mamelles, et même avec les autres organes.

Celte connexion est établie par une série de phénomènes physiologiques , pathologiques thérapeutiques .

On observe à l’époque de la puberté une coïncidence prononcée 'dans le développement de Tutérus , l’apparition de la première éruption des règles et l’accroissement des mamelles.

Qui ne sait que l’irritation du mamelon excite une sensation plus ou moins vive dans les parties naturelles ?

Dans les femmes enceintes, les seins se gonflent et ces organes deviennent le siège d’un travail qui se manifeste dès les premiers momens de la grossesse. Le gonflement des seins a encore lieu à la suite de la suppression des règles, ou du développement d’un corps étranger dans l’utérus ; il s’y fait même une sécrétion de lait.

Les mamelles , suivant le père de la médecine , s’affaissent chez les femmes enceintes quand l’enfant est mort. Elles s’affaissent de même durant une hémorragie utérine.

(i .) Voy. de l’inertie de Futérus.

On voit parfois le sang couler par les seins ,

' quand les règles ou les lochies sont supprimées.

Lorsque lutérus est dilaté par une mole, ou par des hydatides , l’expulsion de ces corps étrangers par les contractions utérines est suivie d’une iiè\Te de lait , comme après un accouchement • ordinaire (i).

Les femmes qui ne nourrissent point , ou dont on supprime le lait ont beaucoup d’évacua- I lions muqueuses par les parties sexuelles, tandis que celles qui nourrissent, et dont le lait coule .abondamment par les seins, ont peu de lochies. Il est rare aussi que le flux menstruel survienne aux nourrices pendant l’allaitement.

La sympathie de l’utérus avec le cerveau n’est pas moins évidente.

On voit fréquemment les règles , les lochies arrêtées par l’effet d’un mouvement de colère , d’une grande frayeur. Les flueurs blanches deviennent bien plus abondantes , lorsque les femmes sont en proie à des chagrins violens. Ne voit -on pas le commencement de la grossesse donner lieu auudélire , à des accès de folie momentanés ?

Cette correspondance est aussi très-bien établie avec la poitrine.

(i) Yoy. des corps étrangers contenus dans Tutérus.

Les organes de la voix éprouvent souvent des ulléralions ])ar suite d’une grossesse , d’un accouchement;, ou d’une simple suppression des règles. On volt tous les jours le principe d’un catarrhe pulmonaire se porter sur l’utérus et y déterminer une maladie du même genre, ou bien la cessation momentanée d’un catarrhe utérin être occasionée par l’apparition d’un catarrhe pulmonaire. Les oppressions, les défaillances, les palpitations, sont un résultat ordinaire de la gros-sesse et des différentes affections de l’utérus.

La tuméfaction du ventre , qui arrive si fi'équemment aux demoiselles , vers l’époque de la menstn^ation , le trouble des digestions , les borborygmes , les coliques , qui surviennent aux diverses époques de la gestation , les vomissemens spontanés à la suite de la rupture de l’utérus (i), >annoncent cette sympathie avec les viscères du bas-ventre. ^

^SLa suppression des règles , causée par l’immersion des mains ou des pieds dans l’eau froide ; l’énergie que l’on rend à l’utérus , durant raccouchement, par l’application de corps froids sur le bas-ventre , par des frictions avec des liqueurs spiritueuses , par l’aspiration de l’odeur du vinaigre ; les bons effets que l’on retire parfois de l’application d’un vésicatoire ou d’un cautère

(0 la rupture de futéru.s,

au bras, dans le catarrhe utérin rebelle ; tous ces phénomènes établissent une sympathie plus ou moins forte de Tutérus avec tous les organes.

Des diverses manières dont on peut exercer une action sur V utérus.

On peut agir sur l’utérus , tant dans son état de vacuité que durant la grossesse, par la simple position qu’on donne à la femme.

On fait cesser les accidens et l’on opère souvent la réduction d’une descente de l’utérus, en plaçant la malade dans une position horizontale , le bassin et les reins un peu élevés. Cette position est un bon moyen pour arrêter les hémorrhagies utérines , et pour empêcher la descente dans les accouchemens laborieux.

Il est parfois nécessaire de placer la femme sur ses genoux , comme dans le cas de grossesse , lorsque l’utérus appuie sur le col de la vessie , et empêche l’écoulement de l’urine.

Dans certains accouchemens lents, il est bon que la malade soit debout et marche , pour exciter et favoriser les contractions de l’utérus.

On la fait coucher sur l’un ou sur l’autre côté, dans l’accouchement , avec obliquité de l’utérus, afin de rendre à ce viscère sa direction naturelle.

On ne peut point administrer demédicamens un

( Sri )

peu actifs , sans qu’ils u’influent sur cet organe. Le quinquina et le bouillon de poulet n’ont pas seulement une action, l’un comme tonique et l’autre comme calmant , sur toute l’économie ; ils en ont encore une sur l’utérus en particulier. Il en est de meme d’une saignée générale , des bains , etc.

On peut agir directement sur ce viscère , en portant des topiques sur son col, ou en faisant , dans quelques circonstances, des injections dans sa cavité. Cette action est généralement faible.

L’on est obligé , dans quelques accoucbemens laborieux et dans l’opération césarienne, d’introduire la main ou des instrumens dans la cavité de l’utérus, et d’intéresser même son propre tissu.

Quelquefois on agit sur ce viscère par une sorte de transmission , quoiqu’on ne le touche pas immédiatement.

C’est ainsi que cet organe éprouve une grande influence de l’application des cataplasmes sur le bas-ventre , de celle des sangsues à. l’anus , et aux parties sexuelles, de l’usage des purgatifs drastiques , des lavemens stimulans , etc.

On peut encore agir sur l’utérus par révulsion. Dans l’état ordinaire cet organe est le siège d’un travail permanent, qui donne lieu périodiquement à une fluxion sanguine, à la menstruation.

Diverses circonstances peuvent influer sur cette action , et déplacer , pour ainsi dire, le principe de vie surabondant dans l’utérus.

Cette révulsion s’opère en agissant sympathiquement sur les nerfs qui ont une communication plus intime avec ceux qui s’y distribuent. Ainsi une violente irritation, l’application d’un vésicatoire , d’un moxa sur les tégumens , sont capables de l’opérer : on peut encore la produire par une saignée tant du bras cjue du pied : elle peut aussi résulter de l’invasion d’une maladie dans un organe éloigné. Une inflammation de poitrine , une affection aigue quelconque, peuvent déterminer un nouveau centre d’action , et faire cesser momentanément celui qui a lieu dans l’utérus.

Les affections morales profondes ont aussi une action marquée sur cet organe. On voit journellement les personnes en butte à des chagrins violens perdre peu- à-peu leurs règles et se trouver fortement incommodées de pertes blanches. L’on peut même juger de l’état de leur moral par la quantité plus ou moins grande de ces excrétions.

Le froid, la

la contractilité de l’utérus. C’est par leur moyen qu’on parvient à arrêter des hémorragies utérines très-rebelles. L’électricité , le galvanisme n’en exercent pas une moins prononcée. On les a vus rétablir le cours des règles dans des suppressions anciennes ; on a vu aussi des femmes enceintes avorter , pom’ avoir reçu accidentellement sur l’abdomen la décharge d’ime batterie électrique.

glace ont une action spéciale sur

Il est des médicamens , des préparations pharmaceutiques qui paraissent avoir une action encore plus spéciale sur l’utérus , tels sont la racine de canne , malgré ce qu’en ont dit différens auteurs , la pervenche , l’oignon colchique , les préparations ferrugineuses , la ciguë , la classe nombreuse des emménagogues. J’ai vu dans des affections rebelles de l’utérus des malades soulagées , au-delà de toute espérance , par les pilules de cynoglosse , tandis qu’elles ne retiraient aucun bon effet du laudanum liquide de Sydenham ou d’autres préparations opiacées , quoiqu’administrées à haute dose. Nous nous attacherons à faire connaître ces nuances dans l’emploi des médicamens ; elles présentent beaucoup d’utilité dans la pratique.

De la menstruation.

Dès que les femmes on atteint un certain degré de développement, il se fait par les parties sexuelles , à des époques indéterminées , une excrétion de sang qui porte le nom de règles ou flux menstruel. La fonction qui a pour objet cet écoulement s’appelle menstruation.

C’est ordinairement vers l’àge de i5 à 14 ans que l’écoulement des règles a lieu dans nos climats. Il arrive plutôt dans les pays chauds. On rapporte que , sous les tropiques , les femmes

sont réglées à 9 ans. Dans le nord elles ne le sont qu’à l’âge de 16 à 18 , et même de 24 ans.

Cet écoulement est généralement précédé;, danà toute l’économie , de changemens remarquables qui ont reçu le nom de puberté. Les seins se développent J la figure se remplit, les joues sont plus colorées , les yeux plus brillans , plus expressifs , la voix devient plus douce , les formes se prononcent davantage.

Cette éruption arrive rarement sans accidens : elle est ordinairement précédée par des dou- ' leurs dans les régions lombaires , qui se font sentir jusque dans le bassin , par des lassitudes dans les jambes , quelquefois par des difficultés de marcher. La figure est rouge , animée la tête pesante. Il se manifeste des éruptions cutanées, des boutons, principalement au visage.

Ces symptômes précèdent souvent de plusieurs mois la première éruption des règles. Ils sont fréquemment accompagnés de l’écoulement d’une humeur séreuse et blanchâtre qui devient sanguine au bout de quelque mois ; alors le sang coule , même pur , avec plus ou moins de vitesse, et les douleurs se dissipent spontanément. Quelquefois elles sont accompagnées d’ accidens plus graves , comme nous le dirons par la suite (i).

(i) Voyez de la menstruation difficile., (

La durée de cet écoulement n’est pas fixe r elle est ordinairement de sept h huit jours, lorsqu’il se fait lentement , et de trois ou quatre , quand il est abondant.

Dans les pays chauds la quantité de sang évacué a été estimée de dix onces h. une livre. Elle est de trois à cinq onces dans les pays froids.

Les femmes qui se nourrissent d’alimens substiels , et qui se livrent aux plaisirs des sens, ont des règles abondantes ; celles qui font des exercices violens et qui ont une mauvaise nourriture en ont moins. Souvent , après la première éruption , le sang est plusieurs mois à reparaître , et ce n’est qu’au bout de quelque temps que la menstruation se régularise ; le sang coule alors de six à huit jours , et met un intervalle de vingt à vingt-quatre jours sans couler de nouveau. Le flux menstruel continue de la sorte jusqu’au moment de sa cessation absolue, à moins qu’il ne soit interrompu par la grossesse et l’allaitement (i), ou par quelque maladie (2).

La manière de vivre peut aussi apporter du dérangement dans la durée des périodes. Les fem-» mes voluptueuses ont quelquefois leurs règles tous les quinze jours , tandis que chez d’autrei

(i) Voy. de la menstruation chez les femmes enceintes et chez les nourrices,

(a) Yoy. des vices de la menstruation.

le retoitr en est bien plus éloigné. Chaque retour est précédé de douleurs dans la région lombaire, de coliques ou d’autres accidens très-variés , qui sont en général les mêmes pour chaque personne.

Le sang des règles est le plus souvent d’une couleur rouge , foncée , quelquefois d’un rouge pâle , surtout au commencement ou vers la fin de l’éruption. Celte couleur change beaucoup dans les maladies. Le sang est presque décoloré chez les personnes scrophuleuses , noirâtre chez les scorbutiques. Je l’ai vu verdâtre chez une personne qui a été atteinte , peu de jours après , d’une inflammation de l’utérus. Il est aussi un peu visqueux. Quelquefois il vient en caillots , ou il est glaireux , surtout chez les personnes sujettes aux flueurs blanches.

Il a un peu d’odeur , soit qu’elle lui soit naturelle, soit qu’il l’ait contractée par son séjour dans l’utérus et le vagm. Cette odeur est souvent très - forte , malgré la plus grande propreté.

Le sang menstruel peut encore contracter une certaine virulence. On voit fréquemment des inflammations catarrhales de l’urètre survenir après la cohabitation avec une personne qui a ses règles, et qui est d’ailleurs très-saine.

On doit sans doute éloigner toutes ces idées de qualités vénéneuses que les médecins arabes

Avaient attribuées au sang menstruel. Cependant on ne pourrait nier qu’il n’existât chez quelcpies personnes quelques-unes de ces qualités , comme d’altérer la qualité des vins^, de faire tourner le lait^ et diverses préparations alimentaires. Ces faits, quelque inexplicables qu’ils paraissent , m’ont été certifiés par tant de témoins, dignes de foi, qu’ils méritent d’être scrupuleusement examinés , lorsque l’occasion se présente de les vérifi er.

Il n’est pas facile de déterminer la source des règles : on ne peut douter cependant qu’elles ne viennent principalement de l’utérus. La surface de cet organe présente intérieurement des pores de différentes espèces, dont on peut faire sortir du sang par expression. On a trouvé du sang menstruel épanché sous sa membrane interne ; on a vu à la surface de cette membrane , des taches d’oh il transsudait '"du sang : on a trouvé la cavité de Tutérus remplie d’un sang noir , clans une suppression des règles : ce viscère teint de sang pendant leur écoulement ; ses vaisseaux quelquefois pleins de sang. On a vu ce liquide couler par les trompes , par l’orifice de l’utérus , par un sarcome de cet organe , par la cicatrice restée après l’opération césarienne , par une plaie de l’utérus. On a trouvé un caillot de sang cylindrique dans le col de l’utérus d’une fille. Enfin le vagin s’est trouvé net chez des fem-

( sg )

imes dans l’utérus desquelles on voyait les sources '4’où sortaient les règles (i).

Il n’y a pas , suivant Haller , une seule partie de l’utérus qui ne fournisse à l’écoulement des irègles, quoiqu’on trouve plus de taches au fond €et au corps de ce, viscère qu’on ne trouve au col. jII est vraisemblable que le sang vient de tous les [points de l’intérieur de l’utérus , puisque les règles ne coulent pas moins dans le cas où la plus grande partie de cet organe est carcinomateuse.

Il n’est pas facile de décider si ce sont les arkères ou les veines qui fournissent le sang des r:*ègles. Cependant l’espèce de fluxion qui a lieu üldans l’utérus avant leur éruption annonce que 1 :ze sontles artères qui fournissent cette évacuation. ( . Les causes de la menstruation sont encore J Diliis difficiles à expliquer. En examinant néan- ) moins ce qui se passe au moment de l’ériip- I iion des règles, on s’aperçoit qu’il s’est fait dans I "utérus une sorte de fluxion avant leur époque , { laquelle se manifeste par un accroissement de i ;.;haleur , et de sensibilité , que j’ai eu souvent oc- J asion d’observer , et par un état pléthorique dans i|t et organe.

Cette pléthore locale est en outre prouvée par es gonflement des veines spermatiques et des eines de l’utérus , par la tuméfaction et l’épais-

(0 Haller, pliyslol. source des règles.

Pissement de ce viscère , avant et pendant l’écoulement des règles.

L orifice de Tutérus est fort étroit avant l’écoulement, le mouvement du sang est accéléré, le pouls est vif, plus fort , inégal ; et lorsque la pléthore est arrivée à uq certain degré , le sang coule des vaisseaux capillaires par une pure exhalation.

Nous ne pouvons pas plus rendre raison du retour périodique de cette pléthore que de la plupart des phénomènes de l’économie animale qui présentent une périodicité ; mais il suffit de faire observer que cette périodicité a heu , avec plus ou moins de variations , jusqu’au moment de la cessation des règles.

Cette cessation arrive vers l’âge de 40 à 45 ans. Quelquefois les règles disconlinuent sans que leur interruption occasionne aucune incommodité. Le plus souvent elle est précédée et suivie d’accidens divers qui exigent toute l’attention des hommes de l’art, et dont nous parlerons par la suite (i).

Des circonstances qui augmentent ou qui dimi^ nuent le cours des règles.

Les circonstances qui augmentent le cours des règles peuvent toutes se rapporter à trois princi-

(i) Voy. des accidens qui arrivent à l’époque de la cessation des règles.

pales. i.° Celles qui agissent sur la sensibilité générale, et qui accélèrent la circulation du sang. 2.0 Celles qui augmentent la quantité de ce fluide dans ses vaisseaux. 5.° Celles qui agissent spécialement sur la sensibilité de l’utérus, et qui y déterminent une pléthore locale.

A la première de ces causes se rattachent le tempérament nerveux , lequel donne à toute l’économie un certain degré de surabondance dans la sensibilité générale et dans l’activité de la circulation, l’habitation des pays chauds ou des appartemens très-échauffés. C’est cette dernière raison qui fait que les règles sont si précoces et si abondantes dans l’Asie et sous l’équateur. La fièvre produit encore les memes effets. Il en est de même d’une marche forcée , des passions vives>, comme la colère, la joie, la frayeur ; de l’abus des plaisirs vénériens , de l’éternuement , de l’usage des plantes acres et odoriférantes , et principalement du pouillot, selon Haller (i).

Une nourriture abondante, des alimens succulens , le défaut d’exercice , l’oisiveté , la diminution de la transpiration ou de toute autre évacuation habituelle , sont les circonstances qui augmentent le plus la pléthore générale; on peut y ajouter l’usage des martiaux , parce qu’ils augmentent la quantité de la partie rouge du sang. Le prompt

(i) Lieu cité.

accroissement rend aussi l’éruption des régies prématurée et fait gonfler en même temps les mamelles.

Les circonstances qui donnent lieu à la pléthore locale sont celles qui excitent la sensibilité de Tutérus, et déterminent le sang à se porter en plus grande abondance vers l’aorte inférieure ; tels sont les plaisirs vénériens , les bains de pieds J les bains de vapeurs dirigés sur les parties naturelles ^ l’application des sangsues à ces parties , les pessaires médicamenteux dont l’usage est peut-être trop abandonné en ce moment, les purgatifs. Une compression , suivant Haller , exercée sur l’artère crurale , tandis qu’on expose les parties génitales à la vapeur de l’eau chaude occasionne un sentiment de plénitude et de douleur dans la région de l’utérus , et détermine l’écoulement des règles , du moment où l’on fait cesser la compression.

Les circonstances qui diminuent le cours des règles sont celles qui agissent en sens contraire des précédentes , savdir : le tempérament vasculeux avec excès d’embonpoint , l’exposition à un air froid , une nourriture acide et rafraîchissante , des boissons gommeuses et légèrement astringentes , des maladies lentes de très-longue durée , des passions tristes, un amour malheureux, une diète prolongée ou une mauvaise nourriture habituelle, des saignées répétées , des transpirations abon-

dantes , le froid aux pieds , les bains froids, enfin tout ce qui peut détourner le sang de l’utérus.

De V influence de la menstruation sur V économie de la femme et sur ses maladies.

La menstruation exerce la plus grande in-" fluence sur l’économie de la femme. Il est rare que les personnes qui éprouvent quelques dérangemens dans cette fonction jouissent d’une bonne santé , et que celles qui ne sont pas réglées puissent devenir enceintes.

L’approche de la menstruation est ordinairement précédée d’un trouble dans la constitution , et de diverses maladies ( i ) ; mais aussi cette époque devient fréquemment un moyen de guérison pour certaines affections préexistantes qu’on n’aurait pu guérir sans cette circonstance.

Ainsi on voit diverses maladies , telles que la chlorose , la danse de Saint-gui, l’épilepsie, des migraines insupportables , la teigne , les engorgemens glanduleux de toute espèce , des inflammations chroniques des yeux , des saignemens de nez trop fréquens , etc. , cesser au moment de la inenstruation.

Un petit nombre d’autres maladies sont plus susceptibles d’accroissement à cette époque ;

(i) Yoy. de la meustruatiou difficile.

tels sont les crachemeiis de sang, la plitliisie.

Si la première menstruation peut devenir un moyen de guérison pour diverses maladies , la cessation des règles , comme nous le verrons dans un autre article , est l’époque ou la source d’un bien plus grand nombre de désordres dans l’économie (i).

Il est rare que le moment de la menstruation ne soit pas favorable aux affections qui sont alors existantes. Ainsi il concourt d’une manière trèsefficace à la guérison de l’ophthalmie , de diverses inflammations locales , des rhumatismes , etc.

Il est cependant plusieurs maladies qu’il aggrave , les nerveuses principalement. Les personnes sujettes aux accès d’hystérie , d’épilepsie , y sont plus sujettes au moment où les règles commencent , ou à celui où elles finissent , que dans l’intervalle de la période menstruelle.

L’époque de la menstruation nuit aussi au traitement des maladies qui existent dans ce momentlà. Ainsi, à moins d’une très-grande urgence, on ne peut pas faire de saignée , prescrire de vomitifs , de purgatifs. Je connais une dame , habituellement constipée , qui ne peut pas même prendre un lavement pendant la période des règles , sans les supprimer. Il ne convient pas enfin de produire de trop grands ébranlemens

(i) Voy. de la cessation des règles.

dans la constitution, parce qu’ils détermineraient a suppression des régies , ce qui, joint à la maadie primitive, pourrait donner lieu aux plus rraves accidens.

Si la menstruation exerce une iofluence sur les naladies , réciproquement celles-ci en ont une irès-marquée sur la menstruation.

Ainsi on voit des maladies aiguës , telles que a péripneumonie , diminuer considérablement ou nterrompre le cours des règles. Il en est de nême des maladies chroniques , la plupart d’enrre elles diminuent et suppriment même entièement cette évacuation (i). Quelquefois aussi es maladies sont cause que les règles se font jour .)ar une autre issue que la voie naturelle (3).

Il est au contraire des maladies , telles que les ffections chroniques de l’utérus , qui rendent les èègles plus abondantes (5).

De la grossesse.

On désigne , sous le nom de gestation ou groscîsse , l’état de la femme , depuis le moment de la mception jusqu’après l’accoucliemenl.

La grossesse est utérine ou extra-utérine , se-

0 ^ la suppression des règles,

a) Voy. de la déviation des règles.

5) Yoy, des règles trop abondantes.

( OCi )

Ion que le développement du fœtus a eu lieu dans l’utérus ou hors de cet organe : elle est vraie ou fausse, suivant que Tulérus contient un enfant , ou un corps étranger , ou qu’il est atteint d’une affection spasmodique (i).

Il est difficile de reconnaître la grossesse utérine dans son principe. Quelques femmes éprouvent, au moment de la conception , une sensation particulière sur laquelle elles se méprennent rarement, Mais en général, on ne soupçonne la grossesse que lorsque la suppression des règles arrive sans accident.

Indépendammejit de cette suppression , il se fait bientôt un changement remarquable dans la constitution. Les seins se gonflent et finissent par sécréter du lait; la physionomie est plus animée , l’embonpoint augmente ; il survient des symptômes nerveux très-variés , des envies de toutes sortes , des nausées , des vomissemens. Le col de hutérus paraît plus sensible , plus rénrtent; il a plus de chaleur, et son orifice interne est fermé.

Chez une jeunefemmè, bien constituée dont les menstrues n’offrent habituellement aucun dérangement , leur suppression est ordinairement un signe décisif de la grossesse. Il n’en est pas de même chez les femmes dont les règles sont irré-

(i) A^oy. des corps clrangers contenus dans.1 ulérus et des spasmes de cet organe.

.^ulières , ni cliez celles qui sont menacées ou atteintes de quelques maladies, tant de Futérus que des autres organes. Quelqu ’intérét que Fon ait-,à •s’assurer si la grossesse existe , les premiers pliénoinènes, pris isolément ou dans leur ensemble, me donnent que des signes incertains. On ne peut jprononcer avec certitude sur cet état delalemme qu’ après un certain laps de temps. Il faut qu’il >se soit fait des changemens notables dans la. situation et la forme du col et du corps de Futérus ; il faut que l’on sente les inouvemens propres de '.[IFenfant, ou qu’on puisse lui faire éprouver ceux de ballottement.

Ces derniers phénomènes ne se manifestent ! I pas d’une manière sensible avant la lin du troisième mois. A cette époque le col de Futérus est cordiiiairement plus élevé, plus porté en arrière. ILe corps de cet organe se développe et forme une îtaiKieur dans la région hypogastrique. J , Pour bien examiner cette tumeur , on fait placier la femme sur le dos , les jambes flécliies sous les cuisses. On porte le doigt indicateur d’une lirmain jusqu’au col de Futérus. Avec la paume de lautre main , on exerce une pression légère etl’on ait de petits mouvemens sur la région hypogasrique, pour écarter les circonvolutions des dntesins placés sur le corps de Futérus. Ori cherche insuite à sentir ce corps et à le fixer entre cette

Imain et le doigt indicateur de l’autre main en

( tl8 )

contact avec le col. Cette opc^ralion est connue sous le nom de toucher.

Au quatrième mois de la grossesse^ le col est très-élevé, le développement du corps est plus marqué ; on sent facilement l’ulérus au travers des parois de ral:>domen ; son fond se rapproche de l’ombilic ; la femme éprouve quelques légers mouvemens de l’enfant.

Au cinquième mois , le col est bien plus élevé , le corps occupe la région hypogastrique et pénètre dans la région^ ombilicale ; l’abdomen présente une tension uniforme , et communicpie une chaleur plus marquée c[ue dans l’état naturel : Les mouvemens de l’enfant sont très-forts ; en pratiquant le toucher, et en faisant alternativement des pressions en sens contraire sur le corps de l’utérus, on sent distinctement, dans le sem de la mère , le mouvement entier de l’enfant connu sous le nom de ballottement.

Au sixième mois , le col toujours très-élevé commence à s’effacer ; le corps occupe toute la région ombilicale ; les mouvemens propres de l’enfant , ainsi que son ballottement ne peuvent plus être méconnus : la femme éprouve des crampes , et quelquefois des difficultés d’urincr , produites par la pression du corps de l’utérus sur le tronc des nerfs cruraux et sur le col de la vessie.

Au sejitième mois , le col de l’utérus s’efface ; le corps occupe la région épigastrique ; les cram-

pes, les varices des jambes, Tœdématie despieds, la constipation annoncent une pression sur les vaisseaux sanguins ou lymphatiques , sur le col de la vessie et sur le rectum.

Au huitième mois , le développement de l’utérus se fait entièrement au dépens du col , qui finit par s’effacer. Le corps occupe toute la région épigastrique ; les accidens, résultant de la compression des vaisseaux sanguins et lymphatiques , sont plus marqués ; la malade continue d’éprouver des rétentions d’urine , ou meme une incontinence déterminée par la pression de l’utérus sur le corps de la vessie.

Au neuvième mois , le col est entièrement effacé ; le corps occupe toute la région épigastrique ; les accidens secondaires sont plus marqués que dans le degré précédent : tout annonce l’approche de l’accouchement.

La grossesse extra-utérine peut avoir lieu dans la trompe , dans l’ovaire , dans le bas-ventre , et même dans le vagin. Elle a reçu le nom de tu-

haire, de l’ovaire, d’abdominale et de vaginale, en raison du lieu où l’enfant s’est développé. Les trois premières variétés de cette grossesse ont des signes obscurs qui la font ordinairement méconnaître.

Ces signes sont d’abord les mêmes que ceux d’une vraie grossesse , de la présence des corps étrangers dans l’utérus, ou du spasme de cet organe. Les

règles se supprimen t , le ventre se distend , les seins prennent plus de développement. Quoique l’utérus ne soit pas le siège de la grossesse , son corps néanmoins prend plus d’accroissement, augmente de volume, et pèse sur le doigt comme chez une personne enceinte. On remarque cependant que le ventre est distendu plus irrégulièrement. La femme est plus souffrante que dans une vraie grossesse ; les douleurs quelle éprouve , les mouvemens de Fenfant se font ressentir plus en arrière et vers les fosses iliaques.

Celte grossesse parvient rarement a terme. Le fœtus occasionne ordinairement , vers le quatrième ' ou le cinquième mois , un mouvement fébrile , le marasme , et la femme succombe. Le professeur Chaussier vient d’en rap>porter un nouveau fait à la faculté de médecine.

La femme qui fait le sujet de son observation était âgée de trente ans , et avait eu trois grossesses heureuses. Elle éprouva d’abord tous les symptômes d’une quatrième grossesse. INIais vers trois mois et demi , époque où l’enfant remua , elle ressentit des douleurs dans la fosse iliaque gauche , la lièvre survint^ et cette femme périt dans un état d’épuisement.

A l’ouverture du corps , on trouva un fœtus de quatre à cinq mois , renfermé dans un kyste formé par la trompe gauche (i).

(i) Yoy. Jüiu’nal de médecine , par M. Leroux , i8i4-

Quelquefois le fœtus périt et finit par se pétrifier.

On Ta vu au£si se frayer une route dans la vessie ou dans le rectum^ et être évacué par morceaux, à travers une ouverture artificielle.

Je ne connais qu’une observation de la grossesse vaginale. Elle est rapportée par Noël.

Une femme de la Lorraine , dit-il , était sujette par suite d’un accouchement laborieux à une chute complète du vagin , qui descendait quelquefois jusqu’aux genoux. Pour soutenir cette descente et la tenir réduite , elle portait dans le vagin un linge roulé en pessaire.

Devenue enceinte une seconde fois , et ne pouvant se délivrer , Noël fut appelé. L’enfant présentait le dos et était descendu dans le détroit inférieur du bassin. On le voyait à ti’avers les grandes lèvres qui étaient très -dilatées. Il était mort; et il fut retiré sans beaucoup de peine par les pieds. La mère expira le lendemain. A l’ouverture du corps , Noël trouva l’utérus si dur et si squirreux , qu’il ne put l’ouvrir qu’avec un grand couteau de cuisine et à coups de marteau. Le col de ce viscère était entièrement fermé. Les trompes étalent squirreuses, sans aucune marque de cicatrice ni de déchirure. Le vagin au contraire était si distendu à sa surface antérieure et supérieure , qu’il avait formé une poche pareille à celle d’une gibecière, dans laquelle Fenfant s’é-

tait nourri jusqu’au terme de neuf mois (i).

Du fœtus et de ses dépendances.

Sans chercher à indiquer de quelle manière s’opère la fécondation, nous ferons remarquer cpie , du moment où elle a eu lieu , il en résulte divers produits , qui sont fixés soit dans l’utérus , soit dans la partie où l’enfant s’est développé.

Ces produits sont l’enfant , ses membranes , 1 eau de l’amnios , le placenta , la vésicule ombilicale et le cordon ombilical.

Dans les premiers temps de la conception , l’enfant se présente sous la forme d’un mucilage , sans organisation apparente ; vers le vingtième jour de la gestation, on aperçoit quelques linéamens ; bientôt le cœur palpite , la tête se développe, et toutes les parties du corps se manifestent.

A un mois , l’enfant , qui prend alors le nom d’embrion , n’a guère qu’un pouce de longueur ; k deux mois , il en a trois ; k trois mois , cinq ; k quatre mois , huit; k cinq mois , dix ; k six mois , douze ; k sept mois , il a environ treize pouces , qui forment la' longueur naturelle; pendant le

(i) Noël , chirurgie iiiëclicale , tom. 4> p«* *ig* S-ÿO. Paris ,

*779* — Focléré, médec. légale, 2.® édition, tom. !.«*■ ,

huitième et le neuvième mois , il ne croît guère en longueur, mais il devient plus gros et plus fort , les membres inférieurs prennent plus de volume et de solidité.

Les membranes du fœtus sont au nombre de deux, le chorion et l’amnios.

Le cliorion est la plus extérieure ; elle tapisse toute la cavité de Futérus, à l’exception des lieux où se fait l’implantation du placenta.

Cette membrane est formée par deux lames : l’une extérieure tomenteuse et comme cotonneuse , à laquelle Hunter a donné le nom de caduque ou décidua , et que le professeur Chaussier désigne sous celui d’épichorion ; l’autre interne, très -fine et très-unie.

L’amnios est une membrane transparente , située au-dessous du chorion , avec lequel elle est unie par un tissu cellulaire très-lin.

Ces deux membranes forment une cavité semblable à celle d’un œuf , dans laquelle est contenu le fœtus , ainsi qu’un liquide connu sous le nom d’eau de l’amnios.

Ce liquide est transparent , inodore , d\me nature albumineuse , plus abondant proportionnellement dans les premiers temps de la grossesse que dans les derniers; sa quantité vers la lin de la grossesse est de six à huit onces ; il paraît qu’il

est entretenu par une exhalation de la surface perspirable de la membrane de i’amnios.

Le placenta est une masse cbarnue, vascuieuse, qui prend naissance vers le quatrième mois de la grossesse et qui s’implante à la surface interne de l’utérus, tantôt sur le fond, tantôt sur les parois , et même sur le col de cet organe.

Ce corps est d’une forme hémisphérique , un peu aplatie ; sa face extérieure adhère à l’utérus ; l’interne donne naissance au cordon onabilical.

La fonction du placenta est d’extraire de la mère les sucs propres à la nutrition de l’enfant.

La vésicule ombilicale est un corps globuleux que l’on rencontre à une époque peu éloignée de la conception, au-dessous de l’amnios et près de rinsertion du cordon au placenta.

Ce corps , d’abord très-petit , acquiert peu-à-peu le volume d’une noisette ; il diminue ensuite de volume , et disparait vers le milieu de la grossesse.

Il contient un liquide blanchâtre ou jaunâtre , dont l’usage , de même que celui de la vésicule , n’est pas encore bien déterminé.

Le cordon ombilical est formé par la réunion de trois vaisseaux , parallèles 'cnlr’eux , et adhérens ensemble par du tissu cellulaire : il se porte du placenta à l’enfant.

La longueur de ce cordon est ordinairement d’un ou de deux pieds. On l’a vu cependant de plusieurs pieds ; on l’a vu aussi de six à huit pouces seulement.

Quelquefois le cordon est grêle, délicat; d’autrefois il est très-volumineux ; ordinairement il est libre et entortillé sur lui - même ; parfois il est contourné autour du cou ou des bras de l’enfant.

Ce cordon est formé par la veine ombilicale , qui porte le sang' de la mère à l’enfant , et par les deux artères ombilicales , qui rapportent le sang de l’enfant au placenta ; le calibre de la ■veine est à lui seul plus volumineux que celui des deux artères réunies.

Nous ne parlerons point ici des fonctions du fœtus, cela nous entraînerait hors de notre sujet. Plusieurs auteurs modernes viennent d’ailleurs de s’en occuper, avec non moins de clarté que de précision (i).

De V accouchement.

L’accouebement est l’expulsion de l’enfant et de ses dépendances hors du sein de la mère.

On le nomme avortement, lorsqu’il a lieu avant

(i) Yoy. Frédéric Lobstein , de la mitrlllon du fœlus. Gardien , Capuron , Maigrier, dans leui’S traités sur les accouchemens.

le septième mois de la grossesse ; accouchement prémaluré , au huitième mois, et accouchement à terme , à la fin du neuvième.

L’enfant, pour venir au monde, peut ]>résenter différentes parties à l’orifice de l’utérus. II en résulte pour son expulsion des difficultés plus ou moins grandes , qui ont fait distinguer les accouchemens en naturels , et en laborieux ou contre nature.

Les premiers sont ceux dans lesquels l’enfant présente le sommet de la tête, les pieds, les genoux et les fesses. Ce sont les plus fréquens , et ils pourraient la plupart du temps se terminer par les seuls efforts de la nature.

Les accouchemens contre nature sont ceux dans lesquels , l’enfant présente les bras , la nuque , la poitrine ou quelqu’autre partie du corps. Ils sont toujours laborieux, et ne j^euvent être terminés que par les secours de l’art.

L’approche de l’accouchement se fait remarquer par une sorte de légèreté , quelques jours avant les couches. L’utérus se redresse , devient plus ferme , et paraît occuper moins de volume , ce qui rend le ventre moins gros. Il se fait par les parties naturelles un écoulement de matières muqueuses , ou sanguines. Bientôt il se manifeste dans la région des reins j à celle de l’ombilic , au fondement, à l’orifice de l’iilérus, des douleurs d’abord rares et de courte durée, qui se renouvel-

lent ensuite iTequemment et sont plus ou moins longues ; ces douleurs , déterminées par les contractions de l’utérus , arrivent lorsque ces contractions ont lieu. L’ouverture du col de ce viscère , ordinairement béante dans les derniers temps de la grossesse , éprouve peu-à-peu de la dilatation. Les membranes qui enveloppent le fœtus font saillie au travers de cette ouverture , et forment , au moment des contractions , une tumeur plus ou moins volumineuse ; elles finissent par se percer , et par donner issue aux eaux de l’amnios quelles contiennent. La femme éprouve des envies fréquentes de rendre ses urines et ses excrémens , son pouls est vif, serré , souvent irrégulier. L’enfant se présente à l’orifice de la matrice et s’engage dans les détroits du bassin , pour être ensuite expulsé au-deliors.

Le travail de l’accoucliement présente beaucoup de variétés. Quelquefois il s’annonce par l’écoulement spontané des eaux de l’amnios , sans êire précédé d’aucune douleur. Dans ce cas les douleurs n’ont lieu que le deuxième, le troisième , le quatrième jour après , ou même plus tard ; il ne se forme point alors de poche pour les eaux , et l’accoucliement s’opère , comme on le dit vulgairement , à sec , ce qui le rend plus lent et plus laborieux.

Je ne traiterai pas ici du mécanisme de l’accouchement, suivant les diverses parties que l’en-

faut présente k rorifice de l’utérus, ni de Ja mar-* che h suivre, lorsrpi’il existe des jumeaux ou des monstruosités, cela rentre plus particulièrement dans un traité d’accoucliemens. Il me sulïira de l'aire observer que la sortie de l’enfant est déterminée par les contractions de f utérus , aidées de celles du diaphragme et des muscles du basventre. Les contractions utérines seraient cependant capables d’opérer seules cette expulsion. Les animaux auxquels on fait la section des muscles du bas-ventre ne laissent pas pour cela de mettre bas leurs petits.

Quand à l’accoucbement dans le cas de grossesse extra-utérine , il n’y a ici aucun conseil positif à donner. Il faut se guider suivant les circons- ^ tances , comme nous le dirons en traitant des corps étrangers retenus dans l’utérus ou ses dépendances (i).

De la délivrance.

La délivrance est l’expulsion , hors du sein de la mère , du placenta et des membranes qui ont servi d’enveloppe au fœtus.

Elle s’opère ordinairement par les seules forces de la nature, peu d’instans après l’accoucbement.

Pendant le travail , les contractions réitérées de

(0 corps étrangers couleuus clans f utérus,

ou ses clépenclauces.

l utérus prodiiiseiU peu-à-peu le décoliemeut du placenta en commençant tantôt par son centre , tantôt par un point de sa circonférence. Dans le premier cas ^ ce centre est poussé en avant et vient bomber dans la cavité de l’utérus ; il se forme une sorte de poche , qui se remplit de sang , entre la face interne de ce viscère et celle du pla^ centa. Celui-ci se présente à l’orilice de l’utérus et par suite à celle du vagin, sous l’aspect d’une tumeur hémisphérique , lisse à sa surface , et recouverte de membranes et de vaisseaux.

Les mêmes phénomènes ont lieu lorsque le décollement commence par un point de la circonférence du placenta , éloigné de rorifice de l’utérus. Lorsqu’il se fait près de cet orifice , le placenta se roule sur luir-même , en forme de cylindre, dans le sens du plus grand diamètre de l’utérus. Il présente au toucher sa surface anfractueuse , ce qui donne lieu à l’écoulement d’un peu de sang.

Détaché de l’utérus, le placenta devient dans la cavité de cet organe un corps étranger c[ui en sollicite les contractions, peu d’instans après l’accouchement. La femme éprouve de légères coliques et quelques nouvelles douleurs. Ce corps est ensuite expulsé par les contractions de l’utérus , légèrement aidées de celles des muscles abdominaux. Il entraîne avec lui les membranes qui ont servi d’enveloppe à l’enfant , à moins quelles

il aient contracté des adhérences avec Fulérus *, elles se déchirent alors , et la portion qui reste dans ce viscère n’est évacuée qu’avec les lochies.

Après l’expulsion du délivre , l’utérus se contracte , revient sur lui - même , et forme durant quelques heures, dans la région hypogastrique , une tumeur dure que l’on sent avec la main , à travers les parois de l’abdomen.

Ce rétablissement est accompagné de frissonnemens légers , d’un sentiment de lassitude dans les membres ; il est assez ordinairement suivi d’un sommed tranquille , d’une sueur douce et de l’évacuation des lochies.

La délivrance ne se termine pas .toujours d’une manière si naturelle : elle est quelquefois compliquée d’accidens ou de circonstances qui exigent qu’on ait recours à l’art pour la terminer.

Nous y reviendrons en nous occupant de la lésion des fonctions de l’utérus (i).

Des lochies.

L’expulsion du délivre est suivie d’une évacuation abondante de sang , fourni par les vaisseaux de la surface interne de l’utérus , qui communiquaient avec le placenta.

Ce sang est d’un rouge vermeil , pur ou mêlé

(i) Voy. des lésions relatives à la délivrance.

i tic caiilols pendant les vingt-qiiaLre ou trente-six heures qui suivent raccoucliement.

Le troisième jour il est moins abondant ; il devient séreux ou sanguinolent.

Le quatrième et le cinquième jour, il prend unie couleur blanchâtre et un caractère puriforme. 111 exhale une odeur fétide, qui dépend, suivant le iprofesseur Chaussier, de la destruction et de iTaltération d\me couche couenneuse dont les déibris restent dans l’utérus après l’expulsion du plaicenta , se fondent et se mêlent à l’écoulement.

Cette odeur cesse après quelques jours. Il ne fjj ('découle plus de l’utérus qu’une mucosité blan- (châtre, comme crémeuse , qui a un caractère acide, et dont l’écoulement se prolonge trente à qua- : rante jours. L’utérus, les trompes, les ovaires et lie vagin reprennent h peu près leur situation , ll.eur volume et leur état ordinaires.

Il est bon d’observer que , chez les femmes qui [nourrissent , l’écoulement des lochies a fréquemment une durée moins longue. Chez celles qui ne nourrissent pas , les lochies ont une duréë indéverminée, et finissent souvent par se convertir flueurs blanches.

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